09/02/2011

L’exigüité de Genève : mythe fondateur de la pénurie de logements

Voilà plusieurs semaines que quelques voix publiques genevoises font appel au mythe de l’exigüité des frontières Genevoises pour tenter en vain de justifier l’absence de constructions de logements qui oblige la jeunesse genevoise à s’exiler dans le Genevois français.

L’exigüité des frontières cantonales est un mythe fondateur à la source de la pénurie de logement. Ce mythe fondateur a été repris à son compte par le nouvel architecte cantonal, Francesco Della Casa, qui en acceptant cette hypothèse fausse compromet déjà ses chances de succès.

Selon ce mythe, il serait normal que Genève ne construise pas car elle « n’aurait pas la place » dans ses frontières étroites. Rappelons aux tenants de ce mythe que seulement 13% du territoire cantonal est urbanisé soit exactement la surface qu’occupe le petit bout de lac situe dans le canton de Genève !

Mais surtout près de la moitié de ces rares surfaces urbanisées est utilisée pour de l’habitat individuel qui ne loge qu’un habitant sur 10. Si l’espace urbanisable était aussi rare qu’on le prétend pourquoi le gaspiller de manière si éhontée ?

Enfin, la moitié des chambres à Genève sont vide chaque nuit. La pénurie et la spéculation empêchent la mobilité dans les logements qui pourraient permettre à chacun d’occuper un logement qui correspond à ses besoins. Résultat le tiers des logements sont sous occupés.

Genève est effectivement un petit canton… mais qui a pléthore d’espaces urbanisables et qui gâche abondamment le peu d’espace urbanisé. Ce mythe fondateur n’est certainement pas une justification recevable de la politique restrictive du logement qui oblige chaque année la moitié d’une classe d’âge genevoise à émigrer dans le Genevois français pour devenir des automobilistes supplémentaires.

Genève est effectivement un petit canton mais qui dispose de tous les espaces nécessaires pour construire des logements pour ses habitants.

Commentaires

Si Charles Emmanuel of Savoie n'avait pas essayé de lâchement et nuitamment nous envahir en cette froide nuit de Décembre 1602, sans doute que les fortifications qui entouraient Genève auraient été détruites bien avant 1849. Et le 74 et le 01 voisins ne seraient pas aujourd'hui transformés en bantoustans.

Le temps de l'Histoire est décidément bien long! :o)

Écrit par : Azrael | 09/02/2011

Il y a surtout le mythe d'une Genève ouverte à tous et à toutes les folies!

A part ça quels sont les têtes carrée qui empêchent de construire en rond?

1) Les milieux dits de défense des locataires pour lesquels toute détente sur le marché signifierait l'extinction de leur fond de commerce,
2) les partis dits de la gauche progressiste pour lesquels il est très facile de se déchainer sur la spéculation et les voyous de constructeurs pour justifier leurs tirs de barrage constants.
3) Le gouvernement ou ce qui sert de gouvernement. Depuis les années 80, une succession de rigolos se succèdent à la tête des constructions dont les deux pires sont certainement Tino dit le mou et l'actuel locataire de ce département de l'incompétence s'étale au grand jour dans la presse.
4) les milieux de l'immobilier local qui se frottent les mains de cette situation et tirent leurs marrons du feu.

En conclusion, ä genève la question des l'immobilier est comme celle de l'immobilité le résultat d'un système auto-verrouillant de gouvernement.
Pour pouvoir gouverner dans un système de concordance, vous ne pouvez pas avoir de dichotomie. Un assemblage hétéroclite qui gouverne tant bien que mal et un parlement qui s'oppose frontalement à ce gouvernement avec la complicité des mêmes partis!
NOus avions quelque espoir que la Constituante trouverait une voie pour pouvoir démettre un gouvernement qui ne gouverne plus. Malheureusement les mêmes partis tiennent la majorité de cette grande malade, il n'y avait donc aucune chance pour que la malade trouve le remède!

Résultat, ces braves incompétents font le lit du MCG et osent s'en plaindre lorsque celui-ci trouves des énormités dans la gestion calamiteuse de cette clique. Il ne faut espérer qu'une chose c'est qu'au vu de ce ces partis font du denier public, les peuple soit assez sage pour mettre un grand coup de balais dans les écuries d'Augias!
Et qu'en partant sur des bases plus saines les communes reprennent la main et construisent.

Écrit par : Jules | 09/02/2011

vous semblez très gênés qu'autant de Genevois viennent habiter chez vous.
Etes-vous tout aussi gênés de tous ces Français qui trouvent du travail à Genève?

Écrit par : Marie-France de Meuron | 09/02/2011

Mme de Meuron ou Demeurée

C'est si compliqué de reconnaitre qu'au niveau logement, circulation, assurance maladie, rien de va plus et que compte tenu des compétences des élus genevois ce n'est pas près de s'arranger

C'est si difficile de reconnaitre qu'il y a pléthore d'infirmières dévouées et compétentes frontalières qui soignent vos loques de vieux.

Dans un mois ne vous trompez pas d'élu, Stauffer serait capable de lancer une initiative contre lui meme, en faisant signer des vaudois et des valaisans

Écrit par : John | 09/02/2011

Un des problèmes est aussi que les Genevois semblent peu enclin à vivrer qq années dans une autre ville, n'importe où sur cette planète.
.
Ils se rendraient alors compte que maintenir des golf, des manèges hippiques ou des jardins familiaux à 4 km du centre ville est une abérration qu'on ne retrouve nul part ailleurs...
.
Et ça, c'est sans parler des hectares et haectares de terrains agricoles en friche tout autour. Du coup, même les jeunes sont prêt à croire "que GE ne peut pas construire parce que il n'y a plus de place". Consternant...

Écrit par : caracolelimonade | 10/02/2011

Comment expliquer l'arrogance des administrations françaises de St- Julien à l'égard des documents suisses ? cet après-midi je me suis rendue au bureau de la sous-préfecture en vue d'échanger mon permis suisse contre permis français, la cerbère a exigé que je demande l'authentification de mon permis de conduire pourtant délivré par le bureau des autos de Genève version carte et obtenu, à l'origine, à Lausanne. Je lui ai fait remarquer que nous étions pays voisins, que sa demande pour un papier délivré par Genève paraissait étonnante. Elle me regarde d'un air hautain et me lance avec mépris :"Vous ne faites même pas partie de l'Europe!" Transmettez l'information à Monsieur le Préfet, moins d'arrogance de la part de ses fonctionnaires, svp. Merci .

Écrit par : duda | 11/02/2011

Comment expliquer l'arrogance des administrations françaises de St- Julien à l'égard des documents suisses ? cet après-midi je me suis rendue au bureau de la sous-préfecture en vue d'échanger mon permis suisse contre permis français, la cerbère a exigé que je demande l'authentification de mon permis de conduire pourtant délivré par le bureau des autos de Genève version carte et obtenu, à l'origine, à Lausanne. Je lui ai fait remarquer que nous étions pays voisins, que sa demande pour un papier délivré par Genève paraissait étonnante. Elle me regarde d'un air hautain et me lance avec mépris :"Vous ne faites même pas partie de l'Europe!" Transmettez l'information à Monsieur le Préfet, moins d'arrogance de la part de ses fonctionnaires, svp. Merci .

Écrit par : duda | 11/02/2011

Ah ça, le bureau des permis et cartes grises de Saint-Ju, c'est un gros gag. Le certificat d'homologation européenne de mon scooter Piaggio, payé 200 CHF à l'importateur suisse, m'a été refusé, sous prétexte qu'il fallait le formulaire européen. J'ai fait remarquer gentiment que primo, Piaggio étant une marque italienne, le caractère européen de l'engin paraissait indiscutable et que secundo, toutes les indications du formulaire européen figuraient sur le document suisse, mais juste pas dans le même ordre...
Rien à faire: "Je ne suis pas technicienne" m'a expliqué la cerbère, apparemment surchargée. J'ai du obtenir le document ad hoc auprès de Piaggio italie, pour 152 €... Ce qui a pris 1 mois et demi, avec l'assurance française payée, mais impossible à suspendre. Cela étant, pas sûr que le SAN accepte un document européen pour une homologation...

Écrit par : P'tit Suisse | 11/02/2011

@ Marei-France De Meuron et John,
Pour renforcer les propos de John je pense que vous apprécierez l'expérience d'Antoine ...
Antoine Orsini
;-)
http://minilien.fr/a0logu

Écrit par : Damataire | 11/02/2011

@Damataire, sous prétexte que les Genevois ne trouvent pas de logement à Genève devraient autoriser les fonctionnaires français à les mépriser ? Ceci ne tient pas la route et à la différence de pauvre Monsieur Truc much qui n'a pas trouvé de logement à Genève, il faut se demander combien d'argent à travers ses impôts il rapportera à la France, et ça a le mérite qu'on le respecte un minimum lorsqu'il tente désespéremment de se mettre en règle avec l'administration française.
Mais j'en conviens les Suisses s'emmerdent à devoir loger en France pendant que des élus genevois mettent des villas à disposition de leurs petits copains pour 200 francs par mois.

Écrit par : question | 11/02/2011

pourquoi les fonctionnaires de la zone frontaliere n'ont pas de prime de vie chere??

Écrit par : vuetaz | 11/02/2011

@ Vuetaz

Très bonne question.

Écrit par : CEDH | 12/02/2011

@Vuetaz :

Très bonne question comme le dit CEDH. La raison est assez simple : l'Etat français est en faillite. Le budget 2011 est le 33ième budget déficitaire d'affilé de l'état. Il se trouve que toute une génération a vécu en s'endettant sur le dos des générations futures et qu'aujourd'hui l'état est contraint de limiter ses services publics : 29 enfants par classe au lieu de 26 dans les collèges par exemple... et n'a plus les moyens d'accorder une prime pour vie chère dans le Genevois français comme il le fait pour les fonctionnaires parisiens.

Il pourrait effectivement financer cette prime de vie chère en imposant les pendulaires frontaliers sur leur lieu de résidence.. ce qui permettrait d'attribuer les 600 millions de CHF que s'arroge le canton de Genève au financement des services publics qu'utilisent les pendulaires frontaliers... même si CEDH ne sera sans doute pas un très fervent supporter de cette solution de bon sens !

Cette solution contribuerait à régler le problème pour les services publics.. mais n'apporterait aucune solution au problème des entreprises privées si nécessaire au genevois français et qui sont aujourd'hui asphyxiées par la pression foncière qu'exporte Genève par l'incohérence irresponsable de ses politiques du logement et d'attraction exogène des multinationales.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 12/02/2011

@ Antoine Vielliard

600 million de CHF de plus, dites vous. Admettons le chiffre pour avoir le plaisir de ne pas vous contredire. Mais alors 600 Millions de CHF dans les caisses de l'Etat français, 600 Millions perdus à combler un gouffre national sans fin et dont les habitants du genevois ignoreront à jamais la couleur. Tout au plus perdraient-ils la rétrocession actuelle.

Quant à qualifier votre solution d'imposition au lieu de domicile de "naturelle", il se trouve que récemment la France a obtenu de la Belgique la modification de la convention liant les deux pays pour permettre l'imposition en France, soit au lieu du travail, des salariés habitant en Belgique et travaillant en France. Il semble donc que l'on ait de votre côté un concept de l'équité se résumant à ceci : Tout pour nous, comblons le gouffre de notre gestion calamiteuse, pillons la Suisse et raccrochons nous à l'Allemagne. Je rappelle que compte tenu des impôts locaux et de la TVA, la France encaisse plus d'impôt que la Suisse sur le frontalier, frontalier qui d'ailleurs rapporte à la France beaucoup plus que le travailleur salarié de la France profonde.

Soyez sérieux. le problème est les accords de libre circulation. Ceux-ci génèrent des problèmes dans les régions frontalières concernées, des deux côtés de la frontière. Vous avez relevés ceux causés en France mais oubliez ceux causés en Suisse : baisse du pouvoir d'achat des plus défavorisés et précarisation de leur emploi. De deux choses l'une soit vous acceptez les Accords de libre circulation soit vous les dénoncez.

A propos, où en est le prolongement du CEVA au pied du Salève jusqu'au pied du Vuache en passant par Saint-julien ?

Écrit par : CEDH | 14/02/2011

Antoine, il me semble qu'il y a 2 ou 3 ans, Paris a finit par par accorder une indemnité de vie chère à ses fonctionnaires de la région. Pas celle de Paris intra muros, mais celle de la Côte d'Azur, qui n'est déjà pas si mal. Pour les privés, je crois que le problème est bien davantage dans l'appel d'air que représente la proximité de Genève. Comment garder un salarié payé en euros quand il peut gagner le double à 10km ? Même s'il aura des frais supplémentaires, nous sommes d'accord.
Désolé de mettre à mal tes théories, mais les loyers et/ou le prix du terrain le plus élevé, dans la région sont à... Chamonix, puis Megève. Ce qui n'a évidemment rien à voir avec l'importation de multinationales à Genève, ni même avec la prospérité genevoise. Même si les genevois sont une partie des clients, au même titre que les parisiens, les lyonnais, les londoniens, les milanais etc...
Dans le même ordre d'idées, va voir les prix des loyers et des terrains à Cannes ou à Deauville et tu seras surpris... C'est largement aussi cher qu'à Annemasse. De même qu'à Courbevoie, à Puteaux ou Vincennes. Quant au VIIIème ou à la porte d'Auteuil, c'est aussi cher qu'à Genève... Donc il y a des coins de France qui parviennent à vivre avec des loyers du même ordre que ceux du Genevois français.
Les gens s'adaptent, ou émigrent. Vivre au pied des montagnes et à proximité d'une source de revenus considérable à un prix.
Tant que le prix d'une maison ou d'un bel appart à Ambilly - payable en 20 ans, en CHF et surtout sans apport personnel (!) - coûtera l'équivalent des 20% d'apport en cash nécessaire à l'acquisition d'un bien comparable à Vandoeuvres, à 800 mètres à vol d'oiseau, tu auras une pression genevoise sur le foncier français. Ce n'est pas quelques multinationales de plus ou de moins qui changeront la donne.
En revanche, l'arrivée de ces entreprises - parmi d'autres, d'initiative locale - aidera à financer les infrastructures nécessaires à notre qualité de vie commune. Et aussi à construire des logements agréables pour la classe moyenne à un prix abordable. Fiscalement, le Conseil d'Etat va dans ton sens en proposant de faire passer de 3,5% à 4% la part des salaires bruts frontaliers dévolus au Genevois français. C'est 16% d'augmentation. Un début. Il y a d'autres pistes, dont je parle dans mon film... Patience...
En attendant tout l'argent des frontaliers ne reste pas à Genève. Environ 100 millions partent en Suisse au titre de la solidarité avec les cantons pauvres, dans le cadre de la péréquation intercantonale, parce que les frontaliers - qui contribuent - ne sont pas considérés comme des habitants du canton. A juste titre certes, mais ils nécessitent cependant des infrastructures, ce que Berne (ou plutôt la péréquation - très mal négociée en son temps par Micheline Calmy-Rey) ne reconnait pas comme elle le devrait.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/02/2011

Rectificatif, je viens d'aller jeter un oeil sur les sites immobiliers et les prix à Cannes sont en fait très exactement le double de ceux d'Annemasse. Ayant passé mon bac dans cette ville, je la connais assez pour pouvoir comparer ce qui est comparable et je ne parle donc pas de la Croisette... En fait, pour retrouver des prix analogues à ceux d'Annemasse, il faut remonter jusqu'à Grasse, à 30km du bord de mer, par des routes encombrées... Or des centaines de milliers de français vivent là toute l'année, avec des salaires nettement inférieurs à ceux pratiqués dans notre région !

Écrit par : Philippe Souaille | 14/02/2011

@DUDA: la stupidité et l'arrogance n'est pas un monopole des fonctionnaires français... j'en ai tout autant au service des helvètes!

citoyen suisse résidant en france (et y travaillant, donc non frontalier...), je commis l'énôôôôôrme bêtise de me marier dans ma commune de résidence... c'est à dire en France!

quelques mois après, je souhaite faire enregistrer mon mariage à l'ambassade de suisse... j'y vais donc accompagné de mon passeport et d'une copie intégrale de mon acte de mariage...

et bien figurez-vous que cet acte, duement rédigé et signé par un officier d'état civil français (assermenté) n'a aucune valeur au yeux dudit fonctionnaire responsable du service de l'état civil... pas plus en tout cas qu'une vulgaire feuille de papier à cigarette...

en revanche me sont réclamés les actes de naissance de mon épouse et de moi même, les certificats de coutume démontrant que nous ne sommes pas mariés par ailleur, les justificatifs de domicile, etc etc... bref l'intégralité du dossier déjà demandé par l'officier d'état civil français pour la célébration de mon mariage...

vous me direz... la Loi est la Loi... et vous auriez presque raison... (encore qu'en l'espèce on pourrait en discuter la légitimité...) sauf que d'une part, il se trouve que mon épouse est d'une nationalité... d'europe de l'Est (pas de bol!) et qu'il me sera facile contre quelques dollars d'obtenir tout les documents souhaités , même en les modifiant à loisir..., peu importe puisqu'aux yeux de l'amabssade de tels documents on plus de valeur qu'un document officiel français dont l'authenticité est pourtant plus facile à vérifier...

d'autre part et là c'est le ponpon... en répression, et je revendique le mot, me voila privé de mes droits civiques depuis 2 ans puisque l'ambassade refuse de m'adresser mon matériel de vote tant que je n'aurai pas "régularisé" ma situation... ubuesque? kafkaïen? abus de pouvoir? francophobie primaire? arrogance? prétention? ou juste le plaisr de faire ch...??? j'avoue que j'hésite!

Écrit par : matthieu | 14/02/2011

@CEDH: "A propos, où en est le prolongement du CEVA au pied du Salève jusqu'au pied du Vuache en passant par Saint-julien ?"

La ligne du pied du Salève (Longeray - Annemasse - Evian) a été adaptée pour le réseau RER FVG tel que prévu lors de la mise en service du CEVA. En effet le dernier tronçon en bloc manuel (Longeray - Saint-Julien - Annemasse) a été modifié en bloc automatique lumineux (BAL) le 6 juin 2010. Comme en même temps, le nombre de cantons a été augmentés (le nombre de tronçons dans lequel un seul train peut se trouver à un moment donné), la capacité de la ligne est passée de 40 trains/jours à 70-80 trains/jours, ce qui est suffisant pour le RER FVG.

Par contre aucune trace des améliorations des services: la gare de Saint-Julien a toujours des quais trop bas (les CFF rehaussent tout leurs quais depuis 10 ans, même ceux des simples haltes), empêchant l'entrée des fauteuils roulants dans les trains (même à plancher bas) sans l'aide du personnel SNCF, absence d'indications au sol en relief pour malvoyant, traversée des voies en surface pour aller sur l'autre quai (alors que c'est un point de croisement: bonjour la sécurité) et absence des services attendus dans une gare avec personnel (pas de dépanneur, de pharmacie, ...). Enfin peut-être là que ce ne devrait pas être une gare avec personnel (qui avec la mise en service du BAL, commandé depuis Annemasse, n'est plus indispensable)

Cela reste une gare du 1/4 monde, et cela ne devrait pas changer. Mais c'est une affaire franco-française.

Par contre aucune planification de la réouverture des haltes intermédiaires (Archamps, Pas de l'Echelle), pourtant en priorité B ou C dans le projet d'agglo. Vu le temps nécessaire à financer côté français, je pense que cela ne se verra pas avant 2030.

Écrit par : Klump | 14/02/2011

@Ph Souaille
Votre réflexion "Vivre au pied des montagnes et à proximité d'une source de revenus considérable a un prix" me fait penser qu'il faudrait peut-être déplacer le débat...
Pourquoi doit-on faire en sorte que ceux qui ont des "sources de revenus considérables"
voire indécentes, s'isolent , se regroupent ? les choix politiques ne doivent-ils pas veiller à une certaine mixité et une cohésion sociale?

De proches amis "employés d'un groupe multi-nationale" PM pour ne pas la nommer, germanophone, ont fait le choix de mettre leurs enfant dans le système scolaire public, après 3 années d'école privée (pourtant offerte par leur entreprise). Les parents et les enfant sont bien sûr bilingues et presque suisses dorénavant! La région les a séduit . Ce qui n'est pas le cas de leur entreprise qui s'évertue à leur proposer une situation d'expatrié comme à tous leurs employés tous les 2 ans. Ils ont fait le choix de faire confiance au système éducatif public suisse qui veille (jusqu'à l'âge de 11 ans en tout cas) à faire côtoyer
des enfants , et des parents par la force des choses, de tous milieux sociaux-économiques.

Pourquoi sous prétexte que la même situation, que vous décrivez, d'excès des prix de l'immobilier à Cannes ou à Grasse http://minilien.fr/a0lom4
est elle supportable si elle est générale. Faut-il laisser ces excès et leur conséquences néfastes
décrites par ailleurs dans ce blog perdurer et ne pas essayer de les contre-carrer?

Votre réflexion "les gens s'adaptent ou émigrent" CONFINE à UNE CERTAINE ARROGANCE et un aveuglement indécent! (peut-être est-ce les "petites gens" que vous vouliez dire !
Telle la scène à laquelle j'ai assisté ce WE à la douane de Bardonnex: une Rolls Immatriculée Luxembourg et son chauffeur de 65 ans essayant de négocier 10 minutes durant, avec l'employé (de 20 ans) des douanes pour ne pas payer sa vignette autoroute sous prétexte de ne faire que 25 Km jusqu'à la côte lacustre.
Avez-vous du personnel de maison de revenu modeste ou peut-être avez-vous côtoyé du personnel hospitalier, tel que aide-soignant, pour ne pas comprendre les disparités de pouvoir d'achat et les problèmes de logement et transport auxquelles peuvent-être confronté ces personnes dans notre région. Faut-il vraiment que chacun vive dans sa bulle et que la loi du plus fort, donc du plus riche s'applique aveuglément ?

Personnellement je ne crois pas à l'arrogance héréditaire. Je fais confiance aux générations à venir pour élever l'éthique et l'empathie à des valeurs politiques défendables.

Écrit par : Damataire | 14/02/2011

Damataire, je ne crois pas tout d'abord que mes revenus me classent parmi les privilégiés. Ils sont très aléatoires et certainement le prix à payer de ma liberté, mais en tout cas inférieurs depuis plusieurs années au salaire moyen genevois... Et néanmoins nettement plus élevés que le salaire moyen français. Mais je considère que l'on est tout de même un peu responsable de son niveau de revenus, si l'on a grandi en France ou en Suisse... Nonobstant quelques coups du sort que les assurances sociales sont destinées à combler.
J'ai dans mes relations des gens qui vivent dans des conditions bien inférieures aux miennes et je compatis. Ce serait mieux si c'était moins dur pour elles. Surtout lorsque ces personnes n'ont pas eu la chance de grandir en France ou en Suisse, mais dans un pays où la scolarité est aléatoire et le reste à l'avenant. Maintenant, nous vivons dans un monde réel, ici et maintenant, et j'ai le sentiment qu'Antoine (pas Orsini) fait fausse route dans la hiérarchie des causes qu'il établit des problèmes du logement.
Ce n'est pas grave tant qu'il ne menace pas l'avenir de la région en menant la fronde contre les accords d'agglo à signer en 2012. Ceux-ci conditionnent le financement des transports publics qui sont la première chose à mettre en place et de toute urgence, si l'on veut sauver la qualité du vivre ensemble et la qualité de vie tout court dans la région.
Donc là j'interviens, en essayant de lui montrer où il se trompe. Par exemple lorsqu'il décrit l'agglomération comme un enfer immobilier, alors que plusieurs autres agglomérations françaises connaissent des prix équivalents, ou plus élevés.
Je viens de faire le tour de quelques villes: Grasse, donc, mais aussi Toulouse ou Lyon ont des prix équivalents à Annemasse. Vincennes en région parisienne, c'est pire. Bordeaux, un peu moins cher. Limoges ou Clermont-Ferrand, nettement moins cher...
Alors si vous le voulez bien, posons le problème dans l'autre sens: voudriez-vous vivre à Limoges ou Clermont-Ferrand ? Moi pas. A fortiori sans job... L'argent, c'est une sale invention, mais qui permet de contrebalancer un peu avantages et inconvénients en leur attribuant une valeur. Qui me semble être politiquement défendable.
Par ailleurs, c'est amusant votre dernière phrase, parce que je ne suis pas sûr que la maman du jeune homme libéral radical dont vous citiez précédemment l'odyssée immobilière partage votre opinion. Elle se présente comme lui aux élections municipales, mais sous une couleur nettement plus rouge...

Écrit par : Philippe Souaille | 14/02/2011

si je peux me permettre une remarque fondée sur mon expérience personnelle... au regard du cadre de vie communal (je ne parle pas de la région mais seulement de la ville) vincennes (l'une des communes limitrophe de paris les plus agréables et recherchées...) n'est que très difficilement comparable à Annemasse... meiux vaudrait comparer avec aubervilliers ou montreuil...

Écrit par : matthieu | 14/02/2011

D'accord Matthieu, mais Vincennes (où j'ai habité jusqu'à 5 ans :-) était nettement plus chère qu'Annemasse. Montreuil est effectivement plus comparable à Annemasse, avec un centre ville et des maisons coquettes, un grand marché coloré et passablement d'immeubles disons populaires. La moyenne des revenus des résidents est d'ailleurs très proche, y compris pour les 10% des plus hauts revenus. Alors qu'à Vincennes, ces 10% les plus riches sont deux fois plus riches que les 10% les plus riches d'Annemasse...
Hors, si on tape "prix appartements Montreuil", et qu'on aboutit sur Seloger.com, comme pour les autres villes, on trouve des prix plutôt légèrement plus chers que ceux d'Annemasse.
Alors certes les fonctionnaires en région parisienne ont droit à leurs indemnités de vie chère, mais les privés non. Ce qui n'empêche pas la région parisienne d'être aussi dynamique et créatrice d'emplois que l'agglo lémanique, c'est même la première de France.

Écrit par : Philippe Souaille | 14/02/2011

En pleine campagne de terrain pour les élections cantonales de mars, je vous prie de m'excuser de mes réponses occasionelles.

Je réagis juste au commentaire de Philippe :
"Les gens s'adaptent, ou émigrent. Vivre au pied des montagnes et à proximité d'une source de revenus considérable à un prix." Cette phrase est très révélatrice d'une certaine pensée de certaines personnes à Genève. Pour le dire autrement : on vous donne des emplois... vous nous donnez votre territoire ! Pour ma part j'appelle cela l'irrédentisme genevois.

Il y a de nombreuses versions de cette pensée là : les commentaires selon lesquelles mes remarques seraient illégitimes parce que je travaille à Genève procède de ce même mépris.

D'une part, non Genève ne donne pas d'emplois... Genève attire des entreprises internationales parce qu'elle fait mal ses calculs et croit que c'est à son avantage. Et les multinationales recrutent les personnes qu'elles ont intérêt à recruter. Les multinationales y gagnent des impôts réduits et des collaborateurs. Genève croit y gagner des revenus (et n'a pas encore réalisé l'ampleur des charges publiques qui s'annoncent). Les collaborateurs y gagne un revenu. Le contrat s'arrête là : personne n'achête la liberté de penser, de conscience et de parole de qui que ce soit.

Mais si on pousse ton raisonnement jusqu'au bout Philippe : Le prix a payer de la proximité avec Genève c'est de justement perdre cette proximité. Crois tu que l'argent achète tout ? l'argent est elle la seule valeur ? Non il y a aussi la qualité de vie, le cadre de vie, la cohésion sociale.. en un mot une société équilibrée. Il peut y avoir une croissance économique équilibrée et durable. Cette politique économique doit être fondée en particulier avec les entreprises genevoises dans l'intérêt des chômeurs genevois.

Ton commentaire est profondément choquant pour un habitant du Genevois français. Ma réponse est courte.. car je vais ce matin à une présentation en anglais à l'hotel Mandarin "le marché de l'immobilier dans le Genevois français"...l'existence de cette conférence à Genève en dit long sur les déséquilibres irresponsables et dangereux que nous sommes en train de créer.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 15/02/2011

Nom d'un chien, Antoine, est-ce que tu considère cette région comme commune ou non?
Qu'y aurait-il de choquant à ce qu'une conférence sur l'immobilier dans les Hauts-de-Seine, ou en Seine-Saint-Denis se déroule à Paris ? Rien je suppose. Ah oui mais entre Paris et le 92 ou le 93, y a juste un périf, pas une frontière... Et bien voilà, c'est ta logique, relever la frontière. Et je comprend parfaitement l'ex-Président du PDC genevois lorsqu'il croit entendre la version française (et polie) du MCG en t'écoutant.
Je comprend aussi que c'est un choix politique, que toute ta vie depuis des années est consacré à la politique et que les circonscriptions électorales étant ce qu'elles sont, tu enfourches le cheval qui crois-tu te feras élire. Exactement comme Stauffer au demeurant, qui tape sur les frontaliers, bien qu'ils paient leurs impôts à Genève, et pas sur les Vaudois qui n'en paient pas "Parce que ce n'est pas porteur électoralement"
Comment oses-tu parler d'irrédentisme lorsque près de 80 000 personnes habitant de l'autre côté de la frontière travaillent à Genève, à peu près à tous les postes de responsabilité ? Sous les dehors très policé de ton discours, Antoine, tu participes à semer la haine et la division. Et à masquer la réalité des faits en choisissant un bouc émissaire "l'expat et les multinationales", qui ne sont qu'une petite partie du problème.
Regarde les statistiques de l'INSEE: plus de 15 000 personnes venues de toute la France ont emménagé dans la région ces dernières années. C'est dix fois plus que le nombre de nouveaux expats. Ah oui, mais les expats établis à Genève ne votent pas en France, contrairement aux "immigrés intérieurs" venus de tous l'Hexagone pour habiter Saint-Ju, Annemasse... Ou Aix-les-Bains !
Nos lois respectives sont ainsi faites, de par et d'autre, qu'elles sont à Genève très performantes en matière d'emploi et contre-performantes en matière de logement, tandis qu'en France, c'est exactement l'inverse.
De cette différence, grâce aux bilatérales, naît un dynamisme peu commun, une croissance économique digne d'un pays émergent, bien que l'on parte de beaucoup plus haut. Bien sûr qu'on peut améliorer les choses, doser les réglages plus finement et construire les infrastructures ad hoc, qui oui, vont coûter cher, mais sont indissociables de notre prospérité.
Les Allobroges ont construit des ponts qui ont fait de cette bourgade un carrefour. Leurs descendants romanisés ont construit un port qui a capté tout le trafic du Grand Saint-Bernard qui transitait par le Léman. Les premiers évêques de Genève ont fait construire des entrepôts qui ont fait de Genève une ville de foire d'envergure européenne...
La libre circulation est une bénédiction économique, qui présente des inconvénients. Le principal d'entre eux étant fondamentalement le différentiel de revenus de par et d'autre de la frontière. Mais un tiers des communes françaises ont des revenus moyens par habitant supérieurs à ceux d'Annemasse. Voire très supérieurs, jusqu'au double et au triple. Ce différentiel de revenus n'est pas une fatalité. Concentrons nos efforts pour le réduire, mais de grâce, ne mets pas la charrue avant les boeufs et ne prétend pas construire une société équilibrée en détruisant les ingrédients de la croissance.
Sinon, tout ce que tu auras, c'est une société du nivellement. Par le bas.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/02/2011

Philippe,

Oui je trouverai cela tout aussi choquant qu'à Levallois en pleine pénurie gravissime de logements, une entreprise privée fasse une conférence à l'attention d'expatriés sur comment investir dans l'immobilier dans les Hauts de Seine : je me dirais exactement de la même manière que ce n'est pas la meilleure manière de contribuer à une agglomération équilibrée. Il serait peut être temps que de part et d'autre de la frontière les autorités publiques soient au service des habitants et répondent à leurs problèmes de logements, de mobilité et de pouvoir d'achat plutôt que de saliver sur le fric d'expatriés. Il est à craindre que le PDC finisse pas disparaitre de la scène politique genevoise faute défendre ses valeurs humanistes et pour promouvoir une politique économique aussi destructrice.

Si tu prends l'exemple des Hauts de Seine... alors va jusqu'au bout. Je trouverai profondément choquant que Paris impose aux parisiens d'aller se loger dans les Haut de Seine... si Paris n'avait urbanisé que 13% de son territoire comme c'est le cas de Genève ! Imagine un peu : seulement 3 des 20 arrondissements qui seraient urbanisés et Paris qui dirait : on ne construit plus, allez vivre dans les Hauts de Seine. Voilà la situation de Genève !

Sur le reste de tes propos dénigrants, ils sont absurdes : Je ne cesse de défendre une vision régionale de l'agglomération alors que tu considères que le Genevois français n'est bon qu'à subir les nuisances urbaines des choix fiscaux de Genève ! Contrairement à ce que tu affirmes les positions que je défends sont les positions des intérêts communs des Genevois où qu'ils se trouvent : ceux qui sont attachés à résoudre les problèmes de qualité de vie, de pouvoir d'achat, de mobilité.. mais effectivement pas ceux des Genevois qui n'ont que le fric pour seule valeur. Je doute que Stauffer ait le moindre soutien en France, alors que tu n'imagines pas le nombre de Genevois qui me remercient.. et je constate avec intérêt que les lièvres que je soulève depuis plusieurs mois sont maintenant parmi les principaux sujets de débats cantonaux. Preuve s'il en est que nous sommes nombreux à partager les mêmes préoccupations sur le "modèle" genevois. Les populistes genevois que tu dénonces se nourissent de l'aggravation de ces problèmes - le MCG a fait ses voix dans les communes traversées par le trafic transfrontalier des Genevois contraints à l'exil- : il faudra bien les régler à la source.. ou les voir triompher.

Les expats et les multinationales ne sont pas des bouc émissaires.. mais les nouvelles victimes : 5% des expats refusent de venir à Genève faute de logements, d'écoles, de crèches et en raison de la crise de la mobilité. Les multinationales diraient haut et fort leur exaspération face à l'inanité des politiques genevoises si leur porte parole ne partageait pas la vie du Conseiller d'Etat en charge du développement économique - il n'y a pas qu'en France qu'il y a des conflits d'intérêts-. Les multinationales se disent qu'il est temps que Genève accueille les entreprises qu'elle a fait venir avant d'en faire venir d'autres.. sinon elles partiront !

Une autre croissance est possible : une croissance fondée sur le svoir faire genevois, sur la formation, sur la recherche, sur l'innovation, sur les entreprises genevoises. Une croissance peut être moins exubérante.. mais plus durable sur le long terme, moins couteuses pour les finances publiques, plus respectueuse du cadre de vie... moins show off certainement.

Une croissance qui permette une société plus équilibrée.. et qui ne fait pas de Genève un ghetto d'expatriés, de forfaits fiscaux, de diplomates, de banquiers privés et de traders... dont les Genevois sont en train d'être exclus.

Cordialement,

Antoine Vielliard

PS : je comprends parfaitement que Fabiano n'ait pas apprécié que je souligne qu'il défend l'arrivée de traders et d'expatriés... mais s'oppose comme les autres à la constructions de logements à Thônex : le résultat des incohérences de Fabiano c'est que les thonesiens sont chassés de leur commune contre leur gré pour faire place aux expatriés et traders... qu'ils deviennent des automobilistes supplémentaires sur des routes encombrées qui traverses des communes qui voulaient au départ "protéger leur qualité de vie".

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 15/02/2011

@Philippe Souaille: Vous êtes clairement quelqu’un d'intelligent. Alors, vous comprendrez aisément que pour ceux qui vous lisent votre discours paraît fortement biaisé pour deux raisons :
.
(1) Vous êtes, de par votre histoire personnelle un « border-hopper » binationale qui peut facilement (profession libérale !) profiter des avantages offertes des deux cotés de la frontière. Logiquement, vous trouvez qu’on habite une région formidable. C’est n’est pas nécessairement vrais pour les personnes qui ne sont pas dans votre situation (au demeurant enviable).
.
(2) Vous continuez à prétendre que coloniser un pays – que ce soit par la force, l’argent (via l’achat de terres) ou la politique – a le même impact (y compris social) que remplir un contrat de travail chez un employeur privé (Rappelons, au passage, que le canton et les communes genevoises en tant que plus grands employeurs de la région sont quasiment fermés aux non-Suisses). Vous savez aussi bien que n’importe qui d’autre qu’il n’en est rien, quelque soit l’angle sous lequel on fasse cette « comparaison ».
.
Les faits sont là : La Genève politique et une bonne partie de sa population n’ont que très peu d’estime pour ses voisins, et leurs actes le traduisent très clairement, malgré les belles déclarations d’intention.
(Pour couper court à la question : Je ne suis ni suisse ni français mais de la région depuis 12 ans – Je vis donc les dégradations décrit par Antoine en « direct live » depuis un bon moment déjà)

Écrit par : caracolelimonade | 15/02/2011

@caracolelimonade : il semble qu'effectivement il faut être ni suisse ni français pour pouvoir parler de notre agglomération binationale sans se faire traiter de suisse ou de français ! Quel paradoxe !

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 15/02/2011

Antoine, il n'y a pas pénurie gravissime de logements en Haute-Savoie, ce n'est pas vrai. Ou alors il y a pénurie gravissime dans toute la France. Encore une fois, les prix sont dans la moyenne et si tu consultes les disponibilités de l'immobilier sur Internet tu trouveras des dizaines d'offres dans toutes les catégories (comme dans n'importe quelle ville moyenne) à des prix comparables à ceux de milliers de communes françaises.
La crise du logement est gravissime à Genève. Mais pas à cause des expats. Eux ne font pression que sur la partie supérieure du parc immobilier. Elle est gravissime parce qu'on ne construit pas assez et qu'en plus la prospérité genevoise attire un tas de gens. Indépendamment des multinationales et bien davantage qu'elles. De fait une partie importante des gens travaillant à Genève gagne plus de CHF 10 000 /mois. Cela crée des déséquilibres. Est-ce à cela que tu veux mettre fin ?
Il y a trois vrais problèmes à Genève - la crise du logement, le manque d'infrastructures et le chômage. Le dernier est certainement le plus compliqué à résorber, car les métiers merveilleux dont tu parles, que n'importe qui peut faire sans trop de compétences et sans risquer la délocalisation sont assez rares. Encore faut-il accepter de les pratiquer.
Le manque d'infrastructures, transport notamment, c'est le plus simple, il suffit de payer, c'est en cours de solution, mais bien que ce soit le seul problème que l'on soit en mesure de régler simplement, c'est celui que tu menaces de nous empêcher de régler (nous= les habitants de la région) si l'on ne t'obéit pas...
Pour le logement enfin, la gabegie est la résultante de plusieurs facteurs, clairement identifiés:
1) Tout le monde veut plus de logement, mais personne ne veut que ce soit à côté de chez soi. Et comme en Suisse l'initiative et le référendum, plus les recours divers, permettent de bloquer un projet, et bien on les bloque. Tous !
2) Les collectivités publiques aident les personnes les plus socialement défavorisées à payer le loyer des logements spécialement construits à leur intention - et souvent de meilleure qualité que les loyers libres par ailleurs cruellement manquants
3) Du fait de l'Asloca et des lois protégeant le locataire comme nulle part ailleurs, les propriétaires n'osent tout simplement plus prendre de locataires, qu'ils savent ne pas être en mesure de virer s'ils posent problème. Ce qui arrive d'autant plus souvent qu'ils se savent hyper-bien défendus par l'Asloca et la loi. Donc on ne construit plus assez pour la location, privilégiant les PPE.
4) Les dindons de la farce sont évidemment les locataires aux revenus moyens, trop élevés pour avoir droit au LUP et pas assez pour pouvoir payer les 20% d'apport des apparts en PPE.
D'où la fuite de ces revenus moyens vers la France.
La solution que tu as trouvé n'en est pas une. Stopper l'arrivée de multinationales ne va rien changer au problème de fond des Genevois. Une classe d'âge à Genève, c'est 5000 personnes. Même en admettant qu'ils se marient tous entre eux, cela fait tout de même 2500 logements de plus par année. Plus les personnes attirées par l'eldorado, expats, frontaliers venus de toute la France, vaudois, valaisans, fribourgeois, ou même alémaniques, qui compensent plus que largement le nombre de logements remis sur le marché par décès ou départ à l'étranger, on ne construit pas la moitié de ce qu'il faudrait. Et même nettement moins de la moitié dans les catégories qui manquent le plus...
Alors à part supprimer le droit de recours en matière de logement - ce que tu aurais du mal à faire passer en référendum - interdire l'Asloca et ses lois (Bonne chance, vu que la masse de leur clientèle peut faire basculer un scrutin à elle seule), contraindre les propriétaires ou les promoteurs à travailler à perte... Quelle vraie solution vois-tu pour les vrais problèmes ?
Ah oui, j'en oublies une autre: dénoncer les accords internationaux sur la libre circulation, redresser la frontière, interdire aux suisses d'habiter en France, et aux français de bosser en Suisse...

Écrit par : Philippe Souaille | 15/02/2011

Philippe,

On ne doit pas vivre dans la même agglomération... ou peut être qu'on ne parle pas aux mêmes personnes.

Je comprends qu'il n'y ait pas de pénurie de logements gravissime pour les personnes qui travaillent à Genève.. mais pour les salariés en euros, les enseignants dans les lycées, les policiers, les infirmières dont tu auras un jour besoin, les collaborateurs des maisons de retraite.. auxquels ta vision de la société consiste à leur proposer de vivre toujours plus loin, toujours plus mal : "désolé pour vous, c'est comme ça que ça se passe". Je ne l'accepte pas pour ma part.

Il n'y a pas non plus de pénurie de logement pour les personnes de ta génération, pour la plupart logées de puis longtemps dans des logements payé peu cher ou à des loyers dérisoires dans des appartements devenus trop grands... mais votre situation de privilégiés dans notre agglomération ne doit pas, ne peut pas vous permettre d'oublier le sort de vos enfants. Ce serait suicidaire pour notre agglomération.

Oui nous sommes une seule et même région... mais elle n'est pas entièrement soumise à la souveraineté de Genève... qui voudrait continuer d'exporter les nuisances urbaines de ses choix fiscaux au détriment de TOUS Les habitants de notre région qu'ils soient suisses ou français.

Antoine

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 15/02/2011

Quel match de tennis! Heureusement que ce n'est pas en 3 sets....
Ceci dit, je vous apprécie tous les deux, car votre discussion est bien plus intéressante que la plus
part des blogs.

Ceci étant, les multinationales à Genève font travailler les petites entreprises= point positif.
Les entreprises privées qui s'installent à Genève feront également travailler les PME = positif
Ces dernières qui innovent dans la recherche, soit dans les nouvelles technologies, soit en
pharmacologie (scientifiques), ceux qui ont déjà une vision du futur, créeront de nouveaux métiers et
de nouvelles entreprises bienvenues pour notre économie et le 21e siècle. Inventons!

On arrive aux problèmes de logement: Aie!

Certes le canton de Genève est petit, la Ville de Genève possède le plus grand parc immobilier et hélas
ce sont ces derniers qui ont toujours bloqués la politique du logement en refusant depuis des
décennies tous les projets de construction: exemple ce cher M. Grobet & Co. Donc, nous en
subissons les conséquences.

Les communes ne peuvent accepter les étrangers, c'est la loi, elles réservent leurs nouveaux
logements à leurs nouvelles générations. Je le conçoit car l'espace n'est pas le même quand France.
Quant aux milliardaires nouvellement installés dans nos communes, sachez que les Maires ne
peuvent rien faire et ne cessent de râler devant ce fait accompli.

La classe moyenne genevoise s'installe évidemment en France voisine vu la crise du logement.
Pour connaître la région de la Haute-Savoie en 10ans ce département s'est développé à vitesse
grand V. Il reste encore d'énormes possibilités de logements. Les prix ont grimpé à l'arrivée de
l'euro, mais aussi grâce aux frontaliers qui dans un premier temps ont fait baissé les salaires
genevois, ensuite grâce à leurs salaires la consommation s'est accrue, ce qui a permis de développer
de nouvelles entreprises et commerces français. Ce qui est très bien pour cette région qui avait été
paralysée par la fermeture des usines de décolletage.

Nous avons besoin du personnel frontalier compétent: infirmières, aide-soignants, de main d'oeuvre
dans la construction et réparateurs, etc.. Ce personnel a un salaire décent comparativement à ce qu'il
gagnerait en France. Il reste aussi le rêve des personnes non qualifiées qui souhaitent trouver un job
sur Genève toujours pour des questions de salaire.

Nous pouvons constater le soir venu un grand nombre d'automobilistes (74) qui logent à Genève,
ce qui est normal, cela leur permet d'effectuer moins de kms et d'éviter les bouchons matinaux.
Comment font-ils? Je n'en sais rien et ce n'est pas mon problème. Tant que le CEVA ou autre ne sera
pas mis en place pour la circulation le problème demeurera. Vous devriez penser à vos enfants qui
n'auront plus ces difficultés de transports. Et la voiture reste nécessaire, tant pis pour les écolos.

Quant à l'éternelle haine entre genevois et frontaliers, j'avoue ne rien comprendre. J'ai moi-même des
problèmes avec un Maire de la région qui dit ouvertement détester les genevois... Grave docteur!

Et si, nous proposions à la Ville de Genève, aux Maires des villages voisins (qui ont parfois travailler
en CH), avec certains élus, de se mettre régulièrement autour d'une table afin de discuter vraiment de
tous ces problèmes que nous rencontrons aujourd'hui pour construire un futur adapté aux uns et aux
autres, plutôt que de bavarder sur des blogs. Nous gagnerions vraiment du temps et de l'argent!

Ensuite, mettre sur place des rencontres avec les genevois et frontaliers pour connaître les idées du
terrain avec tous ces citoyens concernés. On arriverait peut-être à abolir cette haine?

C'est ainsi que Philippe et Antoine pourront passer au 5e set un certain temps, mais pas trop long
svp. Bien à vous deux.







I

Écrit par : rose des sables | 15/02/2011

Ma vision de la société Antoine consiste à rester objectif. En l'occurrence, trouver un logement à 20, 25 ans, n'a jamais été une partie de plaisir. Et la situation en Haute-Savoie n'est pas pire que dans la plupart des villes de France ayant une activité économique soutenue. Tu peux trouver des logements moins chers en abondance... Dans des coins où il n'y a pas de travail. Ce n'est pas la situation en Suisse, mais la situation en France.
Des millions de gens en France passent plus de temps dans les transports que les travailleurs de notre région. Alors effectivement, avec un salaire de prof ou d'infirmière, mieux vaut travailler à Saint-Flour ou à Mont-de-Marsan. Des coins où un de ces jours il n'y aura plus ni lycée ni hôpital, parce qu'il n'y aura bientôt plus rien à y faire et plus d'autre habitant que des fonctionnaires.
Genève n'exporte pas ses nuisances urbaines: si les Maires français refusaient les permis de construire, il n'y aurait pas de logements à vendre ou à louer aux Genevois. Genève n'impose de diktat à personne, ne colonise personne. Nous sommes dans le cadre des accords de libre circulation. Libre à la France de les dénoncer si elle le souhaite
Par ailleurs, dans ma vision de la société, chacun couche avec qui il veut. Les conseillers d'Etat au même titre que toi ou moi. Et je trouve extrêmement déplacé de ta part ce genre d'attaque dont le niveau me rappelle un parti Genevois qui me fait honte, en tant que Genevois. Au même titre qu'en tant que Français, j'ai honte que le Président du Modem Haute-Savoie pratique ce genre de délation insane.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/02/2011

Ma vision de la société Antoine consiste à rester objectif. En l'occurrence, trouver un logement à 20, 25 ans, n'a jamais été une partie de plaisir. Et la situation en Haute-Savoie n'est pas pire que dans la plupart des villes de France ayant une activité économique soutenue. Tu peux trouver des logements moins chers en abondance... Dans des coins où il n'y a pas de travail. Ce n'est pas la situation en Suisse, mais la situation en France.
Des millions de gens en France passent plus de temps dans les transports que les travailleurs de notre région. Alors effectivement, avec un salaire de prof ou d'infirmière, mieux vaut travailler à Saint-Flour ou à Mont-de-Marsan. Des coins où un de ces jours il n'y aura plus ni lycée ni hôpital, parce qu'il n'y aura bientôt plus rien à y faire et plus d'autre habitant que des fonctionnaires.
Genève n'exporte pas ses nuisances urbaines: si les Maires français refusaient les permis de construire, il n'y aurait pas de logements à vendre ou à louer aux Genevois. Genève n'impose de diktat à personne, ne colonise personne. Nous sommes dans le cadre des accords de libre circulation. Libre à la France de les dénoncer si elle le souhaite
Par ailleurs, dans ma vision de la société, chacun couche avec qui il veut. Les conseillers d'Etat au même titre que toi ou moi. Et je trouve extrêmement déplacé de ta part ce genre d'attaque dont le niveau me rappelle un parti Genevois qui me fait honte, en tant que Genevois. Au même titre qu'en tant que Français, j'ai honte que le Président du Modem Haute-Savoie pratique ce genre de délation insane.

Écrit par : Philippe Souaille | 15/02/2011

Ah! le 5e set démarre très mal, aller calmez-vous, vous êtes intéressants tous les 2

Écrit par : rose des sables | 15/02/2011

Philippe,

Restons en là : tu admires le modèle économique genevois, cette machine à fric illusoire qui détruit la vie des habitants. Je pense pour ma part qu'il est dangeureux pour notre avenir, ruineux pour le futur.. et qu'il y a de multiples manières de le rendre plus humain, plus durable, plus respectueux des habitants. On peut ne pas être d'accord sur tout !

Antoine

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 16/02/2011

Rose des sables, votre résumé me parait excellent. Merci. Et Caracole et Limonade, ainsi qu'Antoine, j'aimerais encore préciser une chose, puisque l'on me qualifie régulièrement de privilégié. Contrairement à Antoine, qui a certes grandi dans la région mais n'y a travaillé que comme cadre de multinationale, je n'ai pas fait que parler avec "les gens" sur les marchés ou en leur distribuant des tracts dans leur boîtes aux lettres.
Célibataire, j'ai habité un an et demi le Saint-Georges à Saint-Julien, ensemble réputé l'un des plus mal famés de la région. De fait mon voisin s'est tiré une balle de 22 Long rifle dans la poitrine après m'avoir cambriolé deux fois. C'est mon intervention qui l'a sauvé, alors qu'il agonisait sur mon palier, à 3 heures du matin. J'avais été le seul de l'étage à daigné ouvrir ma porte.
Avec femme et enfant, j'ai habité 4 ans le Perrier, d'où viennent parait-il les "racailles d'Annemasse" chères à Solo Pardi (enfin, plus maintenant qu'il est au MCG avec Rico et Mauro). Mes voitures n'y ont jamais été rayées parce que le Grand Frère du copain de mon fils et notre voisin (un blond géant kabyle dont la mère faisait de délicieuses pâtisseries pour l'Aït), était semble-t-il le boss du quartier.
Mais on était réveillés la nuit par les rodéos de voitures volées, les ghetto blasters à fond dans le jardin de la MJC, on a retrouvé deux fois des dealers morts au petit matin et dans le parc voisin, les mamans rebeus ou keblas se crêpaient régulièrement le chignon aux sujets des incivilités de leurs mouflets respectifs...
Comme à Onêx, en un peu plus soutenu, mais en nettement moins pire qu'à Garges-les-Gonesses, aux Minguettes ou même dans bien des quartiers déshérités de villes moyennes françaises. Parce qu'au Perrier, il y a encore des parcs, du gazon, des jeux pour les enfants, un supermarché qui fonctionne. Et du boulot si on veut en trouver.
Voilà, j'ai aussi habité dans des communes chics genevoises et en France à Coudrée, au bord du Lac... Mais j'ai conservé des amis antillais ou africains dans les immeubles glauques au possible de Fossard, allant manger chez eux, comme ils viennent manger chez moi. Pas forcément en même temps que les Ambassadeurs, mais des fois oui. Et c'est toujours enrichissant.

Écrit par : Philippe Souaille | 16/02/2011

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