25/08/2011

Quand certaines "commissions" sont moins chères en Suisse qu'en France !

Avec la hausse vertigineuse du Franc Suisse beaucoup sont tentés d'aller faire leurs "commissions" dans le Genevois français. D'autres au contraire vont faire leurs "courses" à Genève. Certains font plus de 1000km pour ça ! Effectivement les produits illicites sont beaucoup moins chers à Genève.

  • Le cannabis y coute environ 20% de moins qu'en France
  • L'héroïne y coute 80% de moins qu'en France
  • La cocaïne y coute environ 20% de moins qu'en France... et jusqu'à 80% moins cher pour ceux qui prennent 5g d'un coup !

... cette note n'apprendra rien aux usagers qui connaissent ces chiffres... mais il est utile de les porter à la connaissance des électeurs souverains que vous êtes.

Dans le Genevois français cela n'est pas sans conséquences. La proportion de toxicomanes suivis est 2 à 3 fois supérieure dans le Genevois français que dans d'autres territoires de France. Un chiffre directement lié à l'abondance de l'offre. Coca Cola a cette stratégie commerciale de mettre une bouteille de coca à proximité de tout buveur grâce aux distributeurs de boisson : plus Coca est présent partout plus chacun d'entre nous boit du Coca. A Genève, il semble qu'il y a presque autant de dealers de cocaïne que de distributeurs de Coca Cola !

Pourquoi une telle différence de prix. La demande doit être très importante puisque l'usage de ces drogues est très développé dans certaines des professions que Genève et la Confédération font venir à coup de dumping fiscal. Les usagers concernés disposent à Genève de revenus très élevés qui permettent de ne pas être trop regardant sur les prix. Une demande qui devrait au contraire tirer les prix à la hausse. C'est tout le contraire qui se produit. L'abondance de la demande est submergée par l'archi abondance de l'offre.

Il y a sans doute de multiples facteurs. Personnellement j'en vois un principal : les sous effectifs policiers à Genève. Les effectifs n'augmentent pas proportionnellement aux besoins. Il suffit de se promener à Plainpalais à la nuit tombée : le marché hebdomadaire des fruits et légumes laisse place à un marché nocturne quotidien où l'on ne vend pas que de l'herbe ! La raison de ces sous effectifs c'est que le pouvoir d'achat et les conditions de vie des policiers ne sont pas des conditions attractives pour les candidats Suisses venus des autres cantons. Genève leur propose de réduire leur pouvoir d'achat par rapport à leur canton d'origine, de devoir vivre dans le Genevois français à 20-30km de leur lieu de travail...

Dans le Genevois français nous sommes parfois aussi touchés par des problèmes de sous effectifs. Le coût de la vie est un facteur qui réduit l'attractivité de notre territoire pour les gendarmes et les policiers : il y a parfois des vacances de poste. Un problème partiellement résolu avec les casernes de gendarmerie - la nouvelle caserne de St Julien ouvrira la semaine prochaine ! Par ailleurs, les effectifs sont répartis en France proportionnellement à la population et les Genevois qui résident dans le Genevois français et n'y sont pas déclarés ne sont donc pas comptabilisés dans la population résidente.

Même les traders et les expats ont besoin de gendarmes et policiers.. mais les policiers n'ont plus les moyens de vivre dans une ville où la proportion élevée de traders et d'expats et la pénurie de logements tirent le coût de la vie vers le haut. A ma connaissance, environ les deux tiers des policiers genevois résident dans le Genevois français ! Il faudra donc construire aussi des logements pour les policiers pour leur proposer des conditions de vie attractives, un pouvoir d'achat supérieur à leur canton d'origine et venir à bout des sous effectifs chroniques. Ceux qui s'opposent à la construction de logements à Genève empêchent le recrutement de nouveaux policiers et favorisent l'augmentation de la délinquance, de la criminalité et de l'insécurité !

En attendant que Genève trouve des solutions de logements pour ses policiers supplémentaires, du côté du Genevois français nous devons développer les programmes de préventions aux dépendances à un niveau adapté à l'étendue et l'ampleur que prend le problème dans la région frontalière. Nous y travaillons.

 

PS : J'ai entendu Isabel Rochat affirmer sur la TSR que Genève avait plus de problèmes de sécurité que Bâle en raison de la proximité de Genève avec Lyon. Je n'ai pas vu beaucoup de Lyonnais sur la place de Plainpalais. Bien sûr il y a aussi à Lyon comme à Genève des marginaux qui viennent chercher l'argent là où il trouve un refuge bienveillant ou un fisc peu regardant, mais l'explication semble tout de même un peu légère ! J'ai une profonde admiration pour les Libéraux Genevois qui manifestement vont jusqu'au bout de leur logique du moins d'Etat et la mettent en oeuvre par un original "Moins de Conseillers d'Etat", deux de moins pour être précis. A vrai dire il est assez logique que quand on est Libéral et compétent on ne s'engage pas au service d'un état qu'on juge inutile, on préfère gagner de l'argent en étant avocat contre le canton dans un procès de la BCG et détourner la loi qui interdit la publicité aux avocats en faisant un peu de politique à ses heures perdues.

Commentaires

Non C'est vrai, les Lyonnais ne restent pas : ils repartent avec les bijoux, les voitures !! et quand ils ont le temps, passes acheter " leurs listes de commissions" détaillé en haut de votre articles !!

Salutations

Écrit par : Le chat | 25/08/2011

"A ma connaissance, environ les deux tiers des policiers genevois résident dans le Genevois français ! "

Votre connaissance sur cette question est mauvaise.

Quant au pouvoir d'achat des gendarmes genevois... il est de loin le plus élevé de Suisse avec des salaires à faire prendre peur le gendarme français sous payé.

Écrit par : TOTO | 25/08/2011

ça suffit, vous qui êtes un élu de votre commune et de votre canton, n'avez-vous pas de problèmes à résoudre chez vous plutôt que de vous mêler des affaires genevoises et vos informations sont souvent fausses. De quel droit vous permettez-vous de critiquer les autorités genevoises? parce que vous avez un emploi à Genève certainement bien rénuméré!

Écrit par : MGD | 25/08/2011

@toto : une remuneration elevee peut se convertir en pouvoir d achat faible avec un marche immobilier exorbitant. Cordialement
@mgd: figurez vous monsieur que l etendue de la dependance dans le genepvois francais fait partie des problemes que nous devons regler et que l une des causes est precisement le niveau des prix a gneve et l incapacite des autorites cantonales a maitriser le trafic.... Que vous le vouliez ou non nous sommes interdependant et il va bien falloir qu on se parle pour resoudre nos problemes communs. Cordialement

Écrit par : Antoine vielliard | 25/08/2011

Monsieur Vielliard

Effectivement la sécurité à Genève est lamentablement gérée. Mais Mme Rochat à hérité d’un département épave, gérer précédemment par un socialiste qui mélangeait la prévention et la sécurité des personnes.

La scène ouverte de la drogue sur le canton de Genève est inquiétante. Elle est le résultat du travail de Laurent Moutinot

C’est toutefois la justice Genevoise qui en porte la plus grande responsabilité. Car elle inflige de faibles peines aux dealers (la justice Française est plus sévère à ce sujet).

Pouvons-nous toutefois mettre en cause uniquement Genève ?

Non car côté Français la police, la gendarmerie et la douane sont aussi en sous effectif, ce qui fait qu’elle n’arrive plus à contenir ce tourisme de délinquance.

Lyon devient le « Bronx » de Genève. Les milliers de gitans installés en zone frontalière, venant faire leurs cents cambriolages mensuels sur le territoire de Genève en est aussi un !

Et la Suisse est impuissante face à ce capharnaüm ou ce mépris Français.

Faut-il pour autant refermer les frontières ?

C’est ce qui risque d’arriver si les politiques n’écoutent pas le peuple.

Voilà un sujet très intéressant que vous soulever, qui n’est loin d’être résolu ? Mais ce sont des élus comme vous, qui lancent des débats intéressant, qui solutionnerons certainement cette faiblesse.

Pour que la population du bassin lémanique retrouve la sécurité qu’elle avait il y a vingt ans, nos deux pays doivent absolument rapprocher nos forces de sécurité et nos justices.

Fusionner nos différentes polices en une seule transfrontalière, exerçant dans l'unique territoire du Genevois.

Amitié

Écrit par : eric | 28/08/2011

Bonjour Eric,

Merci pour ce commentaire pertinent et judicieux.

Il y a quelques semaines suite à mon élection j'ai eu l'occasion de visiter différents équipements de la gendarmerie française dans le Genevois français. Pendant la tournée, un appel d'un policier genevois qui remerciait son homologue français qui avait fait les démarches nécessaires pour lui permettre de suivre une formation de la gendarmerie française. Une formation qui permet aux uns et aux autres de mieux connaitre leurs méthodes respectives. J'ai trouvé cela remarquable. Mais au delà de cette formation ce qui m'a frappé c'est le ton de la conversation : une conversation chaleureuse de deux personnes qui se connaissent et ont l'habitude de travailler ensemble. Quelques jours auparavant les gendarmes français et suisses avaient organisé une journée détente ensemble : concours physiques et de tir... une journée qui facilite la coopération par une meilleure connaissance humaine.

Il y a quelques domaines dans lesquels la coopération transfrontalière fonctionne très bien : gestion de la nappe phréatique, statistiques transfrontalières et sécurités sont à mon avis les trois domaines dans lesquels la coopération transfrontalière fonctionne le mieux. Dans le cas de la sécurité c'est d'autant plus remarquable que juridiquement il s'agit d'une compétence régalienne pour laquelle la différence de juridiction est un handicap très sérieux.

A l'opposé dans le domaine politique, les maires du genevois français sont peu nombreux à pouvoir citer de mémoire les noms des conseillers d'état. Peu de conseillers d'état connaissent les noms des maires des grandes communes. Très rares sont les députés genevois qui connaissent la répartition des compétences entre communes, communautés de communes, département et région. Je ne suis pas sûr qu'il y en ait beaucoup qui connaissent les noms des Présidents de Conseil Généraux. La semaine dernière je disais à un député du Grand Conseil qu'il est navrant de constater qu'il y ait à peine 5 députés qui comprennent les enjeux régionaux : il me répond du tac au tac que je suis optimiste en en comptant 5 !

Nous avons besoin de mieux nous connaitre, mieux connaitre nos fonctionnements réciproques, nos enjeux.. et de débattre ensemble.. pas dans des cocktails mondains.. mais bien à aborder de front les vrais problèmes en les posants sur la table.. en nous engueulant si nécessaire car cela est parfois nécessaire pour aller jusqu'aux solutions.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 29/08/2011

Les commentaires sont fermés.