21/06/2011

Agglo genevoise et la prétendue "Agglophobie" ?!?

La semaine dernière en rendant compte d'une étude de l'EPFL sur le développement de notre agglomération, il a été rendu public que 90% des Genevois ne souhaitaient pas s'installer dans le Genevois français et 90% des habitants du Genevois français ne souhaitaient pas s'installer dans le canton de Genève.

Le chiffre est intéressant.. et à rapprocher des 77% de Genevois d'une classe d'âge qui sont actuellement contraints chaque année d'aller se loger dans le Genevois français et le district de Nyon (1500 par an vers le canton de Vaud et 2000 par an vers le Genevois français pour 4500 Genevois par classe d'âge). Certains élus genevois estiment qu'ils ne s'agit que de Genevois qui s'installent dans le Genevois français par choix pour devenir propriétaire ou s'installer dans une villa : excusons-les, ils sont un peu âgés et ne comprennent pas bien les difficultés de logements des moins de 40 ans.

Les articles de presse et sans doute l'étude de l'EPFL concluait que les habitants de notre région serait "agglophobes". Une conclusion absurde : il est bien probable que 90% des Genevois de la rive gauche ne souhaitent pas plus se loger sur la rive droite (et réciproquement) et 90% des habitants du Genevois Haut Savoyard ne souhaitent pas s'installer dans le pays de Gex (et réciproquement). Ils ne sont pas pour autant "rivophobes" ou "départementophobes".. mais tout simplement chacun aspire à pouvoir vivre à proximité de sa famille, de ses amis et de ses proches. On a tous nos habitudes.

Les politiques publiques de notre agglomération... et en particulier le plan directeur cantonal en cours de consultation vont empêcher les jeunes genevois de se loger à proximité de la commune dans laquelle ils sont nés ou ont grandis. Notre agglomération prévoit l'arrivée d'environ 300 000 habitants d'ici à 2030.. des habitants dont les rémunérations leur permettront de se loger à Genève. Genève pendant ce temps ne s'engage au travers de son plan directeur cantonal à ne construire que 50 000 logements qui ne logeront que 100 000 habitants. D'ici 2030, il faudra donc qu'environ 100 000 Genevois quittent leur commune et s'installent dans le Genevois français.. où ils chasseront à leur tour 100 000 habitants contraints de s'installer à Annecy, Bonneville et Cluses.

Tous les habitans de notre région se retrouveront tous ensemble paralysés sur les voies publiques engorgées. Ils développeront une certaine agglophobie : non pas dirigée les uns contre les autres puisqu'ils seront tous dans le même bateau, mais bien plutôt contre des politiques publiques d'agglomération totalement absurdes.

 

Ps : je suis à la recherche de quelques uns des 20 000 Genevois qui après des années de recherche de logement à Genève ont fini par s'installer dans le Genevois français ces 10 dernières années et qui soient près à témoigner de leur expérience. Merci de prendre contact avec moi : antoine.vielliard@sfr.fr

 

Commentaires

Le Genevois français ? MDR !! Pour mémpoire se sont les Genevois de Genève (Debleu Debleu) qui ont gagné contre les Savoyards et non la France qui aurait "conquis" Genève en 1602!

Sinon, sachez que les genevois comme moi qui ont démménager sur Vaud l'on fait parce qu'il n'est pas QUESTION de vivre en France, que les impôts sont moins chers ainsi que les primes de caisse maladie, les filles plus belles, on respecte les piétons et on se dit bonjour le matin (Dedieu ¨!) et d'une manière générale le vin blanc est meilleur !

Écrit par : Stéphane | 21/06/2011

Bonjour Stéphane,

Merci beaucoup pour cette "contribution" d'un sacré niveau intellectuel qui va permettre de trouver des solutions nouvelles pour améliorer la qualité de vie de tous les habitants de notre région où qu'ils résident !

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vieillard (st julien en genevois) | 21/06/2011

1602, c'est juste le dernier soubresaut des guerres de religion au cours desquelles la France a soutenu activement Genève contre la Savoie. Paris y a d'ailleurs gagné Versoix, Meyrin, Vernier, Collex, Saconnex et tout le Pays de Gex. A vrai dire, c'était même plutôt une guerre entre Henry IV et le Duc de Savoie Charles Emmanuel, cousins germains et candidats tous deux au trône de France, dans laquelle Genève n'était qu'un épiphénomène.
"Genevois français", c'est juste l'appellation politiquement correcte en France pour dire "France Voisine".
Quant aux raisons qui poussent chacun à rester à chez soi, c'est bel et bien une forme de xénophobie latente à basse intensité. Un peu plus virulente d'ailleurs chez les résidents genevois d'importation. Car honnêtement, à Ambilly, on est plus près des Rues Basses que si on habite Versoix. D'ailleurs, l'une des collègues (allemande et habitant la Suisse depuis 3 ans) de ma compagne, lorsqu'elle a appris que nous déménagions en France, lui a fait cette drôle de remarque sur un ton un peu hautain, limite méprisant: "Ah, c'est vrai que tu es française, c'est pour ça". Précisons que ma compagne, bi-nationale, est née à Bâle, de père bâlois et de mère française, mais n'avait jamais vécu en France...
Ce léger ton méprisant de nombre de Genevois (généralement pas les plus malins) à l'égard de la "France voisine" explique au moins en partie le comportement prétentieux (et tout aussi débile) qu'affectent en retour un certain nombre de frontaliers. Mais la raison principale du peu d'enthousiasme à l'idée d'habiter en Suisse, lorsqu'on habite en France, c'est évidemment parce qu'à revenus égaux, on vit moins bien côté suisse, dès lors qu'on sait oublier ce léger snobisme des genevois résidents.
Il n'en reste pas moins, Antoine, que ta campagne personnelle contribue à monter les uns contre les autres. Quoique tu en dises. Pour connaître la proportion de gens "chassés" de Genève ou ayant choisis la France voisine, il me semble que l'âge et le niveau social des personnes concernées est un bon indicateur. Il y a certes quelques jeunes dans le lot, j'en connais, qui d'ailleurs retournent sur Genève dès qu'ils y trouvent un appart à louer. Mais la grande majorité de ceux que je rencontre, à commencer par quasiment tous mes voisins, sont des gens d'âge mur, avec enfants et revenus+économies leur permettant d'acheter une maison. Plus rarement un apparte. Renseigne-toi dans les agences sur leur clientèle, et au consulat suisse de Lyon. En isoler quelques uns ne prouvera rien.
Si les Genevois moyens peuvent acheter en France, ils ne peuvent pas le faire en Suisse, et ils ne pourront jamais, à moins de changer tout le système. Ce qui serait certes utile, mais avec la nouvelle initiative de l'ASLOCA, on prend juste le chemin inverse qui au bout du compte, livre les Suisses aux régies...

Écrit par : Philippe Souaille | 21/06/2011

Cher Stéphane,

Certes les Genevois ont bien repoussé les troupes du Duc de Savoie lors de l'Escalade en 1602, mais que vient faire la France dans cette anecdote historique ?

Faut-il rappeler que la Savoie n'est devenue française qu'en 1860 seulement, soit 258 ans après l'Escalade !

Attention avec les anachronismes, on peut leur faire dire n'importe quoi ...

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Et vous Cher Antoine, votre agglophobie vous conforte-t-elle dans votre position de bloquer la part française du CEVA, "aussi longtemps que Genève n'aura pas construit les logements promis", et ceci malgré le récent arrêt du TAF (Tribunal Administratif Fédéral) déboutant les derniers opposants au projet ?

Que vous inspire cette décision du TAF ? A-t-elle contribué à infléchir votre position ? Êtes-vous dans de meilleures dispositions ou toujours prêt à bouffer de l'helvète tous les matins au petit-déjeuner ??? ;o)

Merci de nous le faire savoir.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 21/06/2011

Bonjour Monsieur Vieillard

Enfin je vous retrouve dans un débat du combattant ! Merci.

Il me semble que le sujet récurent (je vous le concède), devrait glisser sur un rapprochement plus évident de nos peuples.

Entre Genevois Suisse, Genevois Français, et habitants de l’Ain, il n’y a pas de différence. Nous vivons dans la même région, nous avons les mêmes traditions et les mêmes mentalités.

Seule une frontière imaginaire nous impose une séparation depuis plusieurs siècles.

Il est peut-être temps de changer l’histoire, ou peut-être de faire une correction de l’histoire, en reprenant les propositions de Napoléon.

La France, empêtrée dans l’Europe et dans l’Euro, aura certainement besoin d’argent d’ici ces vingt prochaines années.

Ca tombe bien, la Suisse en a ???,

Genève et la Suisse ne devrait-il pas faire une proposition de rachat sur cette région ?

Cette région ne devrait-elle pas faire un « appel du pied » à Genève ?

Ramener une vraie frontière naturelle: les montagnes

Je suis convaincu que c’est une des meilleures solutions pour régler nos problèmes et développer l'économie du Genevois Français !

Et vous qu’en pensez-vous ?

Amitié

Écrit par : eric | 26/06/2011

Bonjour Stéphane,

Je trouve cette proposition totalement absurdes pour plusieurs raisons :
1) elle nie la réalité de l'histoire et de l'identité. Nous avions le choix il y a 150 ans peut être mais aujourd'hui nous avons beau tous être Genevois nous n'en sommes pas moins Suisse pour les uns et Français pour les autres. Nous devons construire l'avenir à partir de cette réalité.
2) beaucoup de choses s'achètent.. pas l'identité des individus. Votre proposition ressemble un peu trop à une proposition malhonnête.
3) les frontières naturelles étaient pertinentes il y a environ un siècle car elles formaient de véritables obstacles. Aujourd'hui même des mers et des océans ne sont plus des obstacles. Les murs de Berlin ou de Cisjordanie et de Gaza sont les seuls obstacles qui freine le franchissement des frontières .. et encore de façon bien illusoire. Les personnes qui pensent que nos problèmes seraient résolus si les frontières du canton étaient étendues, ignore que notre agglomération va bien au delà de ces frontières là : en Haute Savoie le tiers des frontaliers résident dans des communes qui ne sont pas dans le projet d'agglo. De plus en plus de frontaliers habitent à Annecy. Un ami Lyonnais me disait que dans la classe de sa fille 3 papas travaillent en Suisse !!! Repousser la frontière c'est repousser le problème et pas le résoudre.
Nous sommes dans un monde interdépendant.. les actions des uns (comme le dumpling fiscal et les freins à la construction de logements) ont nécessairement des conséquences sur les autres qu'on ne peut plus ignorer.

Bien cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 26/06/2011

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