17/12/2010

La croissance exogène genevoise, le mythe du vélo ou le jeu de l'avion

J'ai prouvé sur ce blog par plusieurs notes les effets pervers de la politique économique genevoise de croissance exogène qui attire chaque année des milliers de traders et d'expatriés :

  1. elle chasse du canton des milliers de familles genevoises,
  2. elle est sans effets sur le nombre de chômeurs à Genève,
  3. elle contribuer à détériorer le pouvoir d'achat des Genevois,
  4. elle aggrave à vue d'oeil nos problèmes de mobilité,
  5. elle prive notre agglomération des compétences des policiers, maçons, infirmières, assistantes maternelles dont nous avons besoin,
  6. elle détruit la cohésion sociale entre Genevois,
  7. elle s'avérera ruineuse pour le canton de Genève le jour où celui-ci se décidera à payer la facture des infrastructures rendues nécessaires par cette croissance démographique effrénée.

Il reste un dernier argument que ces promoteurs mettent en avant pour défendre cette politique inique : on ne peut pas ralentir cette politique exogène ou sinon nous risquerions une crise sans précédent. A cette fin, ils utilisent l'image du vélo lancé à pleine vitesse et qui chuterait s'il ralentissait sa course.

L'argument ne manque pas de pertinence, la concurrence est rude et ne plus être en tête de l'attractivité c'est risquer d'être très vite en fond de classement. Il faut pour prendre le relais un autre modèle de croissance.

Mais c'est exactement le type d'argument qui incite à contribuer à la croissance d'une bulle spéculative. Le jeu de l'avion aussi, comme la politique économique genevoise, doit se poursuivre pour ne pas sombrer. Madoff lui même devait poursuivre sa fuite en avant pour offrir des rendements absurdes à ses clients. La croissance économique exogène genevoise est dans cette même dynamique de fuite en avant.

Une fuite en avant qui sera brutalement stoppée de toute façon : par la paralysie généralisée des transports, par l'absence des professions intermédiaires nécessaires à une agglomération ou par la penurie de logement. Il y a deux manière de l'arrêter : de manière ordonnée et planifiée en préparant un modèle économique alternatif et durable... ou par la loi du marché. Dans le second cas, il sera trop tard, nous aurons perdu notre mobilité, notre qualité de vie, notre mixité sociale... et nous ferons les frais pendant plusieurs décennies de notre cupidité.

Commentaires

A part l'analyse (pertinente) ... une solution à long terme ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 17/12/2010

Un modèle économique durable ne peut pas être planifié.

Il faut une double intervention:
premièrement, refermer la frontière pour donner la priorité aux autochtones, que cela soit sur le marché de l'immobilier en France, ou sur le marché du travail en Suisse (cette idée de mobilité est complètement obsolète), et
deuxièmement, cesser d'attirer du monde (particuliers et entreprises) à Genève avec des privilèges fiscaux.

Cette intervention étant réalisée, le marché se ré-équilibrera naturellement.

Écrit par : Michael Kohlhaas | 17/12/2010

@Victor Dumitrescu :

La solution a long terme est claire : creer des emplois en aidant la recherche, la formation et le developpement, plutot que de simplement en importer a coup de promotions fiscales. Il s'agit d'un developpement economique endogene plutot que d'un developpement economique exogene. Un developpement sans doute plus humble mais beaucoup plus durable.

@Michael Kohlhaas :
Votre proposition ne peut seduire que les imbeciles qui ne comprennent pas a quel point nous avons besoin les uns des autres. Fermer les frontieres revient a renoncer a notre complementarite. L'emploi aux autochotones comme vous le proposez ferait fuir tous les investisseurs et meme les entreprises locales qui ont besoin de recruter sur la base des competences et pas de la nationalite. Les logements aux autochtones cote francais nous plongerait dans une crise de l'immobilier profonde et destructrice. Nous devrions renoncer aux importations et aux exportations qui ont cree tant d'emplois. Geneve devrait renoncer aussi au 20% de sa valeur ajoutee issu de la banque privee (entre autre).

Bref, votre idee est une idee simpliste pour esprits simplistes.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 17/12/2010

Les observations faites ici sont claires et pertinentes, contrairement aux arguments avancés par les politiciens genevois pour prolonger la fuite en avant, propos qui deviennent toujours plus sibyllins. Je pense notamment à ceux émis par un certain Ph. Souaille, manifestement perdu dans les nébuleuses d'un libéralisme plutôt passéiste et d'une philanthropie quasi contemplative.

Tout comme vous, je vois chaque jour le mur se rapprocher, au point d'en déceler les détails et les fissures. La légèreté du projet dans sa forme actuelle, imposé dans les esprits au forceps, ne résistera pas au choc, ni sur le plan économique, et encore moins sur le plan social. Si nous ne changeons pas d'orientation, nul doute que les dommages qui s'en suivraient seraient désastreux pour Genève et la France voisine.

Genève doit revoir ses ambitions et adapter son train de vie à une réalité plus stable et vers un développement durable. Le monde de la finance pourrait en effet connaître dans les années à venir une décote non pas liée à une asymétrie d'information, mais à une "asymétrie de confiance"... Les autorités de la Ville de Genève, qui compte aujourd'hui plus de 12'000 entreprises et 145’000 emplois, soit 54% des emplois du canton et 35% des emplois de l’agglomération transfrontalière, ont pris conscience de la fragilité de son tissu économique et ont décidé de réagir avant celles du canton. Elles annoncent en effet officiellement à travers leur site Internet: ''Avec une forte représentation des activités bancaires, de placement immobilier, de négoce et de commerce de luxe sur son territoire, elle se sait exposée aux incertitudes de la conjoncture internationale et s'est donc engagée pour l'avenir à promouvoir une économie locale et durable, qui doit reposer sur un tissu économique diversifié, capable de générer des emplois, tout en préservant des conditions de travail de qualité".

Depuis le début des années 1990, Genève nous donne la preuve qu'elle résiste en effet très mal aux crises du fait de son activité commerciale directement liée aux événements conjoncturels internationaux. La disparition du secteur industriel genevois n'était à l'époque pas envisageable et encore moins envisagée. Cette situation ressemblait d'ailleurs étrangement à la période qui avait marqué la chute du secteur horloger suisse dans les années 1970. Les cadavres laissés par les conseils d'administration se chiffraient pourtant par milliers...

Il est donc aisé de constater, avec le recul, que chaque fois que le canton créée des emplois en nombre, la majorité d'entre eux sont quasiment effacés dès qu'une crise survient. Résultat: un solde comptable de 2'970 emplois en moyenne annuelleau terme d'une période qui va de 2000 au 30 juin 2010, pour une population active qui s'est accrue de 2'855 personnes en moyenne annuelle... Et quand on y regarde de plus près, ce solde comptable présente 'seulement' 1'360 emplois en moyenne annuelle pour les secteurs secondaire et tertiaire, depuis 1991 à ce jour: 236'271 emplois en 1991 et 261'400 en juin 2010.

Ne citer que les bons résultats réalisés entre 2005 et 2008 en matière de création d'emplois, comme le font sans cesse les édiles genevois, vient brouiller une réalité qui nous autorise pourtant à rester perplexe devant un succès que l'on peut qualifier non seulement de relatif, mais surtout d'éphémère, en ce qui concerne le développement économique de ce canton. Son registre du commerce dévoile depuis 2005 plus de trois radiations pour quatre inscriptions!

Écrit par : D. Guye | 17/12/2010

Antoine Vielliard,
Ce n'est pas simpliste.
Cela signifie, sur la libre-circulation, un retour à la situation qui prévalait il y a de cela seulement quelques années. On a besoin les uns des autres, mais dans certaines limites. Que je sache, on n'a pas dû attendre la libre circulation et les bilatérales pour avoir des frontaliers à Genève, ou découvrir l'Autre, ou découvrir la complémentarité... Rien de cela n'est nouveau, rien de cela ne dépend des bilatérales. C'est votre discours à vous qui est simpliste. Essayer de nous faire croire que la vie a commencé avec les bilatérales... Pas pour nous, en tout cas.
D'ailleurs, pourquoi des villes comme Lyon ou Dijon (cette dernière ayant fait partie jadis des villes les plus puissantes d'Europe) sont-elles des villes de province aujourd'hui? N'y a-t-il pas aussi un problème de ce côté-là? Peut-être que votre haute conscience de la complémentarité devrait vous pousser à vous demander pourquoi nous réussissons à créer des emplois, à attirer des compétences, et vous pas. Non?

Écrit par : Michael Kohlhaas | 17/12/2010

Merci Antoine.

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 17/12/2010

Antoine Vielliard,

Décortiquons votre réponse à mon premier point. Commentaire général: vous caricaturez ce que j'ai écrit.

Prenons phrase par phrase:

"Votre proposition ne peut seduire que les imbeciles qui ne comprennent pas a quel point nous avons besoin les uns des autres."
- ne prenez pas les gens pour les imbéciles; ceux-ci sont plus nombreux que vous ne le croyez;
- à quel point nous avons besoin les uns des autres: moi, je suis d'accord qu'on aille chercher les frontaliers dont on a besoin, comme c'était le cas autrefois, lorsqu'il y avait une priorité pour les autochtones;

"Fermer les frontieres revient a renoncer a notre complementarite."
- Je n'ai pas dit de fermer les frontières de façon hermétique, j'ai parlé de donner une priorité.
- "renoncer à notre complémentarité": n'importe quoi.

"L'emploi aux autochotones comme vous le proposez ferait fuir tous les investisseurs et meme les entreprises locales qui ont besoin de recruter sur la base des competences et pas de la nationalite."
- si les entreprises veulent aller ailleurs, qu'elles y aillent; d'ailleurs, vous devriez les encourager à s'installer à Lyon, à Annemasse, bref là où se trouvent toutes les compétences qui nous manquent, à nous pauvres Suisses, plutôt que de nous expliquer pourquoi nous faisons tout faux chez nous.

"Les logements aux autochtones cote francais nous plongerait dans une crise de l'immobilier profonde et destructrice."
- Encore une fois, il y a longtemps qu'il y a des Suisses qui habitent en France, même lorsque les frontières étaient "fermées", et ce n'était pas la crise.

" Nous devrions renoncer aux importations et aux exportations qui ont cree tant d'emplois."
- Non, non, pas du tout, et d'ailleurs les marchandises sont encore frappées de droits de douane. Cela n'empêche pas la Suisse d'être un grand exportateur.

"Geneve devrait renoncer aussi au 20% de sa valeur ajoutee issu de la banque privee (entre autre)."
- Cette phrase ne veut strictement rien dire.

Écrit par : Michael Kohlhaas | 17/12/2010

Michael Kohlhaas, votre analyse est d'une importance capitale et reflète exactement ce que la citoyen genevois pense.Merci.
70000 frontaliers trop c'est trop.Et le plus beau c'est qu'ils ne cessent pas de critiquer la Suisse qui leurs donne à manger.Enfin je comprends pourquoi les genevois ont raz le bol de ces profiteurs.

Écrit par : Genevois FE | 18/12/2010

Bonjour,

En avant première je vous fait copie de la plainte administrative qui sera postée la semaine prochaine, si vous avez des améliorations ou des témoignages, je vous en prie ! ;

Service de protection de l'air
Avenue de Sainte-Clotilde 23
case postale 78
1211 Genève 8


Madame, Monsieur,

C'est avec regret que vous me voyez dans l'obligation de porter la présente plainte auprès de votre service, concernant les faits suivants :
En date du mardi 7 décembre 2010 vers 16:30 en respirant l'air des alentours de la région du Lignon, j'ai constaté que celui-ci était fortement vicié par des odeurs chimiques indéfinissables.
Suite à ce constat j'ai pris contact par téléphone auprès du service de surveillance de l'air, de cet entretien, j'en ai déduit que le moyen légal de mettre un point définitif à ces effluves, consiste à poursuivre la procédure administrative et cela uniquement auprès de votre service.
Le fait que des odeurs toxiques puisque principalement composés de formaldéhydes, selon certaines informations avisées, ne sont pas rare dans les environs du Lignon, en moyenne 2 ou 3 fois par semaine, la population locale subit cette contrainte nuisible tant au niveau sensoriel que fonctionnel, les émanations de formaldéhydes sont bien sûr responsables d'autres maux, cette fois d'ordre lésionnel (tumeurs, irritations et inflammations). J'en déduis que ces émanations concentrées par moments, sont dangereuse et non sans conséquences sur les métabolismes environnementaux.
Par la présente, je demande à votre service de prendre les mesures adéquates afin de remédier à cette intoxication ayant déjà pollué les airs de notre canton, depuis plusieurs décennies maintenant et de me communiquer vos conclusions, notamment en matière d'éventuel recours.

Dans l'attente de votre réponse, qui je vous le rappel représente une urgence en matière de salubrité tant pour l'environnement que pour le personnel des entreprises responsables de ces atteintes aux métabolismes tant humains qu'environnementaux, je vous prie, Madame, Monsieur, de croire dans ma considération la plus distinguée.

Écrit par : Corto | 18/12/2010

GenveFe,

Pour votre information, ce ne sont pas des Suisses qui donnent à manger, aux frontaliers, étant donné que la plupart des Entreprises, sises sur le canton de Genève, appartiennent à des étrangers.

Si cela peut vous intéresser, sachez que Monsieur Frank Riboud, vient de rentrer comme Administrateur chez Rolex...et oui, un Frouze ! (le patron de Danone)

Écrit par : Café | 19/12/2010

Et c'est aussi le cas d'une très grande majorité d'infirmières frontalières compétentes dévouées qui soignent vos enfants et vos vieux. Vu le mode de fonctionnement des cycles et colleges de Geneve on peut rassurer ces infirmières ce n'est pas demain que Genève parviendra à former des remplaçantes et on peut parler comme ca de beaucoup de métiers nécessitant une formation. L'ambition de ces établissements est de distiller une quintessence d'elèves mais pas de former le plus possible.

Quand à ceux ayant obtenu la maturité, c'est beau d'en voir 500 étudiant la médecine en 1iere année pour 120 places en 2nde.....

Écrit par : toto | 19/12/2010

Et c'est aussi le cas d'une très grande majorité d'infirmières frontalières compétentes dévouées qui soignent vos enfants et vos vieux. Vu le mode de fonctionnement des cycles et colleges de Geneve on peut rassurer ces infirmières ce n'est pas demain que Genève parviendra à former des remplaçantes et on peut parler comme ca de beaucoup de métiers nécessitant une formation. L'ambition de ces établissements est de distiller une quintessence d'elèves mais pas de former le plus possible.

Quand à ceux ayant obtenu la maturité, c'est beau d'en voir 500 étudiant la médecine en 1iere année pour 120 places en 2nde.....

Écrit par : toto | 19/12/2010

Salut Antoine, tu t'en doutes je me sens un peu visé par ta parabole cycliste. Mais on ne peut pas mettre sur le même plan le jeu de l'avion de l'économie mondiale, qui s'exerce dans un champ clos limité, à savoir la planète, en s'approchant dangereusement de ses limites environnementales (du moins en l'absence d'évolution technologique majeure) et le développement économique genevois, précisément parce qu'il partage les mêmes limites... à savoir la planète et qu'il en est encore très très loin.
En clair, une niche comme celle que s'est trouvée Genève est certes très fragile, mais peut se perpétuer encore bien longtemps avant de s'épuiser, contrairement à l'avion de l'économie monde, plombé par les 10 000 milliards de dollars récemment injectés à crédit et qui risque à tout moment de s'écraser. Ce qui bien évidemment, entraînerait alors l'économie genevoise dans sa chute, quels que soient d'ailleurs ses orientations. Mais en attendant, autant en profiter, non ?
Je suis d'accord avec toi qu'il y a quelque chose de pathétique à danser ainsi sur un volcan, mais que faire d'autre que gagner du temps, en essayant de faire avancer le schmilblick vers la seule chose qui en vaille la peine: la gouvernance mondiale, ou en d'autres termes la gestion coordonnée de la planète pour lui assurer un développement plus durable et plus équitable.
Pathétique et schyzophrène, puisque j'ai l'air de défendre une chose au plan local et son contraire au niveau global. Erreur. Je défends dans les deux cas la coordination et la concertation, alors que dans tes propositions, tu restes dans une logique de rapport de force et d'opposition entre Genève et le Genevois français. Même si tu n'as pas tort de hausser le ton: ta manière méthodique d'enfoncer le clou donne des résultats et c'est tant mieux, mais il faut aussi tenir compte des réalités et la réalité, c'est que l'on ne supprimera pas les blocages genevois à la construction du jour au lendemain, et qu'en attendant, il serait criminel de ne pas développer les réseaux de transport dont nous avons tous besoin.
Quant à ce M. Guye que je ne connais pas mais qui travaille visiblement à la promotion de la Ville de Genève, j'aimerais lui faire remarquer qu'au cas où cela lui aurait échappé, la crise a durement agi sur l'emploi partout dans le monde. Il se trouve que c'est à Genève qu'elle a été ressentie le moins durement. Et cela certainement pas grâce aux efforts de la Ville, assez comparables à tout ce qui s'est fait ailleurs, en vain, mais grâce à ceux du canton. Pas par miracle, mais parce qu'ils sont adaptés au tissu économique spécifique genevois et à ses chances uniques dans le concert international.
Ce Monsieur cite des chiffres qui démontrent un gain certes faible, mais un gain net en termes de créations d'emplois ces dernières années. Sait-il combien d'autres régions du monde ont faix mieux ? Pas une seule ! Drôle de manière de critiquer. Quant au fait qu'il se ferme trois sociétés lorsqu'il s'en ouvre quatre, c'est le jeu du libéralisme, de la concurrence et des compétences. C'est sûr que dans une économie planifiée comme celle qu'aimerait apparemment développer la ville, il y aurait moins de mouvement... Peut-être deux fois moins de fermeture... Et quatre fois moins de création !

Écrit par : Philippe Souaille | 19/12/2010

Les problèmes que tu dénonces avec entêtement sont réels. Mais tu oublies le principal: l'écrasante disparité de revenus de part et d'autre de la frontière. Du coup, je pense que ta solution n'est pas la bonne. Quelle serait-elle ? C'est un gros chantier, qui reste à entreprendre. parlons-en

Écrit par : Philippe Souaille | 19/12/2010

Avec tous ces cerveaux c'est dommage que vous ne participez pas au développement de votre pays la France qui commence à toucher le fond. Et égale malheureusement un pays du tiers monde. Dommage

Écrit par : Genevois FE | 20/12/2010

Genevois, les pays en développement sont en développement, alors que la France a choisit la voie du sous-développement !

Écrit par : Corto | 20/12/2010

@Philippe Souaille :

Tu n'étais nullement visé par l'analogie. Mais il faut bien constaté que la politique économique exogène de Genève conduit à un mur qui est désormais visible : encombrement des voies de circulation qui s'aggrave à vue d'oeil chaque mois, absence de mixité sociale qui fait que Genève n'a déjà plus assez de policiers, d'infirmières, de maçons, d'assistantes maternelles...

La disparité des revenus n'a pas grand chose à voir avec cela. Ce n'est pas en raison de la disparité des revenus que des milliers de Genevois sont contraints malgré eux d'aller vivre dans le Genevois français mais simplement parce que Pierre-François Unger et Mark Muller sont incapables de coordonner leurs politiques pour qu'il y ait un minimum de cohérence entre la croissance démographique et la construction de logements.

C'est bien un jeu de l'avion car les entreprises commencent déjà à trouver que Genève est trop cher, qu'on ne s'y déplace pas, et que les infrastructures sont notablement insuffisante. Ce jeu de l'avion prendra fin brutalement lorsque cette prise de conscience s'accélérera... soit Genève l'anticipe en préparant un autre modèle de croissance... soit elle le subit. Dans tous les cas nous avons déjà perdu une bonne partie de notre qualité de vie, et nous devrons payer les bulles immobilières, et les infrastructures.

Mais il n'est pas trop tard pour corriger le tir.

Un autre modèle de développement économique est possible pour Genève. Une politique économique qui crée de l'emploi localement plutôt que de l'importer. Une politique économique qui s'attache à créer des emplois qui correspondent aux qualifications des chômeurs plutôt que de simplement générer d'illusoires rentrées fiscales à court terme. Une politique qui forme les jeunes aux emplois futurs - Genève n'a même pas d'école de la banque privée de niveau international !-.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (Saint Julien en Genevois) | 21/12/2010

Oui Antoine, mais le Département d'Unger consacre déjà le 90% de son budget (je cite de mémoire, mais c'est dans cet ordre de grandeur) aux entreprises locales et le 10% seulement à l'international. Alors sur le principe, tout le monde est d'accord, mais en pratique, les recettes miracles se font rares. Et la disparité de revenus (qui s'accroît au rythme de l'escalade du Franc !) est une constante lourde, qui alimente tous les déséquilibres dont nous parlons.
Le taux de chomâge genevois est certes élevé en moyenne suisse, mais il est un des plus bas du monde en comparaison internationale. Et la composition sociologique de la population genevoise n'a pas grand chose à voir avec celle du Canton d'Uri. L'épaisseur de son filet social non plus, qui fait qu'une personne, y compris charge de famille, à Genève, peut préférer toucher le chômage ou même les aides sociales que de percevoir un salaire qui serait à peine équivalent... Contrairement à ce qui se passe à Uri.
Prenons l'exemple des services à la personne, gisement d'emplois fabuleux, qui commence à être bien exploité en France. Les Français peuvent vivre correctement chez eux en proposant de tels services à des prix tout à fait acceptables, notamment par les frontaliers qui bénéficient de salaires suisses. Mais les services à la personne sont quasi inexistant sur Genève, ou alors rempli quasi exclusivement par des travailleurs sans papier (notamment des milliers de latino-américains) bossant plus ou moins au noir.

Écrit par : Philippe Souaille | 21/12/2010

@Philippe :
90% du budget.. c'est effectivement le chiffre de l'argumentaire de Pierre Francois Unger. Ce chiffre a deux limites :
1) il ne prend pas en compte l'exoneration fiscale accordee aux entreprises multinationale. Le discount qui leur est offert sur le cout des services publics. Si on prend en compte ces exonerations fiscales alors le montant investit sur la promotion exogene est largement superieur a la promotion endogene.
2) Mais SURTOUT, ce chiffre ne prend pas en compte les infrastructures rendues necessaire par l'afflux massif de population. Ces infrastructures listees dans le projet d'agglomeration se chiffre en milliards de Francs Suisse. Au rythme actuel il faudrait une nouvelle ligne de CEVA supplementaire tous les 7 ans ! Je n'ai plus le chiffre exact en tete mais de memoire il se situe en 1 et 2 milliards de CHF pour la seule ligne existante. Et je ne parle pas ici de l'extension de l'hopital, de la traversee de la rade, des creches, des ecoles.. et des primes pour vie cher qu'il faudra accorde pour recruter encore qq policiers et professeurs.. Si on affecte ces depenses au budget de la promotion externe, comme on devrait le faire en comptabilite analytique, on se rendrait alors compte que le budget de la promotion economique represente sans doute 20% a 25% de l'ensemble du budget cantonal. Les Genevois paient des impots qui sont utilises pour les chasser de leur canton et degrader leur qualite de vie.. ils devront en plus payer les infrastructures pour des entreprises qui ne paient pas d'impots !!!!

Non les desequilibres dont je parle sont le resultat direct des politiques incoherentes qui se resument en deux chiffres : 15 000 habitants supplementaires attires par la politique d'exoneration fiscale genevoise mais seulement 1230 logements pour les loger.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 21/12/2010

Antoine, prétendre que tous les nouveaux arrivants sur Genève découlent de la promotion économique c'est
1) lui attribuer une efficacité qu'elle n'a aucunement
2) nier la force d'attraction du Franc, qui attire comme un aimant des travailleurs venus d'un peu partout
L'impact des dégrèvements fiscaux, dans l'arrivée de nouveaux travailleurs à Genève n'est certainement pas négligeable mais il n'est qu'une partie d'un mouvement bien plus vaste, rançon du succès économique de la Suisse et de Genève en particulier.
De plus les entreprises attirées fiscalement dont tu parles n'existent pas hors sol. Leur arrivée va générer toutes sortes de retombées positives sur les entreprises locales: déménageurs, comptables, publicitaires, écoles privées, petit et grand commerce... Dans le domaine qui est le mien, l'audiovisuel, la moitié des boîtes devraient fermer si les multinationales et les OI levaient le camp.
Sur ce, Joyeuses fêtes et amitié
Philippe

Écrit par : Philippe Souaille | 21/12/2010

Salut Philippe,

Detrompe toi... et compte les effectifs des multinationales qui ont ete attire a grand renfort d'exonerations fiscales. Compte les effectifs de traders. Ils ne forment pas la totalite mais en sont l'une des composantes principales.

Quant aux retombees.. elles entrainent elles meme d'autres afflux de population : les sous-traitants sont elles aussi des entreprises qui viennent de l'etranger. Elles ne beneficient pas toujours elles aussi des avantages fiscaux mais amenent elles aussi leur lot de nouveau resident. Comme le dit bien Pierre-Francois Unger, je suis aux premieres loges pour observer ce phenomene.

Il y a des retombees positives pour certains : qq promoteurs, des proprietaires ou peut etre comme tu le souligne des professionnelles de l'audiovisuel. Au dela de l'egoisme qui consiste a se preoccuper de sa situation sans prendre en compte l'interet general, meme pour ceux la, ces retombees sont a courte vue ... car leurs enfants devront eux aussi quitter le canton pour se loger.. eux aussi auront du mal a se faire soigner... seront menaces dans leur securite parce que les policiers supplementaires dont Geneve a besoin ne peuvent pas se loger... eux aussi termineront leur vie dans des EMS prive de personnel faute de logement a des prix abordables. Eux aussi vivent les consequences nefastes sur notre mobilite a tous. Eux aussi devront payer les couts des infrastructures rendues necessaire par cet afflux de population et qui se chiffre en milliards de CHF.

Joyeux noel a toi,
Amicalement,

Antoine

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 21/12/2010

Il me semblait que des palanquées de gestionnaires de fonds quittaient Londres dont les impots avait fortement augmentés tant sur les revenus que sur les bonus.
Il me semblait que l'OCDE commencaient à sérieusement tousser sur cette règle de non imposition sur les bénéfices non réalisés en Suisse.
Quand le reveil sur le cout du logement, de l'école internationale ou de l'école Moser sera effectif, il va y en avoir qui n'auront que leur yeux pour pleurer.

Le militant MCG peut toujours se recroqueviller sur sa frontière si ca lui chante, il se fait toujours détrousser par la Migros et la Coop qui prend 30% de marge sur tout ce qu'elles vendent (meilleure marge d'Europe). J'habite à Geneve, j'achete à Geneve, bonjour le pigeon.

Écrit par : Leon de Bruxelle | 21/12/2010

Les commentaires sont fermés.