17/01/2011

Un candidat socialiste genevois reprend au FN l'idée de la préférence nationale !

La semaine dernière, un candidat aux municipales du Parti Socialiste Genevois s'est mis à défendre l'idée de la préférence nationale. Il proposait d'inciter très fortement les multinationales à embaucher des employés genevois.

On comprend facilement le raisonnement de départ : l'arrivée massive d'entreprises attirées par les exonérations fiscales du canton conduit à un aflux de 15 000 personnes par an dans notre région ce qui se traduit par une dégradation du pouvoir d'achat, une pénurie de logements, une aggravation des conditions de circulation et un exode de la classe moyenne de Genève. Pour un esprit simpliste effectivement la proposition de Sami Kanaan pourrait faire du sens.

Mais cette proposition ne convainc personne : soit elle est coercitive et elle contrevient aux accords billatéraux dont Genève bénéficie amplement par ailleurs, soit elle ne l'est pas, et ce n'est que de la poudre aux yeux pour des électeurs crédules afin de se profiler à l'aube d'une échéance électorale.

Si le Parti Socialiste veut dénoncer les accords bilatéraux comme l'UDC ou le MCG, il faudra alors accepter que l'Union Européenne puisse fermer ses frontières, décider de rétablir un contrôle des changes ou des transactions, instaurer toute sorte d'obstacles aux échanges entre la Suisse et l'Union avec laquelle elle fait 60% de son commerce.

Par ailleurs, personne ne croit que les entreprises venues à Genève en raison des conditions fiscales dérogatoires resteraient si elles étaient ainsi contraintes dans leurs recrutements. Pourtant la préférence nationale contraire aux traités et aux lois, est parfois défendue par des radicaux, des socialistes et d'autres. On la retrouve, à peine modérée, à pleine page d'offres d'emplois chaque semaine sous le doux vocabulaire de "réservé aux Suisses et aux permis C"... pour ne pas écrire "Interdit aux Permis G qui sont priés de quitter leur logement pour résorber la pénurie genevoise". Des messages discrets mais fermes sont envoyés par le canton aux entreprises pour les inciter fortement à recruter des Suisses. Peine perdue, il ne s'agit pas plus de Genevois, mais de Valaisans, Vaudois ou Fribourgeois qui par leur arrivée contribuent bien malgré eux à aggraver aussi les nuisances d'un développement mal maitrisé.

Pourtant le problème soulevé par Sami Kanaan est bien réel et peut être réglé avec des propositions qui elles aussi, doivent être réelles, crédibles et possibles à mettre en oeuvre.

Il suffit que Genève fasse le choix d'orienter sa politique économique sur le développement endogène. Que Genève crée des emplois qui correspondent aux qualifications des chômeurs de notre région plutôt que d'avoir le snobisme d'attirer uniquement des emplois à forte valeur ajoutée qui accroissent les flux migratoires, dégrade le pouvoir d'achat des Genevois, augmente la pénurie de logements et aggravent les conditions de circulation... bref n'ont aucune valeur ajoutée publique. Il suffit que Genève ait pour ambition de créer des emplois plutôt que d'importer des emplois qui ont été créés ailleurs. Il faut que notre région forme beaucoup mieux, beaucoup plus et de manière plus adéquat à ses besoins.

Commentaires

Pour ne reprondre que votre conclusion "il suffit que", pourriez vous clarifier en l'illustrant de quelque exemples. Nottament:

- Quel secteur economique endogène correspondrait d'après vous aux qualifications de 'nos' chômeurs ?

- Avec les UNI GE et lausanne, l'EPFL, les HES et HEG, les filières CFC et de nombreux instituts privés, que manque il a votre avis pour que "notre région forme beaucoup mieux" ?

Écrit par : Eastwood | 17/01/2011

Pourriez-vous mettre en lien le texte de Sami Kanaan dont vous parlez? Il me semble que vous faites de grands raccourcis...

Écrit par : Ben | 17/01/2011

Monsieur Vieillard,
Sans entrer en matière sur la validité de votre réflexion, permettez-moi de vous faire part d'un sentiment.
Sans être suisse, mais en insistant lourdement sur le Genevois pour bien marquer votre attachement à la région, vous défendez sans réserve et même avec une certaine arrogance votre droit de frontalier à diriger, orienter les choix politiques de notre canton.
Vous prétendez que Genève profite largement des accords bilatéraux. Comment expliquez-vous donc les velléités de certains partis de vouloir en sortir ?
Je constate surtout que c'est "moi d'abord" et que la France, en l'occurrence ne joue pas le jeu. Notamment en refusant sa participation au CEVA, en construisant un hôpital à Annemasse alors que les HUG sont en surcapacité et, dans mon domaine, en fermant les douanes aux taxis suisses.
Alors de grâce, ayez la décence de faire preuve d'un peu de réserve et d'humilité.

Écrit par : Pierre JENNI | 17/01/2011

Casser les bilatérales ? Quelle belle idée ! Allez expliquer ça aux milliers de Genevois qui ont acheté leur appartement ou maison dans le 74 ou 01.
Si les bilatérales sautent, que vont ils faire de leur bien immobilier, acheté à Crédit ? Le revendre ? Pourquoi pas, mais si les bilatérales sautent, le marché immobilier du 01 et 74 va s'effondrer et leurs biens ne vaudront plus tripette. Résultat : ils seront propriétaires d'un bien acheté à crédit qu'ils ne pourront ni vendre ni habiter... Mais biensur, ça tout le monde s'en fout.

Écrit par : tristan | 17/01/2011

@Eastwood :
Toutes les actitivités implantées tant les activités genevoises historiques (horlogerie, banque privée, organismes internationaux) pourraient se développer de manière endogène. Nous devrions former les chômeurs genevois à ces emplois plutôt que d'importer des emplois à forte valeur ajoutée qui ne correspondent pas à leur compétence.

Certains secteurs sont plus appropriés que d'autres comme par exemple le tourisme et l'hôtellerie qui ont à la fois des emplois très qualifiés mais aussi des emplois peu qualifiés qui permettent de commencer ou de terminer une carrière.

Au sujet du décallage entre emplois et formation, il y a une chose qui est frappante et qui illustre à elle seule l'absence de formation pour les emplois locaux. Genève est depuis des décennies l'une des capitales mondiales de la banque privée. Et pourtant pas une seule formation d'envergure internationale dans ce domaine. Il y aurait probablement un peu moins de chômage à Genève si l'Ecole internationale de la banque privée était une école genevoise.

@Ben :
J'ai entendu Sami Kanaan en écoutant la radio la semaine dernière. Son texte peut se retrouver sur son site internet (en lien ci dessous). Le seul raccourci que je fais c'est de traduire par préférence nationale ce que Sami Kanaan propose en ces termes : "On devrait peut-être songer à imposer à toute nouvelle entreprise s'implantant à Genève un taux minimal d'engagements locaux" ... ça me semble être plus honnête et plus clair.

Cordialement,

Antoine Vielliard



http://www.samikanaan.ch/actualites/07-01-2011/chomage-un-grand-ecart-inacceptable

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 17/01/2011

Bonjour Monsieur,

Comme vous le soulignez très justement je n'ai aucune légitimité à "diriger ou orienter les choix politiques du canton de Genève" et ne me permettrait certainement pas d'organiser un coût d'état comme vous le suggérez... en revanche, les choix politiques de part et d'autre de la frontière ont de telles conséquences de l'autre côté de la frontière qu'il est en revanche totalement légitime que nos débats publics soient commun. De nombreux Genevois me remercient de poser dans le débat public certaines préoccupations, certains point de vue et surtout certaines réalités occultés par les élus genevois du centre de l'agglomération.

Oui Genève profite largement des accords bilatéraux. Faut il rappeler que 60% du commerce de la Suisse se fait avec l'Union. La position de l'Union Européenne sur les dérogations fiscales proposées par les cantons aux entreprises installées dans l'Union serait beaucoup plus ferme et plus violente sans les accords bilatéraux. Si certains partis Suisses proposent d'en sortir c'est que c'est leur fond de commerce nationaliste : ils vendent l'illusion qu'un pays en 2011 pourrait vivre aussi isolé que l'Albanie ou la Birmanie il y a quelques années.

Pour ce qui est des points que vous soulevez côté français, je partage totalement votre préoccupation :
1) la France doit respecter ses engagements sur le financement du CEVA.. même si ces engagements ne doivent être mis en oeuvre que lorsque ceux de Genève sur la construction de logements seront tenus : car le CEVA ne sert absolument à rien si pendant les années de construction du CEVA on expulse plus de nouveaux usagers que le CEVA ne pourra en transporter !
2) Sur l'hôpital également je partage votre avis. Je ne sais pas si vous parlez de l'hôpital de Contamine sur Arve ou de la clinique privée en construction à Annemasse, mais l'un comme l'autre sont une menace tant pour l'Hôpital cantonal que pour l'hôpital de Saint Julien ! Mais il faudrait sur ce sujet avoir aussi l'honnêteté de constater que l'hôpital cantonal a un tarif distinct pour les habitants de Genève et pour ses contribuables imposés à la source qui résident dans le Genevois français et qui le finance amplement.
3) Pour ce qui est du passage au poste de douane des taxis je partage là encore votre point de vue. Ces restrictions sont absurdes... mais encore devriez vous avoir l'honnêteté de parler des restrictions faites aux taxis français de ramener des personnes de l'aéroport (une fois qu'ils y sont)... car il me semble bien sauf erreur de ma part qu'un taxi suisse peut bien faire le trajet dans les deux sens alors que cela est beaucoup plus compliqué pour un taxi français (en général on réserve un taxi en partant de chez soi.. mais on prend dans la file de taxi au retour).

Votre note énumère trois sujets sur lesquels nous avons bien au contraire besoin de plus de dialogue et de compréhension mutuelle plutôt que de rester chacun chez soi à voir nos problèmes communs s'aggraver comme cela s'est fait sur les 30 dernières années.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 17/01/2011

Monsieur Vieillard,
Je vous remercie pour votre réponse. Comme vous l'aurez constaté, c'est plus sur la forme que sur le fond que je réagis. D'ailleurs, vous me voyez rassuré de vérifier que sur le fond vous partagez mes préoccupations. Je relève toutefois que :
1) L'engagement de la France pour le CEVA n'est pas lié aux contraintes que vous évoquez et qui semblent autant d'excuses pour ne pas assumer ou esquiver en sachant pertinemment que les bons payeurs que sont les Suisses se verront contraints d'honorer la facture.
2) Ici aussi vous cherchez des excuses au lieu de véritablement travailler avec les autorités genevoises pour trouver des solutions satisfaisantes pour tous.
3) Je n'ai pas la place ici pour vous expliquer le fonctionnement des taxis. Vos remarques suggèrent clairement que vous ne connaissez pas les règles. Non, les taxis français n'ont pas l'interdiction de charger des clients à l'aéroport de Genève mais ils doivent s'acquitter d'une taxe annuelle et justifier d'une commande préalable. La plupart joue le jeu, mais ils subissent comme nous la concurrence déloyale des transporteurs étrangers, notamment anglais qui racolent en toute illégalité.
Quant aux taxis suisses, s'ils peuvent charger des clients en France voisine, c'est surtout parce que ce service est déficient sur place. Ces courses sont peu avantageuses pour nous et nous les assurons gracieusement pour dépanner. En revanche, s'il nous prenait la velléité de charger un client à l'aéroport de Lyon, nous prendrions le risque de voir notre taxi en feu, comme c'est d'ailleurs arrivé du côté français de l'AIG pour un taxi savoyard.
Enfin, et de manière aussi incompréhensible qu'inacceptable, les taxis français peuvent prendre des parts de marché à Genève sans être astreints aux même règles concurrentielles. Notamment l'obligation fédérale d'installer un lecteur de disques tachygraphes et de ne pas payer de TVA sur les courses.

Finalement, le seul point sur lequel je pourrais vous rejoindre, c'est l'importance du dialogue. Malheureusement les autorités de la France voisine n'ont pas pouvoir décisionnel mais à peine consultatif puisque c'est à Paris que ça se passe. La dégradation des 30 dernières années est d'ailleurs symptomatique puisque nous n'avons jamais autant collaboré auparavant.

Écrit par : Pierre JENNI | 17/01/2011

@Pierre Jenni :

Les engagements sur le financement du CEVA ont ete pris dans le cadre du projet d'agglomeration qui est viole par Geneve depuis sa signature en 2007. Je trouve scandaleux les positions de certains elus francais qui estiment que Geneve doit participer a l'accroissement des couts (ou seulement pour les couts qui emergerons en raison du retard lie aux oppositions genevoises tout au plus). Pour le reste les engagements francais doivent etre tenus. En revanche sur la sequence des travaux, il est decisif que les travaux du CEVA ne commencent pas tant que les logements promis par Geneve ne sortiront pas de terre. Le CEVA est un transport en commun qui doit ameliorer la mobilite de tous.. ce n'est pas un paliatif qui doit compenser l'absence de construction de logements a Geneve et permettre aux Genevois d'acheter Annemasse plus facilement. Si le CEVA se realise avant les constructions de logements a Geneve alors le CEVA ne changera rien a l'engorgement des transports : avec plus de 5000 habitants supplementaires loin de leur lieu de travail, le CEVA ne captera qu'une minorite des usagers supplementaires que nous aurons cree par un amenagement stupide.

2) Je ne cherche pas d'excuses, je denonce avec vous cette absence de coherence dans l'implantation des infrastructures de sante. Le projet d'agglomeration doit mieux prendre en compte la carte de sante aussi... mais je suis elu minoritaire d'une des plus de 100 communes existantes.

3)Pour le fonctionnement des taxis, merci pour ces precisions. Je connais forcement ce sujet la moins bien que vous... mais je n'ai pratiquement jamais vu de taxi francais a Geneve.

Contrairement a ce que vous affirmez tout ne se decide pas a Paris. Les communes francaises ont beaucoup moins de moyens que les communes suisses... mais les Maires francais ont beaucoup plus de pouvoir que leurs homologues, ils ont en plus la duree du mandat pour eux et pas de democratie directe. Les departements et la region ont aussi des pouvoirs importants. Il y a un centralisme jacobin que je regrette.. mais il ne faut pas le caricaturer non plus.

Enfin et pour revenir au sujet premier de votre commentaire, je vous promets de tacher d'etre moins arrogant que Sandrine Salerno qui proposait recemment de financer la construction de logements a Annemasse.. ou encore que Xavier Comtesse qui proposait la semaine derniere d'installer la jeunesse genevoise et les classes moyennes genevoises dans le Chablais francais quitte a ce que Geneve paie une autoroute... bref, je ne serai jamais aussi arrogant qu'une partie de la classe politique genevoise qui estime legitime que Geneve delegue au Genevois francais l'urbanisation qu'elle refuse chez elle, conserve les impots de ses residents et exige des autorites francaises qu'elles financent les infrastructures pour les Genevois, contribuables genevois a la source, qui fuient la penurie de logements. Je n'aurai jamais l'arrogance de preconiser par des politiques publiques incoherentes une colonisation de fait de Geneve par le Genevois francais. Je pense que ce serait malsain pour notre avenir commun.

Cordialement,

Antoine Vielliard


Interview hallucinante de Xavier Comtesse sur la TSR ! Etonnante generation qui vit et pense comme si aucune ne devait jamais lui succeder !

http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/2874651-enjeux-de-l-annee-2011-entretien-avec-xavier-comtesse-directeur-romand-d-avenir-suisse.html

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 17/01/2011

@ Vieillard
Je ne suis pas sûr de vous suivre sur la préséance des logements sur le CEVA, mais à mon tour de faire preuve d'un peu d'humilité car je ne connais pas bien ce dossier.
S'il est vrai que j'ai perçu une certaine arrogance dans vos propos, je remarque que vous ne souffrez pas de susceptibilité. Du coup je regrette d'avoir manifesté une peu d'agressivité à votre égard.
Je n'ai malheureusement pas pu prendre connaissance de l'interview de M. Comtesse, le lien semble corrompu. Mais il me semble percevoir un peu le bonhomme qui fait partie de ces élites visionnaires condescendants. J'ai pu constater que lorsqu'on touche à des points un peu plus réalistes, il botte en touche, nous considérant comme des attardés obtus. Alors oui, certainement il y a plus arrogant que vous.
Mon souci dans le développement de la région, c'est de ne pas aller plus vite que la musique, mais je pense que nous sommes plutôt sur la même longueur d'onde à ce sujet. Du moins autant que peuvent l'être un Suisse et un Français à l'heure actuelle.
Je persiste pourtant à penser que nous devrions lever le pied, savoir dire non à tous ces candidats alléchés par une fiscalité très attractive. Malheureusement il semble encore un peu tôt pour envisager une société fondée sur des valeurs autres que le consumérisme. J'estime pourtant que c'est de ces visionnaires dont nous aurions besoin aujourd'hui afin de tracer les contours des sociétés de demain qui mettront, espérons le, l'accent sur le sens et la qualité de vie. Un nouveau paradigme aux antipodes de nos modèles actuels qui ressemblent au sprint final de la fuite en avant et qui fait de nous des robots producteurs.
Mais là je m'éloigne sérieusement de notre propos.

Écrit par : Pierre JENNI | 17/01/2011

Bonjour M. Vielliard!
Je suis surpris que quelqu'un comme vous, qui prétendez vouloir alimenter le débat démocratique à l'échelle de la région, en soi un objectif louable, fassiez des raccourcis d'une telle mauvaise foi et vous sentiez obligé de mettre un titre racoleur et provocateur à votre article pour être sûr d'attirer l'attention. Je n'ai évidemment jamais parlé de "préférence nationale", concept honni propagé par des formations politiques populistes et extrémistes, dont le FN en France.
Ce qui est intéressant, c'est que lorsque je parle de marché du travail "local" vous en déduisez apparemment "genevois" et alimentez vous aussi les vieux clichés binaires et éculés: "eux" et "nous", les "frontaliers" v/s les "genevois". La région genevoise est beaucoup trop imbriquée pour continuer à argumenter de la sorte. Vous dites assez souvent que la population "frontalière" comprend aussi de nombreux Suisses exilés en raison de la pénurie de logements, d'Européens ou simplement des Français des 4 coins de la France, attirés par l'eldorado supposé de cette région. Notre destin sera commun ou ne sera pas. Les arrivées successives d'entreprises spécialisées de Londres ou d'ailleurs, important avec eux leur personnel sur-qualifié, déséquilibrent tout le marché du travail de l'agglomération franco-valdo-genevoise (sans parle du marché du logement, des infrastructures, etc.), si elles ne sont pas mieux accompagnées et gérées.
Vous pouvez évidemment être en complet désaccord avec mes options et le dire haut et fort mais, de grâce, épargnez-nous des effets de manche et des amalgames racoleurs, laissez ça aux populistes dont vous prétendez ne pas faire partie!!!

Écrit par : Sami Kanaan | 17/01/2011

@Sami,

Belle tentative de pirouette pour retomber sur vos pieds ! Je vous accorde que vous n'utilisez pas exactement les mêmes mots que le Front National pour défendre les mêmes propositions : car sur le fond il n'y a pas de différences significatives entre "travailleurs locaux" et "préférence nationale". Il montre une profonde et inquiétante perte des valeurs... et à vrai dire une dérive populiste de VOTRE part qui me surprend profondément.

Les déséquilibres sont réels et dangereux : mais il existe des solutions plus respectueuses de chacun. D'abord, si la politique économique veut avoir un début d'efficacité contre le chômage elle doit s'attacher à créer des emplois qui correspondent aux qualifications des chômeurs plutôt que de faire venir des emplois à forte valeur ajoutée qui dégradent le pouvoir d'achat des habitants et aggravent les nuisances d'un développement mal maitrisé.

Si vous êtes à la recherche de propositions qui soient sérieuses et crédibles pour venir à bout de ces graves déséquilibres que subissent les habitants, je vous suggère de lancer une initiative pour proposer une loi qui impose les mêmes taux d'imposition aux multinationales qui s'installent qu'aux entreprises genevoises et aux sociétés de tradings et de réorienter ces nouvelles entrées fiscales vers la formation, l'innovation, la recherche et la création d'entreprises. Une telle politique a plus de chance de créer des emplois locaux.. sans être discriminatoire pour autant. Une telle politique permettra un développement économique sur place.. plutôt que de l'importation massive d'emplois et de cadres supérieurs.

@Pierre Jenni :
A longueur de notre j'argumente pour un équilibre entre la politique économique et celle du logement. Il est temps de construire au coeur de l'agglomération les logements pour les habitants que notre région à fait venir à coup d'exonérations fiscales si nous voulons préserver la mobilité, le pouvoir d'achat et la qualité de vie dans la région. Il est temps de suspendre une politique d'éxonération fiscale pour les étrangers qui ne fait qu'aggraver nos problèmes de mobilité et fuire la moitié d'une classe d'âge dans le Genevois français chaque année.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Ps : il serait sans doute utile que la ville de Genève prenne conscience de la région dont elle est le centre. Je n'ai encore jamais rencontré d'élus de la Ville de Genève dans les réunions sur le projet d'agglomération... alors que la ville de Genève est la seule commune qui soit concerné par tous les plans d'aménagement concerté qui y aboutissent tous..

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 18/01/2011

La préférence nationale n'est pas un concept du FN. Elle était présente en Suisse jusqu'en 2003 et demeure présente dans d'autre pays du globe. Historiquement, ce sont les partis de gauche qui militaient pour cette idée dans l'optique d'éviter la sous-enchère salariale et d'empêcher que le patronat, pour réduire le pouvoir des syndicats et les revendications sociales, n'engages des étrangers prêts à travailler pour un salaire moindre. L'idée était d'engager des étrangers uniquement quand la main-d'oeuvre local faisait défaut. C'est ce contrôle qui a permis au salaire suisse d'être ce qu'ils sont aujourd'hui.

Mais depuis les années 90, la Gauche suisse a retourné sa veste avec son objectif d'adhérer à l'UE qui impose, par la libre-circulation, la libéralisation du marché du travail dans toute l'Union.

Et que dit le Secrétariat à l'économie suisse ?

"Dans les régions où le nombre de travailleurs frontaliers est élevé, on a pu par ailleurs constater une augmentation des arrivées de main- d’œuvre non qualifiée en provenance des Etats voisins. La thèse d’une certaine éviction des travailleurs locaux n’est ici pas complètement à exclure"

Une "éviction des travailleurs locaux", le terme est lâché mais peu repris par la presse ou par le PS suisse. On en retourne au phénomène combattu au siècle passé.

Écrit par : Antipathique | 19/01/2011

Petite illustration de postes (pas à haute valeur ajouté...) qui tendent les bras aux chômeurs locaux: http://www.tdg.ch/geneve/actu-geneve/quete-infirmieres-2011-01-17
.
@Antipathique: Pensez vous que "les salaires suisses seraient ce qu'ils sont aujourd'hui" (et - par extension - la Suisse un pays aussi riche), si la Suisse n'avait pas pour voisin les trois premières puissances économiques du continent, mais serait un pays p.ex. d'Amérique latine?

Écrit par : caracolelimonade | 19/01/2011

Précisions en complément de la note.

Sami Kanaan a réédité sa note. Elle lève les populistes ambigüités de la première. Elle est plus fouillée, plus précise et plus réaliste. Vous la trouverez à l'adresse ci-joint :

http://samikanaan.blog.tdg.ch/archive/2011/01/19/chomage-un-grand-ecart-inacceptable.html?utm_source=twitterfeed&utm_medium=facebook

Effectivement on se demande quel est l'intérêt de la politique économique genevoise puisqu'elle échoue sur le premier objectif de toute politique économique : réduire le chômage. Dans le canton le nombre de chômeurs augmente proportionnellement au nombre d'emplois importés. Tout simplement parce que les emplois importés de traders et de cadres internationaux multilingues ne correspondent pas aux qualifications des chômeurs genevois qui sont principalement des jeunes peu qualifiés qui ont besoin de s'insérer sur le marché de l'emploi et des séniors en fin de carrière.

La note de Sami Kanaan me semble ne pas suffisament couvrir deux points :
1) l'insuffisance de la formation supérieur dans de nombreuses branches qui ont besoin de recruter : banque privée, santé..etc..etc..
2) le besoin qu'il y a a attirer des entreprises qui recrutent dans les secteurs pour lesquels les chômeurs genevois ont des compétences : back office haut de gamme, hôtelleries..etc..etc.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 19/01/2011

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