22/09/2010

Où s’installent les Genevois dans le Genevois français ?

Les statistiques de l’INSEE donnent une bonne image du flux migratoire de notre agglomération. La gravité de la pénurie de logement au cœur de notre agglomération contraint toujours plus d’habitants à venir se loger dans le Genevois français.

L’INSEE indique la proportion d’habitants qui habitaient à l’étranger 5 ans auparavant. Une émigration qui vient principalement de Genève car le plus souvent même les ressortissants de l’Union qui s’installent dans notre agglomération s’installent d’abord à Genève avant éventuellement de s’installer dans le Genevois français ensuite. Ce chiffre couvre des habitants de Genève de toutes nationalités. Il s’agit principalement de jeunes ménages.

Pour l’ensemble du canton de Saint-Julien, le chiffre s’élève à 8,8%. Un chiffre à rapprocher des 13% de croissance de population environ en 5 ans ! En résumé, l’exode entretenu par la pénurie de logements à Genève explique les deux tiers de la croissance démographique et de l’urbanisation du Genevois français.

Certains élus Genevois reprochent au Genevois français le mitage du territoire qui aggrave l’engorgement des transports. Ce mitage est pourtant la conséquence directe de la pénurie de logements.

Les habitants Genevois s’installent plus particulièrement dans les communes du pied du Salève (Bossey, Archamps, Collonges, Neydens et Beaumont). Les statistiques des notaires de Haute-Savoie indiquent également que les habitants de Genève s’installent de préférence dans des maisons individuelles plutôt que dans des appartements.

Certaines communes du Chablais ont choisi de construire de préférence des appartements plutot que des résidences individuelles : non seulement cela répond aux contraintes de préservation des espaces naturels mais aussi cela permet de limiter l’exode en provenance du cœur de l’agglomération qui aggrave les conditions de circulation pour tout le monde.

 

 

Habitaient hors de France

5 ans auparavant

Bossey

14.8%

Archamps

12.9%

Collonges-sous-Salève

12.6%

Neydens

11.0%

Beaumont

10.5%

Valleiry

9.4%

Chênex

9.3%

Canton de Saint Julien

8.8%

Chevrier

8.4%

Vers

8.4%

Saint-Julien-en-Genevois

7.8%

Dingy-en-Vuache

6.9%

Viry

6.6%

Feigères

6.3%

Vulbens

6.1%

Savigny

6.0%

Présilly

5.5%

Jonzier-Epagny

5.2%

 Source : INSEE, statistiques locales 2007

 

Commentaires

A mon avis les genevois qui s'installent dans les communes du pieds du salève, le font essentiellement dans des construction déjà existente, car dans ces communes, ca fait belle lurette que les déclassements conduisant a la création de terrains à bâtir disponible sont terminés.

Ainsi, dans ce cas, il est faux de parler de mittage du territoires, c'est juste que les ex-habitants genevois ont remplacés de bon francais de souches (*), ce dernier ayant fait une (très) bonne affaire en vendant leur objet immobilier.

(*) Terme à la mode chez les UMP décomplexés et autres partis identitaires en france.

Écrit par : Djinius | 22/09/2010

@Djinius: Je ne sais pas d'où vous tenez vos informations mais ça construit toujours massivement au pied du Salève. Toutefois, ça coûte tellement cher maintenant (1 Mio de CHF pour une maison individuelle habitable de suite avec terrain, que ce soit neuf ou ancien) que ce n'est plus accessible qu'à des cadres de multinationales (sauf si le terrain est un héritage.
.
Les chiffres entre Bossey et Beaumont font quand même froid dans le dos: à ce rhythme-là on aura un remplacement complet de la population des communes les plus touchées (communes A-B-C) en moins de 30 ans! Même à "GE, l'internationale" ça serait juste impensable...
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@AV: Quid des chiffres pour la CC de Cruseilles (74350)? Ca ne doit pas être triste, non plus. Et pendant ce temps la Suisse continue à fermer son marché immobilier aux acheteurs étrangers via la Lex Koller...

Écrit par : carcolelimonade | 22/09/2010

et où les français trouvent du boulot, à Genève!

La France ne peut pas gagner partout non plus!

c'est 1602 400 ans plus tard!

Écrit par : dominique.degoumois | 22/09/2010

@Djinius : Je vous confirme les propos de Caracolelimonade sur le rythme effrené de construction dans tout le Genevois français... La croissance démographique de +2,4% dans le canton de Saint Julien n'est possible que grâce à cette construction. Ce rythme de construction aussi élevé soit il ne suffit pas à loger les jeunes des communes.

@Dominique degoumois : voilà une remarque dans la droite ligne de ce qui se fait depuis 30 ans : les emplois d'un côté les logements de l'autre.... et tout le monde dans les embouteillages. Ca ne fonctionne plus ! Réveillez vous avant que notre qualité de vie à tous soit définitivement détruite.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 22/09/2010

Vous êtes vraiment incroyable ! Mettre la faute sur les Suisses, c'est donc la seule chose dont vous êtes capable ? C'est bien français ça, le petit coq arrogant !

Vous avez voté sarkozy je suppose ? Vous en avez marre des étrangers ? C'est drôle, vous faites exactement ce contre quoi sarkozy "se bat" et que vous approuvez.

Fermons les frontières, et laissons ces milliers de français crever de faim, nous ça nous fera passer le taux de chômage à zéro, on pourra enfin respirer sans vos diesels et on aura la paix !!

Je vous rappelle que VOUS dépendez de NOUS et que NOUS n'avons pas besoin de VOUS ! Par contre c'est tout le contraire dans votre cas, alors rappelez-vous bien cela. Nous fermons les frontières, vous mourrez de faim.

A bon entendeur !

Écrit par : Mathieu | 23/09/2010

@Mathieu: Pour ma part, je ne vois actuellement que deux dépendances très claires:
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1) Les entreprises installées à GE (dont beaucoup ne sont pas suisse) ont pour la plupart besoin d'une main d'oeuvre très spécialisée et donc d'un accès à un marché de personnes employables le plus large possible (sans quoi ils risquent de partir de ce pays très cher...)
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2) Le canton de GE a besoin des départements 74 et 01 pour resoudre son problème de logement qui est un résultat direct d'une politique de croissance qui n'en assume pas les inconvenients.
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Reflechissez encore une fois et vous verrez que les effets d'une fermeture des frontières ne seront pas aussi "unilatérale" que vous prétendez. Les grands "gagnants" seraient probalement les régies à GE ;-) et les salariés en EUR en France.

Écrit par : caracolelimonade | 23/09/2010

La problématique n'est pas aussi simple que le décrit Antoine. Genève est enclavée par l'Ain et la Haute-Savoie. En comparaison, le canton genevois n'a que très peu de frontière avec le reste de la Suisse. La prospérité de Genève et son extension ne peuvent être plus longtemps bloquée par les frontières ou les transports en communs arrêtés aux frontières. L'immobilier et les transports de toute grande ville se doivent de suivre avec l'amplitude et la prospérité que souhaite se donner la ville. Aujourd'hui Genève est une pointure 44 dans une chaussure de fillette. En augmentant les possibilités de transports en commun, comme cela a pu se faire dans d'autres grandes villes ou mégapoles, on abaisse le trafic routier.

Comme tout pays industrialisé, la Suisse possède sa proportion de gens mis sur la touche. Cette in-compressibilité est liée au manque de formation essentiellement, et pas seulement uniquement à certains patrons sans scrupules qui embaucheraient à prix bas des Français. Nombreux sont les postes qui sont toujours vacants faute de trouver les compétences souhaitées.

Quant à fermer les frontières pour y vivre en autarcie, c'est d'un autre siècle: celui de l'hérésie.

Écrit par : Stéphan | 23/09/2010

caracolelimonade, ceci est un cercle sans fin : il y a de la main d'oeuvre pas cher, alors les entreprises ouvrent des succursalles là où il y en a, et ainsi de suite. Si les frontaliers sont interdits de travail chez nous, des entreprises vont devoir déménager, ce qui permetterais à d'autres villes de se développer ! Genève étouffe, on peut continuer comme cela longtemps !

La solution : remplacer les frontaliers par des genevois, et rendre la fiscalité de genève moins attrayante, afin de développer et délocaliser ailleurs en Suisse.

Arrêtez de croire que Genève est le centre du monde, la Suisse est grande et riche !

Et il faut aussi arrêter de nous rabacher avec des mots tels que "compétences", parce que pour tourner un bouton ou répondre au téléphone (ce pour quoi la MAJORITE des français est engagée ici à Genève), il n'y a pas besoin d'avoir un BAC.

On en reparlera quand Genève aura explosé, ce qui devrait arriver dans moins longtemps qu'on le pense, d'ici là continuez de vous exasier sur la situation actuelle, et continuez de traiter ceux qui PROPOSENT des solutions (radicales ou non) de fous, c'est souvent après coup qu'on se rend compte qu'ils avaient raison !

A bon entendeur.

Écrit par : Mathieu | 23/09/2010

@Mathieu: Qu'est-ce qui vous rend si sûr que les frontaliers sont tous employé pour "tourner un bouton ou répondre au téléphone"? De par mon expérience je dirai plutôt que le mix socio-professionel est le même entre les populations genevo-genevois et frontaliers, en tout cas depuis les bilatérales (PS: En plus, ça vaut probablement de moins en moins le coup de venir de Cluses ou Rumilly - car zone frontalière trop chère - pour faire un "petit boulot" à GE)
.
Là ou vous avez entièrement raison est que la Suisse est très fort pour attirer (pas créer, hein...) des emplois hautement qualifiés, qui servent de loco pour le reste du secteur tertiaire, mais scandaleusement nul quand il s'agit de distribuer ces emplois intelligemment à travers le territoire nationale. Peut-être que fédéralisme à outrance et politique territoriale cohérente sont juste incompatible?

Écrit par : caracolelimonade | 23/09/2010

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