15/11/2011

CEVA : début du premier grand chantier de l'Agglomération Genevoise

Aujourd'hui ont été lancés les premiers vrais travaux du CEVA. Il s'agit du premier grand chantier de l'agglomération genevoise. Il est sans doute temps maintenant de cesser de parler du "Projet" d'agglomération Franco-Valdo-Genevois-Machin-Truc-Bidule... pour commencer à parler de "l'Agglomération Genevoise".

C'est une étape importante. Les écueils étaient nombreux : les écueils populistes, les écueils financiers, les écueils de la compléxité administrative française, les écueils juridiques, techniques. Les écueils électoraux. Mais la volonté politique a tenu bon. La collaboration au delà des clivages partisans et au delà des frontières nationales a permis de faire avancer ce projet malgré les obstacles et les vents contraires. D'ici quelques années l'agglomération produira sa première infrastructure au service des habitants de notre région.

Le financement de la partie française est bouclé. Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes, l'a annoncé ce matin au nom des partenaires français dont le Conseil Général de Haute-Savoie. C'est une subtilité assez incompréhensible du mode de fonctionnement des institutions françaises. Il faudra sans doute que nos voisins genevois s'habituent à ce particularisme bien étrange et peu efficace qui veut que lorsque toutes les institutions françaises sont d'accord de financer un projet, elles s'évertuent à en financer le moins possible en faisant trainer les négociations jusqu'à la dernière minute. La durée des négociations pourrait être interprêtée comme un signe de mauvaise volonté alors qu'il s'agit simplement d'une nécessité de négociation. L'important étant que le bouclage du financement de la partie française n'ait pas retardé d'une seule seconde le démarrage du chantier contrairement aux recours de Mauro Poggia (MCG) qui couteront cher aux citoyens Genevois.

Aujourd'hui tout le monde se félicite à juste titre de cette grande étape. Pourtant c'est aujourd'hui que tout commence pour l'agglomération genevoise. Pour que le CEVA soit utile nous DEVONS réussir le défi de la construction de logements. Nous devons cesser de créer plus de pendulaires que le CEVA ne peut en transporter. Pour que le CEVA corrige les déséquilibres actuels, il faut d'abord cesser de les aggraver par un aménagement absurde de notre agglo. Les défis qui sont devant nous seront autrement plus difficiles que le CEVA.

Malgré tout c'est tout de même le moment de s'arrêter deux minutes pour voir le chemin parcouru par l'Agglomération Genevoise, et regarder devant nous tout le chemin qu'il nous reste à parcourir.

 

PS : incongruité protocolaire, l'Etat s'était fait représenté par Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône Alpes, député d'opposition. L'Etat pourtant financeur important du projet était aux abonnés absents, ni le Ministre annoncé, ni le Préfet de Région qui était pourtant sur place hier soir, ni les Préfets de l'Ain et de la Haute-Savoie, ni les Sous Préfets. La consigne venait de Bernard Accoyer, Président de l'Assemblée nationale, qui s'affiche comme clientéliste en chef des frontaliers mais en réalité premier opposant à tous les projets important de l'agglo... et qui plutôt que de se comporter en élu de la nation, se comporte de plus en plus souvent en chef de village. Cette absence désohonorait l'Etat, celui qui a passé la consigne autant que ceux qui s'y sont soumis. Peu importe, le CEVA commence, l'agglo se construit. Bernard Accoyer reste à quai du CEVA comme de l'histoire.

Commentaires

L'autoroute de contournement a été le premier grand chantier de l'agglomération genevoise ... Un oubli ou une lacune ?

Écrit par : Walter Schlechten | 15/11/2011

Ah je comprends mieux ta réponse d'à midi, lorsque je t'ai dit que tout le ban et l'arrière ban de la République était là et que tu m'as répondu que non! Je pensais à la république et Canton... Et toi à la Grande Nation :-) Bernard Accoyer tente de marcher à reculons, en remontant l'Histoire. Ce n'est jamais une bonne manière de faire de la politique.
Ceci dit, je crains malheureusement que les problèmes de logement ne se règlent en bonne partie de manière beaucoup plus simple que tu ne le penses, du fait de la crise économique, qui devrait nous accompagner quelques temps encore. Malheureusement, car si l'on peut se réjouir que les tensions sur le logement se réduisent, cela risque d'être au prix de passablement de chômage et de quelques drames humains.
Ce qui ne signifie certainement pas qu'il faut lever le pied sur les infrastructures, au contraire: ce sont elles qui construisent les conditions cadres de demain, pour toute l'agglomération. Et les grands travaux contribueront à faire tourner notre économie.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/11/2011

République avec une Majuscule, aussi pour le Canton bien sûr :-)

Écrit par : Philippe Souaille | 15/11/2011

Cher Cousin,

L'agglomération genevoise. Non ! L'agglomération franco-valdo-genevoise. Nyon n'est pas à Genève. De bleu, de bleu. D'ailleurs, l'agglo multinationale est morte. Vive la Métropole lémanique et suisse.

Le financement assuré. A bon ? Quels financements pour les collectivités publiques françaises ? Des emprunts à 24 % l'an ? Ah, non, j'oubliais, de l'argent des genevois dans un nouveau fond de 250 millions qui servirait aussi à une ligne franco-française : Bellegarde-Divonne.

Et bien non, non et non ! D'ailleurs des sous on n'en a plus. Votre pays et votre union nous ont déjà pillé. La France ayant tué la poule, le genevois français ne pourra plus percevoir ses oeufs.

Souaille,

Vos grands travaux profitent beaucoup trop aux entreprises européennes et aux librecirculants et trop peu à la Suisse et aux suisses. Quant au chômage, il est le fruit de la librecirculation et de la forfaiture du Conseil fédéral, qui n'a pas activé, dès 2008, la clause de sauvegarde des accords de librecirculation, ce qui aurait permis de réduire l'immigration économique européenne. Maintenant, il serait possible de les activer rétroactivement dès lors que nous étions en 2008 trompé sur l'état économique de l'UE du fait des faussaires grecs. Nous ne le ferons pas. Alors cela sera :

- Acceptation de l'initiative contre l'immigration massive;

- Dénonciation de l'accord portant sur la donation de 3 % de la masse salariale des frontaliers à la France, accord devenu obsolète au vu de la modification des accords financiers et des agressions françaises.

- Restauration de l'état de droit sur l'intégralité du territoire genevois, face aux malfaisants.

Écrit par : CEDH | 15/11/2011

On devrait mettre Accoyer, Poggia et CEDH dans une capsule à remonter le temps, pour les renvoyer ensemble visiter la légende des siècles et des guerres passées. Ils n'en ont pas assez de toute cette haine ?

Écrit par : Séraphin Lampion | 15/11/2011

Cher Antoine,

A la lecture de votre billet et n'ayant pas eu l'honneur d'un bristol pour partager petits-fours et canapés à La Praille, une question me taraude l'esprit.

Mon ami Marc Francina, l'excellentissime et ci-devant réputé-maire d'Evian-les-Bains, faisait-il partie de la fête, ou avait-il été consigné en son bureau sis au pied de la Source Cachat, par son chef spirituel Bernard Accoyer ?

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 15/11/2011

Puisqu'on parle de travaux, à quand une vraie route pour remplacer la dangereuse D1206, notamment la portion Collonges/St Julien ?

Écrit par : eric | 16/11/2011

@ Antoine Vielliard
Un billet très intéressant et pour une fois autocritique
Le CEVA est un bon avancement pour la région certes.
Mais ne nous réjouissons pas trop du CEVA, car il risque de supporter uniquement l’augmentation du Flux (40% d’ici 2030)
Le CEVA c’est 1 train de 1000 personnes toutes les 15 minutes soit 4'000 pers. A l’heure. Les CFF parlent de pouvoir doubler la capacité, soit 8'000 pers à l’heure.
Ce qui fait 24'000 personnes pour 3h de pointes. Pour cela la France devra investir massivement dans leurs infrastructures (Chablais et vallée d’Arve), ce qui n’est pas à l’ordre du jour.
24'000 personnes c’est bien, un bon début !
Il faudrait donc construire l’équivalent de 4 CEVA pour vraiment désengorger la région.
Soit un budget de 8 milliards de CHF pour Genève et 1millard d’Euro pour la France.
Les politiques ont encore du pain sur la planche.
Courage !

Écrit par : Eric | 16/11/2011

Pour une fois je suis assez d’accord avec M. Vieillard, notamment sur son appréciation d’Accoyer. Je me permets de rappeler ce qu’avait dit ce Monsieur au journal « Le Faucigny « : « Plus les transports convergeront vers Genève, plus la main-d’œuvre qualifiée sera vampirisée par la Suisse » ; autrement dit : pour garder de la main-d'œuvre en Savoie, il faut l'empêcher d'aller en Suisse et donc fermer la frontière. C’est pourquoi ce grand politicien visionnaire et conscient de l’impossibilité de la Savoie française de régater avec Genève est absent du CEVA !
Par contre en ce qui concerne les déclarations de Queyrane sur le financement français, je crois plus qu’il s’agit là d’un coup de pub politique pour ne pas paraître trop bête aux yeux des Genevois et des Suisses près à débourser CHF 1,5 milliards pour leur partie !
Cela rappelle les grandes déclarations françaises sur l’acceptation du budget sur Lyon-Turin et dans les faits il n’y a rien ! D’ailleurs ce dernier projet est devenu complètement inutile 1) par la baisse du trafic transalpin non prévu dans les précédentes estimations 2) par la prochaine mise en place de la totalité de NFLA suisses (sans la moindre aide de l’UE !) qui vont attiré la très grande majorité du trafic nord-sud ne laissant rien au Lyon-Turin 3) par la quasi inexistence du trafic est-ouest que seul pourrait intéresser le Lyon-Turin et 4) par l’inexistence historique de relations entre ces deux villes Lyon et Turin (ce qui n’est pas le cas de Turin-Chambéry-Annecy-Genève qui serait beaucoup plus efficace et pourrait être réalisé suite à la construction du barreau sud La Praille-Saint-Julien en complément du CEVA –ce qui va dans le sens du commentaire d’Eric - et la construction d’un tunnel de base sous le Salève). Pourtant la France et ses élus locaux continuent à se gargariser du Lyon-Turin, projet avorté dans les faits et sans budget.
Alors les promesses de budget de Queyrane sur la petite partie française du CEVA…
M. Vieilliard de Saint-Julien-en-Genevois, conseiller générale de Haute-Savoie, devrait utiliser ses grandes capacités politiques pour détourner l’intérêt inutile de la France et de Rhône-Alpes du Lyon-Turin au profit du Genève-Saint-Julien-Annecy-Chambéry-Turin par le Mont-Cenis, projet qui viendrait en complément du CEVA sur sa première partie et correspond à une entité historique et à une véritable demande économique sur l’entier de son parcours.

Écrit par : Mescolles | 16/11/2011

Queyranne a déclaré :

"Bonne nouvelle. C'est-à-dire que le tour de table du côté français pour terminer le CEVA est bouclé. Reste maintenant à le formaliser. A avoir l'accord définitif au niveau de l'Etat."

Donc, si je comprends bien, les instances compétentes vont suivre les yeux fermés ce que les grands chefs ont décidé. Sauf pour l'Etat qui doit encore donner son accord.

Quelle est la part de l'Etat dans le financement ? Cette liaison ferroviaire locale et internationale est-elle une priorité pour l'Etat ? J'en doute et crains bien que le CEVA français soit renvoyé aux calendes grecques.

Comment les collectivités publiques vont-elles se financer ?

Tout ce bel optimiste n'intègre certainement pas la réalité financière française, réalité que les acteurs politiques français nient complètement et dont la population n'a guère conscience. Nous sommes, non pas confronté à une crise conjoncturelle, mais bien à une crise structurelle de l'Occident.

On est entre déni de réalité et manipulation électorale. Pauvre France.

Tout va très bien bien Madame la marquise.

http://portevoix.blog.tdg.ch/archive/2011/11/15/ceva-debut-du-premier-grand-chantier-de-l-agglomeration-gene.html

Écrit par : CEDH | 16/11/2011

Euh, désolé. Tout va très bien Madame la marquise.

http://www.youtube.com/watch?v=jGQaz8bfoqE

Écrit par : CEDH | 16/11/2011

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