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29/07/2011

Déficits publics : le PS et l'UMP et leurs attrape-couillons...vous laisserez-vous attraper ?

Voilà des années que le centre l'exigeait : une règle constitutionnelle qui contraigne les générations à ne plus jamais s'endetter sur le dos des suivantes. Contrairement à ce qu'a fait la génération des papyboomers actuellement au pouvoir qui va bientôt enfin prendre une retraite pas méritée depuis trop longtemps.

L'UMP a toujours refusé cette règle. En 2007, alors que la France avait explosé tous les records de dette publique, ces cinglés ont promis la plus grande baisse d'impôts de l'histoire de France. Une baisse d'impôt ciblée sur leur électorat ou comment assurer son avenir électoral en faisant sombrer le pays dont on a la responsabilité ! Mois après mois, l'UMP a refusé la demande insitante des centristes du Nouveau Centre d'imposer des règles constitutionnelles pour mettre fin à l'irresponsabilité.

L'UMP disposait d'une majorité considérable, au delà des 3/5ième du Congrès nécessaires pour une réforme constitutionnelle. Mais aucune initiative à ce moment là. L'UMP accepte enfin de considérer l'instauration de cette règle aujourd'hui.. et tout particulièrement à quelques semaines des sénatoriales de septembre au cours desquelles pour la première fois dans l'histoire de France la droite sera minoritaire au Sénat. Pourquoi prendre une telle initiative au moment précis de la législature où elle à le moins de chance d'aboutir ? Simplement parce que comme en début de mandat, l'UMP n'a pas si envie que cela d'une règle constitutionnelle qui limiterait sa capacité à baisser les impôts à ses "clients-électeurs" ! Il s'agit simplement d'une vaste affaire de communication... sur le dos du pays, de son avenir, de ses habitants : à VOTRE détriment.

Le PS pourrait avoir beau jeu de sauter sur l'occasion : peu importe que l'UMP se fasse sa pub à peu de frais si pour une fois on pouvait imposer des limites à l'irresponsabilité des générations futures (à défaut de corriger l'irresponsabilité des papyboomers). Mais non ! Entre l'intérêt du pays et l'intérêt partisan, le PS fait le même choix que l'UMP : l'intérêt du parti d'abord ! Les parlementaires socialistes refuseront de voter cette loi constitutionnelle pourtant bien faiblarde de peur que l'UMP ne puisse en bénéficier. Les socialistes dénoncent la vaste opération de communication.. et refuse de voter.. au détriment du pays, de son avenir, de ses habitants : à VOTRE détriment.

En 2007, le PS comme l'UMP vous ont pris pour des couillons : alors qu'on était déjà sur le point de dépasser les critères de Maastricht sur l'endettement, l'UMP vous proposait de réduire les impôts et le PS d'augmenter les dépenses. Mathématiquement, avec un peu de bon sens, il était pourtant évident qu'il fallait faire à la fois le contraire de ce que proposait l'UMP ET le contraire de ce que proposait le PS : réduire les dépenses et augmenter les impôts pour réduire l'endettement. Tout cela s'étalait à longueur de journaux... et pourtant il y a eu suffisament de couillons qui ont lu Gala, Paris Match et Voici sur les faux couples Sarko-Cécilia et Royal-Hollande pour se faire prendre dans ces attrapes-couillons d'explosion de la dette publique que nous devrons rembourser tôt ou tard !

Seule une union nationale pourra permettre de sortir de ces calculs partisans à court terme : à l'UMP et au PS, ils sont nombreux les élus responsables, mais aujourd'hui soumis à des majorités dogmatiques partisanes et sectaires. Avec ces minorités silencieuses de l'UMP et du PS, il y a de quoi construire une majorité pragmatique pour remettre la France sur les rails de son avenir. Ensemble ils pourront voter ces règles de bon sens. Seul le CENTRE peut être le pillier de cette union nationale si nécessaire pour construire à nouveau un avenir à notre pays.

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28/07/2011

Modèle de croissance genevois : la voie du centre

Entre les ayatollah de l'hypercroissance exogène qui voudraient volontiers chasser 100 000 genevois de la classe moyenne et les remplacer par 100 000 expatriés de plus et les khmer verts de la décroissance qui voudraient ajouter du chômage de masse à la pénurie de logement il y a un boulevard pour un projet raisonnable.

Les ayatollah de l'hypercroissance sont aussi irresponsables que les khmer verts : les uns sont obnubilés par les chiffres de PNB du canton de Genève et ignorent que ce PNB du canton de Genève est de moins en moins un PNB genevois. Ces ayatollah de l'hypercroissance exogène croient que les Genevois sont nombreux à profiter autant qu'eux de ce modèle de croissance : mais les Genevois ne sont pas tous propriétaires fonciers, avocats d'affaires ou promoteurs immobiliers. Tôt ou tard ces ayatollah de l'hypercroissance exogène seront confrontés à la réalité de la démocratie : le canton devra tôt ou tard se placer au service des habitants plutôt que des contribuables fortunés. Un canton c'est une communauté humaine et pas une entreprise qui publie des bénéfices trimestriels !

Les khmer verts de la décroissance sont tout aussi irresponsable. La décroissance on sait ce que c'est : le chômage de masse, l'accroissement des inégalités, des tensions sociales... parfois la décroissance dégénère en guerre, en populisme, en fanatisme.

Ces deux bandes d'extrêmistes sont tellement éloignés qu'entre les deux il y a la place pour des milliers d'autres politiques économiques. Des politiques qui reviennent à l'essence de ce que doit être une politique économique : permettre à tous les habitants de subvenir à leur besoin et de se développer personnellement. Une politique économique dont le premier enjeu est de créer des emplois pour les chômeurs : échec majeur de la politique économique actuel qui importe des emplois qui ne correspondent pas aux qualifications des chômeurs.

Les pistes sont nombreuses. La première, la plus évidente à mon avis en tant que voisin et ami de la Suisse, c'est que les entreprises locales qui développent des richesses réellement locale puissent toujours bénéficier du statut fiscal le plus favorable. On s'étonne de constater que les entreprises étrangères qui génèrent tant de coûts publics par leur arrivée paient trois à quatre fois moins d'impôts que les entreprises locales. Prévoir que les entreprises suisses bénéficient toujours du statut le plus favorable permettrait d'aider les entreprises locales à se développer. Favoriserait l'entrepreneuriat. Une proposition qui pourrait recueillir le soutien de la gauche, du centre et même d'une partie de l'extrême droite nationaliste suisse. Il serait aussi absurde de chasser les entreprises implantées qu'il est absurde de continuer à en faire venir d'autre dans l'état de surchauffe actuelle.

La croissance économique doit se fonder sur la création de valeur. La valeur se crée au travers de la formation, de la recherche et de l'innovation. Genève a tous les atouts pour réussir. L'histoire de l'horlogerie et de la banque privée montre que Genève est en capacité de développer ses propres savoir faire... sans devoir faire appel au dumping fiscal pour attirer des entreprises étrangères au détriment des entreprises locales. Son aéroport, son cadre de vie, sa situation géographique, son multiculturalisme sont autant d'atouts qui peuvent permettre à Genève de conduire une politique de développement économique endogène. Aider les entreprises locales à se développer c'est générer une croissance économique tout aussi forte.. mais qui générera une croissance démographique acceptable et gérable contrairement aux politiques économiques actuelles.

.. je réponds par avance à tous les mauvais coucheurs qui commenteront "de quoi vous mélez vous ?". Tout simplement de la survie des infirmières, des pompiers, des enseignants, des gendarmes et policiers du genevois français. Des caissières et des maçons. Car Genève est incapable d'assumer la croissance urbaine issue de sa politique économique. Le débat sur le plan directeur cantonal le montre : seulement 50 000 logements de prévus et cela a déjà du mal à passer alors qu'il en faudrait 75 000 d'ici à 2030 pour que Genève assume seulement la moitié de la croissance comme elle s'y est formellement engagée en 2007. Tant que la politique économique ne sera pas revue, les Genevois se méfieront des projets de développement urbains qu'ils considéreront à juste titre comme une fuite en avant dans un modèle de croissance qui n'est pas à leur service : la cupidité des très rares enfants gâtés de la croissance a-t'elle une limite ? D'ici là, c'est le district de Nyon et le Genevois français qui paient le prix des incohérences genevoises : nos maisons de retraites fermes faute de personnel qui puisse se loger. Nos enseignants vivent à 30km de leur établissement. Nos entreprises ferment faute de pouvoir loger leurs collaborateurs.

Entre les ayatollah de l'hypercroissance exogène le nez dans le guidon de l'illusion des excédants budgétaires cantonaux et les irrespondables khmers verts apôtres de la décroissance et de son chômage de masse, il y a amplement la place pour définir une nouvelle politique économique au service d'une prospérité réelle des habitants et pas seulement une prospérité comptable bien illusoire.

25/07/2011

Les enfants gâtés de la croissance genevoise... et les enfants oubliés

Genève ouvre enfin le débat sur son modèle de croissance. Un modèle de croissance qui condamne à l'exil des générations entières de Genevois parce que les autorités cantonales refusent d'assumer la croissance urbaine nécessaire pour loger tant de nouveaux habitants venus en raisons des politiques fiscales fédérales dérogatoires. Un modèle de croissance paupérise les Genevois plus que tout autre Romand en réduisant leur pouvoir d'achat. Un modèle de croissance qui dégrade la qualité de vie des Genevois en augmentant de quelques minutes chaque mois leur temps de déplacement.

Dans ce débat si nécessaire, il y a un argument qui pourrait faire sourire. Quelques privilégiés de la croissance condamnent toute remise en cause d'un définitif "ce sont des critiques d'enfants gâtés". En général ce sont précisément les plus gâtés par la croissance : avocats d'affaires, professionnels de l'immobilier, propriétaires fonciers ou banquiers privés pour expats. Des individus qui bénéficient de passe droit pour se loger dans des appartements de luxe à prix réduit ou pour spéculer dans l'immobilier à Cologny. Ils ignorent sans doute que les Genevois dans leur grande majorité ne bénéficient pas des mêmes avantages qu'eux et qu'au contraire les Genevois sont précisément des oubliés de ce modèle de croissance. "Ce sont des critiques d'enfants gâtés"... on croirait entendre Marie-Antoinette avant la révolution ! Ce sont aussi souvent des babyboomers : cette génération bénie des dieux qui croit qu'on est encore dans les 30 glorieuses et qui vit comme si demain ne devait jamais exister.

"Je HAIS Genève" me disait avec force une de ces Genevoise oubliée de la croissance et résidant à St Julien, ajoutant "vous n'imaginez pas ce que c'est que d'être expulsée de son propre pays !". "Je ne sais même plus pour qui voter" me disait une ancienne conseillère municipale socialiste contrainte de s'installer à Viry et constatant qu'au delà des slogans on attend toujours le premier parti genevois réellement pro logement. Le nombre de chômeurs Genevois augmente de manière strictement proportionnelle au nombre d'emplois importés. La politique économique genevois n'a pas pour objet d'aider les chômeurs à trouver un emploi mais simplement à remplir les caisses cantonales pendant que le canton se vide de ses Genevois.

L'absurde débat actuel sur le Plan Directeur Cantonal montre l'urgence d'une révision de ce modèle de croissance : la croissance démographique actuelle exige 75 000 logements supplémentaires d'ici à 2030... et Genève a déjà du mal à accepter les petits 50 000 logements du Plan Directeur Cantonal. Tant qu'une limite ne sera pas posée à la cupidité cantonale et à son modèle de croissance, nombreux seront ceux qui refuseront tout déclassement car il y aura toujours un doute : les 3000 logements des Cherpines seront-ils au bénéfice de 3000 familles genevoises.. ou permettront-ils de faire venir 3000 expats de plus ? Il faut clarifier ce doute pour parvenir à une politique économique et une politique urbaine qui sera cohérente. Genève pourra alors compter sur la collaboration fiable et enthousiaste de ses partenaires dans le cadre d'un projet d'agglo respecté par tous : 50% de logements à Genève, 10% dans le district de Nyon et 40% dans le Genevois français.

Le mode de décision par consensus permet-il de résoudre les problèmes tant qu'il en est encore temps ?

La pénurie de logement à Genève dure maintenant depuis plusieurs décennies. Les élus Genevois continuent de se rejeter la balle : "il faut construire dans les communes socialistes" affirment les élus Libéraux, "dans les communes libérales" disent les socialistes, "nulle part" semble dire les Verts qui s'opposent aux densifications en ville, en zone résidentielle comme à Chêne-Bougeries aussi bien que sur les espaces agricoles !

Mois après mois la situation des Genevois se dégrade.. et celle du Genevois français et du district de Nyon qui voient les Genevois se loger en masse sur leur territoire, et leurs jeunes contraints eux mêmes à l'exil. Voilà plusieurs décennies que les élus français tirent toutes les sonnettes d'alarmes, participent à tous les PACA, signent une charte d'agglomération. Dans notre tradition politique, on résout tout avec des discussion... on oublie souvent que nos interlocuteurs politiques n'ont pas les pouvoirs de décider en démocratie directe.

Forcément, on est conduit à s'interroger : que faut-il faire pour que Genève respecte sa parole ? Que faut-il faire pour que les Libéraux et les Socialistes genevois mettent en oeuvre leurs promesses électorales de construire des logements ? Que faut-il faire pour que les Verts genevois mettent en oeuvre le projet d'agglomération qui consiste à densifier le coeur d'agglo et dont ils sont les initiateurs ?

Il y a un autre exemple de conflit entre des institutions suisses et des institutions européennes qui peut nous donner des pistes : le secret bancaire. La Suisse a fait de la complicité de fraude fiscale une industrie nationale. Une industrie qui spolie les pays de l'Union Européenne de quelques milliards d'euros chaque année. Cette industrie nationale n'est pas qu'un non sens éthique, c'est aussi un non sens politique et économique : on ne peut pas impunément spolier des pays avec lesquels on réalise 60% de son commerce extérieur. Bien sûr dans les discours publics chacun prétend défendre le secret bancaire... mais personne ne voit vraiment comment il pourrait être durablement défendu comme l'a montré plusieurs votes du parlement fédéral.

Les discussions actuelles avec l'Allemagne montrent l'impasse dans laquelle la Suisse s'est fourvoyée. La résolution du contentieux historique est chiffré à environ 10 milliards d'euros avec la seule Allemagne. Le chiffre se montera donc à environ 50 milliards pour l'ensemble de l'UE. Un chiffre qui ne prend en compte que la période qui n'est pas couverte par la prescription. Il faudrait régler ce contentieux et celui du dumpling fiscal accordé aux multinationales pour que les relations billatérales puissent repartir sur des bases saines... et la parité Franc Suisse/Euro revenir à ses fondamentaux.

Le diagnostic est clair et posé. Les solutions tout aussi claires. Mais le Conseil Fédéral et le Parlement ne réagissent que dans des situations de crise : risque de faillite de l'UBS notamment et du Crédit Suisse prochainement. Risque de crédibilité de la place bancaire Suisse avec l'utilisation de fichiers tout aussi frauduleux que l'évasion fiscale dont la Suisse se rend complice.

Même si tous les partis politiques suisses sont conscients que cette politique n'est pas tenable, aucun n'est en situation de le dire publiquement et de mettre en oeuvre les solutions alternatives : le premier parti suisse qui aura le courage de le faire sera dénoncé par ses partenaires et sanctionné immédiatement par une votation.Certains députés font même de la surenchère pour donner l'illusion aux Suisses que derrières les montagnes ils vivent sur une autre planète. Faute d'élus courageux, le peuple souverain suisse n'est pas dans la capacité d'anticiper les crises. Il ne peut réagir que lorsque la crise est là. Côté avantage cela garanti une stabilité juridique qui nous fait tant défaut en France.. côté inconvénient, la Suisse doit rentrer dans les murs pour commencer à les contourner.

On observe le même phénomène sur la question du logement à Genève. Les libéraux et les socialistes pour ne citer qu'eux savent pertinement qu'il faut construire BEAUCOUP plus de logements. Ni les uns ni les autres n'ont le courage de l'expliquer à leurs électeurs respectifs alors ils se renvoient la balle et voudraient imposer la construction de logements dans les communes de l'autre. Les Verts Genevois savent pertinement que moins il se construit de logements à Genève plus il se crée de pendulaires, plus la consommation d'espaces et d'énergie est importante ! Mais dans les communes ils continuent de flatter leurs électeurs avec une absence totale de courage politique.

J'en arrive à la conclusion qu'il ne se passera rien de significatif politiquement à Genève sur la question du logement tant qu'une situation de crise majeure ne permettra pas au souverain genevois de comprendre la gravité de la pénurie et l'ampleur des mesures à prendre : péréquation intercommunale bien plus ambitieuse que celle qui se prépare actuellement, révision du droit de l'urbanisme, doublement des objectifs de construction du plan directeur cantonal. Le déclassement des Cherpines c'est bien.. mais ce n'est franchement pas à la hauteur des enjeux : seulement 3000 logements supplémentaires alors que Genève attire 15000 habitants supplémentaires par an !!!

Le Genevois français est en situation de créer deux crises pour aider le souverain Genevois à prendre conscience de la situation :

1) un moratoire sur le développement des transports en commun transfrontaliers : continuons de provisionner les investissements conformément à nos engagements, mais gelons le démarrage des travaux tant que la question du logement ne sera pas rêglée. Les transports en commun tranfrontaliers n'améliorent en rien la circulation si dans le même temps faute de logements, Genève crée des milliers de pendulaires supplémentaires.

2) le refus de signer le prochain projet d'agglomération : un refus qui priverait le canton de Genève de toute subvention fédérale à ses infrastructures d'agglomération. Une pause de 4 ans dans le projet d'agglomération qui permettrait de mieux partager avec Genève les nuisances du modèle actuel subies par le Genevois français et le district de Nyon. Un refus qui permettrait de remettre les pendules à l'heure, l'objet du projet d'agglomération n'est pas seulement d'avoir des subventions de Berne sur des projets de transport en commun mais bien de concevoir une agglomération équilibrée.

22/07/2011

Dette publique, budget européen, rapport média/politique : François Bayrou a raison depuis longtemps

La semaine dernière une personne m'a interpellé : depuis plusieurs mois chaque nouvelle chaque jour donne un peu plus raison au diagnostic et aux propositions de François Bayrou lors des élections présidentielles de 2007, pourquoi ne l'entend-on pas plus revendiquer la pertinence de ses propositions ?

Effectivement, la presse quotidienne montre chaque jour à quel point le diagnostic de François Bayrou est pertinent depuis longtemps. En 2007, François Bayrou alertait déjà sur l'impérieuse nécessité de réduire le train de vie de l'Etat, sur l'immoralité des déficits publiques laissés aux générations futures. Pendant ce temps là, le PS promettait une explosion des déficits publics par une augmentation considérable des dépenses : chacun avait droit à ses promesses. L'UMP promettait et à mis en oeuvre la plus grave explosion des déficits publics au travers de réductions massives d'impôts. Hors effet crise, et avant même la crise, aucun Gouvernement n'avait poussé la dette du pays aussi loin.

François Bayrou proposait de fixer des limites constitutionnelles à l'endettement de l'Etat. L'UMP et le PS le refusait.. et le refusent encore. Si l'UMP a proposé récemment de voter une loi constitutionnelle de limitation des déficits ce n'est pas pour imposer une limite.. mais simplement pour un objectif de communication car elle sait pertinement que depuis les élections sénatoriales de 2008, une telle règle ne peut plus être adopté à la majorité des deux tiers du Congrès (Sénat+ Assemblée nationale).

François Bayrou avait alerté sur les risques pesant sur l'Euro tant que nous n'aurons pas une politique européenne forte et concertée. Cela n'est possible qu'au travers d'eurobonds. Lorsque les Etats empruntent de manière séparée ils paient des taux d'intérêts élevés. Lorsqu'ils emprunteront de manière solidaire au niveau européen, ils paieront des intérêts faibles. La crise de la dette aura alors disparu. Martine Aubry le propose aujourd'hui. François Bayrou le proposait il y a 5 ans.

L'affaire Murdoch en Grande-Bretagne revèle la puissance des groupes de média concentré sur la classe politique qu'elle fait élire. Elle révèle les dérives d'un système où le pouvoir n'a plus de contre pouvoir. Ne soyons pas naïfs, la classe politique française dépend tout autant des groupes Lagardère, Bouygues et Dassault : ces groupes n'investissent certainement pas dans les médias pour la rentabilité financière de ce secteur trop souvent déficitaire, mais bien pour le pouvoir que cela leur confère sur une classe politique soumise. La concentration des médias existe aussi en France. La collusion entre les médias et la classe politique n'est pas qu'une collusion d'actionnariat : presque tous les candidats et ex-candidats ont ou ont eu une relation avec une journaliste politique -Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair, François Hollande et Valérie Trierweiler, Arnaud Montebourg et Audrey Pulvar, Nicolas Sarkozy et Laurence Ferrari, Jean-Louis Borloo et Béatrice Schöneberg-. Il est certains que les réseaux personnels de ces journalistes politiques ne sont pas sans rapport avec l'émergence médiatique d'une candidature. Seuls Manuel Valls, Eva Joly, Martine Aubry et François Bayrou n'ont à ma connaissance pas eu à séduire un/une journaliste pour séduire les médias et imposer leur candidature à l'opinion publique. La liaison de François Baroin avec Marie Drucker aura-t-elle été assez longue pour en faire un futur présidentiable ? Il est temps de poser des règles éthiques au pouvoir des médias. Il est temps d'imposer des lois qui interdisent la concentration des médias comme le proposait Français Bayrou déjà en 2007.

Sur tous ces sujets, François Bayrou avait déjà raison en 2007. Mais ce ne sera pas le sujet de la campagne de 2012 qui ne commencera qu'en janvier prochain. L'UMP a repris la limite constitutionnel aux déficits publics, le PS a repris l'idée d'obligations européennes.. mais il faudra pour cela une union nationale des pragmatiques. Toutes ces personnes qui à droite comme à gauche savent faire des additions et savent que les budgets doivent être équilibrés. Toutes ces personnes qui à droite comme à gauche savent que c'est dans le cadre d'une Union Européen plus forte, plus démocratique et plus efficace que nous pourrons construire l'avenir de la France. Toutes ces personnes qui savent que les faux clivages issus de la lutte des classes sont aujourd'hui archaïques et dépassées.

Les attaques entre la gauche et la droite fusent déjà. La course de petits chevaux des sondeurs a déjà commencé. Pas la campagne présidentielle qui ne commencera qu'en janvier 2012.

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21/07/2011

Conseils de voyage pour les amis centristes de l'Alliance des centres

Mes amis centristes du Nouveau Centre et du Parti Radical valoisien ont choisi de travailler ensemble au sein de l'alliance des centres. C'est une excellente nouvelle. Un début d'union de quelques chapelles centristes qui peut permettre l'émergence à nouveau d'un centre indépendant. Un centre autonome qui manque à la vie politique française depuis le milieu des années 80. Un centre pondérateur des débats publics qui s'est laissé galvauder dans ses alliances avec la droite.

Sur la route de leur autonomie ils vont rencontrer de nombreux écueils. Je me permets modestement de les lister à leur attention car avec quelques autres, nous avons réussi à passer ces récifs :

1) Se définir comme "centre" tout court et plus "centre droit" ou "centre gauche" : dès que le centre affirmera son identité, c'est à dire nécessairement ce qui le distingue de la droite, ils se feront insulter. Leurs ex amis les qualifieront de gauchistes, car aux yeux de la droite tout ce qui n'est pas de droite est nécessairement de gauche. La droite a le sectarisme en commun avec la gauche. Elle ne comprend pas que le centre est au centre aussi certainement qu'une tête sur les épaules n'est ni à droite ni à gauche. Au MODEM nous avons eu le droit à ces quolibets. Etre traité de gauchiste n'est certainement pas une insulte, mais simplement une négation du droit du centre à exister de manière autonome. C'est en étant candidat face à des candidats de droite et de gauche que j'ai pu, avec d'autres, élections après élections montrer aux électeurs ce qu'est la démarche centriste. Les candidatures de l'UMP et du PS aux cantonales de mars, même si elles se sont avérés être des candidatures de témoignage, m'ont permis de prouver une fois encore que le centre n'est ni la droite ni la gauche. Mes amis de l'Alliance des Centres devront faire ce long cheminement eux aussi pour l'affirmation d'un centre autonome.

2) Le soutien des députés : Le divorce du Parti Radical et de l'UMP était programmé pour le printemps.. il a été repoussé à la fin de l'année car les députés radicaux faisaient preuve de mauvaise volonté. Depuis deux ont été nommé ministre du gouvernement UMP. Chaque député a été appelé par les responsables de l'UMP et mis en garde par le Président de la République lui même : si vous soutenez un centre indépendant on vous fera battre aux législatives. Il est peu probable que les députés Radicaux soient soudainement téméraires en décembre prochain. Au MODEM nous les connaissons : entre l'affirmation de leurs valeurs et la défense de leur mandat, ils ont toujours fait le même choix. Peut-être changeront ils d'avis ? Je doute que ce soit d'eux qu'il faille attendre des preuves de courage, de détermination et d'indépendance d'esprit. Accessoirement, quelques uns de ceux à qui on avait promis un soutien aux législatives ont été trahis par la suite et ne sont plus présents dans le débat public pour en témoigner. Au MODEM nous les connaissons, en pleine campagne des législatives de 2007 ils ont soutenu les candidats UMP qui se présentaient face à nous, ils ont promis de voter tous les déficits bugétaires les plus absudes en échange du soutien de l'UMP. Jean-Louis Borloo sera autant soutenu par les députés que François Bayrou. On dira alors "il est seul"... en oubliant que la seule proximité qui compte en politique c'est la proximité avec les électeurs... le reste en général et les opportunistes en particulier suivent.

3) Un centre autonome doit avoir un financement autonome : Une campagne présidentielle coûte très cher. Très très cher. Un parti aussi. Le Parti Radical est financé par une subvention de l'UMP. Le Nouveau Centre doit son financement aux soutiens de l'UMP à ses députés aux législatives. Bref, question financement, c'est l'UMP qui a les mains sur le volant du Nouveau Centre comme du Parti Radical. Il faudra trouver un financement autonome. Nous connaissons cela au MODEM, nous avons du présenter des candidats dans 500 circonscriptions pour mériter un financement autonome. Les modestes moyens financiers du MODEM, nous les devons aux électeurs et pas à un autre parti politique. Nos moyens sont certes modestes à côté des dizaines de millions d'euros de fonds publics attribués au PS et à l'UMP mais suffisants pour financer une campagne présidentielle.

J'espère sincèrement que mes amis centristes de l'Alliance des Centres iront jusqu'au bout de leur volonté d'indépendance. Au bout de ce chemin, ils trouveront le MODEM et nous pourront unir tous les centres. Cette union de tous les centristes permettra alors de former une majorité nouvelle en France : la majorité de tous les pragmatiques qui refusent les clivages archaïques et qui veulent travailler tous ensemble au service des Français.

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20/07/2011

Modèle de croissance genevoise : le veau d'or ne mérite pas tant d'idôlatrie

Pour des statisticiens et des économistes la forte croissance du canton de Genève et de l'arc lémanique pourrait sembler un succès fulgurant. Un diagnostic que partage des politiciens qui ont le nez sur les chiffres et ne sortent sans doute pas suffisament de leur bureau pour voir les effets de cette croissance sur la vie quotidienne des Genevois de part et d'autre de la frontière.

Cette croissance économique n'est genevoise que par sa localisation mais certainement pas par la citoyenneté de ceux à qui elle profite*... les Genevois sont eux contraints de quitter le canton pour se loger et préserver un peu leur pouvoir d'achat.

La politique économique induit une croissance démographique bien supérieure à la croissance urbaine que la société genevoise est prêt à accepter. Pour les Genevois le résultat est là :

1) Réduction continue du pouvoir d'achat amputé chaque année par la spéculation immobilière nourrie par la pénurie de logements. Mark Muller ne vit pas cet effet pervers de la croissance à titre personnel puisque son loyer à lui est limité. La génération des opposants ne vit pas cet effet pervers puisqu'ils bénéficient comme Mark Muller de loyer dérisoire pour des logements trop grands : ce sont leurs enfants qui sont chassés en masse du canton.

2) Conflit de génération larvé : Genève aura bien du mal à faire cohabiter la génération des bien logés avec celles des expulsés quand les expulsés devront payer les factures d'EMS des bien logés.

3) Chômage stable : la croissance économique genevoise ne produit pas d'emplois pour les Genevois. Genève ne crée pas d'emplois, Genève importe des emplois. Je renouvelle ma proposition aux Conseillers d'Etat pour aller à l'entrée d'une multinationale demander la ville d'origine des collaborateurs qui y entre. Les études publiées sont fausses, car fondées sur des déclarations des employeurs qui connaissent leur intérêt et par ailleurs jouent sur les mots entre contrat local et emploi local ! Les faits sont là, le nombre de chômeurs à Genève augmente de manière strictement proportionnelle au nombre d'emplois importés. Les élus Genevois qui défendent ce modèle de croissance vivent rarement le chômage de l'intérieur.

4) Pénurie de main d'oeuvre dans certains domaines : environ les deux tiers des policiers genevois sont contraints de vivre en France en raison des prix de l'immobilier genevois. Il n'est pas étonnant que dans ces conditions la police genevoise ait des problèmes de recrutement pour faire face aux besoins supplémentaires liés à la croissance démographique. Les infirmières, les enseignants non plus ne peuvent plus se loger dans notre agglomération.

5) Une paralysie généralisée des transports : par l'incohérence de ses politiques économiques et urbaines, chaque année Genève expulse 3500 Genevois qui deviennent 3500 pendulaires supplémentaires et expulsent à leur tour 3500 habitants du Genevois français qui deviennent à leur tour 3500 pendulaires qui viennent chaque jour d'Annecy, Aix et Chambéry ! Résultat tout le monde est bloqué dans des embouteillages qui s'aggravent chaque jour. Au cours des 17 ans du projet CEVA, Genève a créé plus d'usagers supplémentaires que le CEVA ne pourra en transporter.

.. passons sur les effets politiques concernant la montée du populisme ou la franche dégradation des relations avec l'Union Européenne, premier client de la Suisse spoliée par un dumping fiscal qui ne s'applique pas aux entreprises suisses.

Dans une interview ce jour à la Tribune de Genève, Mark Muller renonce à son point de vue critique sur le modèle de croissance genevois. Il prétend qu'il ne faut pas tuer la poule aux oeufs d'or. Je prétend moi au contraire que le veau d'or de la croissance genevoise ne mérite pas tant d'adulation. Seuls les propriétaires fonciers et quelques entrepreneurs de travaux publics bénéficie de ce modèle de croissance -les finances cantonales aussi tant que les investissements ne sont pas fait. Les Genevois expulsés chaque année par générations entières de leur canton ne verront jamais la couleur de l'or de cette prétendue poule.

Il est temps de passer à un autre modèle de croissance : un modèle fondé non plus sur le dumping fiscal et la complicité de fraude fiscale mais plutôt sur la formation, l'innovation et la recherche. Un modèle qui forme les Genevois à créer des emplois et ensuite les aide à le faire.

Un modèle de croissance endogène certes plus humble mais beaucoup plus durable.

 

(*) et encore le modèle de croissance ne profite pas particulièrement non plus aux expats dont les conditions de vie se sont légèrement améliorées par leur déplacement de leur ville d'origine à Genève mais au détriment de leur proximité avec leurs parents vieillissants, leurs proches et leurs amis.

 

Ps : contrairement à ce qu'affirme Mark Muller le plan directeur cantonal n'est certainement pas l'application du projet d'agglomération qui prévoit lui que Genève accueille au moins la moitié des habitants qu'elle fait venir. A ce jour il est prévu 300 000 habitants supplémentaires environ d'ici 2030. Il faudrait donc environ 75000 logements supplémentaire dans le canton, hors le plan directeur cantonal n'en permet que 50 000 environ. Dans l'état actuel des choses sur les 300 000 habitants supplémentaires 100 000 environ pourront se loger à Genève dans les nouveaux logements, 100 000 s'installeront dans le district de Nyon et le Genevois français.. et 100 000 s'installeront dans les logements existants et contraindront 100 000 Genevois supplémentaires à quitter le canton. Les techniciens cantonaux comptent sur la généralisation de la colocation chez les jeunes pour faire face à la décohabitation des ménages et à la vetusteté massive des logements lorsque la LDTR aura revélé tous ses effets pervers et que les premiers immeubles s'effrondreront.

Agglo genevoise : les députés Vaudois veulent une présidence tournante

La Confédération Helvétique exige une structure unique de gouvernance de l'agglomération genevoise pour recueillir les fonds d'agglomération. Cette structure sera de droit suisse et prendra la forme d'un Groupement Local de Coopération Transfrontalière : une structure qui permet à des collectivités locales de s'organiser par delà les frontières. Dans notre région il y a déjà un GLCT qui régit les questions de transport en commun transfrontalier.

La mise en place de ce GLCT pour l'agglo genevoise a fait l'objet d'âpres négociations sur de nombreux points. Dans la version finale soumise aux instances délibératives la répartition des sièges s'est faite de la manière suivante :

  • Canton de Genève : 7 sièges
  • Canton de Vaud : 1 siège
  • District de Nyon : 3 sièges
  • Ville de Genève : 1 siège
  • Région Rhône-Alpes : 3 sièges
  • Conseil Général de l'Ain : 2 sièges
  • Conseil Général de Haute-Savoie : 2 sièges
  • ARC Syndicat Mixte : 5 sièges

A ce jour la France et la Suisse ne sont pas parties prenantes de ce GLCT car comme son nom l'indique il s'agit de groupement local desquels les Etats ne peuvent pas être membres. Il existera bientôt la possibilité de créer un Groupement Eurorégional de Coopération qui permettra aux Etats de s'associer.

L'une des clauses prévoit que le canton de Genève assure la présidence de ce GLCT. C'est avec cette clause que les statuts ont été adoptés par le Conseil Général de la Haute-Savoie en juin dernier, par l'ARC Syndicat Mixte et sauf erreur de ma part, également par la Région Rhône Alpes et par le département de l'Ain. Dans toute agglomération normale, il semble légitime qu'un coeur d'agglomération qui se comporte de manière responsable vis-à-vis de sa périphérie puisse assurer la Présidence de l'agglomération.

Les Députés vaudois sont en train de refuser de voter les statuts en l'état en raison de la présidence genevoise. Suite à une réunion des assises transfrontalières, ils ont pu constater avec quel mépris et quel dédain les députés genevois au travers de leur Président en particulier, Renaud Gauthier, ont traité le reste des partenaires. Alors que tous les participants voulaient traiter le problème central du logement, le Président du Grand Conseil Genevois a imposé qu'on ne traite que de la question de la culture, menaçant d'annuler tout s'il n'obtenait pas gain de cause - acceptant tout juste qu'on parle de logement dans des réunions à huis clos. Les députés vaudois se sont alors rendu compte qu'une Présidence genevoise de l'agglomération n'était pas forcément pertinente dans une agglomération comme la nôtre où le coeur de l'agglomération exporte les nuisances de son modèle de développement à ses voisins. Ils veulent une Présidence tournante comme c'est habituellement le cas dans les institutions suisses, ou sinon des pouvoirs de contrôle accrus des Vice Présidents sur le Président Genevois.

Les statuts ont déjà été votés par tous les partenaires français... mais la modification souhaitée par le Canton de Vaud seraient bien entendu très facilement acceptée par les parties françaises. Membre de l'ARC et du Conseil Général, j'encourage nos partenaires Vaudois dans leur initiative : seul l'équilibre des pouvoirs garantie l'équilibre des politiques et de l'aménagement.

La question n'est pas anodine. Lors du dernier comité de pilotage du projet d'agglo du mois de juin, il a été opposé une fin de non recevoir aux présentations des bureaux d'études qui imposaient comme condition de départ que Genève ne construise pas plus de 50 000 logements, passait par pertes et profits les retards dans les constructions de logements.. et expliquait aux partenaires français et vaudois les politiques qu'ils d'urbanisme qu'ils devaient conduire. Lors d'une récente réunion technique les cabinets d'études ont représenté aux fonctionnaires la même présentation estimant qu'ils avaient été mal compris par les élus. Manifestement, ces bureaux d'études comblent le vide politique laissé par le Conseil d'Etat en général et Mark Muller en particulier. En France et dans le canton de Vaud ce sont les élus qui dirigent et les bureaux d'études qui exécutent ! L'agglomération n'est pas qu'une question technique pour urbanistes : il y a aussi des enjeux sociaux et politiques que seuls les élus peuvent apporter.. et qu'ils n'apportent pas à Genève.

Cette affaire des statuts du GLCT montre que les problèmes de l'agglomération genevoise n'oppose pas les Français contre les Suisses comme beaucoup aiment à le caricaturer, mais bien le coeur d'agglomération qui refuse d'assumer les conséquences urbaines de son modèle de développement contre sa périphérie qui en subit les nuisances.

19/07/2011

Les PV du Conseil Municipal de St-Julien-en-Genevois façon Leonid Thenardopov

Lors des Conseils Municipaux, des conseillers de la majorité nous reprochent parfois d'intervenir trop. Certains préféreraient des conseils municipaux où l'on voterait directement toutes les délibérations sans aucun débat. Lorsque nous nous faisons les porte paroles des habitants de St Julien-en-Genevois exaspérés par la manière de faire et les choix de la majorité, ces conseillers nous demandent d'abréger. Ils sont pressés de rentrer chez eux. Pourtant nos interventions sont systématiquement effacées des Procès Verbaux des conseils municipaux : un peu comme on effaçait certaines personnes des photos officielles dans l'ex Union Soviétique.

En début de mandat nous nous étions portés volontaires pour que le secrétaire de séance soit de temps à autre choisi au sein de la minorité. Les Procès Verbaux sont préparés par les services. Comme tout bon secrétaire de séance nous faisions des propositions de modifications pour mieux rendre compte des débats. Christophe Levesque, collaborateur personnel du Maire et sous son autorité, refusait d'amender les Procès Verbaux pour rendre compte de nos interventions. Frédéric Sansa avait été contraint de menacer de ne pas signer le Procès Verbal pour que nos interventions y figurent aussi.

Lors du Conseil suivant, nous proposions à nouveau un secrétaire de séance. Aucun candidat du côté de la majorité. Le Maire insiste et demande à ce qu'un conseiller municipal de la majorité se porte candidat. Nous passons au vote : la majorité choisis un candidat issu de ses rangs comme secrétaire. Lors du Conseil Municipal suivant la majorité vote le Procès Verbal qu'elle a rédigé et qui ne rend compte que très partiellement des débats du Conseil.

Puisque nos interventions ne sont pas relatées dans les Procès Verbaux officiels, je redige mes propres comptes rendus des Conseils Municipaux. Je rends essentiellement compte de nos interventions qui manquent dans les comptes rendus officiels... et parce que je ne dispose pas de services contrairement à la municipalité. Mes comptes rendus des conseils municipaux publiés rapidement après le conseil sont lus par plusieurs centaines de St Juliennois contrairement aux comptes rendus officiels.

Nous avons donc laissé ce sujet de côté depuis ce jour. Nous nous attachons aux sujets qui comptent pour la vie des habitants : écoles, crèches, voirie, propreté, urbanisation, commerce..etc..etc.. Le fait que nos interventions figurent dans les Procès Verbaux des Conseils Municipaux n'est pas le sujet le plus important pour les habitants. Nous avons donc été un peu moins vigilants sur ces Procès Verbaux façons Pravda soviétique.

Mais, j'ai eu l'occasion de constater que ces Procès Verbaux peuvent être déterminants pour comprendre après coup les positions des uns et des autres : il est utile de savoir qui a dit quoi au sujet du refus d'admettre les enfants de chômeurs dans les cantines scolaires à Thonon. Et pendant ce temps là, la majorité a aggravé son cas : elle rendait compte de manière très partielle de nos interventions. Aujourd'hui nous n'apparaissont plus dans les Procès Verbaux des conseils. Les habitants pourraient croire que nous sommes aussi passifs et indolents que les béni-oui-oui de la majorités... s'ils ne regardaient pas la liste des présents, les habitants pourraient même croire que nous sommes aussi absentéistes que les élus de la majorité.

Un nouveau cap a été franchi par la majorité. Nos interventions pourtant franches et virulentes sur les diktaat du Maire qui vont nuire aux élèves du Puy St Martin, sur l'absence de communication auprès des commerçants avant le démarrage des travaux dans la Grand Rue ou encore sur la fermeture de lits à la maisons de retraite de St Julien n'y figurent pas. Aucune de nos interventions n'y figure. Celles de la majorité y sont relatées de manière intégrale.. sauf les interventions parfois très critiques de Nicole Roguet.

Le procès verbal se réduit à une inutile liste des délibérations : un travail totalement redondant par rapport au registre des délibérations qui est déjà public. La démocratie commence par là. Notre vigilance aussi. On a du mal à croire que l'autoritarisme d'un Maire d'une commune de 12000 habitants puisse aller au point d'effacer les interventions de la minorité des Procès Verbaux officiels. Dans quel pays est-on ? Faut-il que notre démocratie soit si malade, que les exécutifs soient si incapables d'entendre un avis divergents, se sentent si menacés par le débat public qu'ils l'interdisent ?

Même à La Roche sur Foron les PV rendent compte des débats municipaux.. et pourtant le Maire est si peu démocrate qu'il ne convoque que le minimum légal de 5 Conseils Municipaux par an et ne réunit pratiquement jamais les commissions. Même à Thonon dont le Maire est décrit comme autoritaire par les camarades socialistes de Léonid Thénardopov autant que par des UMP qui pourtant s'y connaissent en matière d'autoritarisme, les PV rendent compte des interventions des minorités.

Nous exigeons formellement que les Procès Verbaux des Conseils Municipaux rendent compte des débats contradictoire à commencer par celui du 7 juillet. Nous invitons les élus de la majorité à rejeter les PV partials et à désigner dorénavant un élu de la minorité comme secrétaire de séance.

 

Pièces jointes : Proposition de PV du Conseil Municipal du 7 juillet 2011

CM du 7 juillet 2011-PV.PDF

A titre de comparaison : PV de La Roche sur Foron et PV de Thonon les Bains

compte_rendu_conseil_municipal_de Thonon20042011.pdf

compte_rendu_conseil_municipal_de Thonon20042011.pdf

08/07/2011

Compte rendu du Conseil Municipal du 7 juillet 2011

Peu de délibération à l'ordre du jour du Conseil Municipal mais de nombreux sujets d'actualité.

Il faut rendre hommage à l'engagement de Catherine Balmens qui, semble-t'il, a fait l'aller retour depuis ses vacances à Toulon pour garantir à la municipalité le quorum nécessaire de 17 conseillers présents sur 25 élus !

Le Maire a commencé par une présentation mensongère de la situation sur les effectifs dans les écoles. Selon ses propos c'est l'inspection académique qui aurait renoncé à déplacer un poste de Thairy au Puy St Martin comme proposé par la commission scolaire. Le Maire s'emmelle les pinceaux : il prétend qu'il n'est pas revenu sur la position de la commission scolaire.. mais dit aussi qu'il s'oppose à une fermeture de classe temporaire à Thairy pourtant décidée par la commission scolaire ! Ce qu'il y a de vraiment surprenant dans le débat, c'est que même les adjoints qui étaient présents à la commission scolaire et en ont validé la décision, apprennent manifestement durant le Conseil Municipal que le Maire a unilatéralement outre passé ces pouvoirs. Dans le couloir de la Mairie il a dit à l'inspectrice d'académie qu'il était hors de question de suivre l'avis de la commission scolaire. Ces adjoints qui voient leurs pouvoirs totalement outrepassés par le Maire n'ont vraiment plus aucune dignité ! Pas étonnant que la majorité ne vienne plus aux conseils municipaux !

Le résultat est là : le Maire prend les enfants et les parents en otage pour tenter de contraindre l'éducation nationale à ajouter un poste supplémentaire. Un bras de fer voué à l'échec au détriment des enfants... et totalement irresponsable lorsqu'on connait la situation financière de la France et les montagnes de dettes que cette génération d'irresponsables lègue aux générations suivantes.

Puis vient le sujet de la fermeture des lits à la maison de retraite de St Julien. Situation totalement incroyable et digne d'un pays sous développé : près de 30 lits seront fermés à la maison de retraite faute de personnel. La crise de la formation du personnel soignant est mondiale. Elle est encore plus grave à la frontière en raison des différentiels de salaire. Il semble qu'elle soit encore plus grave à la maison de retraite de St Julien comparé à celle de Viry. Il se trouve que la veille, lors d'une réunion du CRFG, plusieurs élus de la région et en particulier le Maire de St Julien ont applaudi à la mise en place d'une procédure de "validation des acquis de l'expérience" transfrontalière. Jusqu'à présent les maisons de retraite pouvaient encore compter sur la collaboration de personnel dont les diplômes n'étaient pas reconnus dans le canton de Genève. Demain, avec la validation de l'expérience, tous les aides soignants pourront travailler à Genève. La situation risque bien de s'aggraver considérablement avec cette VAE. L'existence même des maisons de retraite actuellement en construction ou en travaux d'extension pourrait bien être menacée à terme. Nous devons mieux orienter les jeunes vers ces fillières à déboucher dès le lycée. Nous devons nous assurer que Genève cesse d'exporter sa surchauffe en faisant en sorte qu'elle tienne ses engagements de construction de logements. Nous devons nous assurer que les logements sociaux soient bien occupés par ceux qui en ont le plus besoin. Nous devons aussi nous assurer que la coût de la vie soit reconnu par l'Etat dans le Genevois français comme à Paris faute de quoi nous n'auront bientôt plus aucun service public.

Nous interpellons aussi la municipalité au sujet des travaux en centre ville. Des travaux dont les commerçants ont été informé le jour de leur commencement. Le Maire qui se prétend un ardent défenseur du commerce à St Julien a oublié d'informer les commerçants que la rue principale allait être fermée au trafic de voiture ! Peut-être ne sait il pas que les commerçants doivent gérer des stocks, des périodes de vacances, des soldes ? A la décharge de la municipalité il est vrai qu'Annie Stalder, adjointe au commerce n'a peut être pas bien communiqué avec Annie Stalder, adjointe à la communication.. sachant qu'Annie Stalder est déjà totalement débordée par la mise en ligne du nouveau site internet de la commune qui a déjà deux ans de retard. Je me permets de demander si la date des travaux a été fixée en concertation avec les commerçants : nouveau mensonge du Maire qui prétend que oui ! Comment les commerçants peuvent-ils ignorer la date des travaux s'ils ont été consultés comme le prétend le Maire ? Selon la municipalité, les commerçants réalisent de très bonnes affaires depuis que la Grand Rue est fermée ! Les commerçants de St Julien apprécieront !

Concernant le PLU, la municipalité confirme que deux permis sont en cours de retrait. Je demande quels permis. François Cena précise qu'il s'agit notamment du permis accordé à la famille Baudet à Norcier. Le Maire prétend qu'il s'agit d'une décision privée qui ne doit pas être rendue publique ! Nouvelle absurdité du Maire : comme si les délivrances et retraits de permis relevaient de la confidentialité privée ! Pour rappel le Maire avait lancé toute une procédure de révision simplifiée du PLU avec publicité et enquête publique pour rendre constructible une unique parcelle pour y construire 5 logements. Une parcelle qui appartenait à la famille de la présidente de l'association des commerçants pendant la campagne des municipales de 2008. Un soutien électoral. 750 000 euros de plus value patrimoniale ! L'annulation du PLU et les recours déposés par les riverains et l'Etat ont permis de mettre un terme à cette opération de clientélisme du Maire de St Julien. Vu les pressions foncières on ne peut pas décider de l'urbanisation de nos communes avec des méthodes pareils !

Nous passons à l'ordre du jour. Nous délibérons pour lancer une nouvelle procédure de PLU. Beaucoup d'affaires courantes suivent.

18:07 Publié dans Haute-Savoie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

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