04/02/2011

Le véritable coût de la politique d'accueil des multinationales

Le sujet principal des déséquilibres de notre agglomération c'est que nous faisons venir 15000 personnes supplémentaires par an alors que Genève est incapable de construire les ridicules 2500 logements par an qui ont été promis. Peu importe le coût de cette politique d'accueil des multinationales ce n'est pas le sujet.

Même si c'est hors sujet, il vaut tout de même la peine de démonter l'argument fallacieux des défenseurs de cette politique absurde. Selon eux, cette politique serait très peu coûteuse.. voir même marginale dans la politique économique genevoise. Pierre-François Unger cite souvent le chiffre de 10% des coûts de la politique économique. Ce chiffre ne prend en compte que les dépenses de personnel et d'efforts "commerciaux". Un chiffre déjà très élevé : pour quelle raison étrange l'argent public des Genevois est-il utilisé pour saturer un peu plus le marché du logement et expulser de leur canton les contribuables qui ont payé ces impôts ?

Mais surtout, ce chiffre ne prend pas en compte ce qu'on appelle ici "les dépenses fiscales" : des dépenses qui ne figurent pas dans les comptes publics mais qui sont pourtant des dépenses réelles. Ce sont les renonciations d'impôts. Les exonérations fiscales sont comptées comme des dépenses fiscales. Les exonérations fiscales accordées aux multinationales par rapport au droit commun qui s'applique aux entreprises genevoises sont difficile à estimer. Mais vu les montants en jeu, vu que les 27 pays de l'Union Européenne ont décidé de faire de ce sujet le sujet principal de leurs discussions avec la confédération helvétique, on peut sans grand risque de se tromper l'estimer à plusieurs dizaine de milliards d'euros, et sans doute proche de la centaine. Pour ce qui concerne Genève, la réduction d'impôt accordée aux entreprises multinationales doit probablement représenté quelque chose compris entre 30% et 60% du budget cantonal : environ 2 à 4 milliards de CHF. Un montant qui correspond à la quote part qui devrait être payée par les entreprises multinationales sur les frais d'infrastructures, de formation, de sécurité, de garde d'enfants, de transports en commun... et qui sont offert généreusement par le canton au détriment des contribuables genevois. L'honnêteté imposerait d'inclure ces dépenses fiscales dans le calcul du coût de la politique économique exogène. Curieusement, à ma connaissance, le souverain Genevois, malgré la démocratie directe, et le référendum obligatoire sur les questions fiscales, n'a jamais été consulté sur ce montant colossal qui représente la moitié du budget cantonal !

On devrait également calculer dans le coût de cette politique les dépenses d'infrastructures. Le CEVA pour commencer. Rendu nécessaire par l'exode massif de 2000 Genevois par an du canton depuis 20 ans, lui même imposé par l'arrivée massive de 15000 habitants par an. Mais ce n'est qu'un début, crêches, écoles, extension des hôpitaux, routes, trains, traversée de la rade, nouvelles voies d'autoroute, sécurité, extension de l'aéroport...etc...etc... la facture totale de cette croissance démographique hors de contrôle se chiffre à plusieurs dizaines de milliards de CHF également. A imputer quasi exclusivement à la politique économique exogène.

Des chiffres très éloignés des petits 10% cités par Pierre-François Unger.

La politique économique exogène est en réalité ruineuse à long terme, mais ce n'est pas le sujet... même si cette politique ne coutait rien aux finances publiques, elle resterait profondément destructrice pour la cohésion sociale, le pouvoir d'achat et la qualité de vie des Genevois tout en augmentant le nombre de chômeurs à Genève.

Commentaires

C'est très gentil, Antoine, de te préoccuper des choix politiques genevois ayant des conséquences sur toute la région. Il serait plus opportun et plus fair de le faire avec des chiffres qui tiennent la route qu'avec des élucubrations sorties de rien. D'autant qu'organisations internationales mises à part, les multinationales ne sont pas totalement défiscalisées. C'est le chiffre d'affaires réalisé à l'étranger qui peut l'être. Il y a là une certaine logique puisque le gros de leurs infrastructures sont précisément à l'étranger. Au même titre que la France, par exemple, exonère de tva les exportations, ce qui représente tout de même 19,6% d'abattement sur le chiffre d'affaires réalisé à l'étranger, soit des montants encore plus considérables que ceux que tu articules.
De toute manière les tractations sont déjà en cours, entre l'UE et la Suisse. Dans quelques mois ou au plus quelques années, ce problème sera réglé, très vraisemblablement par l'alignement des pratiques fiscales suisses pour toutes les entreprises basées en Suisse. Dès lors, nos PME seront soumises au même régime que les multinationales et c'est tant mieux. Cela coûtera un peu à l'Etat. Un peu. Genève évalue ce montant à quelques centaines de millions. Dix fois moins que le chiffre que tu articules. Alors que le tissu des PME, même à Genève est évidemment plus important, dans l'économie cantonale, que les quelques multinationales dont tu parles.
Tu es à côté de la plaque, Antoine, et tu ferais mieux de te préoccuper de ce qui se profile en France, à savoir l'imposition sur le revenu de tous les Français, où qu'ils résident. Cela concerne bien sûr les Français de Suisse, mais aussi les frontaliers français de Genève, qui devraient payer un impôt supplémentaire, que ne paieraient pas les frontaliers suisses de Genève (sauf les double-nationaux :-(
Cela renforceraient encore le pouvoir d'achat des frontaliers suisses, qui ne pourraient même plus être concurrencés par les frontaliers français, ponctionnés par l'Etat. Je ne crois pas que cela soit très bon pour la région. En tout cas, ce ne serait guère apprécié d'une bonne partie de tes électeurs potentiels. Alors bouges-toi avant que ce projet ne devienne une réalité. Marie-Françoise de Tassigny tient une conférence à ce sujet à Carouge, le 15 février.

Écrit par : Philippe Souaille | 04/02/2011

Mon cher Phiphi arrête la bouteille, jusqu'à preuve du contraire HP ne vend pas tous ses PC et toutes ces imprimantes à des genevois, Procter ne vend pas toutes ses crèmes, ses Mr propre et autre piles à des genevoises, Caterpillar ne vend pas tous ses tracto pelles à Mark Muller, ca se saurait, bref ces centres européens et moyen orient font 99% de leur chiffre d'affaire hors suisse non imposable. Il faut pas trop le dire parce que l'OCDE va vraiment se fâcher et il y a une petite quantité de manager multinationaux qui vont devoir redémenager.

Et finalement au chemin de Chalandin, au centre de loisir de l'UBS on pourrait facilement construire apparts qui limiterait le nombre de bagnole dans Geneve.
Arrete de donner raison à Decaillet

Écrit par : Lara Clette | 04/02/2011

@ M. Vielliard

L'observation de Philippe Souaille n'est pas dénuée de pertinence. D'une manière générale lorque l'on parle d'imposition il faut tenir compte de tous les impôts, directs et indirects.

Lorsque l'on chiffre la répartition des prélèvements fiscaux France/Suisse à 20/80 % , s'agissant des frontaliers, on perd de vue qu'au vu de la TVA (et des impôts locaux) les frontaliers payent plus d'impôts en France qu'en Suisse.

De même, lorsque l'on reproche à la Suisse de ne pas assez imposer certaines sociétés installées à Genève, il ne faut pas perdre de vue les avantages que d'autres pays donnent à leur sociétés par l'exonération de l'impôt indirect qu'est la TVA.

La France et l'allemagne favorisent ainsi leurs exportations à hauteur de l'exemption de TVA, soit d'environ 20 %, alors que la Suissse le fait à hauteur de sa TVA, soit 8 %.

Cette différence n'est que concurrence déloyale à l'encontre de la Suisse et d'autres pays extra-européens.

L'UE est-elle, en échange de la satisfaction de ses exigences en matière d'imposition directe des sociétés, exigences que vous trouvez fondées, à accorder le droit à la Suisse d'accorder une prime à l'exportation d'environ
12 % ? J'en doute.

Il est certains que l'UE, si elle perdure, obtiendra, au vu du rapport de force et en dehors de toute considération d'équité, gain de cause. Dès lors ce débat est vain. Mais après cela il ne faudra pas que l'on exige de nous que l'on vous aime vous, l'UE et la France.

Au demeurant les engagements contractés sous la contrainte n'engage pas celui qui les fait, disait déjà Confucius.

Je profite de cette dernière considération pour vous souhaiter une bonne année du lièvre (ou du lapin c'est selon..).

Écrit par : CEDH | 05/02/2011

CEDH, Phiphi

C'est quand meme beaucoup de bla bla tout ca pour dire que les trams sont bondés et qu'il y a des gens sans gênes à qui on voudrait mettre des bourre pifs, qu'il est impossible de démenager sans doubler son loyer, que la circulation est pourrie dans Geneve et que la Migros vend beaucoup de cochonnerie pleine de graisse hydrogénée en faisant 30% de marge meme après la baisse de 10%. Et heureusement qu'on peut voir les débats du grand conseil sur Leman bleu on y observe que pas grand de chose avance

Aujoud'hui j'ai adoré cette député verte déplacant sont stand pliable en bagnole et garée n'importe ou. Anne mahrer doit s'en boucher le nez

Écrit par : Lara Clette | 05/02/2011

Bonjour,
Je me demande qui représente l'auteur de ce blog si ce n'est que lui-même et éventuellement une partie des membres de l'association qu'il préside. Mais surtout je me demande de quoi il se mêle. Si la frustration qu'il a de ne pas vivre dans une démocratie le pousse à réagir, qu'il le fasse en France.
Il n'a rien à dire de ce qu'il se passe en Suisse. Il ne peut que respecter les lois d'un pays et d'un canton qui l'accueille probablement quotidiennement pour son travail. Il ferait beaucoup mieux de commenter les actes et décisions de son gouvernement à lui.

Écrit par : salegueule | 06/02/2011

Bonjour Salegueule,

Merci pour ce commentaire qui permet à chacun de comprendre qu'il y a encore dans le Genevois franco suisse des attardés qui sont opposés à la liberté d'expression et qui n'ont pas encore compris qu'il est sans doute temps que nos politiques publiques soient établies de manière régionale. Il y a encore des gens qui ne comprennent pas qu'il est stupide de renvoyer des milliers d'habitants de Genève vivre si loin de leur lieu de travail chaque année.

Bon évidément votre commentaire ne fait aucune proposition pour résoudre les problèmes d'aménagement qui dégrade la qualité de vie et le pouvoir d'achat de tous les habitants de notre région... mais après tout vous n'êtes pas là pour faire des propositions, vous êtes là pour beugler, et ma foi vous le faites parfaitement bien.

Ce qui m'amuse surtout dans votre commentaire c'est cette idée sous-jacente que les employeurs ne recruteraient que par philantropie et qu'il faudrait dire merci à la fin de chaque journée, un peu comme une prière du soir. Détrompez vous monsieur : le canton attire des entreprises pour des raisons fiscales et parce qu'il semble que la comptabilité analytique du canton ne soit pas assez poussée pour comprendre à quel point cette politique est ruineuse à long terme. Les entreprises recrutent pour un travail... Ma rémunération n'achête ni ma conscience ni ma liberté de parole.

Je me soucie semble t'il plus que vous des chômeurs genevois dont le nombre augmente de manière proportionnelle au nombre d'emplois importés.

Puisque voilà 30 ans que Genève impose au Genevois français les nuisances urbaines de ses choix fiscaux, vous me permettrez en tant qu'élu du Genevois français et au nom des électeurs qui m'en on donné mandat de dire ce que nous pensons de ces politiques incohérentes qui détruisent notre région.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 06/02/2011

Nous prennons tous acte de votre point de vue d'élue minoritaire communal de Saint Julien en genevois. Par contre, il sied de relever que les électeurs ont refusé de vous élire au niveau régional et que votre parti n'existe pour ainsi dire pas au niveau national.

Or, les problèmes fiscaux, que vous invoquez souvent, ne sont pas communaux mais liés à des accords internationaux, pas plus, d'ailleurs, que ceux liés aux accords de libre circulation. Certes, il vous incombe de gérer les conséquences désagréables de ces accords, tout comme il y a lieu pour Genève de le faire (cf. Schengen et les tasers et kalachnikofs lyonnais). Si ces accords ne vous plaisent pas, il vous incombe de vous adresser à Paris pour qu'ils soient dénoncés, tout comme il incombe à Genève de s'adresser à Berne pour les dénoncer.

Pouvez-vous informer vos lecteurs de vos démarches visant à dénoncer/modifier lesdits accords en faveur de la France ? Je ne les connaît sans doute pas toutes.

S'agissant du chômage à Genève, je relève que celui-ci est, comme la migration des suisses en région voisine, lié aux accords de libre circulation. Les suisses migrants librement en France produisent une pression sur la région et, les travailleurs européens migrants librement en Suisse, exercent une pression sur les logements, sur les revenus et les conditions de travail, notamment des moins qualifiés.

C'est là un inconvénient que nous devons gérer de chaque côté de la frontière, qui quoique que vous pensiez, cher cousin (et non frère), sépare deux Etats souverains.

Au fond êtes vous prêt ou non à ce que la France satisfasse ses obligations internationales juriquement contraignante puisque consacrés par des Traités internationaux au sens de la Convention de Vienne ? Peut-être faudrait-il dénoncer/modifier lesdits accords, permettant à Genève de sélectionner quels européens elle veut ou non sur son territoire, qu'ils exercent ou non une activité lucrative, selon un schéma de préférence nationale, ce qui en contrepartie permettra à la France de réglementer le séjour des suisses (mais pas des européens)en France voisine. Je rappelle qu'il y a plus d'européens à Genève que de suisses dans votre beau Genevois français.

Écrit par : CEDH | 06/02/2011

@Philippe & CEDH :

L'argument sur la TVA est totalement absurde puisque le traitement n'est pas différencié. L'exonération de TVA s'applique à tous et la taxation s'applique également partout. Il y aurait effectivement discrimination si le taux de TVA appliqué aux importations était supérieur au taux de TVA appliqué aux biens produits localement.

Pour ce qui est de l'harmonisation des taux de fiscalité. Il y a deux éléments, d'une part les sociétés auxiliaires ont un taux plus faible (elles paient en moyenne 12,5% contre 24,1% pour les entreprises genevoises) et d'autre part elles ne sont pas taxées sur les bénéfices réalisés à l'étranger qui représentent en général environ 95% de leurs bénéfices.

Dans une interview récente David Hiller estimait que l'harmonisation des taux de taxation à 16% représenterait une perte de 350 millions de Francs suisses. Sachant que l'impôt sur les personnes morales représentent 1100 millions de Francs suisses pour le canton... on se retrouve avec deux équations à deux inconnues dont voilà la résolution :
L'harmonisation des taux permettrait aux entreprises genevoises d'économiser le tiers de leur imposition !!!!
En revanche l'imposition des sociétés auxiliaires augmenterait de 525 millions de CHF.

Ce calcul ne couvre donc que la part de l'harmonisation des taux.. mais le texte est très évasif sur la base fiscale. Sachant qu'actuellement ces sociétés ne sont imposées que sur environ 5% de leur activité, une imposition sur l'ensemble de leur activité comme c'est le cas pour les entreprises genevoises exportatrices reviendrait à multiplier le montant par 20 environ. Soit près de 10 milliards de CHF.

Le montant de l'exonération fiscale accordée aux sociétés auxiliaires dépasse la totalité du budget cantonal... sans grande consultation du parlement cantonal... et sans aucune votation du souverain genevois qui fait les frais de cette politique qui réduit son pouvoir d'achat, saccage les espaces agricoles et naturels et chasse la population du canton.

Il me semble que les députés et journalistes devraient demander un peu plus de transparence sur les avantages accordés aux entreprises multinationales comparé aux entreprises genevoises... surtout lorsqu'on constate les problèmes que cela pose dans la vie quotidienne des genevois. Cette transparence serait plus convaincante que mes règles de trois.


@CEDH :
Mes interventions relèvent de la liberté de parole qui me semble encore exister à Genève. La décision appartient bien entendu au souverain genevois qui en l'occurence n'a jamais été consulté sur le sujet.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 07/02/2011

Bonjour,
Etre considéré comme un attardé par un élu communal français me conforte dans l'idée que vous n'avez rien compris. Quant à la liberté d'expression, vous feriez mieux de l'utiliser là où elle pourrait être utile à vos idées, c'est à dire en France.
C'est vrai qu'il est stupide d'aller travailler loin de son domicile, c'est si vrai que vous devriez convaincre vos compatriotes de ne plus venir travailler en Suisse et d'ainsi libérer des places de travail pour les chômeurs genevois.
Si la fiscalité du canton de Genève vous paraît être plus attractive que celle que la région à laquelle vous appartenez offre, le problème est chez vous, pas ici.
Je me préoccupe sans doute plus des chômeurs genevois soumis à une sous enchère salariale par des travailleurs frontaliers qui trouvent en Suisse un emploi que leur pays n'est pas capable de leur offrir. Quant on constate que depuis la libre circulation le nombre de frontaliers à pratiquement doublé alors que le nombre de chômeurs locaux n'a presque pas baissé, on voit d'où vient le problème. Un travailleur frontalier non formé gagne presque deux fois le SMIC en Suisse...
Je ne pense pas avoir dit que les employeurs genevois étaient philantropes, bien au contraire ils profitent de la faiblesse de nos autorités fédérales qui ont cédés sur la libre circulation bien trop facilement. Un quota de travailleurs étrangers par entreprise serait peut être la solution au problème du chômage dans le canton de Genève.
Pour ce qui concerne les nuisances genevoises auxquelles votre région est soumise, des éclaircissements seraient les bien venus. Pour avoir habité Perly et Plan-les-Ouates pendant des années, je pense pouvoir parler des nuisances subies par les habitants de ces communes (et d'autres).
Bien à Vous

Écrit par : salegueule | 07/02/2011

@Salegueule :

Merci pour cette contribution humaniste au débat qui va, je l'espère permettre d'améliorer le quotidien des habitants de notre région.. même si je ne vois pas très bien comment.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 07/02/2011

Antoine, tes règles de trois sont effectivement assez fantaisistes, en l'absence de données sur plusieurs inconnues... Sans compter quelques erreurs ou imprécisions.
Primo, évaluer de ce que rapporterait l'imposition des multinationales si elles étaient imposées sur l'ensemble de leurs bénéfices, c'est tirer des plans sur la comète. Du fantasme pur. Exactement comme les majors du disque qui évaluent leur manque à gagner en multipliant le nombre de disques piratés vendus 1 dollar à Hong Kong ou copié gratuitement sur Internet par le prix de vente de CD en Suisse, genre 16CHF. Il est évident que les 90% de ces disques piratés ne seraient tout simplement jamais achetés à ce prix là.
Si les multis étaient imposées de la sorte, elles quitteraient Genève demain. En plus, pour la plupart d'entre elles, ce serait juridiquement extrêmement discutable, puisqu'elles n'ont généralement pas ici leur siège mondial, mais un siège annexe, une direction pour l'Europe, ou Europe + moyen orient et Afrique ou Eurasie, etc... Plusieurs, comme Renault, n'ont même ici que des services financiers, chargées de gérer leurs liquidités sur les marchés mondiaux. Ces bénéfices là, non négligeables, sont bel et bien imposés. Pourquoi dès lors les imposer sur les bénéfices réalisés ailleurs?
De toute manière, rien de plus facile pour une multinationale que de se facturer des services là où ça l'arrange, pour payer le moins d'impôts possible là où ça ne l'arrange pas. Ce qui lèse évidemment les pays dotés d'une fiscalité lourde, souvent parce qu'ils n'ont pas les moyens de faire autrement. Mais cela ne pourra se régler que dans le cadre d'une coordination mondiale de la fiscalité, que j'appelle de mes voeux, mais qui n'est pour l'heure pas à l'ordre du jour.

Secundo la tva est uniforme pour tout ce qui est vendu à l'intérieur du pays. Ce en quoi elle est conforme aux règles de l'OMC. Mais elle exonère les biens exportés. Ce qui avantage évidemment les industries exportatrices. C'est là encore conforme aux règles de l'OMC, mais ce n'en est pas moins une forme de dégrèvement d'impôt accordés à ses exportateurs, et non des moindres puisque la tva est la principale source de revenus fiscaux en France. 19,6% de dégrèvement non pas sur le bénéfice (comme les 24,1% accordés en Suisse) mais sur l'ensemble du chiffre d'affaires. Un cadeau fiscal colossal... Et parfaitement justifié à mon avis, mais tout de même un cadeau 15 à 20 fois plus important que le cadeau fait par Genève sur le bénéfice, si l'on estime le bénéfice à 5% du CA en moyenne.
Tertio, l'imposition sur le bénéfice des sociétés genevoises va effectivement probablement baisser d'un tiers en moyenne (de 24,1% à 16%) avec le futur système harmonisé en réponse aux demandes insistantes de l'UE. Un bon point pour l'UE.
L'impôt des multinationales augmenterait lui de 29%, passant de 12,4% à 16%. Ce qui n'est pas rien. Comment peux-tu en déduire que cela ferait 525 millions sans connaître leur montant actuel ??? Ta règle de trois est bancale, parce si 525 millions = 29%, alors 100% (soit l'imposition actuelle des multis à Genève) ferait plus d'un milliard et demi soit plus que toute l'imposition des personnes morales du Canton, multinationales, PME genevoises, banques, horlogerie de luxe etc... réunies, qui n'est pourtant, comme tu l'écris toi-même que de 1 milliard 100 millions.
La part des multis dans la fiscalité cantonale des personnes morales n'est pas si importante et le chiffre de 525 millions que tu avances est au moins 10 fois trop élevé... Là où les multinationales sont intéressantes, c'est dans un contexte global.
D'abord, contrairement aux Organisations internationales, leur personnel résident est imposé sur le revenu par le canton et ce sont de bons salaires. Ensuite, elles déversent sur l'économie cantonale une masse d'argent, au travers de ces salaires précisément, qui sont assimilables à de l'exportation (car provenant des ventes à l'étranger) et qui contribuent à faire marcher toute l'économie.
Enfin, elles constituent un tout avec la Genève Internationale, partageant avec elle compétences, ressources humaines et savoir faire. L'économie genevoise est basée sur les services et sur les services internationaux et financiers en particulier. Tu ne peux pas prétendre en retrancher tout un pan sans conséquences sur l'ensemble.
Maintenant, là où tu as parfaitement raison, c'est que Genève doit faire des efforts pour améliorer son offre de logements, mais l'accord passé avec la partie française de l'agglo dans ce but ne pourra pas être respecté. Ce n'est pas une raison pour jeter le bébé avec l'eau du bain. Il faut repenser le cadre et le rediscuter. Objectivement, sur des bases claires et des chiffres justes.
En tenant compte de tous les facteurs.
C'est ce que j'essaie de faire dans mon film, mais un film ne suffit pas. Il est évident que la pression n'est pas la même selon les types de logements et les transports qui les irriguent. Il est absurde d'avoir des champs cultivés à 3 km de la cathédrale à vol d'oiseau et plus encore à proximité d'une sortie d'autoroute ou d'une gare. Mais on ne va pas bétonner tout le canton.

Écrit par : Philippe Souaille | 07/02/2011

Bonjour Philippe,

Pour le voir au quotidien je peux te garantir que l'histoire des retombées ce ne sont que des fariboles pour naïfs. Le pretendu recrutement de locaux est inexistant s'agissant de sièges européens : ce que certains appellent contrat locaux sont effectivement des contrats conclus localement... avec des expatriés ou des Valaisons. Tous plus respectables les uns que les autres mais dont la venue aggrave les problèmes et ne résout rien au chômage. Les fournisseurs sont soit globaux soit implantés dans les pays couverts.. mais pratiquement jamais locaux.

Oui il y a des retombées réelles localement :
- inflation immobilières qui exclut les Genevois
- dégradation vertigineuse du cadre de vie et des conditions de circulation
- augmentation vertigineuse des besoins en infrastructures publiques
- insuffisance accrue de capacité d'accueil pour la petite enfance
... et cerise sur le gateau augmentation des impôts pour les particuliers pour financer ces infrastructures !

Oui, tu as raison, certains en profitent grandement... au détriment des Genevois dans leur grande majorité.

David Hiler lui même qualifie cette politique fiscale d'injuste : "Traiter de la même façon tous les types de sociétés relèverait aussi d’une certaine justice." (David Hiler dans une interview à la TdG) On se demande pourquoi attendre les pressions de l'UE pour mettre en place une fiscalité plus juste envers les entreprises genevoises et qui a de telles conséquences sur la détérioration rapide de la qualité de vie de l'agglomération genevoise.

Amicalement,

Antoine

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 07/02/2011

Antoine, je ne parle pas que des retombées directes et tu ne peux pas faire de généralités à partir des cas d'espèces que tu constates dans ton entreprise.
Les salaires perçus par tous ces gens sont imposés ici. La nourriture qu'ils achètent à la Migros ou chez Leclerc fait marcher le commerce de l'agglo. Les loyers qu'ils surpaient vont dans la poche de propriétaires locaux, bref, ils font marcher l'économie, qui en a bien besoin.
75% des emplois sont expatriés lorsqu'une entreprise s'implante, et cinq ans après, c'est 75% de locaux. A partir de quand peut-on,doit-on être considéré comme genevois selon toi ? Certes il y a des aspects négatifs, mais c'est inhérent au développement et à la croissance. J'estime personnellement que les avantages dépassent les inconvénients.
Passer plus rapidement à l'harmonisation fiscale, pourquoi pas ? Contrairement à tes évaluations farfelues, elle a justement été conçue pour ne pas faire fuir les multinationales, tout en offrant un système euro-compatible. Reste que je ne crois pas que le Canton puisse avancer tout seul, sans Berne...
Il se dit tellement de bêtises et de raccourcis dans tous ces débats, que je suis sincèrement désolé de te voir t'y coller aussi. Même si je comprend bien que la politique a besoin de ce genre de simplifications abusives pour se faire entendre.
Du genre Sommaruga à la radio, à qui on demande pourquoi les Genevois ne pourraient pas devenir propriétaires, comme en France, qui répond: "Avec 75 000 de revenu annuel pour la majorité d'entre eux, ils n'ont pas les moyens d'économiser pour l'apport personnel". Sauf qu'en France, pas besoin d'apport personnel. Pour acheter, il suffit d'amener les 5% de frais de notaire, et encore avec les prêts en devise, il y a moyen d'emprunter même ça.
Pourquoi c'est possible en France et pas en Suisse ? Parce que la loi... Hors Sommaruga est Conseiller National, l'un de ceux qui font les lois. Où les changent. Lüscher et Hiltpold veulent changer cette loi-là. Pas Sommaruga, parce que si les Genevois deviennent propriétaires, il perd son électorat, bétonné par l'Asloca.
Par ailleurs 75 000 CHF annuels, en France voisine, à 6 km de la cathédrale, c'est bien assez pour acheter un chouette apparte et même une petite maison en faisant 5 km de plus... Payable en 20 ans, donc fini les traites au moment de la retraite. Ou revendable aisément pour une retraite au soleil... Cela, c'est la réalité de la libre circulation, mais tu ne le résoudra pas en doublant la construction de logements à Genève.
D'autant qu'entre l'Asloca et la gauche qui se battent pour des logements sociaux assistés mais inaccessibles à la classe moyenne (qui gagne trop pour y avoir droit)... Et la droite qui construit des appartements en PPE inaccessibles à cette même classe moyenne (qui ne gagne pas assez pour les payer), là-dite classe moyenne n'a plus qu'une issue économiquement rationnelle: la France. C'est entre autres pour cela qu'elle a voté pour la libre circulation. Ne le lui enlève pas.
L'impact des expats n'est certes pas négligeable, mais tu sais les villas à CHF 5000.- par mois qu'ils louent, même si les expats n'étaient pas là, il y aurait toujours des cadres de banques, des fonctionnaires internationaux et des médecins genevois pour les occuper. Le prix des loyers ne baisserait pas, même si l'on arrêtait d'accueillir de nouveaux arrivants.
Pour que ça baisse, il faudrait un effondrement de la demande. Une crise économique majeure et brutale. L'apoplexie des transports dont tu menaces l'agglo n'aurait cet effet qu'à long terme, en péjorant la qualité de vie de tous en attendant.
Occupons nous plutôt d'aménager une situation harmonieuse pour les résidents de l'agglo payés en euros. Qui sont effectivement les dindons de la farce. Mais pas de la manière aussi brutale et injuste que tu le dis. Ne serait-ce que parce que beaucoup d'entre eux viennent d'autres régions de France, voire de plus loin. Si leur situations était désespérée, ils repartiraient. S'ils restent, c'est qu'ils y trouvent un intérêt.
Et si l'on est un tantinet lucide, force est de reconnaître que cet intérêt est pour une bonne part aussi responsable de la croissance démographique de la région, au sens large. La caissière à qui j'ai parlé samedi à Annemasse venait de Lyon... Elle avait encore ses plaques 69 mais se disait qu'elle allait les changer...

Écrit par : Philippe Souaille | 07/02/2011

@salegueule:
quand on est à ce point crétin, on ferme sa gueule,
vos élucubrations font du tort à vos chefaillons.

@Antoine : ce malodorant personnage ne doit plus apparaitre sur ce blog.
La démocratie ne consiste pas à donner un droit de parole à des braillards jaloux, incompétents et avinés.

@Philipe Souaille : la TVA de 19,6% est calculée,
non pas sur le montant TTC mais sur le montant HTVA.
Elle ne représente pas 19,6%,
mais le 19,9% de 119.60, soit appx 17% du prix de vente.

Écrit par : ifosifos | 07/02/2011

vous etes contre les multinarionales genevoises et vous travaillez dans une. n est ce pas hypocrites?

Écrit par : marcelo | 08/02/2011

@Marcelo :
Merci de me préciser où et quand j'ai une seule fois exprimé des propos contre les multinationales ? Je dénonce en revanche l'incohérence entre les capacités de logements à Genève et la politique exubérante d'accueil des multinationales.

C'est bien parce que je travaille dans une multinationale que je suis capable de constater que :
1) il n'y a pas pratiquement pas d'emplois locaux ni en interne ni parmi les fournisseurs... même 5 ans plus tard contrairement aux affirmations mensongères du conseiller d'état en charge de la question et du responsable de la promotion économique. Il ne s'agit pas de mauvaise volonté de la part des employeurs contrairement à ce que prétendent certains socialistes genevois mais simplement d'un état de fait lié à l'activité de siège européen qui nécessite d'avoir toutes les nationalités présentes et des compétences internationales. La localisation d'expatriés ne fait pas des emplois locaux.
2) que les allocations logements accordées contribuent à une inflation généralisée des loyers dans toute la région,
3) que l'afflux massif de population contribue à l'aggravation des problèmes de circulation et d'urbanisation de Genève.

C'est aussi parce que je suis élu dans le Genevois français que je constate que toutes ces nuisances sociales et urbaines sont sous traitées au Genevois français avec une parfaite irresponsabilité des autorités cantonales.

Ce n'est pas être contre les multinationales que de faire le constat assez simple que lorsqu'il n'y a déjà pas assez de logements pour les Genevois et les expatriés déjà présents.. il est absurde de faire venir encore plus de monde.

Le constat que je fais est d'ailleurs partagés par plusieurs responsables de multinationales qui constatent la difficulté des expatriés à trouver logements, écoles et crèches et la détérioration rapide et constante de la qualité de vie. Ces dirigeants estiment que Genève va trop loin et accueille plus qu'elle ne le peut. Ces constats s'exprimeraient sans doute plus librement au sein du Groupement des Entreprises multinationales (GEM) s'il n'y avait pas de telles relations de proximité entre le GEM et le Conseiller d'Etat en charge du développement économique.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 08/02/2011

Bonjour,
Je dois reconnaitre que sur votre blog la liberté d'expression est garantie, même au(x) plus malhonnête(s). Cependant, vous devrez reconnaître que les arguments de votre commentateur ifosifos sont quelques peu "courts".
Mais c'est souvent le cas de ceux qui ne peuvent avancer d'arguments que l'on peut discuter.
BAV

Écrit par : salegueule | 08/02/2011

@ Antoine Vielliard

Vous êtes bien entendu libre de vous exprimer à titre personnel et
individuel. Par là, vous exercez un droit garanti par la CEDH, ce
n'est donc pas moi qui vais vous blâmer. Votre juste revendication à
la liberté d'expression a l'avantage de mettre en exergue que le fait
que vos contributions sur ce site relève d'un droit de l'homme, qui
est le vôtre à titre individuel et non à titre de porte parole
communal.

Cela dit, votre expression a une visée politique : celle d'être élu.
Pour ce faire vous cherchez à mobiliser les victimes françaises et
européennes de la situation actuelle dans le genevois français et,
par là vous vous érigez en alter ego du MCG genevois; ce qui au vu de
vos capacités, qui ne sont pas, heureusement pour vous, comparables à
celles de certains membres du MCG, est bien triste.



@ Antoine Vielliard

S'agissant de la TVA en cas d'exportation, je relève que Souaille et
moi-même n'avons pas fait mention de la taxation à l'importation mais
bien de détaxation à l'exportation. Tout Genevois sait qu'il peut
obtenir restitution à l'exportation de France des 19.6 % de la TVA
sur ses achats importants, déduction qui s'applique aussi aux
importateurs professionnels.

Ainsi le pays qui augmente ce mode de prélèvement obligatoire, au détriment d'autre prélèvements obligatoires, favorise ses exportations. Pour ce faire il renonce à d'importante recette fiscale, lesquelles doivent, selon vous être
prises en compte.

C'est d'ailleurs une mesure fiscale protectionniste que l'Allemagne a prise en augmentation la TVA de 3 point plutôt qu'en augmentant d'autres prélèvements obligatoires et c'est exactement ce que veulent ouvertement ceux qui en France veulent transfèrer les charges sociales salariales sur une TVA augmentée.

En Suisse la TVA a rapporté 20 Millards de Francs en 2008 -dont 12 Milliards sur les importations- et l'impôt sur les sociétés a rapporté 19 Millards la même année.

Ainsi en doublant la TVA il serait possible de supprimer l'impôt sur les sociétés.

Et en triplant la TVA (de l'ordre alors de 23 %, soit une TVA à l'Allemande) il serait possible de supprimer l'impôt sur les sociétés et de diminuer notablement l'imposition des classes moyennes (de la moitié) et de supprimer tout impôt pour les classes défavorisées.

Je propose donc à mes compatriotes :

- Alignement de la TVA sur celle de l'Allemagne (environ 23 %, taux exact à déterminer en fonction de projections fines), avec l'avantage de nous protéger contre les importations desdits pays et de subventionner nos exportations en respectant les règles internationales les exportations. Cela permettra aussi de lutter plus efficacement contre les fraudes tant il est vrai qu'un nombre plus réduit de contribuable est plus facile à contrôler et que les contrôles des administrations en charge de la perception de la TVA sont plus efficaces que ceux des fiscs cantonaux. Il conviendra de ne pas augmenter la TVA sur les biens de première nécessité.

- Diminuer fortement l'impôt sur les sociétés (1 à 4 %?, à déterminer en fonction de projections fines) afin d'imposer toute les sociétés au même taux, l'impôt anticipé sur la distribution des bénéfices étant maintenu pour que le bénéfice économique soit imposé en les mains du bénéficiaire économique. Cela évitera la double imposition économique interne qui existe encore largement en Suisse à ce jour.

- Suppression de l'impôt pour les personnes loin d'être contributrice net (les défavorisés) et diminution de l'impôt de moitié pour les classes moyennes. permettant ainsi aux fisc cantonaux de se concentrer sur les revenus les plus importants.

Est ce que cela satisferait l'Europe ?

Écrit par : CEDH | 09/02/2011

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