26/06/2011

Plan Directeur Cantonal : 100 000 Genevois licenciés de Genève (S.A.) d'ici 2030

Le plan directeur cantonal est actuellement en discussion. Plutôt paradoxal puisqu'il s'agit de la mise en oeuvre de la partie genevoise du second projet d'agglomération qui est encore en discussion avec le canton de Vaud et le Genevois français jusqu'à juin 2012. En résumé, Genève discute avec ses partenaires jusqu'à l'an prochain.. mais fige déjà son engagement à seulement 50 000 logements pour 2030. Un engagement qui va à l'encontre des principes du projet d'agglomération qui veut une agglomération "compacte, multipolaire et verte", puisque cela fige la croissance de logements à seulement 1% dans les limites cantonales contre 1,4% dans le district de Nyon et 1,6% dans le Genevois français : dans une agglomération compact la croissance urbaine devrait être plus forte au coeur de l'agglo qu'en périphérie !

C'est un véritable scandale non seulement pour les partenaires Vaudois et Français.. mais surtout pour les Genevois eux mêmes. En effet, par ses mécanismes fiscaux dérogatoires Genève prévoit d'accueillir environ 300 000 habitants supplémentaires pour 2030. Avec 50 000 logements supplémentaires, Genève ne pourra loger qu'environ 100 000 de ces nouveaux habitants. Sur les 200 000 restants, on peut légitimement estimer que la moitié aura plus de moyens que les Genevois pour s'installer au coeur de l'agglomération. Environ 100 000 habitants se logeront à Genève et obligeront environ 100 00 Genevois à faire leurs valises ! En raison de l'incohérence entre la politique fiscale et la politique du logement, les citoyens helvétiques seront devenus minoritaires dans le canton de Genève en 2030.

Lorsqu'on souligne celà à quelques élus Genevois ils relèvent les bienfaits pour les finances de l'Etat de cette politique fiscale aggressive. Mais celà fait une belle jambe aux Genevois que de savoir que leur canton se porte financièrement bien s'ils doivent pour cela le quitter. Genève est-elle une entreprise qui licencie ses contribuables les moins profitables pour servir des contribuables fortunés comme on sert des clients ? Ou Genève est-elle une société qui travaille à sa cohésion et dont les élus sont au service des habitants ?

Cette question pourrait relever du seul débat Genevois.. si elle n'avait de graves conséquences sur le Genevois français. Mais les 100 000 Genevois expulsés expulseront à leur tour 100 000 habitants du Genevois français. Les Maires des communes rurales du Genevois français sont obligés de construire trois fois plus de logements pour loger leurs jeunes car sur 3 nouveaux habitants, 2 sont des Genevois qui fuient la pénurie. Ces constructions se font au détriment de notre mobilité à tous. Les lits d'hôpitaux ferment faute de personnel qui ait les moyens de se loger : on compte jusqu'à 25% de turnover annuel dans les structures hospitalière ! Les enseignants sont contraints de se loger à 30km voir 50km.

Genève peut naturellement conduire n'importe quelle politique économique mais il est alors légitime qu'elle en assume au moins la moitié des conséquences urbaines. Le projet d'agglomération N°1 signé en 2007 fixait la proportion de logement à construire à 50% pour Genève, 40% pour le Genevois français et 10% pour le district de Nyon. Alors que la croissance démographique s'accélère Genève voudrait réduire son engagement de logement à seulement 1% de logements supplémentaires par an : un chiffre à rapprocher des 2% d'habitants supplémentaires par an, des 1% de logements nécessaires pour faire face à la décohabitation des ménages et aux 1% nécessaires pour remplacer les logements vétustes (surtout lorsque la LDTR fera tomber en ruine ses premiers immeubles, faute de rendre financièrement viable les rénovations).

Pour ma part je considère le plan directeur cantonal actuellement en discussion comme étant l'application du premier projet d'agglo de 2007. Un projet d'agglo rendu caduc par la hausse fulgurante de la croissance démographique. Le nouveau projet d'agglo de 2012 devra se traduire par un nouveau plan directeur cantonal d'environ 75 000 à 100 000 logements supplémentaires dans les limites cantonales d'ici 2030.

La question n'est plus de savoir si la jeunesse genevoise se révoltera contre ces politiques qui l'expulse, mais bien quand.

Commentaires

Monsieur Vielliard,

Cet édito me fait penser à un élu d’en face, jaloux et envieux! Ce qui ne devrait pas vu la génération que vous représentez.

Jaloux de voir une économie florissante qui dure dans le temps et qui se maintien relativement bien quand il y a une crise économique comme celle à présent.

Jaloux parce que ce canton développe sont habitat, lentement mais dans le respect.
Depuis de nombreuses années le Genevois à su construire en préservant sa campagne et son environnement, se qui est loué par des élus d’autres contrées qui se plaignent du mitage de leurs région.

Genève exporte une partie de ses habitants, vous avez entièrement raison. Mais il y a tout de même 350'000 genevois qui habitent encore dans leur canton et 115'000 étrangers (env. 25%) qui y habitent est s’y sentent bien !

Pas tous sont archi milliardaires je vous rassure.

Envieux de voir une région responsable et présenter des comptes bénéficiaires d’année en année. Cette arrogance est insupportable pour des élus Français je vous le concède, mais quand on est du bon côté de la frontière, qu’est-ce que c’est agréable !

Envieux de voir les fortunes qui se brasse dans ce petit bout de suisse et d’en récolter que des clopinettes, alors que les communes françaises voisines s’endette et vivent dans la précarité.

D’un côté on lit le maire d’Annemasse qui tend les bras à ses expatriés Genevois et de l’autre ont lit Monsieur Vielliard qui n’en veut plus.

Il faudrait commencer par vous mettre d’accord ???

Développer la région c’est aussi faire un pas vers celui qui est le plus puissant économiquement. Pas de chance c’est Genève !

La politique fiscale agressive en suisse ne va pas s’atténuer, après le vote des Neuchâtelois du week-end passé. Et c’est tan mieux !

Les Français n’ont qu’à bien se tenir avec leur URSSAF, pilleuse de fortune !

Si les Genevois Français s’obstinent à vouloir imposer leurs lois et leurs impôts aux Genevois, il n’en sera rien! Car le canton de Genève est une république et souverain.

Genève ouvrera facilement les bras aux Français voisins, si vous le demandez. Rejoignez-nous et créons ensemble une méga économie.

Sinon, gardez vos miettes !

Bien à vous

Écrit par : eric | 26/06/2011

De toute facon, meme ces 50'000 logements promis d'ici 2030, vous (nous!) n'en verrez pas la couleur... impossible, à Genève, de construire autant en si peu de temps.

Et le peu de logements réellement construits sera (comme c'est deja le cas maintenant) en majorité soit hors de prix pour la classe moyenne, soit du subventionnés tout aussi inaccessibles à la classe moyenne, qui... par conésquent continuera et de manière toujours plus prononcée, à s'exiler sur France ou Vaud...

Écrit par : mouais | 26/06/2011

J'ai failli commcencer à répondre par le menu aux élucubrations de "eric" (certainement un fonctionnaire cantonal bien logé...) mais je pense que ça ne sert à rien. Peut-être que quelqu'un d'autre s'en chargera?
.
Deux piques néanmoins:
1 - Rien n'est éternelle, y compris la prospérité (de façade) de Genève; et
2 - GE est elle-même bien trop endettée pour "acheter" la France voisine - qui d'ailleurs n'est pas à vendre.

Écrit par : caracolelimonade | 26/06/2011

Monsieur Vielliard, cette fois je suis bien de votre avis. La politique genevoise est une vraie bombe à retardement!

Écrit par : Mauro Poggia | 26/06/2011

@ éric :

" Mais il y a tout de même 350'000 genevois qui habitent encore dans leur canton et 115'000 étrangers (env. 25%) qui y habitent est s’y sentent bien ! "

Seulement une question de chiffres contestés :
A quelles années vos chiffres se réfèrent-ils ? 2010 ?

Vous indiquez "env. 25% d'étrangers". Or selon la publication UBS "La Suisse en chiffres" Édition 2010, qui se réfère à l'année 2009, Genève comptait à fin 2009 453'800 résidents dont 173'600 étrangers, soit 38,3 % de la population résidente. Pourquoi un tel écart sur la population des étrangers entre vos chiffres et ceux de l'UBS qui sont issus de l'OFS (Office fédéral de la statistique) ?

Pour le reste, il est évident qu'il y a inadéquation entre l'offre de logements et les projections démographiques genevoises ...

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 26/06/2011

Il est évident que nous avons un problème de logements. Mais tu déformes les faits Antoine, et tu le sais. Tu populises, en fait. La prospérité de Genève à l'échelle européenne, voire mondiale, et celle de sa région voisine (à l'échelle française) attire les immigrants, pauvres et riches, comme une lampe les phalènes. Ceci indépendamment des forfaits fiscaux, qui ne sont qu'un des éléments du phénomène.
Quant au plan directeur cantonal, il est déjà attaqué de toutes parts, par des gens ayant le droit de vote, qui refusent de voir construire à côté de chez eux. la démocratie est le moins mauvais des systèmes, et la démocratie genevoise est particulièrement avancée, mais elle implique de faire avec les voix discordantes. Alors arrêtons de nous tirer dans les pattes pour des motifs de convenance électorale personnelle et construisons une région équilibrée, qui tienne compte des réalités économiques, administratives et fiscales des deux Etats qui la composent.
Apparemment, cela n'est pas demain la veille que les entreprises s'installeront en France et les habitants en Suisse. Les efforts dans ce sens n'ont guère d'effets contre la vague de fond qui est contraire. Mais au final, tout le monde s'y retrouve. Prenons en acte et canalisons cette vague. En construisant notamment des transports publics adaptés (y compris aux distances à parcourir), en fignolant les plans d'occupation des sols, en construisant des logements dédiés aux fonctionnaires français etc...

Écrit par : Philippe Souaille | 27/06/2011

Philippe,

Tu vantes les mérites du débat démocratiques.. mais tu souhaiterai que je n'y contribue pas en apportant au débat ces évidences que tu juges populistes (libre à toi) : quand on prévoit 300 000 personnes en plus, et seulement 50 000 logements, il faudra qu'environ 100 000 genevois fassent leurs valises.

Tu sembles tirer un parti quelquonque de la situation. Sache que ce n'est pas le cas d'une part grandissante des habitants de notre région qui voit la prosperité à leur voisinage mais en subisse les nuisances et voient leur pouvoir d'achat se dégrader au détriment de la cohésion sociale.

Pour ton information la semaine dernière, la maison de retraite a annoncé devoir fermer 31 lits en raison de la pénurie de personnel lié à la crise du logement. Ces lits sont occupés et les familles ont maintenant trois mois pour trouver une solution alternative.. je doute qu'elles estiment comme toi que "tout le monde en profite".

L'attraction est lié à de nombreux facteurs. Les statuts spéciaux qui permettent à des entreprises de ne pratiquement pas payer d'impôt en est un qui est particulièrement important...

Contrairement à l'idée que tu colportes dans ton commentaires, le nombre d'emplois à Archamps a doublé entre 1999 et 2007 ! La seule limite à cette croissance du nombre d'emplois c'est que les salariés de ces entreprises sont contraints d'aller se loger toujours plus loin au fur et à mesure que les Genevois sont eux même contraints de quitter le canton contre leur volonté.

Je connais les égoismes des propriétaires de villas... et il me semble que la jeunesse genevoise, certes moins organisée, certes moins représentée au Grand Conseil et dans les partis politiques va finir par se lever contre des politiques aussi absurdes pour tous.

Amicalement,

Antoine

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 27/06/2011

Il faut aussi remercier Mme Emery Torracinta d'avoir milité pour faire adopter une augmentation des allocations familiales au grand conseil de Genève pour ces pauvres gens de la classe moyenne qui peinent à joindre les deux bouts (loyer, assurance maladie, etc.) et qui gagnent (selon ses arguments) entre 0 et 200'000 CHF, pendant que son mari Pascal Emery alimente la working poor classe avec un taux d’échec faramineux dans ce temple du savoir enseigner du collège Emilie Gourd (elle doit se retourner dans sa tombe la pauvre dame). Avec 50% d’échec en 1iere année suivi du même pourcentage en seconde année, le multi président peut vraiment afficher une productivité éducative quasi industrielle, il faut dire qu'il n'est pas aidé par ses adjoints. Il faut espérer qu'aucun des jeunes résidus n'est un jour la meme idée que ces autres de l'école Colombine au Colorado ou de ce jeune allemand, d'autant plus que ces zozos accompagnés de ceux de l'ECG pourront toujours essayer de se loger à Geneve

Écrit par : Georges | 27/06/2011

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