14/01/2011

Genève offre 24 millions pour acheter le Genevois français

Je vous souhaite ainsi qu’à vos proches, une excellente année 2011 de santé, de bonheur et de succès.

Les déséquilibres persistants dans l’aménagement de notre agglomération ont conduit les élus français à refuser le renouvellement du projet d’agglo dans les conditions actuelles. Il devient inacceptable de construire autant de logements si loin des lieux d'emplois.

La signature du Genevois français est pourtant nécessaire à Genève pour obtenir les subventions fédérales aux infrastructures d’agglomération. Genève propose donc d’augmenter le reversement des fonds frontaliers en ajoutant 0,5% de la masse salariale aux 3,5% qui sont reversés actuellement (pour rappel le canton touche environ 12% de la masse salariale des travailleurs frontaliers au travers de l’impôt à la source). Ces 0,5% - soit 24 millions d'euros annuels - seraient versés dans un fond pour financer les infrastructures. Fond auquel les institutions françaises devraient aussi contribuer.

Cette proposition est dangereuse pour les habitants français et suisses du Genevois. Elle permettrait d’acheter le silence des autorités françaises sur les déséquilibres qui chassent les Genevois de leurs communes et nous condamnent tous à une paralysie généralisée des transports.

Si une telle proposition était acceptée cela aurait pour conséquence :

1)      d’autoriser Genève à poursuivre ses incohérences entre sa politique économique exogène qui fait venir 15 000 personnes par an et sa politique du logement à 1230 logements par an. Le résultat serait une hausse continue et exponentielle de l’immobilier à Genève qui continuerait d’en chasser ses classes moyennes et sa jeunesse.

2)      De faire payer aux salariés en euros les 500 millions d’euros de coûts des infrastructures de transports transfrontaliers qu’ils n’utiliseront pas… et qui augmentera l’afflux des Genevois dans le Genevois français au détriment de leur pouvoir d’achat : une telle injustice ne serait pas propice a la bonne cohésion sociale transfrontalière !

3)      De poursuivre un aménagement de l’agglomération en forme de saturne qui augmente les distances domicile travail et rend exorbitant le financement d’un réseau de transports en commun performant. Il faudrait construire un nouveau CEVA tous les 7 ans pour stabiliser l’engorgement des routes.. ce qui est au dessus des moyens de notre agglomération. Cela se traduirait par une inflation exponentielle et continue des tarifs des TPG pour transporter autant de milliers d’usagers supplémentaires chaque année sur autant de kilomètres !

4)      De poursuivre l’annexion de fait du Genevois français par les résidents genevois chassés malgré eux de leur canton… ce qui à terme conduit à une désertification du Genevois français de toute activité économique et publique : infirmières, gendarmes, professeurs, salariés, employés n’ayant plus les moyens de vivre dans le Genevois français. Les citoyens suisses qui fuient la pénurie de logements représentent déjà plus du tiers des actifs dans le canton de Saint Julien. Une telle proportion, une telle contrainte imposée aux habitants sur leur lieu d’habitation n’est pas non plus propice à la cohésion sociale transfrontalière.

Cette proposition permettrait peut être d’acheter le silence et la complicité des élus locaux du Genevois français pour quelques mois… mais elle aggraverait les problèmes des habitants français et suisses de notre région, dégraderait leur mobilité, leur pouvoir d’achat et la cohésion sociale de notre région franco suisse. A terme, un tel accord ne serait pas tenable face aux électeurs souverains du Genevois français.

Il y a une solution : l’intérêt financier et fiscal du canton de Genève et des communes du Genevois français doit être désormais cohérent avec l’intérêt des habitants de notre région. Cela suppose que desormais le canton et les communes françaises aient un intérêt fiscal et financier à corriger les déséquilibres plutôt que de les aggraver.

Pour cela, il faut que la clef de répartition des charges transfrontalières soit identique à la clef de répartition des ressources transfrontalieres. Les charges seront très rapidement supérieures aux ressources et chacun aura très vite intérêt à mettre un terme aux déséquilibres qui détruisent la qualite de vie des habitants français et suisse de notre agglomération.

PS : Sur le sujet, un entretien totalement hallucinant de Xavier Comtesse sur la TSR. Un entretien très révélateur de la conception du rôle du Genevois français dans l'agglomération. Un entretien qui en dit long sur l'incapacité de M. Comtesse et de beaucoup d'autre d'anticiper les problèmes sociaux et de mobilité qu'engendrent un aménagement aussi absurde.

http://www.tsr.ch/video/info/journal-19h30/2874651-enjeux...

Commentaires

A quoi correspondent exactement les 500 millions d'euros dont vous parlez ? C'est votre estimation ou un chiffre articulé dans le cadre du projet d'agglo ? Qui les paierait, par le biais de quelle collectivité ? Parce que si on suit votre raisonnement, il n'y aurait plus de salarié en euro pour les payer, mais uniquement des habitants du Genevois français travaillant en Suisse et dès lors, je ne vois pas où est le problème ?
J'ai le sentiment qu'en vous acharnant à défendre le sort des fonctionnaires de l'Etat français accablés par le prix du logement dans la région (c'est un vrai problème) et qui bien souvent habitent maintenant hors de votre circonscription, vous attaquez de front les intérêts des frontaliers français, qui eux pourraient être vos électeurs. L'intérêt des frontaliers n'est-il pas que la région avance, et que les transports se construisent ? Alors que votre entêtement risque de tout faire capoter ?

Écrit par : 74160 | 14/01/2011

Le beurre, l'argent du beurre et la crémière... Vous reflétez éxactement le stéréotype du frontalier moyen M., celui qui crache dans la soupe, mais continue de la manger en se plaignant.

Écrit par : Le beurre | 14/01/2011

Si Genève ne construit pas assez de logements, le Genevois est incapable de produire de l'emploi.

Autant il est important que Genève construise plus de logements (les communes-villas de Chêne-Bougeries et Veyrier sont parmi les plus coupables, si l'on compare avec Lancy, Chêne-Bourg ou Thônex qui y arrivent, ou sont sur le point d'arriver), autant il est important que le pays de Gex et le Genevois français obtiennent des dérogations françaises: baisse de l'imposition des entreprise de 13% (toujours plus élevé que bien des pays de l'UE), remboursement de 50% de la TVA aux entreprises, ainsi qu'une baisse de la taxe sur les produits pétrolières dans la zone. Une nouvelle zone franche en fait, pour créer un différentiel moins abrupt à la frontière, mais plus progressif.

Sans cela, même si Genève construisait assez de logement, le mitage du territoire français continuerait, puisque c'est il y aurait quand même de nouveaux habitants mais pas de nouveaux emplois.

Écrit par : Clump | 14/01/2011

@74160 : l'intérêt de tous les habitants du Genevois franco suisse, qu'ils soient Suisses ou Francais d'ailleurs c'est d'avoir suffisament de professeur pour les écoles, d'infirmières pour les hôpitaux, de mâçons pour construire des logements et de policiers pour veiller à votre sécurité. Les politiques actuelles en pénalisant le pouvoir d'achat des classes moyennes privent notre région de ces professions intermédiaires dont nous avons tant besoin. Vous estimez que ce ne serait pas un problème s'il n'y avait plus de salariés en euros dans le Genevois français : vous ne pourriez plus vous soigner, plus rénover votre logement, vous n'auriez plus de caissière, vous n'auriez plus d'écoles, plus de gendarmes, plus de pompiers... il me semble que ce serait un problème. On le constate déjà en partie.

Les 500 millions correspondent à une estimation du coût total du CEVA, des trams et des bus prévus dans le projet d'agglomération.

Les projets de transports sont absolument nécessaires... mais tout à fait inutiles tant que ne sera pas d'abord réglée la question des logements. On peut construire tous les CEVA du monde... mais si on continue d'expulser autant d'habitant du coeur de notre agglomération ces projets de transport en commun n'auront pas le moindre effet sur votre mobilité. Faites de rapides calculs entre la capacité du CEVA et le nombre d'habitants qu'on expulse loin de leur lieu de travail et vous vous apercevrez que ces investissements publics colossaux ne suffiront pas à réduire les embouteillages si la question du logement n'est pas traité préalablement. Par ailleurs la réalisation de ces transports en commun transfrontaliers est dangereuse car elle accélérerait l'exode des habitants de Genève qui fuient la pénurie et priverait le Genevois français des compétences dont il a besoin pour tourner. (Il s'agit de fonctionnaires mais aussi de salariés des entreprises privées et encore des retraités, vos parents ou grand parents et vous même un jour).

L'intérêt de tous est effectivement que la région avance. Le plan de marche est tracé. Il s'agit du projet d'agglomération qui vise à un rééquilibrage de l'emploi et des logements. C'est ce plan de marche auquel nous devons nous tenir et refuser toutes ces violations qui conduisent à une destruction de notre qualité de vie à tous.

@Le Beurre :
Pouvez vous expliciter votre propos qui n'a ni queue ni tête... la note parle de notre qualité de vie commune ! Un exemple typique des conceptions étriquées aux limites nationales qui ont conduit notre agglomération aux perversités actuelles à force de voir la région dans des limites qui ne sont pas les siennes. Faites un effort, vous pouvez comprendre !

@Clump : Détrompez vous, le Genevois français crée énormément d'emplois.. plus que tout autre territoire de Rhône Alpes... mais ces emplois sont de plus en plus occupé par des personnes qui résident de plus en plus loin car les revenus de ces emplois ne permettent plus de se loger dans le Genevois français à mesure que 2000 habitants de Genève s'installent dans le Genevois français chaque année. Le résultat c'est une aggravation des problèmes de mobilité à Genève mais aussi dans la région étendue puisqu'une proportion croissante des salariés du Genevois français résident à 50km de là.

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 14/01/2011

Il faut rappeler également également que Genève prélève des cotisations de chômage sur tous les travailleurs frontaliers ... et les gardent ... la charge revenant à la France et avec la prise en compte du change crée une catégorie particulière de chômeurs super indemnisés.

C'est beaucoup plus que la rétrocession des fonds frontaliers ... cet argent pourrait être reversé aux Communes du genevois français pour gommer les incohérences de ce fonctionnement aberrant.

A part ça mon Cher tous mes voeux ... et à bientôt.

Écrit par : cestmoi | 14/01/2011

Il y aura toujours des infirmières, des professeurs, des policiers, des épiciers et des caissières. Ils habiteront plus loin. Comme déjà aujourd'hui, vous le dites vous-même. C'est le cas dans les métropoles du monde entier, en fait, comme le dit Fabien. Les loyers dans le VIIIè à Paris, valent bien ceux de la Rue des Granges. Et dans le XVè ou à Levallois, c'est plus cher qu'à Annemasse. Mais il y a toujours des sapeurs-pompiers à Paris. Et Passy ou Meillerie (où habitent les profs de ma fille !) cela reste infiniment plus sympa que Garges-les-Gonesses.
Tous ces travailleurs et ces travailleuses utilisent et utiliseront les transports publics et privés à disposition. Publics, ce serait mieux. S'ils ont été construits. Ce qui ne sera pas grâce à vous !!!
Ces transports ne serviront pas qu'aux frontaliers mais à toute personne ayant à se déplacer dans la région. La Suisse en paiera la plus grande part, que vous faut-il de plus ? Franchement, alter ego de Stauffer, j'aurais juré que vous méritiez mieux.
Je ne crois pas que la journaliste que vous accusiez ait dit des bêtises. Réduire la croissance de Genève, c'est assurément foncer droit dans le mur. Même avec les meilleures intentions du monde, avec la crise en cours, loin d'être finie, cela revient à la stopper. Répétez votre mantra à l'infini. Il n'en deviendra pas vrai pour autant.

Écrit par : 74160 | 14/01/2011

@74160 : Comparer l'agglomération Genevoise avec des agglomérations 10 fois plus grandes et estimer qu'il serait normal que Genève ait les mêmes problèmes ne me semble pas très correct comme raisonnement. Ceci étant dit, il y a une différence profonde entre Paris et même New York et Genève au delà de la taille. Toutes les autres agglomérations au monde se sont construits en cercle concentriques de plus grande densité. Cela permet de développer des transports en commun puis de les étendre. Les transports en commun traversant toujours des zones denses, ils sont toujours utilisés. Ils sont toujours déficitaires mais à des niveaux acceptables.

Genève est la seule agglomération au monde qui n'ait pas pensé son développement au niveau régional. Elle a mis sa campagne entre son centre ville et sa périphérie. Cela a pour conséquence d'augmenter de manière considérable les trajets des transports en commun sans beaucoup d'usager supplémentaires en raison des faibles densités entre le centre ville et le Genevois français. Cela interdit de construire un réseau de transport en commun performant tant que la première couronne n'est pas urbanisée.

Par ailleurs, à nouveau tous les investissements dans les transports en commun n'amélioreront en rien VOTRE mobilité... si dans le même temps par un aménagement absurde il se crée plus d'usagers supplémentaires que ces nouveaux transports peuvent en transporter.

Certains accepteront de se loger un peu plus loin... beaucoup d'autre refuserons une telle dégradation de leur qualité de vie. Pour ce qui est des infirmières.. elles manquent déjà dans la situation de pénurie actuelle, et la pénurie s'aggrave chaque mois. Pour ce qui est des policiers, le canton ne parvient plus à les recruter faute de logements et parce qu'ils refusent de loger si loin de leur lieu de travail comme vous le leur proposez. Il y a quelques mois la commune de Gaillard a ouvert une maison de retraite.. la liste d'attente est longue, mais seul un quart des places disponibles ont pu être pourvue simplement parce qu'il n'y a pas assez de personnel.

Il faut construire des transports en commun... après avoir réglé le problème à sa source en densifiant au préalable le coeur de notre agglomération.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 15/01/2011

bonsoir,

en fait quel est le probleme pour moi, fonctionnaire??

j'habite loin de mon travail, à dingy en vuache, ou il n'y a pas de transport en commun.

deuxio, mon pouvoir d'achat baisse énormément avec les mesures de gel des salaires des fonctionnaires sur trois ans et la vie , ici, est scandaleusement chère.

remède immédiat: dire à mr GAUD, de faire venir les transports en commun jusqu"à
vulbens et créér une plateforme de stationnement des voitureS.

Puis, avec les noveaux records de recettes des fonds frontaliers dont on ne sait plus que faire tellement on en regorge, redistribuer une partie de cet manne aux fonctionnaires, immediatement, pour que vous puissiez les conserver dans un avenir proche.

Car , vous avez raison, les fonctionnaires de toutes les administration spartent ineluctablement ves des destinations plus propices et humainement plus intéressantes.

Cependant, comme d'habitude, personne n'aura l"initiative ni le courage de prendre ces décisions car actuellement, toute l'economie frontaliere se porte à merveille.

Et puis, lorsque la parité des changes sera égale,c'est à dire dans UNE annéé,vous ne serez plus qu"entre vous , gens riches et fortunés, pour discuter.

MERCI de votre attention!

jp .VUETAZ

Écrit par : vuetaz | 15/01/2011

Bonsoir,

Il faudra qu'une fois pour toute nous arrêtons de penser Genève et frontière, frontière et Genève, certes mes propos peuvent surprendre certains, mais ou bien nous voulons développer ensemble l'économie de la région ou bien nous allons restés immobile à nous tirer dans les pattes.Travaillons ensemble pour développer l'économie de toute la Région. Genève a besoin de ses voisins et ses voisins ont besoin d'elle, alors avançons ensemble au lieu de nous mettre des bâtons dans les roues, non? Commençons déjà à penser ensemble comment faire pour qu'Annecy obtiennent le OK pour les futurs jeux olympiques, car il y aura des retombées également pour Genève, alors avançons déjà ensemble pour ce projet, au lieu que chacun reste dans son coin à pleurer misère et à nous tirer par la barbichette. Aux projets créateurs et innovateurs.
Esmé

Écrit par : Esmé | 16/01/2011

M. Vieillard,

oui, le Genevois produit de l'emploi. Mais quel type d'emploi? De l'emploi à faible valeur ajoutée (nécessaire et tout à fait honorable, mais à faible revenu). Combiné à la faiblesse de l'euro et à la cherté relative au reste de la France, ces salariés sont condamnés à devenir pendulaires.

Pour améliorer le rapport entre habitants travaillant localement / habitants travaillant hors de la commune, ces emplois ne servent pas à grand chose. Il faut générer d'autres emplois (à haute valeur ajoutée, qui permettent des salaires plus élévés). Et ne dites pas que Genève mange injustement tous ces emplois: c'est faux car le district de Nyon crée (certes moins qu'au centre de la métropole régionale, mais c'est normal) ce genre d'emploi: Yahoo! y a mis son centre européen, Generali y a mis son back-office suisse, sans parler du tissu de PME qui couvre toute la Suisse (et qui conduit la Suisse romande, et pas Genève, de produire la plupart des puces pour chiens, 90% des encres de sécurité utilisées en Europe, et beaucoup d'autres produits...) Certes tous les employés n'habitent pas sur Suisse, mais tous ne sont pas inexorablement exilés dans le pays de Gex ou en France voisine, comme les caissières des centre commerciaux ou les employés du Macumba.

La région nyonnaise (et le reste de la Suisse romande, loin des avantages de localisation de Genève) y arrive et pas le Genevois français? Pourquoi? Parce que la fiscalité des entreprises en France est confiscatrice (33% + les taxes locales) et le droit du travail extrêmement contraignant empêchant les entreprises de réagir efficacement aux aléas de la conjoncture. Seuls les entreprises où l'aspect salaire est important dans la rentabilité seront intéressés.

Donc comme je l'ai dit, travaillez à faire venir ou à créer des entreprises à hauts salaires: la présence de l'échangeur routier, du ligne de chemin de fer et bientôt du tram devraient être un atout fondamental (les communes de Suisse ayant une telle localisation doivent se compter sur les doigts de la main).

Evitez aussi de créer du logement quasi-réservé aux salaires suisses: regardez dans votre PLU le quartier de Chabloux. Un paradis pour la voiture (jusqu'à 60% de la voirie en surface réservé au parcage, l'assurance d'avoir deux places de parcs par logement et c'est un but volontaire: "Limiter l’impact de l’automobile dans le site par une politique du stationnement ambitieuse en prévoyant la création de stationnements souterrains pour les logements et de places en surface"), seuls 25% des logements hors du marché libre, aucun transport public (le PLU résume les transports publics à une phrase alibi sans début de solution: "Renforcer l’accessibilité du secteur pour un développement du réseau de transport en commun" et vu la voirie prévue avec une seule voie d'accès véritable à la zone, excentrée des axes mais pas du centre-ville, il sera quasi-impossible de faire autre chose qu'une ligne terminale de bus ce qui ne sera pas rentable pour 2500 habitants - 1200 logements = 2500 habitants), les pistes cyclable en périphérie de la zone (pour les emprunter, il faudra vouloir, surtout celle proche de l'Aire). Sans oublier qu'il n'y a quasiment aucun commerce (seul les bâtiments en périphérie seront mixtes), ce qui n'aidera pas une vie de quartier et augmentera les déplacements de tous les jours (nécessité du 2e voiture même pour les couples dont l'un ne travaille pas).

Bref, le paradis pour le frontalier ayant 2 voitures (et 3 dès que le gamin à 18 ans) et ne travaillant pas à Saint-Julien (pas à se parquer au centre-ville).

Même si Genève doit créer plus de logements, vous pensez vraiment que ce genre de quartier va contribuer à créer du logement pour les travailleurs de votre commune?

Il faut y supprimer l'essentiel des places de parc en surface (et les affecter à la mobilité douce par des pistes cyclables dans chaque rue, faire une ligne de bus traversant tout le périmètre (si possible une ligne non-terminale, vu l'emplacement du quartier proche du centre afin d'augmenter le taux d'auto-couverture de la ligne).

Genève n'est pas la cause de tous les maux de Saint-Julien, la fiscalité de Paris, l'inéquation des salaires de fonctionnaires au coût de la vie du Genevois (si Paris ne veut pas les augmenter, c'est au collectivité locale de les compléter) et la faiblesse de certains aspects du PLU, surtout transport et mixité activité/logement, y contribue beaucoup aussi. Et ces deux points, c'est aux élus de Saint-Julien d'y travailler.

Dénoncer Genève est juste (je le redis encore les communes-villa doivent aussi faire une effort au niveau du logement), mais il me semble que vos billets se limitent à cela depuis quelques temps et que l'on ne voit plus guère d'actions concrètes, ou de propositions d'actions/d'idées, réalisables localement...

Comment voyez-vous l'aménagement autour de la douane-échangeur de Bardonnex? Quelles sont vos idées (à terme) pour le réseau de TP de Saint-Julien (qui est maintenant organisatrice de transport)? Comment voyez-vous l'intégration de Saint-Julien dans le réseau de RER (RER-sud d'abord, puis RER-ouest proposé par le PACA dans 20 ans, doublement de la voie sur la ligne du Pied-du-Salève? Shunt d'Ambilly?) Quelles sont les actions entreprises vers Paris pour améliorer ce qu'en Suisse est appelé les "conditions-cadres" pour les entreprises? Quels sont vos actions vis-à-vis des sénateurs et députés issus de la région et qui votent le déficit abyssal de la France, entraînant avec les autres pays du "Sud" de l'Europe (pour la zone euro: Grèce, Irlande, Portugal, France, Espagne et Belgique) la chute de l'euro, rendant les salaires en CHF encore plus attractifs et accentuant la pression sur les travailleurs en euro et les prix dans le Genevois?

Parce que même si Genève construisait assez de logements (ce qui n'est pas le cas et il faut certes y travailler), vous verriez quand même une immigration des travailleurs "riches" de Genève dans la périphérie et vous resteriez le Genève des villages plus éloignés en y déplaçant les travailleurs moins fortunés... Le problème serait toujours-là car il est "naturel" (c'est-à-dire visible autour de tout centre, quel que soit sa taille), mais accentué par la frontière (monétaire, fiscale et réglementaire). La construction des logements sur Suisse y contribue aussi certes, mais n'est de loin pas la cause de tout les malheurs de Saint-Julien et la politique du pire n'a jamais amélioré l'ordinaire.

Écrit par : Clump | 16/01/2011

@M. Vuetaz :

Pour résoudre le problème que vous soulignez il faut commencer par rééquilibrer la construction de logements. Si un bus arrive à Vulbens alors que la pénurie de logements perdure vous vous trouverez dans la situation où Vulbens et Dingy seront pris d'assaut dans des proportions encore plus considérable par des jeunes genevois qui fuient la pénurie de logements. Vos voisins auront alors tous des salaires en CHF et le coût de la vie augmentera encore. Les fonds frontaliers augmenteront certes.. mais beaucoup moins que les coûts des bus, des écoles, des services culturels et sportifs que les communes devront alors développer. Les retraités, fonctionnaires et salariés devront continuer leur exode toujours plus loin;

La seule solution est d'imposer à Genève de construire assez de logements par rapport à sa politique économique. Nous pouvons le faire puisque Genève a désormais besoin de l'accord du Genevois français pour le projet d'agglomération pour toucher des subventions fédérales : des logements à Genève puis ensuite des transports en commun pour corriger les politiques absurdes conduites depuis 30 ans.

@Esmé :

Je suis parfaitement d'accord avec vous. Relisez mes notes : je parle toujours de l'intérêt commun des habitants suisses et français, des habitants de Genève comme de ceux du Genevois français. Les Genevois du canton n'ont absolument aucun intérêt à chasser leur jeunesse dans le Genevois français et pourtant c'est la moitié d'une classe d'âge qui fuit le canton chaque année. Les habitants du canton ont aussi besoin de pompiers, d'infirmières, de "mamans de jour", de policiers, de maçons qui font cruellement défaut aujourd'hui.. et notamment parce que certains comme CLUMP dans son commentaire n'ont d'yeux que pour les emplois à forte valeur ajoutée. Les habitants du canton de Genève n'ont aucun intérêt à créer 5000 automobilistes supplémentaires chaque année en rejetant autant d'habitants si loin des lieux d'emplois. Les Genevois n'ont aucun intérêt à augmenter de manière exponentiel le coûts de leurs transports publics par un aménagement absurde.

Vous seriez étonné si vous saviez le nombre de Genevois qui me remercient de mettre ces sujets de débat sur la place publique. Ce sont des Genevois de tout bord : certains sont Radicaux d'autres Socialistes. Ils se désespèrent des politiques cantonales. Nous avons un intérêt commun à mettre un terme aux incohérences entre la politique économique et la politique du logement.

@Clump :

Malheureusement vous avez tort, il y a aussi beaucoup d'emplois à forte valeur ajoutée aussi dans les biotechs parce que la législation française est beaucoup plus attractive. Je dis malheureusement car ces emplois à forte valeur ajoutée n'ajoute en réalité aucune valeur : ils ne correspondent pas aux qualifications des chômeurs de notre région - qui sont des jeunes et des séniors. Par conséquent ils générent des flus migratoires qui aggravent nos problèmes de mobilité, de logement et de coût de la vie. Il faut au contraire créer des emplois à faible valeur ajoutée qui correspondent aux qualification des chômeurs actuels ce qui permet de développer l'économie sans développer les nuisances. Cela permettrait aussi de réduire les coûts sociaux... et leurs conséquences en terme de sécurité aussi. Savez vous par exemple que depuis 10 ans, le nombre de chômeurs à Genève a augmenté de manière strictement proportionnelle au nombre d'emplois. Contrairement aux idées recues, l'importation d'emplois aggrave le chômage à Genève !

Pour ce qui est des "conditions cadres", les images que vous donnez sont des images d'Epinal. La réalité selon les études spécialisées est bien différente : les coût du foncier est bien moindre en France, le coût de la main d'oeuvre également (des entreprises suisses commencent à délocaliser leur production), les taxes sont élevée mais au niveau de la formation et des infrastructures. Par contre, c'est vrai, le niveau de taxe est le même pour tous et la France ne propose pas de dérogations fiscales pour les entreprises qui ont leur activité en Suisse - c'est un principe d'équité, d'éthique.. et de responsabilité vis à vis d'un voisin et partenaire -.

Oui vous avez raison mes notes parlent beaucoup de ces déséquilibres. Ces déséquilibres sont à la source de presque tous les maux de notre agglomération :
1) instabilité politique du canton de Genève dont la majorité actuelle ne tient qu'à une seule voix au Grand Conseil grâce à l'exclusion de l'extrême gauche,
2) Problèmes de mobilités,
3) Problèmes de recrutement des professions intermédiaires et par conséquent problèmes de sécurité, d'éducation, d'accès aux soins, de garde d'enfants,
4) Problèmes de préservation du cadre de vie.

Ces problèmes ne sont que des avant gouts des tensions sociales que nous subirions dans 10 ans si les politiques actuelles se poursuivaient. La banlieue lyonnaise ressemblerait alors à un havre de paix et un modèle de mixité sociale en comparaison de l'agglomération genevoise.

Heureusement, il n'est pas encore trop tard pour mieux faire !

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 16/01/2011

Chers internautes,

Le jour où nous commençerons à réflèchir à une solution définitive qui regroupe toute la région pour renfocer dâbord notre sécurité, renforcer toutes nos frontières des malfaiteurs nous arrivant de partout, pas seulement de Lyon, mettre ensemble des projets communs dans tous les domaines possible et oublier que nous sommes des frontaliers de part et d'autre, notre économie se renforcera et nous avançerons ensemble pour créer l'éldorado pour TOUTE LA REGION, car bien sécurisée, elle encouragera les conférences internationales, l'hôtelerie, le logement etc.. Il y a déjà beaucoup de travail qui se fait au niveau privé des entrepreneurs locaux, de coopération d'un côté et l'autre de la frontière, mais il faut y mettre encore plus de "peps" et de volonté de la part des politicens peut-être, pour y arriver. Nous n'en sortirons jamais l'un sans l'autre, alors cela ne sert à rien de se tirer dans les pattes pour de l'argent, mettons nos médiateurs en herbe en avant, faisons du bon travail ensemble, créeons des projets lucratives ensemble et rendons notre région une des plus intéressante et fructueuse d'europe! Moi j'y crois très fort et vous? Bon, je prends comme exemple New York et New Jersey aux USA, certes il dépendent tous deux du même pays, mais chaque Etat a ses propres lois et est totalement indépendant de l'autre. Grâce à New York, et en particulier à ses retraités, New Jersey est devenue particulièrement prospère...!
Bonne soirée!
Esmé

Écrit par : Esmé | 16/01/2011

@Esmé : je partage totalement votre avis. Ce travail de concertation est fait depuis maintenant près de 5 ans. Cela s'appelle le projet d'agglomération. Une charte d'engagement a été signée en décembre 2007 dans laquelle Genève s'engageait à construire des logements, le Genevois français s'engageait à densifier et à développer les transports en commun. Le Genevois français a tenu ses engagements. Genève les a violé chaque année depuis la signature, continue de le faire et se propose de continuer de le faire pour les prochaines années.

Plus précisément Genève devait construire 2500 logements par an.. mais n'en a jamais construit plus de 1500.. et seulement 1230 en 2009.

Mais vous avez raison, il n'y a pas d'autres solutions que de s'entendre et de collaborer à la construction d'une région dans laquelle chacun peut vivre et où nous protégeons ensemble notre qualité de vie commune.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 17/01/2011

@AV:
"Les déséquilibres persistants dans l’aménagement de notre agglomération ont conduit les élus français à refuser le renouvellement du projet d’agglo dans les conditions actuelles."
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Pourriez vous developper, s.v.p.?
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"Il devient inacceptable de construire autant de logements si loin des lieux d’habitations." - Petite coquille --> "si loin des emplois..."
.
Et: Le lien vers la TSR ne marche pas/plus.
.
@74160:
Vous avez un vrai discours de "winner"... Ou peut-être avez vous été fraichement recruté depuis l'Ile de France et c'est pour ça que vous trouvez que tout va bien et que n'importe qui devrait faire 100 km par jour pour aller bosser(?) Mon vecu depuis 12 ans me dis le contraire, à savoir qu'on va VRAIMENT dans le mur (surtout depuis les bilatérales).
.
@Clump:
Si jamais vous avez l'occasion de discuter avec des personnes dans le management des entreprises fraichement installées dans l'arc lémanique, vous dechanterez vite: les cadeaux fiscaux sont quasiment la seule raison de leur venu (à part la proximité d'un aéroport)... La région ne "crée" donc pas d'emploi mais les vole ailleurs.

Écrit par : caracolelimonade | 17/01/2011

@Caracolelimonade :
Merci de m'avoir signalé la faute de frappe et le lien que j'ai corrigés.

Pour ce qui est du projet d'agglomération. Une première charte a été signée en 2007 qui a permis à Genève de demander des subventions fédérales sur un certain nombre de projets de notre agglomération en particulier sur les projets de transports en commun. Une nouvelle charte doit être signée pour une nouvelle tranche : la confédération travaille par appels à projet auprès de tous les cantons en même temps tous les 4 à 5 ans. C'est ce nouveau round dont je parle.

Si le Genevois français refuse de signer ce nouveau projet d'agglomération, Genève ne pourra pas obtenir de subventions fédérales pour financer les infrastructures nécessaires à ce développement déséquilibrer, absurde et qui se fait au détriment de ses habitants. Cela poserait de graves problèmes à Genève et il serait triste de devoir en arriver là... mais force est de constater que les autorités cantonales sont pour l'instant incapable de proposer un projet régional équilibré et cohérent qui préserve la qualité de vie de tous.

Ne pas signer ce projet d'agglomération... du moins tant que les politiques économiques et du logement n'auront pas été mises en cohérence relève du bon sens pour les élus français. On ne peut pas continuer ainsi à créer autant d'automobilistes supplémentaires, à créer des ségrégations sociales entre expatriés et Genevois d'une part et entre Genevois/frontalier et salariés en euros d'autre part.

Pourtant de nombreux Maires sont tentés d'accepter de signer en échange d'une augmentation des fonds frontaliers. Ils privilégieraient ainsi le court terme sur les équilibres de notre agglomération.

Je défendrai l'idée que 1) nous devons autoriser et contribuer aux infrastructures de transport lorsque le problème de l'aménagement aurat été corrigé à sa source et 2)nous devons signer le projet d'agglomération lorsque la question du logement sera réglée à Genève... mais pas avant.

Cordialement,

Antoine Vielliard

PS : il y aura une réunion de l'ARC ce soir à Archamps.

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 17/01/2011

Merci. J'espère que les maire et élus français feront preuve d'un minimum de responsabilité envers leurs propres electeurs (parce que, si je vous comprends bien, rien n'est encore acquis)...
Ces réunions de l'ARC, sont-elles publiques?

Écrit par : caracolelimonade | 17/01/2011

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