31/08/2010

Embouteillages : le piège se referme sur Genève

On a l'habitude de voir les embouteillages grandir chaque jour un peu plus. Sur les routes, nous avons chacun nos petits signes : il y a quelques mois encore, à telle heure, la file de voitures n'atteignait que tel immeuble ou tel carrefour, maintenant la file de voiture a pris 50 mètres de plus.... ou le bouchon se forme 15 minutes plus tôt et dure 15 minutes de plus. Il y a quelques années les plus matinaux et les plus tardifs pouvaient encore espérer échapper aux engorgements des routes.

Mais au court de l'année ces changements interviennent petit à petit. Les bouchons s'aggrandissent d'une voiture par semaine environ... on s'y habitue comme la fameuse grenouille qui s'habitue petit à petit à l'eau qui chauffe.

Il n'y a qu'un seul jour par an où on prend tout d'un coup quelques degrés de plus, quelques dizaines de mètres d'embouteillages de plus du jour au lendemain. Le premier lundi de rentrée scolaire. Soudainement on passe du trafic fluide des mois d'été aux bouchons de rentrée, mais en plus ces bouchons sont soudainement plus importants que ceux qu'on avait laissé deux mois plus tôt. Entre temps, il y a eu deux mois durant lesquels de nouveaux habitants sont arrivés, faute de logements supplémentaires à proximité des bus et trams ils se sont installés dans le Genevois français et utilise leur voiture. C'est le seul jour de l'année où l'aggravation de la situation des transports se fait brutalement.

Cette aggravation ne se fait qu'en deux mois... au cours d'une année ce sera 6 fois pire... et 30 fois pire en 5 ans. C'est le seul jour de l'année au cours duquel il est facile de se représenter l'enfer quotidien que sera devenu Genève paralysée dans ses transports. On imagine que plus une entreprises ne viendra s'enfermer dans ce bourbier de transport et ce désert de logements que sera devenu Genève. Mais la qualité de vie des habitants du Genevois franco suisse sera elle durablement péjorée. Les activités économiques et publiques du Genevois français auront été détruites. Nous devons immédiatement changer les politiques du Genevois franco suisse pour cesser de dégrader notre qualité de vie.

Que le canton de Genève construise assez de logements nouveaux à proximité des bus et trams pour les traders et professionels de hedge funds qu'il fait venir - ou renonce à leur accorder des dérogations fiscales qu'il n'accorde pas aux Genevois. Cela suppose que Genève construise assez de logements pour sa jeunesse et cesse de considérer le Genevois français comme un exutoire de ses problèmes de logements. Cela suppose que les lois genevoises qui empêchent de construire assez de logements assez vite soient modifiées.

Commentaires

Genève n’y arrivera pas, car le genevois n’a pas envie de voir sont canton se transformer n’importe comment, avec des énormes cités comme l’on fait passablement de villes françaises.

C’est certainement un revirement que nous allons devoir constater ces prochaines années, car vos propos démontrent l’état d’esprit des citoyens français, à ne pas participer au développement de notre région.

La Savoie et l’Ain resteront encore longtemps le « fond de tiroir » de l’économie genevoise, qui se sert quand elle a un besoin et rend quand elle a trop.

Cette congestion poussera Genève à se résoudre et afficher complet. Ce qui sera contre-productif. Des délocalisations et des pertes d’emplois seront à prévoir.

Ce ne sont pas les genevois qui en souffrirons le plus mais une fois de plus la région frontalière.

Bien entendu, cela permettra de respirer et d’apprécier la fluidité du trafic.

Peut-être risquerez-vous de vous retrouver au chômage, français (avec une indemnité de miséreux).

Alors à ce moment, vous aurez assez de temps pour réfléchir à tous ce que vous avez écrit. Vous cesserez certainement de brailler sur le canton de Genève et vous supplierez certainement l’économie genevoise de développement à nouveau notre région.

L’histoire de la région du Genevois n’a pas été terminée au XIXème siècle. Il serait peut-être temps de la terminer et de s’associer plutôt que de se déchirer.

Rejoignez le canton de Genève ! Et construisons ensemble !

Écrit par : eric | 03/09/2010

"Construisons ensemble" est un excellent objectif. La voie est tracee par le projet d'agglomeration dont Geneve s'eloigne a mesure qu'elle se montre incapable de loger les Genevois.

Vos propos sont hallucinants : ils sont a la fois colonialistes (passons pour ce mepris affiche qui consiste a considerer le Genevois francais comme un tiroir)... mais surtout, ils passent par pertes et profit la question du logement de la jeunesse du canton et des menages modestes, et surtout ils enferment Geneve dans une paralysie durable des transports dans l'agglomeration. Une paralysie qu'aucun investissement ne pourra resoudre car lorsque les habitants habitent trop loin de leur lieu de travail il est beaucoup trop couteux de financer assez de bus qui font tant de kilometres.

Vos propos sont effectivement assez revelateurs : Geneve veut une croissance economique forte... mais refuse d'en assumer les consequences en terme d'urbanisation. Quelques elites en profites.. mais l'ecrasante majorite des Genevois ne voit de ces choix politiques que l'augmentation des couts des logements. Geneve etant une democratie directe, je doute que les Genevois soutiennent longtemps des politiques qui detruisent autant leur qualite de vie.. et dont ils ne voient pas les emplois.. puisque ceux ci sont deja "staffes" lorsqu'ils sont importes !

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 03/09/2010

On est parfaitement d'accord sur le fait que Genève méprise la région frontalière, mes propos sont un constat (de désolation) et non une insulte.

Cela fait des dizaines d'années voir plus de cents ans que cela existe. Ce n'est pas en rabâchant quotidiennement le même discours, comme vous le faite, que ça va changer.

Vous plafonnez dans votre politique et ça vient lassant !

Tournez votre disque et soyez plus objectif ou… constructif.

Proposez des solutions, qui pourrait venir de France. Genève en a grand besoin.

Comme le cofinancement des transports publique par exemple (tram sur; St-Genis, St-Julien ou le prolongement du tram 12 dans Annemasse, Ville-La-Grand et Mon-Idée).

Et le développement des zones franches, pour autre exemple.

Voilà de vrais projets constructifs, don vous pourriez être le « portevoix ».

Et voilà de la vraie action qui vous projettera certainement Maire de St-Julien.

Bon week-end

Écrit par : eric | 03/09/2010

Je pense que la concentration des forces conduit a plus de succes que la dispersion et le papillonage.

La penurie de logements est a la source de nombreux autres problemes du Genevois franco suisse :
1) la paralysie des transports,
2) le faible pouvoir d'achat des genevois les plus modestes de part et d'autre de la frontiere,
3) des segregations sociales qui s'aggravent, et les solidarites entre les generations qui ne peuvent que s'amenuiser devant un tel scandal,
4) la disparition des emplois prives et publics dans le Genevois francais.

Il faut commencer par le logement.

La repetition est un mal necessaire pour la persuasion. Les mentalites evoluent mais lentement. Les elus Genevois impliques dans le projet d'agglomeration n'ont pas ete a la hauteur de leurs engagements, il est donc necessaire desormais de s'adresser directement a leur patron : les electeurs Genevois pour leur prouver que la penurie de logement dans le canton nuit a leurs interets et detruit leur propre qualite de vie.

Le jour ou les elus Genevois commenceront a prendre a bras le corps serieusement la question du logement, inevitablement ils poseront aux elus francais le meme type de question sur l'emploi dans le Genevois francais. J'ai deja eu l'occasion d'apporter mes propres reponses sur cette question.

Je suis desole si cela vous semble un peu repetitif, mais il y a aussi de nouveaux lecteurs chaque jour sur ce blog, qui ne sont pas forcement aussi assidus que vous. La repetition est necessaire. Je commence a observer que nous commencons a etre nombreux a defendre ce meme point de vue : un responsable de la FER la semaine derniere, des candidats aux prochaines elections communales qui font de la question du logement un axe clef de leur campagne... Petit a petit il commence a devenir moins acceptable de s'opposer aux logements. Ce n'est qu'un debut, mais il faudra encore beaucoup de repetition pour que ce point de vue finisse par etre majoritaire dans notre region et a Geneve.

Cordialement, Bon week-end,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 03/09/2010

TROP D'EXPATS

Il y a 20 ans, les magasins etaient staffes par des immigrants, et la clientele suisse. Maintenant, regardez a Chavannes, Nyon, Geneve: des Expats anglophones qui se font servir par des locaux. C'est pas seulement le logement ou les locaux sont chasses dehors des villas et maintenant meme les apparts. C'est une l'inversion sociale generalisee.

Écrit par : Un Suisse | 04/09/2010

Les commentaires sont fermés.