31/01/2011

Les importations d'emplois dans les multinationales freinent la création d'emplois locaux

Ce matin l’OCSTAT publie une étude intéressante sur le poids des multinationales dans l’économie genevoise. Une étude vraisemblablement commandée par les promoteurs de la politique économique exogène en mal d’arguments alors que les seuls « succès » de cette politique économique depuis 20 ans ont été
d’augmenter le nombre de chômeurs genevois,
• d’aggraver les nuisances de la circulation et la destruction de la qualité de vie et
• de créer de graves tensions sociales entre chômeurs genevois et frontaliers, entre genevois et frontaliers et entre expatriés genevois et salaries en euros.

Je ne mentionne pas le fait que cette politique s’avérera ruineuse lorsque le canton se décidera à faire les investissements publiques rendus nécessaire par l’arrivée trop rapide de 300 000 habitants supplémentaires dans la région.

L’OCSTAT aurait pu choisir un titre factuel et neutre.. mais a préféré un titre en faveur de la politique des autorités cantonales qui les financent plutôt que des Genevois.

Lorsqu’on regarde le contenu de cette étude, on s’aperçoit que :
1) Les entreprises genevoises locales ont eu du mal à se développer : elles n’ont créé que 16% d’emplois de 1975 à 2008. Un chiffre qui montre que les entreprises locales du Genevois français arrivent encore à créer plus d’emplois que les entreprises locales genevoises. En effet, en proportion il s’est cree deux fois plus d’emplois locaux dans le Genevois francais en trois fois moins de temps - +30% de 1999 à 2007-.
2) C’est durant la période de 1991 à 2001 que les multinationales se sont le plus développées… et que l’emploi total s’est le moins développé ! Il y a des causes et des effets interdépendants, mais cela devrait conduire à s’interroger sur la capacité réelle de la politique exogène de créer des emplois pour les Genevois.

Il y a une raison bien simple pour laquelle les entreprises multinationales créent peu d’emplois locaux pour les Genevois. Il s’agit de sièges européens. Dans ces sièges europeens, une écrasante majorité des collaborateurs sont nécessairement issus des pays européens avec lesquels ils doivent travailler. Il y a environ 10% à 15% des emplois qui peuvent être locaux mais ils nécessitent des qualifications très importantes et au minimum l’usage courant de plusieurs langues étrangères. Ces emplois sont souvent occupés par des personnes qualifiées de toute la Suisse et de l’Union Européenne. Ce sont très rarement des employés locaux.

Même les fournisseurs sont souvent des entreprises basées dans les différents pays européens qui ont parfois un bureau de représentation à Genève occupé par un ou deux expatriés. La plupart du temps ce sont des contrats globaux avec des entreprises globales.

Dans l’entreprise dans laquelle je travaille, implantée depuis plus de 10 ans à Genève, lorsque je dis que je suis né à Genève on me répond habituellement « c’est la première fois que je rencontre un Genevois ».. une affirmation paradoxale qui ferait bondir certains élus du MCG.

Les chiffres des promoteurs de la politique économique ne sont que des « balivernes insupportables » pour reprendre les propos de Pierre-Francois Unger à mon encontre – des propos qui témoignent d’une fébrilité. D’une part les emplois ne se localisent pas.. ce sont les expatriés qui finissent parfois par s’installer et d’autre part toutes les statistiques macroéconomiques montre qu’un emploi importé ne créé pas trois emplois locaux.

Un peu de connaissance du terrain montre au contraire que cette politique économique a des effets pervers sur l’emploi dans les entreprises genevoises :
• surenchère salariale,
• surenchère sur les couts du foncier d’entreprise,
• inflation des couts des loyers qui se traduit par une inflation du cout de la main d’œuvre néfaste à l’emploi local,
• inflation inéluctable des impôts pour les entreprises genevoises pour payer les infrastructures rendues nécessaires par l’arrivée massive de multinationales qui ne paient pratiquement pas d’impots,
• réduction importante et massive des conditions de circulation, dégradation de la qualité de vie des collaborateurs des entreprises genevoises.

Mais le principal argument contre la politique économique exogène est celui de l’emploi. Une politique économique a pour but de réduire le nombre de chômeur. La politique exogène genevoise a montré sa totale incapacité à réduire le nombre de chômeurs. La courbe des emplois importés à Genève est strictement proportionnelle à la courbe du nombre de chômeurs. Depuis 20 ans, plus Genève importe d’emplois plus elle a de chômeurs. Un élu qui voudrait réellement mettre « l’humain au centre » devrait stopper immédiatement une telle politique aussi contre productive.

Notre agglomération genevoise peut croitre et créer des emplois pour tous. Il faut pour cela investir dans la formation, la créativité, la recherche, l’innovation et leurs financements. Il faut pour cela une politique économique endogène qui favorise l’activité des entreprises locales plutôt que d’importer des emplois créés ailleurs avec leurs employés.

 

PS : J'ai appris ces derniers jours que les agences de relocation pour expatriés constatent qu'environ 5% des expatriés refusent de venir à Genève lorsqu'ils constatent les conditions de logements et de circulation. Les agences de relocation ne choisissent plus un logement pour les expatriés mais pour la première fois depuis bien longtemps ce sont les régies qui exigent des profils spécifiques d'expatries ! 5% de refus c'est encore peu.. mais nous approchons du point d'inflexion à partir duquel même les expatriés ne pourront plus se loger à Genève. Un contexte qui pourrait soudainement faire partir les nombreuses multinationales implantées et qui révélera la vanité de la politique économique conduite depuis 20 ans.

Commentaires

Vous soulevez un problème important. Les personnes qui travaillent dans les organisations internationales paient des impôts, mais ne savent pas de combien, car cela n'est pas inscrit sur leur feuille de salaire. Il y a des accords de cota, à savoir, les pays qui financent le plus ces organisations, peuvent engager d'avantage de personnel de leurs pays. Soit ce sont des postes politiques et ces derniers bénéficient de faveurs indécentes sur le plan financier. Alors que leurs pays crèvent de faim et de structures de développement. Soit, dans le tertiaire, ils sont bénéficiaires de petits contrats: 1 mois, 2 mois, et après quelques années, ces derniers bénéficient d'un contrat permanent, ce qui se fait de plus en plus rare. Genève internationale oui, ceci étant, ces gens ne se mélangent pas avec notre société, ils restent dans leur guetto de provenance. Aucune intégration, après des années, je connais des gens qui n'allongent pas une phrase en français? La majorité de ces employés retournent dans leurs pays d'origine pour vivre leur retraite, avec frais payés pour leur retour au pays. Surtout pour les postes politiques. Certes, cela augmente le prix de l'immobilier. Les français du côté de l'Ain, sont souvent engagés pour des postes de sécurité, acheminement du courrier, semblerait-il qu'il y a un groupe de rugbyman qui ont tous les tuyaux pour rentrer au sein des ces organisations . Ces gens gagnent beaucoup d'argent par rapport aux salaires français. Depuis quelques années cela a été dénoncé. Dans le département de l'Ain, ils ne sont évidemment pas appréciés car ils ont la maladresse et un état d'esprit de montrer qu'ils ont beaucoup d'argent...Bien triste! Que faire? Ce sont des grosse machines administratives qui gèrent très mal leur argent, trop de personnel pour ne rien faire, aucun contrôle...On ne peut rien dire dans la mesure où des séances régulières de politique de haut niveau ont lieu pour décider des thèmes d'actualités de notre planète. Bien à vous.

Écrit par : rose des sables | 31/01/2011

Bonjour,

La note parle des multinationales et pas des organisations internationales. Le probleme est sans doute assez similaire.. mais a ma connaissance il est relativement stable dans les organisations internationales alors que Geneve a attire un nombre d'employes de multinationales largement superieur a ce qu'elle peut accueillir en terme de logements, ecoles, hopital, creche, transports en commun.

Je viens d'apprendre aujourd'hui que certaines ecoles privees proposent a des entreprises de payer 800 000 CHF pour etre membre d'un club qui permet a ses employes d'etre prioritaires sur les tres longues listes d'attente. Les employes devant ensuite payer les frais de scolarite.

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 31/01/2011

Monsieur Vielliard,

ça me fait plaisir que vous admettiez pour une fois que le genevois français n'est pas qu'une cité dortoir de Genève puisque que la création d'emploi dans le genevois est de +30% en 8 ans. La preuve que l'urbanisation de votre côté de la frontière n'est pas dû uniquement à l'exode des Suisses, mais aussi parce que de votre côté la région se développe.

Puisque vous être lecteur assidu de statistiques, serait-il possible de savoir quelle a été l'augmentation de la population du Genevois français entre 99 et 2007 ? Histoire de comparer.

Sinon, sur le fond, il est vrai qu'une multinationnale va faire venir de nouveaux résidents et cela crée un problème de logement. Mais de dire que ces entreprises ne sont pas bénéfiques (ou peu) pour Genève est faux. En effet, ces expat's consomment à Genève et donc font vivre des employés locaux, dans la restauration, le commerce, les femmes de ménage, ... Quel serait le taux de chômage à Genève sans elles ? Bonne question mais il est impossible de le dire.

Écrit par : Philippe C | 31/01/2011

Voilà une excellente confirmation de ce que je pense maintenant depuis fort longtemps ! En effet, la multinationalisation de Genève n'est rien d'autre qu'une délocalisation d'emplois de la part de ces société qui ne sont attirées que par des avantages fiscaux. Il n'est pas difficile de constater à quel point l'anglais est devenu la langue de références, ou plutôt la norme dans l'économie privée. L'accélération de cette multinationalisation ne permet malheureusement plus aux genevois sans emploi de s'adapter à la langue de Shakespeare, avec les conséquences sociales qui découleront. malheureusement, nos politiciens n'ont qu'une vision restreinte du problème, car pour eux, les multinationales à Genève : "c'est bon pour l'économie !". Peut être... Mais pour laquelle ?
Bien à vous. Crazyfinance

Écrit par : Crazyfinance | 31/01/2011

Vous avez raison, j'ai oublié que ces expat's consomment à Genève, donc font vivre les employés locaux c'est un fait. Je vous parlais surtout des OI et non pas des multinationales qui s'implantent à Genève. A les entendre, ce sont pour des raisons de sécurité, puisque la Suisse demeure un pays stable. Par contre, je suis indignée vis à vis de nos élus, qui ne tiennent pas compte de ce problème. Que de laxisme et de temps perdu pour prendre des décisions adéquates et à long terme. Actuellement, cela est tout et n'importe quoi, d'autant qu'ils préparent les prochaines élections. Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de visionner les séances du Grand Conseil, c'est à pleurer...ils ne passent pas la frontière!

Écrit par : rose des sables | 31/01/2011

lorsque les 300000 personnes seront installees en FRANCE, principalement, les impots locaux et taxes perçus par les communes seront énormes et leur permettront d'investir suffisamment pour leur developpement.
De surcroit, elles combleront le trou béant du genevois français, à proximité de la frontiere.

En outre, mr VIEILLARD, je connais moultes departements qui envient notre situation et notre très grand dynamisme et richesse.

ON EST VRAIMENT ASSIS SUR UNE POULE AUX OEUFS D'OR!!!!

Écrit par : vuetaz | 31/01/2011

@ M. Vuetaz :

Assez d'accord avec vous, mais tout de même :

" ON EST VRAIMENT ASSIS SUR UNE POULE AUX OEUFS D'OR!!!! "

Assis sur une poule aux oeufs d'or ?

La pauvre poule elle va étouffer, suffoquer !

Moi je dirais plutôt :

"Pauvre poule aux oeufs d'or, écrasée, étouffée par le coq gaulois, piètre amant mais vrai gigolo, hypertrophié et gavé, toujours aussi insatiable et avide de mannes fiscales ..."

Quant à M. Antoine Vielliard, il évoque souvent de véritables problèmes mais les amalgame avec d'autres qui n'en sont pas, ceci sans donner de véritables réponses ni solutions ...

M. Vielliard c'est un peu le caillou dans la godasse genevoise, celui qui nous empêche de marcher droit en sifflant la "Marche du Colonel Bogey", musique du film "Le Pont sur la Rivière Kwaï".
Autant dire un empêcheur de tourner en rond, pour ne pas dire un emmerdeur ...

http://www.youtube.com/watch?v=CB8F8g1-4Uw

Cela dit on l'aime bien quand même notre "Jacobin du coin", il fait partie du paysage genevois, un peu comme le Salève ... ;o)

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 31/01/2011

Bonjour, Antoine, tu le sais, c'est ton métier, on peut faire dire beaucoup de choses aux statistiques. Et même à peu près n'importe quoi lorsqu'on sort quelques chiffres de leurs contextes.
En l'occurrence, plusieurs points de ton analyse sont faussés. Etant ton ami, et connaissant ton obsession à l'encontre du mitage du territoire, je pense que tu crois à ce que tu dis et que donc, simplement, tu te trompes. Si ce n'était pas le cas, j'envisagerais la mauvaise foi.
Par exemple lorsque tu affirmes que les espaces peu urbanisés entre le centre et sa périphérie rendent impossible la rentabilisation des transports en commun. Les kilowatts nécessaires, et les quelques minutes de temps perdu péjorent la rentabilité mais pas au point de la rendre impossible. D'ailleurs le tram 12 jusqu'à Moillesullaz, que tu dis toi-même traverser un secteur insuffisamment urbanisé, a survécu, seul, malgré ce handicap.
Tu te contredis fondamentalement lorsque tu prétends que les transports publics coûteront trop chers parce que non rentables et qu'ils seront insuffisants, donc à priori bondés. Tu oublies d'ailleurs que des transports publics en site propre, on peut en augmenter la fréquence, donc le débit quasi à volonté.
Tu ajoutes qu'ils vont aggraver le problème en facilitant l'implantation de nouveaux habitants sur leur parcours. C'est bien le but ! Mais concentrer de nouveaux habitants et donc de nouveaux habitats sur leur parcours, ce n'est pas augmenter le problème, c'est le solutionner.
En les concentrant le long des transports publics, on réduit l'utilisation de la voiture et le mitage du territoire. Et qu'est-ce qui empêche d'y construire des immeubles à loyer modéré pour les français ne bénéficiant pas de revenus suisses? Il n'y a pas d'office HLM en Haute-Savoie ? Tu trouves scandaleuse et provocatrice la proposition de Sandrine Salerno qui n'est de loin pas ma copine (encore moins son copain !) mais de fait si les offices HLM français ne sont pas en mesure de le faire, pourquoi Genève ne pourrait-il pas aider ? En pensant à prévoir des loyers adaptés aux locaux, évidemment !

Écrit par : Philippe Souaille | 01/02/2011

Les trams 12 16 et 17 en site propre..... Je rigole.
Combien de fois le tram est il bloqué à cause d'un accident dans le goulet de Chene Bourg ou Bougeries au choix.

Vu l'encombrement des trams aux heures de pointes ca commence souvent à s'échauffer la dedans, l'autre jour une poissonnière Genevoise voulait attirer l'attention d'une rombière à coup de baffe.

Quant à la mere Salerno elle est pour la mobilité douce, mais quand on habite en face de l'arret du tram et du parking Mobility, c'est facile de donner des lecons d'écologie aux autres. J'aimais bien la voir suer sang et eaux poussant sa poussette jusu'à la garderie de sa fille.

Écrit par : Bus | 01/02/2011

@M. Vuetaz :

Les fonds frontaliers ont été une source de financement importante pour les communes et c'est l'une des raisons pour lesquelles l'urbanisation n'a pas toujours été maîtrisée ces dernières années. Ces fonds frontaliers représentent jusqu'à la moitié du budget municipal dans certaines communes. Mais cet aménagement absurde génère des coûts pour l'avenir qui seront bien supérieurs à ces recettes. Les transports en commun que vous souhaitez en particulier.


@Jean d'Hôtaux : Le caillou dans la chaussure est vraiment très constructif. J'espère au contraire être celui qui vous aide à chausser vos lunettes face au mur vers lequel certains décideurs amènent notre région. Un mur que beaucoup d'habitants du Genevois franco suisse commence à apercevoir à l'oeil nu : le mur des ségrégations sociales et générationelles, le mur d'une paralysie généralisée des transports, le mur d'une économie qui disparait soudainement le jour où les multinationales se lasseront des problèmes de logement et de mobilité qui ne font qu'empirer, le mur d'un cadre de vie perdu. Même s'il reste un chemin énorme à parcourir, beaucoup commencent à prendre conscience que nous préserverons ensemble notre qualité de vie... Ou nous la détruirons séparément.

@Philippe : Il y a un terme pour décrire une telle politique qui consiste à financer ailleurs une urbanisation que l'on refuse chez soi. Cela s'appelle de l'irrédentisme. C'est une attitude méprisante et insultante vis à vis du Genevois français. Genève peut bien avoir la politique fiscale qu'elle veut... si elle en assume les nuisances. En revanche, il est pour nous insupportable de constater que quelques décideurs Genevois ont cette attitude de mépris vis à vis du Genevois français. Non ce n'est pas l'ambition du Genevois français que d'assumer les nuisances urbaines des choix fiscaux genevois au détriment des habitants de nos communes. Je défends au contraire l'idée que nous bâtirons ensemble notre avenir commun de manière respectueuse les uns des autres.

Pour ce qui est de la contradiction supposée, sache que des transports en commun bondés ne sont pas rentables pour autant. En l'occurence les couts restent très important pour un bénéfice public faible. D'autant plus que seuls les bus aux heures de pointes sont bondés.. mais que les kilomètres à vide sont toujours réalisés pendant toute la journée. Je te renvoie sur une note récente qui prévoit une augmentation systématique et exponentielle des tarifs de bus sur les prochaines années. (les nouveaux usagers des TPG ont en moyenne un parcours deux fois plus long et deux fois plus coûteux que les anciens).
http://portevoix.blog.tdg.ch/archive/2010/12/06/tarifs-tpg-les-raisons-des-futures-hausses-continues-durable.html

La récente question du financement des transports en commun au niveau fédéral participe de la même question. L'aménagement au niveau fédéral est aussi un aménagement dispersé d'habita individuel... qui rend exponentiel les coûts de transports en commun.

Antoine

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 02/02/2011

Antoine, tu modifies le sens des mots comme celui des chiffres... Je ne m'y attendais pas. L'irrédentisme, c'est la volonté d'annexer un territoire qu'on estime sien. Cela n'a rien à voir avec l'urbanisation et ce n'est pas le cas ici. Historiquement, Genève a plutôt toujours tenu son voisinage à distance, ce qui à mon avis était un tort.
Toujours est-il que personne n'impose quoi que ce soit à personne. Et surtout pas avec mépris. Plus maintenant, cette époque est terminée et les responsables politiques que je côtoie, des deux côtés de la frontière, sont au contraire très respectueux de leurs partenaires.
Le fait est qu'il existe des accords de libre-circulation, qui ont dopé le développement de la région franco-valdo-genevoise. Pour le pire et le meilleur. Cela procure plus de travail pour des Français en Suisse, et permet aux Suisse de loger en France. Tu peux souhaiter jeter ces accords internationaux à la poubelle, comme aimerait le faire l'extrême droite en Suisse, mais en attendant, ils existent.
Le Genevois français en profite, les emplois créés sur place sont en grande partie dus à l'afflux de nouveaux habitants. Tu peux vouloir ruiner les commerces et les artisans, ainsi que pas mal d'employés de services divers qui en vivent, et peut-être même que tu trouveras des électeurs pour te suivre, mais pas longtemps lorsqu'ils s'apercevront de la récession dans laquelle tu les plongerais !
Tes évaluations et calculs à l'emporte-pièce comportent des erreurs de chiffres et de méthodologie. Je t'en ai par le passé signalées quelques unes. Par exemple lorsque tu dis que les kilomètres à vide coûtent même en dehors des heures de pointe... Bien sûr, sauf qu'à ces heures là on réduit la fréquence en fonction de la demande... Et si les voies ferrées traversent des zones inhabitées, ce n'est pas bien grave, cela fera comme entre deux arrêts de RER: les rames auront le temps d'accélérer, voilà tout.
Tu raisonnes faux parce que tu négliges - quand ça t'arranges - le fait que l'existence de voie de transports modifie profondément l'habitat, en attirant du monde. Evidemment, l'habitat dispersé que tu dénonces à juste titre comme énergivore vous coûte très cher en transports publics. Raison de plus pour le concentrer et le structurer là où on le souhaite par des transports efficaces.
Et pour prévoir des P+R ailleurs.
Mais quand c'est l'inverse qui t'arranges, là tu te souviens que ces voies de transport attireront de nouveaux habitants. Des Suisse et des Français. Prétendre comme tu le fais que les choix fiscaux de Genève sont à l'origine du boom démographique dans la région est une erreur grossière. Ces choix existent de longue date, hors durant les dernières années du XXème siècle, le nombre de frontaliers a reculé après après année. C'est la libre circulation qui a permis cette expansion brutale ainsi que l'attrait de Genève et de la région en général: l'existence d'un bassin de main d'oeuvre, de lieux de vie potentiels et surtout d'une notoriété mondiale.
Crois-tu que tous les Anglais qui viennent bosser ici pour être plus prêt de Chamonix ou de Verbier ne sont là que pour des raisons fiscales ? Genève est deux fois plus connue des décideurs mondiaux que Zürich, vingt fois plus que Lausanne ou Lugano, qui pourtant par certains côtés, sont bien plus favorables fiscalement.
Cette dynamique, tu ne pourras pas l'inverser en modifiant quelques lois fiscales comme tu cherches à l'imposer au Canton - Même si l'on peut et on doit en discuter, mais en aucun cas en termes de chantage sur la construction des transports publics pour TOUTE la région !
En revanche il est clair que si ces constructions ne se font pas, si tu parviens à faire échouer le renouvellement des accords d'agglo en 2012, et le subventionnement de plusieurs centaines de millions par Berne qui les accompagne, cela aura des conséquences sur l'attractivité de Genéve. Et des dizaines de milliers de gens pourront te maudire d'avoir aggravé leurs bouchons quotidiens dans un premier temps, de leur avoir fait perdre boulot puis maison dans un deuxième temps. Est-ce vraiment ce que tu cherches ?

Écrit par : Philippe Souaille | 02/02/2011

@Philippe :

C'est de l'irredentisme de la part de Sandrine Salerno que de vouloir financer en France les constructions de logements auxquelles elle s'oppose en ville de Geneve. C'est de l'irrendetisme de la part des elus de Thonex, de Troinex et de Veyrier... que de vouloir repousser dans le Genevois francais les nuisances urbaines des choix fiscaux qu'ils font. C'est encore de l'irredentisme de la part des verts genevois que de proteger des espaces agricoles a Geneve au detriment de trois fois plus de surfaces agricoles dans le Genevois francais... (les hectares agricoles aussi devraient etre nes libres et egaux en droit quelque soit le cote de la frontiere ou ils se situent).

Contrairement a ce que tu affirmes je ne souhaite pas l'echec du projet d'agglomeration bien au contraire : son application. Il faut bien commencer par appliquer le premier avant de passer au second. Cela signifie que Geneve doit tenir ses engagements sur les logements.

Geneve a 18 mois pour convaincre.. non plus par des mots, par des slogans.. ou par les bonnes intentions que j'entends tout comme toi.. mais desormais par des faits, des lois nouvelles, des mises en chantiers et des livraisons. Geneve doit convaincre qu'elle est desormais serieuse sur cette question du logement en ayant des conseillers d'etat liberaux qui vont mouiller la chemise dans les zones de villa pour convaincre et des conseillers d'etat verts qui vont mouiller la chemise sur les Cherpines.

Le probleme c'est que derriere la signature de Geneve sur le premier projet d'agglo... il n'y a aucune realisation depuis 2007. Derriere les bonnes intentions affichees et les slogans electoraux simplistes, derriere le programme de legislature.. il n'y a toujours rien de concret.. bien au contraire : non seulement Geneve a continue a ne pas construire.. mais en plus elle a augmente le flux demographique de +50%. La realite tant a montrer qu'une fois encore les amabilites ne sont pas suivies de realisations. Le vote de Troinex en est un nouvel exemple.

Certains profitent de cette politique economique mais la grande majorite des habitants en subissent les nuisances : pouvoir d'achat en baisse, chomage longue duree, mobilite, espaces naturels et agricoles, urbanisation mal maitrisee.

Tu as parfaitement raison d'affirmer que le refus de la signature du second projet d'agglomeration serait une catastrophe pour toute la region. Il est donc urgent, necessaire et decisif que la prise de conscience que tu pretends observer a Geneve ait reellement lieu.. .et se traduise immediatement par des avancees, mesurables et reelles qui permettront de retrouver la confiance qui a ete detruite par ces trois dernieres annees.

En revanche, defendre l'idee que la violation par Geneve du premier projet d'agglomeration serait sans consequences revient a refuser la demarche d'un projet regional. Le veritable respect mutuel n'est pas un respect dans des cocktails.. mais la comprehension et le respect des besoins mutuels. Le Genevois francais a clairement dit depuis tres longtemps que cette question du logement est la preoccupation numero 1... cette preoccupation n'est toujours pas integree par Geneve. Voila l'irredentisme que je denonce. Un irredentisme qui n'est pas generalise.. mais qui devra etre corrige.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 02/02/2011

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