10/12/2011

Le tram de Bernex et Thomas Barth, Maire de Veyrier

Aujourd'hui samedi est inauguré le tram de Bernex. Un pas important dans l'amélioration de la mobilité dans notre agglomération.

Ce pas important dans l'amélioration de la qualité de vie des habitants est rendu possible grace au financement important de la Confédération. 30% du financement c'est un montant considérable pour un projet important pour Genève, mais dont on ne peut pourtant pas dire qu'il est d'intérêt national. Si la Confédération a accepté de financer le tram de Bernex à hauteur de 30% c'est parce qu'en 2007 a été signé un projet d'agglomération entre les parties prenantes : le canton de Genève, les communes genevoises, le Genevois français, le district de Nyon et le canton de Vaud.

Un couloir de bus à St Julien a pu également être financé grâce au projet d'agglo. Voilà des premiers pas à la fois modeste mais aussi importants dans l'amélioration de la qualité de vie de tous. Nous devrions sans doute mieux valoriser ces avancées concrètes du projet d'agglomération.

Mais voilà, les bénéfices de ces investissements dans les infrastructures de transports sont réduits à néant faute de logements à Genève. Le nombre d'usagers des transports en commun transfrontaliers a doublé en 6 ans, l'investissement des collectivités françaises a été multiplié par 4 ou 5... mais cela ne suffit pas. Faute de logements, Genève chasse ses habitants toujours plus loin des réseaux de transports en commun. Cette pénurie de logements menace les équilibres économiques et sociaux du projet d'agglomération.

Pendant ce temps là, Thomas Barth, Maire de Veyrier, s'oppose au plan directeur cantonal qui met en oeuvre (partiellement) les engagements pris par les autorités cantonales vis à vis des Genevois sur la construction de logements. Encore un élu qui ne voit de la vie quotidienne de ses habitants que la partie qui se situe dans les limites de son unité électorale. Il ignore que si Veyrier continue de s'opposer aux logements, les jeunes de Veyrier devront comme les jeunes actuels quitter non seulement Veyrier mais le canton et le pays. Il ignore que ces milliers de pendulaires supplémentaires passeront par tous les chemins possibles et impossibles à travers Veyrier pour se rendre à leur travail comme leur contrat de travail le leur impose. Il ignore peut être que les habitants de Veyrier respirent chaque seconde l'air vicié par les 880 millions de km parcourus par les pendulaires français et suisses de Haute-Savoie pour se rendre à leur lieu de travail puisqu'il ne peuvent pas se loger près des réseaux de transport. Il ignore que 52% des électeurs supplémentaires du canton de Genève depuis 4 ans.. ne peuvent pas résider dans le canton faute de logements !

Mais surtout ce que Thomas Barth ignore c'est que si le canton de Genève ne tient pas ses engagements rapidement en matière de logements, nous autres élus français ne pourront pas signer le second projet d'agglomération en juin prochain. Sans projet d'agglomération il n'y a plus de subventions bernoises aux trams. Et sans subventions bernoises, l'inauguration du tram de Bernex pourrait être la dernière.

Ce qu'il y a de frappant chez Thomas Barth c'est l'absence totale de contre proposition : Monsieur sait qu'il y a une gravissime pénurie de logements... il s'oppose aux logements dans sa commune, mais ne dit pas où il faudrait construire et pourquoi il faudrait plutôt construire ailleurs qu'à Veyrier... ou il ne propose pas un autre modèle économique. Non, Monsieur refuse les logements dans sa commune, point barre ! Un peu comme un enfant gâté qui ne se préoccupe pas du monde autour de lui... ni même de son voisinage immédiat.

Si vous vous mobilisez, il pourra y avoir de nouvelles inauguration de trams vers Annemasse, St Julien et st Genis. Il faut pour cela vous mobiliser contre ces derniers élus qui construisent leur vision politique à l'aide d'une loupe plutôt que d'une longue vue. Il faut voter et ne pas laisser les plus de 60 ans qui n'ont pas de problèmes de logement représenter 55% des votants comme il y a deux semaines à Bernex. Il faut appeler vos amis de Veyrier pour leur dire les conséquences désastreuses de la politique du Maire de Veyrier. Les battements d'ailes du papillon de Veyrier pourrait bien provoquer un cataclysme régional. La bonne nouvelle pour tous les habitants de l'agglo genevoise, c'est que le Parti Libéral Radical genevois auquel appartient Thomas Barth commence à se désolidariser de ces conceptions archaïques.

Commentaires

Heureusement je suis là. Y a qu'à regarder mon Blog, où j'appelle Mamère.

Écrit par : Sir Henri du Vallon | 10/12/2011

Mon bon cousin,

Le plan d'agglo se fonde sur l'évolution démographique projetée il y a bien plus de 5 ans, soit avant que n'émerge la crise structurelle occidentale. Or cette crise structurelle va conduire à une forte diminution de l'emploi dans les secteurs qui, à Genève, sont traditionnellement porteurs. Donc à une diminution de l'emploi dans le Genevois. C'est d'ailleurs ce que vous avez accepté, vous qui cautionnez les -pas toujours très aimables- représentations européennes et françaises, qui conduisent à ces pertes d'emplois.

Dans ces conditions, il est légitime et opportun que l'organe compétent pour adopter le plan directeur cantonal, le Grand Conseil, réexamine la question. Moins d'emplois. Moins d'habitants. Pouvoir d'achat moindre. Plus grande cohabitation. Bref demande de logements moindre. Ce réexamen, outre que d'être légitime, est conforme au droit international.

Quant à attaquer les transports publics en ne signant pas un nouveau plan d'agglo, c'est votre choix politiques tout comme le fait de militer contre les emplois dans le Genevois. Quant au choix politiques des suisses il pourrait être : fin de Schengen, blocage de la libre circulation, dénonciation de l'accord financier de 1973.

Voyez vous mon bon cousin, la crise du logement est en cours de résorption de par l'involution économique structurelle, et donc durable, en cours, combinée aux grands projets déjà lancés et aux plus petits projets ordinaires en cours. Vous déclasseriez tout le territoire cantonal que vous n'y changeriez rien dès lors qu'au vu de l'involution économique, personne n'est près à faire des investissements massifs dans l'immobilier locatif. C'est d'ailleurs ce qui explique que, comme vous l'avez judicieusement relevé, de nombreux projets autorisés ne sont pas concrétisés.

Voyez vous mon bon cousin, la croissance quantitative du genevois touche à sa fin pour quelques décennies au moins. Il nous faut maintenant nous tourner vers une amélioration qualitative. J'ai la faiblesse de croire que ce n'est pas en amoindrissant l'offre de transports publics que l'on y arrivera.

Meilleures salutations.

Écrit par : CEDH | 10/12/2011

Cher CEDH

Votre lettre en copie dans le blog de Barth est une peu gentillette. La prochaine fois que vous irez vous faire contrôler la prostate ou le colon, profitez en pour lancer vous même un sondage sur le lieu d'habitation des infirmières. Intéressez vous au lieu d'habitation des enseignants de vos arrières petits enfants. Pour ce qui concerne Emilie Gourd,le directeur vient allègrement de l'autre bout du canton. Quant aux enseignants, j'ai repéré quelques clowns qui viennent de Bonneville. Il est vrai que Genève affronte une vrai pénurie d'enseignants.

Que pensez vous du logement des hauts fonctionnaires hors Suisse. Certes il faut changer les projections, vous meme changez vos points de vue. Montez au Saleve au besoin. On est plus en 1960, époque à laquelle habitez chez les Chene Bougeriens, c'était déjà habiter à pétaouchnoque. Vivement que les jeunes et les électeurs genevois frontaliers se révoltent contre tous ces Hubert de Champel, Henri du Vallon. Comme le dit si bien Riton dans son blog ERIC, AUX ARMES CITOYEN!!

Écrit par : L'immigrant Massif | 10/12/2011

Y en a marre de votre chantage permanent vis à vis des élus genevois ( dans le but d'asseoir votre carrière politique en France ?) ; avec Bernard Gaud, donnons l'exemple en nous engageons dans la construction de l'agglomération franco-valdo-genevoise. Prenons exemple sur la vie politique de cet homme qui ne cherche que le bien commun ,n'a aucune ambition personnelle et respecte ses interlocuteurs : il fait honneur à la "classe politique " ; bien cordialement

Écrit par : jedurind | 13/12/2011

@Jedurind :
Monsieur, une agglomération ne peut se construire que dans un échange équilibré entre les partenaires. Depuis le début du processus du projet d'agglomération, toutes les parties prenantes UNANIMES ont conditionné leur participation au projet d'agglomération à des avancées sur la question du logement à Genève. Vous qualifié cela de chantage.. il s'agit simplement d'équilibre. S'il n'y a pas de logements à Genève alors les infrastructures de transport ne servent à rien puisqu'elles sont excessivement couteuses pour le Genevois français et sans utilité pour l'amélioration de la mobilité qui se dégrade par ailleurs faute de logements au coeur d'agglo. Guy Larmanjat, Conseiller Général de l'Ain, soulignait la semaine dernière que pendant que le nombre d'usager des transports en commun transfrontaliers a doublé en 5 ans, le coût pour le conseil général de l'Ain à quintuplé.. et les recettes fiscales sur l'imposition à la source des frontaliers a augmenté d'environ 20% pour le canton de Genève. Appelez cela un chantage si vous le voulez, il s'agit pourtant simplement d'un équilibre. M. Barth se plait à rester dans l'ignorance des conséquences de ses décisions sur ses voisins. Libre à lui. Mais il me semble important qu'il sache que les voisins peuvent aussi ignorer les conséquences de leurs décisions sur la vie des habitants de Veyrier.

Ce point de vue vise au contraire précisément à défendre notre intérêt commun régional : la qualité de vie des habitants des communes traversées par le flux grandissant des pendulaires qui augmente chaque année faute de logements à Genève, il défend les intérêts de la jeunesse genevoise dont 80% émigrent chaque année du canton, les intérêts des classes moyennes (policiers, infirmières et enseignants entre autre) contraints de vivre toujours plus loin d'une agglomération qui a pourtant sévèrement besoin d'eux. Il défend le point de vue des 8% d'électeurs du canton de Genève qui n'y résident plus officiellement.. et qui sont vraisemblablement plutôt 15% mais privés de tout représentant dans le débat public genevois, tant au Grand Conseil qu'au Conseil d'Etat !

S'opposer aux conceptions étriquées de Thomas Barth c'est au contraire défendre un point de vue régional. Comme vous j'espère que nous n'aurons pas à couler ensemble en refusant le projet d'agglomération. Mais le Genevois français DEVRA refuser de couler tout seul si Genève continue de refuser d'assumer le développement urbain qui va avec le développement économique qu'elle s'est choisi.

Accessoirement, et contrairement à Thomas Barth, je participe à presque toutes les réunions du projet d'agglomération soit en tant qu'élu de la communauté de communes du Genevois, ou comme conseiller général. J'y exige simplement que les engagements pris il y a 5 ans soient respectés avant d'aller plus loin.
Cordialement,

Antoine

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 15/12/2011

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