15/02/2011

La FER s’oppose aux intérêts des entreprises romandes

Dans un éditorial d’anthologie publié sur la newsletter de la Fédération des Entreprises Romandes (FER) et sur son blog, le député libéral Pierre Weiss tente de défendre la politique d’exonération fiscale aux multinationales qui s’implantent à Genève… au détriment des entreprises romandes. Un sacré numéro d’équilibriste et d’illusionniste.

J’ai du relire ce texte trois fois pour bien m’assurer que Pierre Weiss, ultra libéral devant l’éternel, député du parti du même nom et par ailleurs en l’occurrence éditorialiste de la Fédération des Entreprises romandes :

1)      S’oppose de fait, à une baisse de 30% des impôts sur les sociétés genevoises !

2)      Est incapable d’imaginer que les entreprises genevoises… soit capables d’assurer une croissance économique genevoise !

Car la fin de l’avantage fiscal concédé aux multinationales reviendrait comme l’a affirmé David Hiller à une baisse d’impôt d’un tiers pour les entreprises romande afin d’aligner toutes les entreprises sur un taux d’imposition équitable et juste –selon les propres termes du Conseiller d’Etat-.

Cette politique d’accueil des multinationales est dramatique pour les entreprises romandes. Elle se traduit par une augmentation considérable du coût du foncier, par une concurrence déloyale sur le recrutement de la part de multinationale qui elles ne paient pas d’impôts, une surenchère salariale pour faire face aux coûts des logements et par une saturation des infrastructures de transport, de santé et d’éducation ! Cette politique se traduira demain par une augmentation de la fiscalité pour payer les infrastructures rendues nécessaires. Les entreprises romandes paient un tel prix à cette politique exogène qu’elles ne se sont pratiquement pas développées depuis 1975 (seulement +16% d’emplois dans les entreprises romandes en 35 ans, soit 6 fois moins de croissance de l’emploi que dans le Genevois français).

Même les multinationales genevoises commencent à se faire des cheveux blancs devant l’inconscience des autorités genevoises qui continuent d’accueillir de nouvelles multinationales alors que celles qui sont implantées ne parviennent pas à loger leurs collaborateurs. Elles sont rackettées par les écoles privées qui exige des subventions de 850 000 CHF pour obtenir pour leurs salariés le privilège de gagner quelques places sur les longues listes d’attentes. Elles mettent en place des services spéciaux d’assistance pour trouver des « mamans de jour ». Elles constatent les refus de plus en plus courant des expatriés de s’installer dans cette ville paralysée aux heures de pointe et ou des logements très ordinaires sont loués à des prix extraordinaires.

Pierre Weiss est incapable d’imaginer une autre croissance que celle des multinationales. Pierre Weiss est incapable de penser que les entreprises romandes soient elles aussi capable de créer des emplois, d’innover, d’exporter ! Triste défenseur des entreprises romandes.

On a du mal à comprendre pourquoi la Fédération des Entreprises Romandes défend aussi mal les intérêts des entreprises romandes ! Je vois deux explications à cela :

1)      La confusion des genres entre la Fédération des Entreprises Romandes et le Groupement des Entreprises multinationales qui cohabitent dans les mêmes bâtiments et qui ont désormais du mal à voir que leurs intérêts ne sont pas toujours  les mêmes… et la confusion des genres entre la Secrétaire Générale du Groupement des entreprises multinationales et le Conseiller d’Etat en charge du développement économique qui eux aussi cohabitent dans le même logement.

2)      Il est aussi possible que le lobby des constructeurs ait pris le pouvoir à la Fédération des Entreprises romandes. Il est clair que les entreprises qui construisent des bureaux, se font actuellement des Cojonessss en or … à la FER on défend manifestement beaucoup mieux les intérêts des milieux immobiliers que ceux des entreprises romandes.

Je me permets toutefois de conseiller à M. Pierre Weiss, aussi bien qu’à M. Pierre-François Unger d’aller à la rencontre des entreprises romandes et de leur demander s’ils pourraient se développer et créer des emplois pour les Genevois si leur fiscalité baissait de 30%… ou encore d’aller rencontrer les dirigeants de multinationales implantées pour leur demander s’ils estiment que Genève est capable d’accueillir d’autres multinationales.

Commentaires

Un peu de background dans Le Temps du jour:
.
http://www.letemps.ch/Page/Uuid/bfac536c-3882-11e0-9cba-56096234242f/La_très_coûteuse_parade_de_Genève_face_aux_pressions_de_lUE_sur_la_fiscalité_des_entreprises
.
La facture finale pour GE se profile déjà. Et ce ne sera pas forcément joli à voir.

Écrit par : caracolelimonade | 15/02/2011

Une facture plutôt inférieure à celle de plusieurs dizaines de milliards de CHF des infrastructures listées dans le projet d'agglomération et qui seront supportées par les seuls contribuables genevois.

Antoine

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 15/02/2011

merci!
La schizophrénie des institutions patronales, mues par une idéologie et non pas par la volonté de soutenir leurs membres n'est plus à démontrer.
La voix de Pierre Weiss, véritable fonctionnaire patronal qui n'a jamais tenu une entreprise entre ses mains, n'est malheureusement que trop entendue alors que les véritables entrepreneurs restent muets!
La vie de patron de PME ou d'indépendant, ne laisse que peu de temps pour s'occuper de politique, si les membres de la FER, de la FAC ou de la FGC s'exprimaient tous par sondage ou par votation, l'opinion des patrons genevois sortirait certainement très différente...

Écrit par : le-fab | 15/02/2011

@ Antoine Vieilliard

1.

Je n'ai pas compris pourquoi Ph. Souaille vous qualifie d'Obelix dès lors que vous faites partie de cette horde de romains (pardon d'européens) dont le but est d'avoir la peau de la Suisse et des suisses. Vous devriez plutôt être qualifié de prétendant à la qualité de chef du camp retranché et avancé de Babaorum (ou mieux Julienorum) afin de mieux devenir un nouveau Cesar, quoique que vous vous prénommiez Antonin et non Julius, ce qui explique sans doute que la fièvre (électorale) vous emporte. En terme moins choisi vous ressemblez de plus en plus à un Stauffer de France voisine, qui au lieu de matsup (et non mathsup) a fait supdeco. L'avantage est que l'on sait à quoi s'en tenir s'agissant de votre parti politique.


2.

Récemment l'Allemagne, qui n'a pas envie de finir comme la France, a augmenté le taux de ses prélèvements obligatoires. Pour ce faire elle adopté une mesure fiscale protectionniste ouverte en augmentant la TVA de 3 point (23 %) plutôt que d'augmenter d'autres prélèvements obligatoires. C'est exactement ce que veulent ouvertement ceux qui en France veulent transférer les charges sociales salariales sur une TVA, actuellement (à 19.6 %) augmentée.

Pourquoi protectionniste ? Parce que la TVA grève de 23 % de charge les importations et exonère de 23 % de charge les exportations. La Suisse elle est loin d'adopter de telles mesures puisque la TVA est fixée à 8 %.

La TVA a rapporté, en 2008, soit alors à un taux d'un peu moins de 8 %, 20 Millards de Francs -dont 12 Milliards sur les importations.

L'impôt sur les sociétés a rapporté 19 Millards la même année.

Ainsi en doublant la TVA il serait possible de supprimer l'impôt sur les sociétés et de favoriser les exportations. Ce qui, vous en déplaise, serait une excellente mesure pour l'économie Suisse.

Et en triplant la TVA (de l'ordre alors de 23 %, soit une TVA à l'Allemande) il serait possible de supprimer largement, l'impôt sur les sociétés et de diminuer notablement l'imposition des classes moyennes (de la moitié) et de supprimer tout impôt pour les classes défavorisées.

Je propose donc à mes compatriotes de favoriser les exportations suisses à l'image de l'Allemagne tout en gardant un impôt juste et équitable.

Le premier objectif sera atteint en alignant la TVA sur celle de l'Allemagne (environ 23 %, taux exact à déterminer en fonction de projections fines). Cela permettra aussi de lutter plus efficacement contre les fraudes tant il est vrai qu'un nombre plus réduit de contribuable est plus facile à contrôler et que les contrôles des administrations en charge de la perception de la TVA sont plus efficaces que ceux des fiscs cantonaux.

Toujours pour le premier objectif, il faudra fortement diminuer l'impôt sur les sociétés (taux à déterminer en fonction de projections fines) afin d'imposer toute les sociétés au même taux. Relevons que l'impôt anticipé sur la distribution des bénéfices doit être maintenu pour s'assurer que le bénéfice soit imposé en les mains du bénéficiaire économique. Cela évitera la double imposition économique interne qui existe encore largement en Suisse à ce jour.


Il convient de compenser cette forte augmentation de TVA.

En premier lieu, la suppression de l'impôt pour les personnes qui sont loin d'être contributrice net (soit à Genève pour ceux qui sont loin de payer 12'000 francs d'impôts par année), crédit d'impôt pour les plus défavorisés établis et méritants et diminution de l'impôt de moitié pour les classes moyennes. Cela permettra ainsi aux fisc cantonaux de se concentrer sur les revenus les plus importants.

En second, lieu maintien d'une TVA très basse, voire exonération de la TVA sur les produits de première nécessité (alimentation, loyer, transports publics, frais médicaux, etc..).

Bien évidemment la Confédération doit distribuer aux cantons ce surplus de TVA.

Ainsi la Suisse aura un impôt sur les sociétés plaisant aux yeux de l'Europe qui nous encercle et une TVA eurocompatible.


3.

Dans un précédent commentaire vous avez relevé que l'échange Habitat en Europe voisine contre Emploi en suisse vous déplaisait. Cette échange découle de l'incapacité européenne (du sud) et française à créer des emplois, combinés à la libre circulations des européens et des suisses au sein de l'UE. Est-ce à dire que vous voulez limiter lesdites libre circulations, soit dénoncer l'accord avec la Suisse et à interdire aux européens d'habiter en France voisine et de travailler en Suisse ? Ou bien est-ce à dire que la Suisse est coupable du chômage européen ? Pour ma part j'incline plutôt à penser que l'Europe est responsable de l'augmentation du chômage et de la péjorations des conditions de travail des plus défavorisées.

Pour terminer je vous rappelle que les européens peuplant Genève sont loin d'être tous des expats aux salaires mirobolants et occupent des logements. C'est dire que si votre idée est de dénoncer les accords de libre circulation, il faudrait alors qu'ils déménagent en Europe voisine, laissant la place en Suisse aux suisses.

Écrit par : CEDH | 16/02/2011

CEDH :

Vous ne semblez toujours pas comprendre que les problèmes de mobilité, de ségrégation sociale et de pouvoir d'achats de notre région sont des problèmes des habitants des deux côtés de la frontière. Vous restez dans ce schéma totalement archaïque des uns contre les autres : une vision qu'on eu nos élus ces 30 dernières années et qui nous a conduit aux déséquilibres qui saccage notre agglomération. Mes notes défendent au contraire une vision commune de notre qualité de vie commune.

Pour le reste, je vous suggère à nouveau amicalement d'ouvrir votre propre blog.

Amicalement,

Antoine

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 16/02/2011

CEDH, nous nous rejoignons sur cette proposition de tva visant à remplacer l'impôt sur le revenu. Elle figure noir sur blanc dans mon livre l'Utopie Urgente, avec les mêmes taux dégressifs pour les produits de première nécessité. J'y ajoute des taux surchargés sur les produits de luxe ou écologiquement indésirables. Le parti radical genevois avait d'ailleurs réussi à faire adopter une résolution allant dans ce sens par l'assemblée du PLR national... Avant que celle-ci soit envoyée aux oubliettes par la direction du parti.
Mais cent fois sur le métier remettez votre ouvrage...

Écrit par : Philippe Souaille | 16/02/2011

Les fantasmes d’un conseiller municipal français politiquement impuissant et professionnellement incohérent

En politique comme en littérature, il y a les mots et leur interprétation souvent vagabonde par les lecteurs. Il y a aussi les mots entre les lignes ayant un rapport plus ou moins direct avec le texte originel, à l’écriture sympathique. Et puis il y a même les fantasmes que développent certains lecteurs à la simple vue du nom d’un acteur politique ou d’un auteur, mus par on ne sait quelle volonté qui peut être moins sympathique ; leur faiblesse principale est de ne reposer sur rien, même pas sur du sable.

C’est probablement inspiré de pareille façon que M. Antoine Vieilliard, président du Mouvement démocrate (Modem) - un mini-parti français centriste d’origine démocrate-chrétienne créé par l’ancien ministre François Bayrou - et conseiller municipal minoritaire à Saint-Julien-en-Genevois, s’attaque frontalement à la Fédération des entreprises romandes Genève (FER) « qui s’oppose aux intérêts des entreprises romandes ». Et, pour fonder pareille allégation, se base sur un éditorial « Le mythe de l’alter-croissance citoyenne » que j’ai rédigé pour la newsletter de la FER Genève et publié sur mon blog de la Tribune de Genève (http://pierreweiss.blog.tdg.ch/).

Après avoir relu ce texte « trois fois », M. Vieilliard prétend que
1. je « m’oppose de fait à une baisse de 30% des impôts sur les sociétés genevoises ! »
2. je suis « incapable d’imaginer que les entreprises genevoises soit (sic !) capables d’assurer une croissance économique genevoise ! ».

Que ne s’est-il remis cent fois à son métier de lecteur ! Il aurait fini par découvrir que pas un mot du texte par lui critiqué ne concerne ni de près ni de loin la baisse de la fiscalité en faveur des entreprises genevoises, ni a fortiori mon opposition à cette baisse. En revanche, je plaide en faveur d’une croissance que permet notamment la venue dans notre canton dentreprises multinationales, une croissance que le gouvernement appelle de ses vœux, car il sait bien leur rôle dans le maintien de l’Etat providence genevois grâce à leur contribution à l’impôt sur les personnes morales.

Je demande instamment à M. Vieilliard de convenir dans son blog de ces éléments qui sont des faits, à la différence de ses opinions et commentaires qui relèvent de son arbitraire.

Je l’incite au surplus à lire le Temps du 16 février 2011 (p. 12). Dans l’article « Fiscalité des entreprises : réforme controversée » où je suis interviewé, je m’y prononce catégoriquement pour « l’imposition la plus faible (des entreprises genevoises, dans une révision de la fiscalité proposée par le conseiller d’Etat Hiler abaissant leur taux d’imposition pour le mettre au même niveau que celui des holdings et des sociétés auxiliaires). Les sociétés auront alors des moyens plus importants pour investir, ce qui profitera à la croissance ». C’est dire si j’approuve toute baisse d’impôt pour les entreprises genevoises, comme naguère pour les personnes physiques. C’est dire aussi si je plaide en faveur d’un élargissement de la marge de manœuvre financière pour les entreprises genevoises, comme d’une égalité de traitement avec les entreprises multinationales.

Aggravant son cas, M. Vieilliard prétend que je ne saurais imaginer, et la FER Genève avec moi, d’autres croissance pour les multinationales en raison de « la confusion des genres entre la FER et le groupement des entreprises multinationales (GEM) qui cohabitent dans les mêmes bâtiments et qui ont désormais du mal à voir que leurs intérêts ne sont pas toujours les mêmes ». Et de s’en prendre à la vie privée de la secrétaire patronale du GEM.

On découvre là l’ignorance qu’il témoigne du fonctionnement de la FER Genève, une fédération d’associations interprofessionnelle qui, depuis son origine, a su porter la voix des entreprises genevoises (près de 25 000) et des quelque 70 associations qui en sont membres. C’est encore plus évident quand il accuse « le lobby des constructeurs d’avoir pris le pouvoir à la FER ». Des constructeurs qui, singulièrement pour le gros œuvre, n’en sont pas membres, à l’instar des milieux immobiliers et autres promoteurs qui disposent de leur propre organisation.

Bref, M. Vieilliard invente des éléments qu’il n’a pas réussi à lire, parle de ce qu’il ne connaît pas et, cerise sur le gâteau, glose dans le vide mais avec acrimonie. Il vomit surtout sa hargne sur le secteur des entreprises multinationales alors que paradoxe, il y travaille. Bizarre autant qu’étrange !

Afin de lutter contre les maux dont il les accuse, il gagnerait en crédibilité en cessant d’y contribuer même marginalement. Peut-être cela lui permettrait-il de voir la force de frappe de son mini-parti progresser aux prochaines élections municipales. Rappelons toutefois que cet abonné à l’échec électoral, comme le surnomme « de fait » un blog gaulliste (http://erebe.over-blog.com/article-16110210.html) n’avait pas réussi à garder à droite la mairie de Saint-Julien en 2008, une commune qui l’était historiquement.

Allez, M. Vieilliard, entre critiquer les multinationales et y travailler, combattre la gauche et la faire gagner, lire et comprendre ce que vous lisez, il vous faut choisir. Vite !

Écrit par : Pierre Weiss | 16/02/2011

@ Pierre Weiss : "je plaide en faveur d’une croissance que permet notamment la venue dans notre canton dentreprises multinationales, une croissance que le gouvernement appelle de ses vœux, car il sait bien leur rôle dans le maintien de l’Etat providence genevois grâce à leur contribution à l’impôt sur les personnes morales. "

Votre programme consiste donc à attirer des entreprises étrangères qui font monter les prix (surtout les loyers) et ne font pas (ou peu) baisser le chômage (elles viennent avec leurs employés), ce qui précarise de plus en plus les Genevois mais présente l'avantage de fournir des recettes fiscales permettant de les entretenir via l'aide sociale (que vous et vos collègues essayez de torpillez à chaque occasion) ?

Intéressant...

Écrit par : linario | 16/02/2011

Bonjour M. Weiss,

Je salue votre nouvelle position de ce matin plutôt favorable aux scénarios d'évolution fiscale évoqués. Mais elle ne change rien à vos articles enflammés de soutien à la politique de développement économique exogène qui est une discrimination fiscale au détriment des entreprises genevoises.

Voilà des décennies que la Fédération des Entreprises Romandes et vous en particulier, soutenez une politique qui se fait au détriment des coûts fonciers, des coûts de recrutement des entreprises romandes. Une politique qui met à la charge des seules entreprises romandes les coûts publics et tout particulièrement les coûts d'infrastructures rendues nécessaires par l'accueil de 15000 habitants supplémentaires générés par le développement exogène. Une politique qui conduit à la saturation des infrastructures qu'utilisent les entreprises romandes. Une politique qui a tellement freiné le développement des entreprises romandes qu'elles n'ont pu créer que +16% d'emplois supplémentaires sur les 36 dernières années ! Une politique qui impose d'urbaniser la campagne genevoise... ce à quoi vous vous êtes opposé lors des dernières élections cantonales avec une schizophrénie digne d'un hôpital psychiatrique !

Votre nouveau numéro d'équilibriste teinté de quelques aigreurs à mon égard ne change rien aux positions que vous avez défendu jusqu'à présent, que vous avez défendu dans la tribune de FER (en lien dans la note)... et même la position que vous défendez encore puisque ce matin encore vous estimez que c'est la solution la plus intéressante... mais que vous ne militez pas pour son application immédiate... alors que ce serait pourtant l'intérêt des entreprises romandes !

Je passerai sur les multiples attaques assez dérisoires dont vous maillez votre réponse pour n'apporter que deux précisions :
1) la Secrétaire Générale du Groupement des Entreprises Multinationales aussi bien que le Conseiller d'Etat en charge du développement économique peuvent avoir la vie privée qu'ils veulent. Mais en l'occurence il y a un conflit d'intérêt manifeste qui surprend quelques membres du GEM.. et qui choquerait sans doute les Genevois s'ils étaient au courant. Les uns se demandent si leur Secrétaire Générale est à leur service ou au service de l'Etat, les autres pourraient légitimement se demander si leur Conseiller d'Etat défend l'intérêt général ou l'intérêt des multinationales - les faits parlent d'eux mêmes sur ce dernier sujet -.

2) Contrairement à ce que vous affirmez, je n'ai aucune hargne contre les multinationales mais dénonce simplement une politique qui détruit notre région, crée des ségrégations sociales fortes, s'avèrera bientôt ruineuse pour les comptes publics de part et d'autres de la frontière... et accessoirement pour reprendre les propres termes de David Hiller est "inéquitable et injuste". Sachez que nombreuses sont les multinationales qui s'interrogent sur le bon sens genevois lorsqu'elles constatent que Genève va chercher d'autres multinationales alors qu'elle est incapable d'accueillir celles qu'elle a fait venir : logements, crèches, écoles, garde d'enfants, réseaux de transports !

Pour ma part contrairement à vous, je ne m'engage pas pour défendre les intérêts de mes employeurs mais plutôt l'intérêt général : ne cherchez pas à comprendre ?! Pour reprendre les termes d'une expression courante au sujet des libéraux genevois, la différence entre vous et moi, c'est que vous faites du lobbying et je fais de la politique. En l'occurence vous le faites mal, puisque vous ne défendez même plus les intérêts des entreprises romandes.

Amicalement,

Antoine Vielliard

PS : je vous remercie pour les précisions sur le fonctionnement interne de la FER... mais qui rendent encore plus incompréhensible et irrationnelle votre position en faveur de la discrimination fiscale des entreprises romandes !

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 16/02/2011

@Pierre Weiss : je profite de cet espace de liberté d'expression en espérant ne pas en abuser (merci d'avance Monsieur Vieillard) pour dénoncer publiquement le fait que vous pratiquez la censure dans les commentaires de votre blog selon des critères qui n'ont rien à voir avec la politesse ou la pertinence.

La liberté, ça devrait vous dire quelque chose ?

Écrit par : linario | 16/02/2011

@ linario
ma conception de la liberté d'expression est de ne publier que les commentaires dont l'auteur assume la paternité sans se cacher derrière un pseudonyme.

Écrit par : Pierre weiss | 16/02/2011

@ Pierre weiss Bien essayé, mais comme tout le monde pourra le constater ici : http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2011/02/10/le-mythe-de-l-alter-croissance-citoyenne.html#comments vous acceptez bien volontiers les commentaires d'un certains "Bernie" et d'un certain "rose des sables" dont je n'ai pas trouvé les coordonnées dans l'annuaire...

Écrit par : linario | 16/02/2011

@ Pierre weiss Bien essayé, mais comme tout le monde pourra le constater ici : http://pierreweiss.blog.tdg.ch/archive/2011/02/10/le-mythe-de-l-alter-croissance-citoyenne.html#comments vous acceptez bien volontiers les commentaires d'un certains "Bernie" et d'un certain "rose des sables" dont je n'ai pas trouvé les coordonnées dans l'annuaire...

Écrit par : linario | 16/02/2011

Monsieur Vielliard

Pour qui conseillez vous de voter à l'occasion de ces municipales genevoises pour que nous ayont l'occasion d'indiquer à ces bisous nours qu'il nous font ch....
avec leur pénurie de logement et ces transports publics nuls et cette circulation à la gomme

Écrit par : Peter Blanc | 16/02/2011

Bonsoir,

Je ne répondrai à la question que pour ceux qui considèrent que la pénurie de logements est à la source de tous les autres problèmes : mobilité car elle contraint les habitants à devenir des automobilistes, éducation et sécurité car elle empêche le recrutement de nouveaux enseignants et policiers.

La réponse dépend de la commune : il y a des bonnes volontés dans tous les partis... et on est parfois surpris de voir que si les Libéraux construisent très peu en moyenne, les Maires qui construisent le plus sont aussi des Libéraux. Je ferai dans les prochains jours une note avec des recommandations de vote commune par commune -lorsque les dernières statistiques sortiront la semaine prochaine-, mais pour l'instant si on s'en tient au seul critère partisan :
1) Les Verts Libéraux : leur apparition est une véritable opportunité de dire Merde à tous les partis de gouvernement autistes à la crise du logement et à ses conséquences. Malheureusement ils sont présents dans peu de communes.
2) Les Radicaux (ou ce qu'il en reste malheureusement)
3) PDC (surtout à Bernex mais surtout pas à Thônex)
4) Libéraux (sauf à Veyrier, Troinex, Thônex)
5) Verts
6) Socialistes : ce sont eux qui construisent le moins, et comme ils sont à la tête des plus grosses communes du canton ce sont eux qui ont le plus lourd impact sur la pénurie de logements dans le canton.
Je ne classe même pas l'UDC ni le MCG ni l'extrême gauche qui n'ont jamais fait le début d'une proposition sur la pénurie de logement qui ne semble pas les concerner !

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 16/02/2011

M. P. Weiss semble singulièrement manquer de cohérence. Il est aisé de vérifier que cet ultra-libéral a une fâcheuse tendance à présenter les situations comme il alignerait des noix sur un bâton. Ce n'est pourtant pas une habitude chez les gens de la campagne...

Je prendrai donc à mon tour mon panier et un un bout de bois:

En 2007, l'impôt sur le bénéfice des personnes morales à Genève s'est élevé à environ 477 millions de francs.

Selon l'OCSTAT (Résultats statistiques n° 15, octobre 2010), sur les 20'912 contribuables personnes morales (les PM non taxables n'étant pas prises en considération dans cette analyse), plus de la moitié (51 %) n'est soumise à aucun impôt sur le bénéfice. Pour 32 %, l'impôt est inférieur à 5'000 francs et leur part dans le total des impôts s'élève à moins de 2%.

A l'autre extrême, 2 % des contribuables PM (503 exactement) paient un impôt supérieur à 100'000 francs. Leurs parts cumulées constituent 84 % du total des montants payés. Les 77 contribuables PM dont l'impôt est supérieur au million de francs participent pour 59 % au total de l'impôt de base sur le bénéfice. La répartition par branche montre que les banques, avec plus de 158 millions de francs, soit 33 % du total de l'impôt dû, sont les plus gros contribuables. Viennent ensuite les entreprises horlogères (12 %) et celles actives dans le commerce de gros (9 %), lequel regroupe, entre autres, plusieurs sièges de multinationales.

9% = près de 43 millions, auxquels contribuent plusieurs sièges de multinationales.

En 2007, le taux annuel de chômage était de 6.3% (Suisse 2.8%). Genève recensait 13'793 chômeurs. A raison de 3'000 francs par mois d'indemnités, le chômage à Genève représentait donc un coût annuel pour l'assurance chômage (fédérale) de 496'548'000 francs, autrement dit 496,5 millions.

L'impôt versé par les multinationales, en admettant qu'elles contribuent à raison de 80% des 43 millions, s'élèverait donc à 34.4 millions, soit moins de 7% des coûts annuels mis à charge de l'assurance chômage. Autrement dit, l'impôt sur le bénéfice versé par les multinationales installées à Genève payeraient les indemnités annuelles de chômage versées à 956 chômeurs sur les 13'793 chômeurs recensés à Genève en 2007 (moyenne annuelle).

Au vu de ces chiffres, il est difficile d'imaginer que la venue dans notre canton dentreprises multinationales joue un rôle fondamental dans le maintien de l’Etat providence genevois grâce à leur contribution à l’impôt sur les personnes morales. Il nous est même autorisé de penser que le canton y perdait davantage en coûts sociaux et investissements qu'il ne gagnerait de leur présence...

Écrit par : Clean | 17/02/2011

Clean, comme Antoine, vos calculs sont partiels et partiaux.
1) Les employés de ces multinationales paient aussi un impôt sur le revenu (généralement plus consistant que s'ils étaient employés d'une PME locale) et de la tva sur leur consommation courante, qui contribue aux finances publiques.
2) Ils font marcher le commerce et les entreprises locales, qui elles aussi contribuent, en tant qu'entreprises, et par leurs salariés, et de ce fait créent aussi des emplois. Le volume d'emploi créé par la simple présence d'habitants supplémentaires dotés de revenus conséquents est considérable, il n'y a qu'à voir tous ceux qui sont créés dans le Genevois français par la simple présence des frontaliers.
3) Vous oubliez que parmi les banques qui fournissent le gros de l'impôt, il y a aussi un grand nombre de multinationales. JPMorgan, DeutscheBank, CréditAgricole, Paribas entre beaucoup d'autres ne sont pas des banques suisses, mais réalisent des bénéfices aussi importants que les banques suisses. Elles représentent une part significative de l'impôt sur les sociétés, comme leurs employés grassement bonussés, de l'impôt sur le revenu. Vous voulez les interdire aussi ou faire une sélection entre les bonnes et les mauvaises ?
4) Vouloir séparer une partie de l'économie du reste est tout simplement stupide. Tout est imbriqué et interactif. Ce qui est certain, c'est que sans l'impact positif de ces multinationales, et la structure particulière de son économie, Genève aurait ressenti la crise de 2007-2008 comme le reste du monde, c'est à dire beaucoup plus.
5) Vos chiffres sur le chômage datent et sont carrément tendancieux. En 2009, la moyenne suisse atteignait 3,9% et avait progressé nettement plus en Suisse alémanique, durant la crise, qu'en Suisse romande (ou la moyenne est traditionnellement plus élevée - difficile d'y voir autre chose qu'un trait culturel). A Genève, elle n'avait presque pas augmentée, ce qui ne s'est passé nulle part ailleurs dans un pays développé.
6) Si l'assurance chômage est fédérale, les cotisations le sont aussi et Genève paie sa part, celle d'un canton dynamique où sont versés de nombreux salaires. Comme Zurich où le taux de chômage est certes moins élevé qu'à Genève, mais oscillant autour de la moyenne suisse (plus élevé en 2009, juste en dessous en 2010). C'est d'ailleurs à Zürich qu'elle a progressé le plus. Ce tableau vous éclairera utilement http://www.travailler-en-suisse.ch/actualite_en_suisse/taux_de_chomage_en_suisse__38_en_decembre_2010.html
Vous pourrez y constater que les cantons ayant le taux de chômage le plus bas sont des cantons exclusivement ruraux. Là encore c'est culturel et aussi bête comme chou: lorsqu'on n'a pas de boulot à la campagne, eh bien on part en chercher à la ville. Accessoirement, ces cantons ruraux sont pauvres et reçoivent une aide massive des cantons urbains, dont Genève.
7) Genève est le 2ème canton contributeur aux finances fédérales en chiffres absolus, derrière Zurich et le 2ème derrière Zoug en contribution par habitant. Grâce à qui ? Zoug a comme particularité d'accueillir également nombre de sièges de multinationales. Sa population de base n'est pas romande mais alémanique. Il a donc moins de problème de chomâge, mais il en a plus que Uri ou Schwitz... A qui il paie pourtant des sommes colossales au titre de la solidarité intercantonale.

Écrit par : Philippe Souaille | 17/02/2011

Philippe,

Les miettes qui restent des bonus des traders ne compensent plus le renchérissement des coûts des logements (et de l'immobilier de bureau pour les entreprises genevoises), les coûts des infrastructures laissées à la charge des contribuables genevois, la dégradation des conditions de vie, les coûts futurs en terme de sécurité des ségrégations sociales, les coûts sociaux induits par la hausse continue du chômage résultant de cette politique...etc..etc...

Merci pour l'animation de ce blog,

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 17/02/2011

"durant la crise, [...] à Genève, elle [la moyenne du chômage] n'avait presque pas augmentée, ce qui ne s'est passé nulle part ailleurs dans un pays développé."
.
Autant de respect pour les frontaliers licenciés et qui n'aparaissent jamais dans les statistiques genevoises, c'est sympa. Merci beaucoup ;-)
.
Vour prouvez une fois de plus que vous êtes vraiment convaincu que le modèle genevois actuel est le meilleur au monde...

Écrit par : caracolelimonade | 17/02/2011

Je constate, M. Ph. Souaille, que vous avez vous aussi pris votre sac de noix et votre bâton...

Première remarque - Vous aurez pu relever que l'impôt sur le bénéfice fait référence à 2007, une très bonne année. Il me paraissait donc normal et intelligent de prendre également 2007 comme référence pour le chômage. On peut en effet observer que le PIB du canton de Genève, en valeur trimestrielle, a flambé en 2007 au premier trimestre et qu'il a été nettement supérieur à celui de 2010, et ce jusqu'au premier trimestre 2008. Vouloir comparer des pommes avec des poires donne en général le genre de salade de fruits que vous nous servez dans vos réponses.

Deuxième remarque - Le montant de l'imposition 2007 sur le bénéfice des personnes morales (477 millions) ne constitue "que" le 8% des recettes fiscales totales du canton en 2007 (5,971 milliards de francs), alors que c'était une bonne année. Entre bilans comptables et fiscaux, cadeaux fiscaux et installation de sociétés mixtes, ce résultat n'étonne personne. Pour plus de détail, sur les 20'912 contribuables "personnes morales" recensées dans le canton en 2007:
- plus de la moitié (51 %) n'a été soumise à aucun impôt sur le bénéfice
- pour 32 %, l'impôt est inférieur à 5'000 francs et leur part dans le total des impôts s'élève à moins de 2 %,
- pour 2 % des contribuables PM (503 sociétés), l'impôt est supérieur à 100'000 francs et leurs parts cumulées constituent 84 % du total des montants payés,
- pour 77 contribuables "personnes morales", l'impôt est supérieur au million de francs et elles participent pour 59 % au total de l'impôt de base sur le bénéfice.
Il ressort de ces chiffres que la marche des affaires à Genève ne permet pas de dégager de marges bénéficiaires soumises à l'impôt pour plus de la moitiés des entreprises et que 32% paient un impôt quasi "symbolique". Cela fait au total 83% contribuables PM qui n'ont d'intérêt, en matière fiscale, qu'à travers les salaires versés. L'impact des grosses entreprises sur les plus petites n'est donc pas aussi évident que vous semblez le prétendre.

Troisième remarque - L'évolution du chômage à Genève ne tient pas compte de l'augmentation du nombre de transfrontaliers et pendulaires, en très forte augmentation depuis 2001 (+112% d'augmentation entre 2001 et 2010, soit 37'216 personnes, un nombre supérieur au solde des emplois supplémentaires créés à Genève entre 2001 et 2010). Pour votre gouverne, le nombre des permis frontaliers accordés a été supérieur, depuis 2005, à celui des emplois créés à Genève. Le nombre des frontaliers actifs est toutefois resté en deçà. Par conséquent, les chiffres du chômage genevois ne tiennent pas compte du chômage exporté en France et dans les autres cantons. Il avoisinerait les 7.5% si on prenait en compte cette exportation du chômage, tout en rajoutant 90'000 unités extérieures à la population active du canton (25.8% des personnes actives à Genève en 2010 - transfrontaliers ressortissants UE, Suisses et pendulaires en provenance d'autres. Les ASSEDIC de la région ont enregistré une augmentation d'environ 6'000 chômeurs de plus à fin 2009. Historique depuis 2005 sur l'évolution du chômage à Genève:
2005: Genève 7.4% (Suisse 3.8%)
2006: Genève 7.0% (Suisse 3.3%)
2007: Genève 6.3% (Suisse 2.8%)
2008: Genève 5.7% (Suisse 2.6%)
2009: Genève 6.8% (Suisse 3.7%)
2010: Genève 7.0% (Suisse 3.9%)

En comparaison annuelle "novembre 2009 - novembre 2010", l'OCSTAT nous apprenait que l’effectif des chômeurs inscrits avait diminué de 4.4% à Genève et de 13.5% en Suisse et celui des demandeurs d’emploi de 5.1% à Genève et de 8.5% en Suisse. Par ailleurs, le nombre de chômeurs de longue durée (sans emploi depuis une année ou plus) avait augmenté de 33.2% à Genève contre +36.3% en Suisse.

Quatrième remarque - Le Global Entrepreneurship Monitor Rapport 2005 sur l’entrepreneuriat en Suisse nous apprend que le taux d'activité entrepreneuriale du pays s'élevait en Suisse à 6% contre 4.9% à 5.4% dans les pays limitrophes, et qu'il était plus élevé en Suisse centrale et orientale et à Zürich (environ 7%) que dans la région lémanique (environ 4.8%). L'analyse de Christophe Koller, docteur en histoire et licencié en sciences économiques et sociales, a récolté des données statistiques publiques sur la période allant du 1er janvier 2003 au 30 septembre 2008 pour 'quantifier' le dynamisme économique en Suisse romande. Résultat: 3 cités vaudoises sur le podium, à savoir Nyon, Montreux et Ecublens. La ville de Genève est à la traîne juste avant la Chaux-de-Fonds sur 30 villes étudiées.

Cinquième remarque - L’indice conjoncturel Crea (Institut de macroéconomie appliquée de l'Université de Lausanne) était descendu au 4e trimestre 2009 à 95 points. Les dernières valeurs barométriques affichées en 2010 font apparaître que le canton de Vaud est aujourd'hui l'un des principaux éléments moteurs de la croissance en Suisse romande, avec un gain de 3.2 points entre le 3e et le 4e trimestre 2010, alors que les autres cantons romands enregistrent également une hausse, mais plus contenue:
3.2 points dans le canton de Vaud
1.9 point en Valais
1.5 point à Neuchâtel
1.0 point à Fribourg
0.7 point à Genève

Une étude menée dans le cadre du projet global «Baromètre de la création» (2008-2010), dont le but est d’analyser aux niveaux régional et individuel les raisons pour lesquelles de nouvelles entreprises sont fondées et prennent leur essor, fait ressortir des taux variant de 0,9 à 10,4 créations pour 1000 personnes actives, la moyenne suisse se situant autour de 2,5. Les régions qui affichent les taux de création les plus élevés, sur la période allant de 1999 à 2006, sont celles de Zoug (10,4), March (6,3), Lugano (5,3), Mendrisio (4,8), Zurich (4,5) et Nyon (4,2), considérée aujourd'hui comme la ville romande la plus dynamique , grâce au niveau de formation de sa population et à la présence d'une main-d'oeuvre hautement qualifiée. Genève se situe dans la tranche suivante malgré sa poussée de fièvre lors de la création de nouveaux emplois entre 2006 et 2008, dont elle a déjà perdu la moitié à ce jour.

Sixième remarque - De 2005 à 2010, 17'726 entreprises, toutes natures juridiques confondues, se sont inscrites au Registre du Commerce genevois (l'OCSTAT et l'OFS évaluent entre 2.0 et 2.1 le nombre moyen d'emplois par entreprise). Mais 13'548 en ont été radiées dans la même période, soit le 76.4%. Il est intéressant de relever que parmi elles, il y a eu:
- 424 succursales d'entreprises étrangères inscrites et 403 radiées,
- 258 succursales d'entreprises suisses inscrites et 265 radiées,
- 5'065 SA inscrites et 5'147 radiées,
- 4'784 entreprises individuelles inscrites et 4'999 radiées.
Les Sàrl se distinguent toutefois dans le classement puisqu'elles ont été 4'679 entreprises à s'inscrire au RC pour seulement 1'438 radiations.

En conclusion, le solde comptable des inscriptions/radiations au RC genevois se situe à moins de 4'200 entreprises pour la période de 2005 à 2010, soit une moyenne annuelle légèrement inférieure à 700 entreprises, soit environ 1'400 emplois.

Septième remarque - Le taux de vacance en matière de logement ne réclame aucun commentaire quand on sait qu'un taux normal se situe à 2.0%...
1998: 1.58%
1999: 1.33%
2000: 0.83%
2001: 0.38%
2002: 0.24%
2003: 0.17%
2004: 0.15%
2005: 0.19%
2006: 0.15%
2007: 0.19%
2008: 0.20%
2009: 0.21%
2010: 0.23%

Quant aux prix moyens des surfaces d'activité vacantes (l'enquête annuelle de l'Office cantonal de la statistique a permis de recenser 124'717 m2 de surfaces d'activités vacantes au 1er juin 2010, soit 22'249 m2 de plus qu'il y a un an (+21,7 %), augmentation qui serait due en grande partie à une forte hausse des surfaces vacantes d'ateliers, alors que celles des bureaux diminuent sensiblement):
- le prix moyen en juin 2009 est de CHF 232.-/m2 hors taxe et hors charges au niveau suisse, il est multiplié par deux ou par trois dans les agglomérations bâloises, zurichoises et genevoises. Quand le prix moyen des loyers à Lausanne est de CHF 234.-/m2, il est de CHF 433.-/m2 à Genève;
- selon un rapport sur le marché des bureaux en Suisse publié par Colliers Suisse SA, la demande en matière de bureaux était stable et positive en 2008, mais très forte dans les centres-villes puisque l'on pouvait assister à une majoration des loyers, déjà très chers au demeurant: à Genève ou Zurich, ceux-ci dépassent les CHF 900.-/m2/an et les surfaces les plus désirées sont accordées aux enchères...


Au vu de ces éléments, il appert que les conditions-cadre à Genève pour les jeunes créateurs d'entreprise ne sont guère favorables, à tous points de vue, et réclament un capital départ qui n'est pas à la portée de tous, voire du plus grand nombre...

En résumé, un chômage important que l'on peut estimer à 7.5% au moins, des logements rares et chers, des salaires réels en baisse, des taxes et charges en augmentation, des surfaces d'activités qui imposent des CA que de nombreuses entreprises n'arrivent pas à atteindre sur la durée, une distorsion des coûts d'exploitation liée à la surenchère salariale, etc, et pour le commerce de détail, plus d'un quart du pouvoir d'achat distribué en salaires qui quitte le canton chaque fin d'après-midi pour aller le dépenser ailleurs, qui transforme Genève en ville morte le soir!

Autrement dit, à Genève, il faut investir et dépenser en charges 5'000.- francs pour en gagner 3'000.-... Voilà qui peut expliquer le montant des subventions distribuées dans le canton qui se montent à 53% des revenus fiscaux pour 2008 et à 54% pour 2009!

Les autres conséquences sur le foncier et les prix dans la région me semblent très bien résumées par M. A. Vieillard dans ses articles précédents, propos que je partage entièrement.

Comme en photographie, il faut quelquefois savoir changer d'objectifs. Le fish eye de M. Ph. Souaille déforme en effet trop la réalité "vraie".

Écrit par : Clean | 17/02/2011

@Peter Blanc :

L'OCSTAT a très curieusement retardé la publication des statistiques de logements qui habituellement paraissent la troisième semaine du deuxième mois qui suit la fin du trimestre.

Je publierai donc demain un bilan par communes des autorisations de construire et jeudi mes recommandations de vote commune par commune.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 01/03/2011

Clean, je découvre aujourd'hui votre réponse en chiffres.
Les chiffres bruts sont intéressants, mais on peut leur faire dire des tas de choses selon la manière dont on les accompagne...
Par exemple, le fait que les petites entreprises ne paient pas d'impôt. Ce n'est pas leur but d'en payer. Contrairement à des sociétés plus importantes, qui doivent répartir du bénéfice entre leurs actionnaires, les sociétés individuelles ou même sarl n'ont pas d'autre but que de faire vivre les gens qui y travaillent, patron en particulier. La plupart de ceux que je connais s'arrangent même pour en payer le moins possible au travers de leur société, puisqu'ils en paieront de toute manière sur leurs revenus.
Par contre si ces sociétés n'existaient pas, le taux de chômage exploserait. Et ces entreprises tournent. A leur manière.
Vous notez qu'il y a du renouvellement. C'est normal et c'est le signe d'une société dynamique. Par ailleurs, toutes ces sarl et entreprises individuelles sont par essence le fruit du travail d'un homme ou d'une femme. Le taux de croissance démographique naturel de Genève (sans l'immigration donc) étant ce qu'il est, à savoir que la population se renouvelle tout juste, il est normal que ce nombre n'augmente pas. Les arrivées remplacent les départs.
Ecublens et même Montreux profitent amplement de la dynamique économique genevoise et pas seulement de l'EPFL (entre parenthèse je me méfie à priori d'une statistique qui prouve que l'organisme qui la finance est le meilleur...)
Genève tire tout le train romand, quoi qu'on en dise. Au même titre que la croissance du nombre d'emplois dans le Genevois français est du à l'exportation de la population suisse sur France et au dynamisme genevois. Nyon en est un exemple éclatant. Elle est économiquement sous l'influence genevoise et non lausannoise, et fait d'ailleurs partie de la "zone économique 1", je m'étonne de devoir le rappeler.
Bref ma salade et mon fish eye valent à mon avis largement votre déferlement statistique.

Écrit par : Philippe Souaille | 01/03/2011

Clean, je découvre aujourd'hui votre réponse en chiffres.
Les chiffres bruts sont intéressants, mais on peut leur faire dire des tas de choses selon la manière dont on les accompagne...
Par exemple, le fait que les petites entreprises ne paient pas d'impôt. Ce n'est pas leur but d'en payer. Contrairement à des sociétés plus importantes, qui doivent répartir du bénéfice entre leurs actionnaires, les sociétés individuelles ou même sarl n'ont pas d'autre but que de faire vivre les gens qui y travaillent, patron en particulier. La plupart de ceux que je connais s'arrangent même pour en payer le moins possible au travers de leur société, puisqu'ils en paieront de toute manière sur leurs revenus.
Par contre si ces sociétés n'existaient pas, le taux de chômage exploserait. Et ces entreprises tournent. A leur manière.
Vous notez qu'il y a du renouvellement. C'est normal et c'est le signe d'une société dynamique. Par ailleurs, toutes ces sarl et entreprises individuelles sont par essence le fruit du travail d'un homme ou d'une femme. Le taux de croissance démographique naturel de Genève (sans l'immigration donc) étant ce qu'il est, à savoir que la population se renouvelle tout juste, il est normal que ce nombre n'augmente pas. Les arrivées remplacent les départs.
Ecublens et même Montreux profitent amplement de la dynamique économique genevoise et pas seulement de l'EPFL (entre parenthèse je me méfie à priori d'une statistique qui prouve que l'organisme qui la finance est le meilleur...)
Genève tire tout le train romand, quoi qu'on en dise. Au même titre que la croissance du nombre d'emplois dans le Genevois français est du à l'exportation de la population suisse sur France et au dynamisme genevois. Nyon en est un exemple éclatant. Elle est économiquement sous l'influence genevoise et non lausannoise, et fait d'ailleurs partie de la "zone économique 1", je m'étonne de devoir le rappeler.
Bref ma salade et mon fish eye valent à mon avis largement votre déferlement statistique.

Écrit par : Philippe Souaille | 01/03/2011

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