18/04/2011

Surchauffe économique dans le bassin lémanique

La surchauffe économique se caractérise par une croissance économique supérieure au potentiel de croissance. Les ressources étant utilisées au delà de leur capacité cela induit une inflation.

Habituellement la surchauffe se caractérise par une inflation des biens et services en raison d'une augmentation de la masse monétaire. Dans l'arc Lémanique la surchauffe conduit à une hyperinflation de l'immobilier.

En général la surchauffe intervient à des niveaux de croissance qui approchent ou dépasse les 10%.. dans l'arc lémanique nous sommes déjà en surchauffe avec une croissance limitée à 3% environ. Nous sommes déjà en surchauffe à ces faibles niveaux de croissance parce que la croissance du nombre de logements est limitée à +0,66% dans le canton de Genève.

La surchauffe est néfaste pour le développement économique. Elle induit des troubles sociaux et une instabilité politique qui s'est déjà concrétisée à Genève avec l'apparition violente du MCG aux élections cantonales de 2009 et à nouveau aux élections communales de mars et avril 2011. Le MCG a privé la ville de Genève de toute majorité politique. Si les questions liées à la surchauffe ne sont pas réglées dans les prochains mois c'est le Grand Conseil du canton de Genève qui sera privé de majorité politique à l'automne 2013.

Pour résoudre cette surchauffe il y a plusieurs moyens d'action possibles :

1) Accompagner la croissance économique d'une croissance urbaine. Cela suppose de lever les nombreux obstacles à la construction de logements : processus d'opposition, déclassement des terrains afin de construire assez de logements pour les habitants. Il faut également modifier la péréquation intercommunale afin que les communes genevoises soient désormais partie prenante de l'effort de construction de logement. Enfin, il est temps que les partis politiques et les responsables politiques assument leurs responsabilités et sensibilisent les électeurs genevois à l'urgence de l'effort de construction : une génération ne chasse pas impunément les générations suivantes d'un canton sans devoir subir un violent et puissant retour de manivelle !

2) Limiter le croissance économique à des niveaux qui correspondent à la capacité de gestion de la puissance publique. C'est ce que font toutes les économies en surchauffe à commencer par la Chine. Il suffirait que la fiscalité qui s'applique aux entreprises genevoises soient appliquée aux entreprises étrangères également en toute équité.

Ces dernières semaines, les lobbys économiques s'opposent à ce qu'il y ait une maitrise du développement économique. Libre à eux... mais leur intervention est aussi innefficace qu'un coup d'épée dans l'eau tant que le bassin lémanique sera incapable de gérer de tels niveaux de croissance. S'ils veulent réellement que la croissance se poursuive à ce rythme actuellement ingérable, ils doivent contribuer à rendre cette croissance gérable en terme de développement urbain. En particulier en faisant pression sur les réseaux de la droite résidentielle en faveur de la construction de logements dans les communes de villa : Thônex, Veyrier ou Troinex par exemple. La position qui consiste à défendre un modèle économique expansionniste et un modèle urbain si restrictif est indéfendable et ne peut que conduire à une poursuite des troubles sociaux et politiques dans le canton.

Commentaires

Mettez le franc suisse au même niveau que l'euro :en 1965: 100 fr français= 90 fr suisse et il n'y avait aucun intérêt à travailler en Suisse!!!
Pour nous qui travaillons en France, c'est l'enfer la situation devient très dangereuse!!! impossible de vivre dans notre pays tellement les prix sont fous
et le pire c'est que nous formons des jeunes qui ,une fois diplomés partent travailler pour l'économie suisse!!!!créons des emplois en France pour nos enfants et petits enfants ou annexons la Savoie à la Suisse???
et les frontaliers ?ni français ,ni suisse? ou les deux à la fois pour les avantages dans chacun des pays??qui sont ils vraiments les habitants de ce nouveau pays:la FRONTIERE???

Écrit par : RICHARD | 18/04/2011

Si l'Etat établissait lui-même les salaires en fonction des besoins, peut-être n'y aurait-il pas de surchauffe. En tout cas, vous ne dites pas ce que peut faire l'Etat français dans la partie dont il a la responsabilité, M. Vielliard. Or, vous en faites partie, comme élu du Conseil général. Avez-vous pensé à proposer une prime pour les personnels de l'Education et de la Santé, financée par l'Etat, et sur le modèle parisien?

Écrit par : RM | 19/04/2011

RM a raison. Si Saint-Julien n'arrive pas à trouver des fonctionnaires pour les salaires proposés, il faut augmenter les salaires.

Si ceux que Paris verse sont insuffisant, les région, département, canton, communauté de communes et commune doivent mettre eux-même la main à la poche.

Si chacune met 50 euros, ça fait 250 euros en plus par mois et par fonctionnaire.

L'avantage d'avoir plein de niveaux de décisions, c'est qu'il y a plein de niveaux de financement.

À noter qu'il est possible d'augmenter les salaires de manière indirecte, par des loyers plus bas, la gratuité des transports publics, ...

Écrit par : avivo | 19/04/2011

Les frontaliers créent un dangereux déséquilibre des deux côtés de la frontière:
1- Ils font baisser les salaires à Genève (abondance de l'offre)
2- Ils font augmenter les prix de l'immobilier en France voisine (pouvoir d'achat 3 fois plus élevé que le Français moyen)
3- Ils ne dépensent pas leur argent en Suisse, mais en France
4- Indirectement ils dispensent nos élus de créer des logements sur le canton (si on devait loger tous ces gens nos autorités seraient mises devant le fait accompli! Là l'excuse est facile, ben pas de problème les gens n'ont qu'à aller habiter en France!)

Quid de la qualité de vie des Genevois?? Quid de la qualité de vie des travailleurs locaux de France voisine?? Tout le monde est perdant (sauf les frontaliers)!
Point positif mais à double tranchant: ils créent de la croissance en France voisine, car ils consomment plus du fait de leur pouvoir d'achat plus élevé.

Écrit par : Hans-Peter Stöfli | 19/04/2011

Remi toujours hors sujet.
Payez différemment des profs en France et vous aller voir le merdier. Meme un très bon prof très bien évalué par son inspecteur doit voir sa note réduite (à la demande des syndicats) pour éviter que son salaire ne dépasse pas celui du crétin qui a 25 ans d'expériences et est complètement dépassé et dégouté. Ceci est un cas réel.
Par contre ce qu'il y a de bien en Suisse, c'est qu'il n'y a pas d'inspecteur. Il y a dans les cycles genevois des cas sévères d’incompétence due à la pénurie.

Écrit par : Carlos Maisblaireau | 19/04/2011

Il faut libéraliser l'Education, en ce cas. Dans un contexte où les gens ont de l'argent, les enseignants pourront exiger des salaires plus importants. L'Education en France est une sorte d'exclusivité que se partagent l'Etat et l'Eglise; est-ce normal? Il faut développer l'idée de collège ou de lycée associatif. Libéraliser, et en même temps régionaliser le secteur. L'étatisation quasi totale de l'Education n'est pas forcément une fatalité.

Écrit par : RM | 19/04/2011

RM c'est nawaque ce que tu proposes. salaire de départ dans l'enseignement secondaire à Geneve 7'500 CHF, mais il y a en la dedans qui sont tellement nuls. La réussite de l'éléve est le cadet de leur souci. De gauche, de droite meme combat. Et avec ce salaire et le temps disponible ils ne sont meme pas motivés pour faire des sites internet avec le programme les cours des exercices des corrigés du programme ....
Certains neu neu en sont meme à demander des notes de comportement quand le leur au conseil d'état genevois est l'exact exemple à me pas suivre.
La considération faite aux enseignant a disparu, beaucoup se sente considéré comme des zozos et le sont finalement devenus.
Finalement mon Remi c'est bien gentil toutes tes idées, mais il faudrait les défendre publiquement en dépensant ton pognon....

Écrit par : Carlos Maisblaireau | 19/04/2011

Carlos le Blaireau, vous dites des énormités. Les profs, comme tous les personnels de la fonction publique ne sont pas payés de manière identique en France, mais au contraire en fonction du coût de la vie dans la région où ils travaillent. Il touche d'ailleurs déjà une telle prime dans la région, mais à ma connaissance encore inférieure à ce qu'elle pourrait et devrait être. Ceci dit, le coût de la vie reste légèrement plus élevé à Cannes ou à Paris qu'à Saint-Julien ou Annemasse, malgré ce que raconte Vielliard.
Pour dire, les profs sont même encore plus payés s'ils acceptent de travailler dans les îles ou d'y prendre leur retraite. C'est pas beau, la justice sociale ?
Vielliard aussi dit des énormités, mais c'est habituel. Le Grand Conseil est déjà sans majorité. Tous partis confondus, la gauche a 32 députés, le centre-droit 42 et les populistes 26... La majorité étant à 51. Cela n'empêche nullement le GC de fonctionner bien au contraire: les députés doivent trouver des terrains d'entente et des majorités fortes au coup par coup, obligatoires pour faire passer quoi que ce soit devant un peuple qui dispose du droit de référendum.
Bien que né aux Grangettes, Vielliard n'a toujours pas compris le fonctionnement de la démocratie genevoise.

Écrit par : Philippe Souaille | 20/04/2011

Mais non, Philippe, il n'y a pas de variation en fonction du coût de la vie, pour les enseignants: l'égalité, en France, se comprend à travers l'idée d'uniformité, et Paris seul a des privilèges, centralisme oblige: la suprématie de Paris est l'outil de l'uniformité en France. Car la véritable égalité suppose forcément un droit à la particularisation.

Si l'instruction publique, à Genève, terre libérale, ne marche pas, peut-être faudrait-il la remplacer progressivement par un système de bourses, pour que les élèves et leurs parents puissent choisir les écoles privées qu'ils veulent, et que tout peu à peu soit assumé par des écoles privées. Je ne pense pas que si les frontaliers créaient une école privée, avec leurs fonds, et en recrutant des professeurs qu'ils estiment compétents, cette école ne fonctionnerait plus. Peut-être qu'à terme, cela vampririserait les compétences qui existent dans le lycée public, mais en ce cas, il n'y aurait plus qu'à faire comme je recommande de faire à Genève.? En fait, mon idée est qu'à terme, l'Etat doit se désengager de tout ce qui a un rapport avec la vie culturelle.

Écrit par : RM | 20/04/2011

Paris et les TOM DOM, Rémi, cela fait d'ailleurs jaser dans les DOM où l'on accuse les profs trop bien payés d'être la cause de la hausse des prix...
Par ailleurs, sans avoir le temps de le vérifier, j'ai toujours entendu dire que les fonctionnaires de la région se battaient pour obtenir les mêmes primes qu'à Paris ou sur la Côte d'Azur. Et que récemment ils en avaient obtenu une partie, mais une partie seulement. Les profs en seraient-ils exclus ?

Écrit par : Philippe Souaille | 20/04/2011

Aux dernières nouvelles, en Haute-Savoie, cela a été demandé et refusé à tous les fonctionnaires. Pour les DOM-TOM, cela n'a rien à voir avec le coût de la vie, je crois que c'est plutôt l'effet "poste dans l'empire colonial", c'est comme les postes à l'étranger. On comptabilise les frais d'avion, comme s'il était évident que les fonctionnaires devaient rentrer régulièrement en métropole! Alors que personne ne le leur demande... Ici, évidemment, ce qui joue réellement, c'est la loi de l'offre et de la demande, comme c'est beaucoup plus souvent le cas, au sein de l'Etat, qu'on ne veut bien le dire, qu'on a même le droit de le dire, voire de la soupçonner. Car l'Etat, c'est Dieu.

Écrit par : RM | 20/04/2011

"Ici": je veux dire, dans ce cas, dans le cas des postes dans les DOM-TOM. L'offre est supérieure à la demande, car l'Etat veut y envoyer des fonctionnaires de la métropole, mais les fonctionnaires de la métropole n'ont pas forcément envie d'y aller. Les fonctionnaires russes touchaient aussi des primes, quand ils allaient en Sibérie, même du temps de l'Union soviétique (quand tout le monde était fonctionnaire).)

Écrit par : RM | 20/04/2011

Les commentaires sont fermés.