18/01/2011

L’onde de choc des incohérences genevoises passe la frontière

(texte paru dans l'édition de samedi 15 janvier 2011 de la Tribune de Genève)

 

Mark Muller au département des constructions et Pierre-Francois Unger à celui de l’économie mènent des politiques contradictoires : l’un conduit une politique du logement restrictive avec seulement 1230 logements en 2009 pendant que l’autre fait venir toujours plus de traders et d’expatriés (près de 15’000 habitants supplémentaires l’an dernier dans notre région).

 

Chers lecteurs, vous êtes les premières victimes de ces incohérences au sommet de l’Etat genevois.

 

Coté Genevois, les traders et expatriés qui arrivent, prennent d’assaut les rares logements disponibles et chassent vos enfants du canton pour en faire des automobilistes supplémentaires sur des routes encombrées. Vos policiers, vos infirmières, vos médecins et vos professeurs ne peuvent plus se loger. Genève a pourtant besoin d’eux pour régler ses problèmes de sécurité, de crèches, d’école et d’EMS.

 

Dans le Genevois français, les salariés en euros voient leur pouvoir d’achat amputé chaque année par l’installation massive de jeunes genevois. Services publics et entreprises sont menacés par les départs successifs de leurs collaborateurs qui ne peuvent plus se loger.

 

Ces incohérences deviennent intolérables pour tous les Genevois. Il revient aux cinq autres Conseillers d’Etat de prendre leurs responsabilités en rendant cohérentes les politiques économique et du logement : doubler la construction de logements et modérer l’attractivité exogène durant les décennies nécessaires pour que ces logements sortent de terre ! Simple question de bon sens mais qui devient urgente !

 

Commentaires

Et si le genevois français devenait indépendant?.......

Écrit par : aline | 19/01/2011

entièrement d'accord avec vous Monsieur Veillard, comme souvent, mais j'ajoute une chose, pourquoi n'y a-t-il aucune réaction du gouvernement français ou du conseil régional? quelqu'un a-t-il interpellé le gouvernement à l'assemblée nationale ou au sénat aux fins que celui-ci fasse un tant soit peu pression sur Berne et Genève?

Écrit par : matthieu | 19/01/2011

@Matthieu : sur cette question là, nous n'avons pas besoin de Paris ni de Lyon. Berne attend de voir la réaction des élus locaux du Genevois français : les Maires du Genevois français apposeront ils ou non leur signature sur le nouveau projet d'agglomération et rendront ils ainsi possible la poursuite de ces déséquilibres qui déstablisent notre agglomération, détruise la qualité de vie et le pouvoir d'achat de tous les habitants du Genevois franco suisse quelque soit leur nationalité et leur lieu d'habitation.

A titre personnel je défends l'idée que nous devrons signer ce projet d'agglomération SI Genève prend les mesures nécessaires et convaincante pour venir à bout de la pénurie de logement. Les oppositions des libéraux à Thônex, à Troinex et à Veyrier ou celles des Verts aux Cherpines montrent que Genève ne tient pas particulièrement à tenir les engagements que les partis ont pourtant pris devant les Genevois.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 19/01/2011

@ Antoine Vielliard: je suis d'accord avec vous, j'ai simplement l'impression qu'en France tout le monde, à l'exception des concernés, se moque de ce problème et qu'à Genève tout le monde se moque des élus locaux fraznçais... alors je pensais qu'un petit coup de poing sur la table de la part de la seule autorité un tant soit peu reconnue et respectée par nos interlocuteurs serait le bienvenu...

Écrit par : matthieu | 21/01/2011

Nous serons plus crédibles pour demander que Paris et Lyon tapent du poing sur la table.. si nous mêmes, localement, nous nous montrons résolu à le faire en conditionnant la signature du projet d'agglomération à la réalisation de logements à Genève.

En discutant de ces problèmes avec un élu ancien et influent du Genevois français, ce dernier me disait son étonnement face à l'absence de réactions de l'Etat français. L'Etat suivra les élus locaux lorsque ceux-ci montreront la voix d'un dialogue plus franc avec Genève.

Au delà des amabilités et des politesses, effectivement, il se trouve beaucoup d'élus genevois qui n'accordent pas beaucoup de crédit aux élus locaux français... quand ils les connaissent. Certains sont même d'une frappante hypocrisie lorsqu'on a écho de leurs doubles discours sur le sujet selon le côté de la frontière où ils se trouvent. Mais là encore, les élus genevois n'ont jusqu'à présent presque jamais eu besoin de leurs homologues français. Et ces derniers ont souvent cédé. Les Conseillers d'Etat n'en revenait pas en novembre dernier lorsque l'ARC a dit NON à la baisse des objectifs de logements : c'était la première fois de notre histoire régionale que les Français disaient non.

Lorsque le Genevois français sera plus ferme, il lui sera plus facile de montrer aux autorités cantonales et municipales genevoises qu'il est nécessaire à la construction de notre région. On construira notre avenir commun que lorsque les intérêts du Genevois français seront aussi pris en compte.

Pour être respecté, il faut aussi savoir se faire respecter.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 21/01/2011

Les commentaires sont fermés.