02/11/2010

358 000 habitants supplémentaires en 2030 au lieu des 200 000 prévus dans le projet d’agglo

Le projet d’agglomération prévoit l’arrivée de 200 000 habitants supplémentaires dans l’agglomération franco-Valdo-genevoise en 2030 (un peu plus que le nombre d'habitant de la ville de Genève). Un chiffre qui a fait couler beaucoup d’encre par son ampleur. Beaucoup étaient dubitatifs. C’était pourtant la simple projection des tendances observées lors de la rédaction du projet.

L’observatoire statistique transfrontalier vient de publier sa nouvelle synthèse pour 2010. Il faut lire entre les lignes de la page 7 du rapport pour comprendre que les nouvelles tendances nous mènent à compter 358 000 habitants supplémentaires en 2030. (812 400 habitants en 2007 avec une croissance de 1,6% par an sur 23 ans = 1 170 375 habitants en 2030). Et encore cette projection ne prend pas en compte la récente accélération des mouvements démographiques. IL faudra donc accueillir en 20 ans l'équivalent de deux fois la population de la Ville de Genève !!!

Seulement 3 ans après la signature du projet d’agglomération, alors que Genève se montre incapable de construire assez de logements pour loger 100 000 habitants de plus en 2030, on s’aperçoit qu’en réalité Genève devra en loger 200 000 !!!!!

Ce même rapport confirme, comme je l’ai mentionné ici à plusieurs reprises, que les deux tiers de la croissance démographique du Genevois français sont causé par les Genevois qui fuient la pénurie de logement. Sur la seule année 2009, ce sont 3700 habitants de Genève qui ont du s’installer dans le Genevois français et le district de Nyon. Environ 3000 voitures en plus en un an seulement : soit une file indienne de 12 kilomètres qui traverserait le canton de Vernier a Thônex. Les Verts Genevois sont en grande partie responsable de cet accroissement du nombre de voitures avec leurs oppositions aux logements comme aux Cherpines.

Le projet d’agglo avait modélisé l’enfer quotidien que deviendrait le Genevois français si les politiques actuelles se poursuivaient : paralysie totale des transports, pollution, ségrégations sociales. Cette modélisation est à revoir aussi. Nous nous dirigeons tout droit vers l’enfer au carré ! A moins de changer rapidement les politiques publiques du canton de Genève.

Il faut soit reprendre à zéro le projet d’agglomération ou que Genève revoit sa politique économique exogène qui n’a pas obtenu le moindre début de résultat dans la lutte contre le chômage : importer des emplois de trader et de hedge funds n’aide pas les chômeurs genevois à trouver un emploi !

Commentaires

votre billet m'inspire deux commentaires:
- le projet d'agglo doit être considéré comme une instance de négociation entre français et genevois. aujourd'hui, j'ai l'impression que les élus français sont soit absents par défaut de prise de conscience de l'importance des travaux du projet d'agglo; soit beaucoup trop mous et consensuels, peut être faute d'être compétents dans les domaines évoqués. dans les deux cas de figure les genevois mènent à leur main le projet. pour avancer d'égal à égal les élus français doivent de mon point de vue d'abord aller au clash.
- revoir à ce point au bout de 3 ans les projections démographiques dénote de une déficience de l'analyse prospective initiale qui doit permettre de dresser les grandes hypothèse sur la façon dont on va probablement vivre dans notre agglo d'ici à 20 ans. ce n'est pas inquiétant si le projet d'agglo n'est qu'un enrobage marketing pour obtenir de l'argent suisse pour le CEVA et les trams. s'il doit réellement servir de base à des politiques d'aménagement du territoire ça l'est beaucoup plus....

Écrit par : jaime elesde | 02/11/2010

Bonjour,

Votre commentaire touche le coeur du probleme.

Je partage votre point de vue sur la necessite pour les partenaires francais d'aller au clash face a temps de violation. C'est meme une question de dignite pour l'avenir. Ce point de vue n'est pas encore majoritaire mais il progresse sacrement et progressera inexorablement au fur et a mesure que les violations du projet d'agglomeration par Geneve se multiplieront mois apres mois, trimestres apres trimestres.

La raison de ces disparites est double. Du cote genevois et pour beaucoup d'elus, il y a un manque total de sincerite dans la demarche d'agglomeration. Cette demarche a au depart ete imposee par Berne pour beneficier de credits federaux sur certains projets et en particulier les projets de transports. Pour beaucoup d'elus Genevois l'interet du projet d'agglo n'est pas de definir un projet de territoire mais simplement de donner a Berne l'illusion d'une vision d'ensemble afin d'obtenir des subventions federales. Des lors le reste a peu d'importance. Pour ces elus la, le Genevois francais n'est pas digne d'etre un partenaire pour discuter de l'avenir de l'agglomeration. Leur xenophobie n'a pas grand chose a enviee a celle du MCG. Ce que ces elus ne comprennent pas c'est que tous les projets de transports en commun, meme subventionnes par Berne, seront inutiles si dans le meme temps on exporte plus d'habitants dans le Genevois francais que ces transports en commun ne pourront en transporter.

Cote Francais la raison est differente. Les leaders cote Francais sont aussi souvent Maires (ou ont ete Maires) de grandes communes qui ont un interet direct dans les subventions Bernoises. Ils se taisent en echange d'un tram ou d'une nouvelle gare payee par Berne, qui ferait joli sur leur bilan electoral. Eux aussi ne comprennent pas que ces gares et ces trams seront inutiles puisqu'ils seront pris d'assaut par les Genevois qui s'installent chaque annee dans le Genevois francais au rythme de 2000 habitants supplementaires par an : 40 000 en 20 ans ! Ils ne comprennent pas que ces trams et ces gares penaliseront leurs propres electeurs en deteriorant leur pouvoir d'achat et en les expulsant eux aussi de leur commune.

Bernard Gaud est le seul Vice President de l'ARC qui ose hausser un peu le ton (accessoirement, c'est aussi l'un des rares a n'etre pas directement concerne en tant que Maire par les subventions bernoises). Etienne Blanc commence aussi a se faire plus ferme. Les autres Maires vont se faire entendre de plus en plus fortement face a ces violations repetees du projet d'agglo : eux observent les consequences devastatrices de la colonisation genevoise sur les disparites sociales, sur le pouvoir d'achat des salaries en euros et sur l'aggravation des nuisances du traffic. (le terme de colonisation peut sembler tres aggressif, il ne l'est pas a mes yeux mais vise simplement a decrire une realite statistique).

Une autre raison est sans doute liee a la gouvernance suisse par departement. Il semble que les services de Pierre Francois Unger ne controlent plus leur succes a faire venir des multinationales et des hedge funds en leur offrant gratuitement des infrastructures internationales et des services publics (exoneration quasi totale de l'impot sur les societes).. alors que les services de Mark Muller peinent a venir a bout des multiples lobbys et interets prives qui s'opposent a la construction de logements. Le probleme c'est qu'il semble que personne au conseil d'etat ne se sente responsable de la coherence d'ensemble. Resultat : Geneve fait le grand ecart entre une politique economique digne de New York ou Singapour et une politique du logement digne du Gros de Vaud ou de la Creuse !

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard (St Julien en Genevois) | 02/11/2010

@ Antoine Vielliard

Bonjour,

Etant rappelé que le projet d'agglo n'est pas un traité international engageant la France et la Suisse, ce que vous ne contestez pas, mais de simples promesses d'élus, je serais curieux de savoir ce qu'est un clash ?

Concrètement qu'est-ce que cela signifie ?

Ne plus palabrer ? Manifester dans les rues basses ? Continuer à ne pas délivrer de titre de séjour au citoyens suisses résidant dans le genevois, ce en violation des lois de votre République et d'un traité international ? Ne pas construire, au détriment de la population du Genevois, les prolongations du CEVA après (ou avant) Annemasse (le clash permettrait alors de dissimuler le réel motif à cet abandon : Pas de financement) ? Envoyer les chars de l'armée française à Genève (comme votre compatriote et politicien Montebourg aime à le rappeler) ?

Meilleures salutations.

Écrit par : CEDH | 02/11/2010

@CEDH :

Pour la n-ième fois, ce blog est un blog politique et pas un blog de droit international. Vous estimez tout à fait normal que le Conseil d'Etat viole sa parole c'est votre problème. Les conséquences dramatiques des incohérences politiques genevoises ne semblent pas plus vous soucier, tant pis.

Par contre si vous voulez jouer les trolls, je vous laisse ouvrir votre propre blog. Ici, je supprimerai dorénavant vos commentaires répétitifs auxquels j'ai déjà répondu à de multiples reprises et qui ne font plus avancer le débat.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 02/11/2010

@ Antoine Vielliard

1) "Comparativement, dans l’agglomération franco-valdo-genevoise, l’apport extérieur de population explique une part encore plus importante de la croissance démographique entre 1999 et 2007 : + 1,1 % pour la contribution du solde migratoire apparent, le solde naturel n’y intervenant qu’à raison de + 0,5 %. Du fait de leur poids démographique, le Genevois-Français et le canton de Genève contribuent fortement à l’ampleur du phénomène."

Voilà le texte auquel vous faites référence.

C'est dire que de 1.6 % de croissance entre 1999 et 2007 vous faites l'hypothèse que le taux de croissance sera le même jusqu'en 2030. De cette hypothèse vous tirez votre conclusion.

Sur quoi fondez-vous votre hypothèse ? Qu'est ce qui peut vous permettre d'alléguer que le taux de croissance entre 2007 et 2030 sera le même qu'entre 1999 et 2007 ?


2) Je reste curieux de savoir ce qu'est le clash que vous appelez de vos voeux?

Concrètement qu'est-ce que cela signifie ?


3) Je ne me réjouis pas de ce qu'une quelconque autorité genevoise ait, si tel devait être le cas, violé ses promesses. Je relève simplement que, si ces promesses avaient l'étendue que vous lui donnez, je ne serai pas engagé parce que la Suisse ne serait pas engagée. Si tel ne devait pas être le cas, mes droits politiques suisses auraient été bafoués.


4) Je trouve votre appellation de colonisation parfaitement injurieuse pour les "colons" qui ne sont que des migrants dont le comportement migratoire est parfaitement conforme aux traités internationaux liant la France.

Est-ce que moi je vous appelle voleur d'emploi ?

Écrit par : CEDH | 02/11/2010

Bonsoir,

1) Les évolutions démographiques sont des évolutions lentes.. en général l'estimation la plus fiable pour les prochaines années consiste à regarder ce qui s'est passé sur les dernières années. Surtout si les politiques économiques restent les mêmes. Ces évolutions peuvent être ralenties si la politique économique exogène absurde et innefficace contre le chômage est remplacée pour une politique endogène.

2) Le clash : IL y a plusieurs clash possibles. La plupart des élus locaux français estiment qu'ils n'ont aucune influence, pouvoir ou marge de manoeuvre vis à vis de Genève. Un clash possible et que j'appelle de mes voeux comme vous le savez déjà consiste à suspendre toute la coopération sur tous les transports en commun transfrontaliers tant que les engagements sur le logements n'auront pas été mis en oeuvre par ceux qui les ont signé. A charge pour eux d'expliquer au souverain la nécessité. A charge pour eux de modifier les lois qui empêchent Genève de construire assez de logements. D'autres clash sont possibles. Faut il rappeler le clash avec l'Allemagne sur les voies d'atterissage pour Bâle Mulhouse. Un autre type de clash pourrait consister pour les collectivités locales à négocier avec l'Etat français une répartition de l'impôt des travailleurs frontaliers puis de dénoncer les accords existants pour que les personnes en questions soient imposées sur leur lieu de résidence comme c'est le cas pour les habitants Genevois qui travaillent dans le canton de Vaud ou dans l'UE. En tant que voisins, nous sommes interdépendants, les possibilités de clash sont multiples et nombreux.

3) Je n'ai jamais prétendu qu'il s'agit d'un traité international comme vous le prétendez. Il s'agit d'un accord politique pour bâtir ensemble une agglomération qui préserve la qualité de vie. La violation d'un tel accord est profondément révoltante.

4) Les colons genevois sont d'un type bien particulier. Ils sont colons contre leur gré. La plupart ont cherché pendant des années un logement à Genève avant de constater que leur commune et leur canton n'ont pas prévu de les loger.Ils sont eux aussi victime des incohérences politiques genevoises. Ils ont parfaitement le droit de s'installer. C'est l'incohérence des politiques genevoises que je dénonce.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 02/11/2010

Eh bien j'espère que ces "futurs habitants" qui apparemment sont une fatalité, ne viendront pas habiter à Genève. On a déjà assez bétonné le canton comme cela.

Écrit par : asdf | 03/11/2010

@asdf : Ces habitants attiré par Genève habiteront Genève. Ils auront eux les moyens de se loger à Genève car ils ont des rémunérations supérieures à celles des Genevois en partie parce que leur employeur est exonéré d'impôts sur les sociétés par le canton. Ce sont les jeunes Genevois qui doivent chaque année quitter le canton et s'installer dans le Genevois français. Genève n'assume effectivement pas les conséquences urbaines de sa politique économique mais est rattrapée quand même par les milliers de voitures supplémentaires chaque année qui engorgent les routes des communes qui refusent de construire des logements à proximité des réseaux de transports en commun.

Si vous vous opposez aux constructions de logement, soyez cohérent jusqu'au bout et opposez vous à cette politique économique exogène qui offre des conditions cadres plus attractive aux entreprises qui s'installent plutôt qu'aux entreprises genevoises.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 03/11/2010

Bonjour,
Dans le canton de Vaud aussi, il faut reconnaître que la croissance démographique est impressionnante. Nous étions 500'000 en 1960, 600'000 en 1995 et sommes aujourd’hui plus de 700'000.
Alors forcément, concilier démographie et aménagement du territoire devient très difficile.
Par exemple à Belmont:
http://belmont-politique-elections.blogspot.com/2010/11/belmont-politique-elections-palm-sdel.html

Écrit par : Pierre | 29/11/2010

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