12/08/2010

Les Suisses installés dans le Genevois français feront et déferont bientôt des majorités cantonales

Les Suisses installés dans le Genevois français sont chaque semaine un peu plus nombreux. Les doubles nationaux aussi à mesure que les mariages mixtes augmentent la proportion de doubles nationaux dans le Genevois franco suisse.

Au total les électeurs Suisses de l’étranger représentent déjà 5% des électeurs du canton. Leur proportion augmente très rapidement à chaque élection cantonale. Ils ne représentaient encore que 2% des électeurs genevois en 1993.

Leur vote est différent du reste des électeurs Genevois. Les Suisses du Genevois français comprennent toute l’absurdité du MCG puisqu’ils constatent que l’aggravation des nuisances dues au trafic transfrontalier croissant n’est qu’une conséquence de l’absurdité qu’il y a faire venir 10 000 personnes par an et n’en loger que 2000 dans le canton faute de logements. Ils n’ont pas encore sanctionné les partis traditionnels qui mènent ces politiques absurdes – à vrai dire l’offre politique genevoise actuelle ne le leur permet pas encore.

Lors des élections cantonales de 2009, par leur mobilisation et leur vote les Genevois installés dans le Genevois français avaient fait baisser le score du MCG de -0,67%, ce qui s’est traduit sans doute par un ou deux sièges en moins pour le MCG. Ce qui a fait basculer le MCG en troisième position derrière les Verts et leur a couté quelques responsabilités dans le parlement cantonal.

Au contraire par leur vote les Genevois installés dans le Genevois français ont augmenté les scores des Verts, des Socialistes et du PDC. Leur vote n’a pas eu d’effet sur les scores des autres partis.

Pour l’instant l’effet électoral est encore modeste. Mais il ne peut que croitre à mesure que Genève expulse les jeunes ménages genevois dans le Genevois français faute de construire assez de logements. L’effet peut être encore plus important lorsque tous les suisses et doubles nationaux s’inscriront dans une commune Genevoise et renouvelleront leur inscription tous les 4 ans comme nécessaire. L’effet sera encore plus considérable lorsque les Suisses installés en France sauront qu’ils peuvent aussi voter dans leur dernière commune de résidence dans le canton de Genève et pas seulement dans leur commune d’origine dans un canton où ils n’ont jamais mis les pieds depuis plusieurs générations.

A terme, un parti ou deux pourrait perdre ou gagner le quorum selon sa capacité à prendre en compte le point de vue des Suisses contraints à s’exiler dans le Genevois français.

Pour tout renseignement sur les démarches à suivre pour les suisses de l’étranger qui souhaitent voter à Genève, vous trouverez toutes les indications sur le site du canton de Genève.

Le canton de Genève n’accorde pas le droit de vote aux Suisses de l’étranger pour le vote communal. Dommage, certains Genevois aurait pu dire à leur ancien Maire ce qu’ils pensent de leur politique de pénurie de logement. Certains Suisses contraints à l’exil auraient pu faire comprendre à certains Maire l’absurdité de leur mesure de limitation de la circulation et du stationnement alors qu’ils refusent de densifier pour développer les réseaux de transport en commun.

A l’opposé les français de l’étranger – et double nationaux - peuvent s’inscrire sur les listes électorales d’une commune de France. Ils sont 231 sur les listes electorales de Saint Julien, dont 210 résidant à Genève et 43 qui ont participé aux dernières élections municipales. Les Français de l’étranger peuvent s’inscrire soit dans leur commune de naissance, une commune où ils ont eu un ailleul d’inscrit, leur dernière commune de résidence, une commune où ils paient des impôts locaux depuis plus de 5 ans ou encore une commune où ils ont un parent au 4ieme degré inscrit (mari, femme, père, mère, frère, sœur, oncle, tante ou cousin) – ça laisse pas mal de choix. Cela leur permet de voter dans cette commune pour tous les scrutins locaux (municipales, cantonales, régionales, européennes). Pour les scrutins nationaux (présidentielles, référendum et aussi maintenant législatives) ils peuvent soit voter au Consulat soit dans leur commune de rattachement. Dans les communes du Genevois français les Français de l’étranger aussi pourront bientôt faire basculer une élection.

A l’image de notre agglomération les corps électoraux aussi deviennent double nationaux.

Commentaires

Votre analyse est très intéressante, mais il faudrait également relever que la plupart des hommes politiques genevois sont binationaux Franco-Suisses, comme par exemple, Nydegger, Maudet, Longchamps, Von Arx, Fontanet, etc... et comme vous dites, Genève sera de plus en plus binationale franco-suisse, car il faut savoir, que les Suisses qui désormais habitent en France, peuvent demander la nationalité française au bout de quelques années (je crois 5 ans)... Ce qui fait que tous les enfants de Suisses résidents en France seront automatiquement franco-suisses.

Écrit par : Café | 12/08/2010

Ainsi, les Suisses domiciliés en France par nécessité auraient compris "toute l'absurdité du MCG". Je crains que si leur compréhension fut égale à la vôtre, ils n'ont tout simplement rien compris.
Les Suisses domiciliés en France, que vous tentez de "récupérer" politiquement, ne sont pas des frontaliers au sens de la loi, et ne le seront jamais, car ils ont un droit inaliénable à travailler dans le pays qui est le leur. En conséquence, lorsque le MCG, le premier à oser mettre le doigt sur le problème avant d'être appuyé par l'Office fédéral des statistiques, demande que l'on mette tout en oeuvre en Suisse pour garantir une priorité aux résidents (et non aux Suisses), sur le marché de l'emploi,il ne va aucunement à l'encontre des intérêts des Suisses de l'étranger.
Je dirais même qu'il ne va pas à l'encontre des intérêts des "vrais frontaliers", ceux qui ont contribué et contribuent à faire de Genève ce qu'elle est sur le plan économique, social et culturel notamment. Seuls ceux qui ont une vue étriquée et à court terme peuvent penser le contraire.
Si vous défendiez les intérêts de votre région, vous ne seriez pas insensible au fait que des travailleurs de l'UE, de plus en plus nombreux, s'installent en zone frontalière, faisant augmenter les prix et la pénurie des logements, et surtout, en se substituant aux emplois jusqu'ici occupés par des "frontaliers historiques", qui ne sont pas plus prêts que les résidents genevois, à accepter une baisse de leurs salaires pour faire face à cette nouvelle concurrence.
Alors cessez de diaboliser le MCG et ayez l'honnêteté intellectuelle de reconnaître que le problème soulevé est réel et qu'il mérite d'être étudié d'urgence

Écrit par : poggia | 14/08/2010

M. Poggia : le problème soulevé est bien réel effectivement mais vous ne semblez vous même pas comprendre ce qui a fait votre succès électoral. Regardez d'un peu plus près les taux de chômage dans les bureaux de vote qui ont le plus voté MCG : il est plus faible que la moyenne contrairement à ce que votre discours pourrait laisser penser. Le point commun entre les électeurs qui ont voté MCG n'est pas le chômage ni même une prétendue concurrence sur l'emploi -comme si l'emploi était un gateau à taille fixe qu'il faudrait partager plutôt qu'une activité économique à faire croitre pour créer des emplois. Non l'électeur MCG ne ressemble pas du tout au profil type du militant MCG dont la situation personnelle de chômeur en fin de droit n'a manifestement pas grand chose à voir avec les frontaliers.

Non le point commun entre les électeurs MCG c'est qu'ils résident dans des communes ou des quartiers (les Accacias notamment) traversés par un traffic frontalier insupportable et croissant. Ces électeurs ont cru à tort que le MCG se préoccuperait de leur problème de nuisance du traffic transfrontalier. Ils déchantent déjà.. et les positions que vous avez défendu sur le CEVA leur en ont apporté la preuve.

Les Suisses exilés dans le Genevois français eux ont compris que l'aggravation des nuisances du traffic transfrontalier n'est pas dû aux frontaliers eux mêmes mais bien à l'aménagement stupide de notre agglomération. Ils constatent pour l'avoir vécu que c'est la pénurie de logements dans le canton qui renvoit toujours plus d'habitants vivre dans le Genevois français, utiliser leur voiture et aggraver à leur tour les nuisances du traffic transfrontalier dans ces communes. Certains savent mêmes que cette exportation de la pression foncière dans le Genevois français y détruit toute activité économique et publique et contraint les habitants du Genevois français à travailler à Genève pour avoir encore les moyens de vivre.

Pour l'instant aucun parti politique Genevois n'a encore fait de véritables propositions pour 1) repenser la politique économique de Genève pour une politique économique interne plutôt qu'externe pour 2) construire enfin assez de logements à Genève pour cesser de contraindre à l'exil et à l'automobile la jeunesse genevoise et 3) développer un réseau performant de transport en commun pour rattraper les erreurs commises depuis 30 ans.

Les radicaux et le PDC en sont les plus proche (cf note du jour).

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 14/08/2010

M. Vielliard. Je ne partage pas votre analyse politique réductrice. J'ai trop de respect pour les électrices et électeurs, quel que soit d'ailleurs le parti pour lequel ils votent, pour imaginer que les votes MCG sont à rechercher dans un ras-le-bol à l'égard du trafic pendulaire, même si ce problème est réel, et que personne ne veut aborder le sujet de front.
Sans épiloguer, je pense que le MCG représente une façon nouvelle et originale d'aborder la politique, sans enfermement dans des positions dogmatiques de gauche et de droite, car la vie est trop complexe pour ce type d'attitude qui a démontré sa faillite. Je vous signale, vous qui fustigez sans arrêt le MCG depuis votre observatoire frontalier, que vous ne semblez d'ailleurs regagner que pour cet exercice, que le MCG n'a jamais été un parti gouvernemental au niveau cantonal ou fédéral suisse, et qu'il ne peut que constater le fiasco de la politique menée jusqu'ici par les autres partis.
Cela dit, et en ce qui concerne les transports, c'est bien méconnaître le sujet que de penser que le CEVA constitue une réponse adéquate au problème du transport trans-frontalier (je reviendrai prochainement sur mon blog "bloggia" sur cette question). Si le MCG s'est opposé au CEVA, et l'avenir lui donnera raison, c'est uniquement parce que l'on peut faire mieux pour moins cher. En tant qu'élu français, vous seriez bien inspiré en oeuvrant pour l'utilisation efficace des rétrocessions d'impôts de Genève en faveur des régions françaises frontalière, qui ne font tout simplement rien pour favoriser l'utilisation des transports en commun (réseau dramatiquement insuffisant, absence de P+R, parkings inexistants dans les gares, construction d'une autoroute reliant Annecy, incapacité à réunir la participation dérisoire pour le dernier tronçon devant relier la frontière à Annemasse pour le CEVA etc..).
Le MCG est pour une politique de proximité des emplois et des logements, avec une construction rapide et importante de ces derniers sur territoire genevois, construction rapide d'un réseau de transports publics efficaces, notamment depuis St-Julien etc.. St-Julien, au fait, n'est-ce pas le lieu depuis lequel vous nous prodiguez vos conseil? Que fait au juste votre commune pour dissuader les travailleurs frontaliers d'utiliser leur véhicule pour se rendre à leur travail? Quels sont les parkings d'envergure projetés dans la région pour répondre à cette préoccupation ? Les conseil sont là,mais les actes se font attendre... Bien à vous.

Écrit par : poggia | 14/08/2010

M. Poggia : je vous recommande d'adresser vos remarques à l'exécutif municipal de Saint Julien. Mais sur ce point là je les rejoins. La cadence et la capacité des bus de la ligne D a été augmenté de +50% en décembre dernier... le nombre d'usager à fait immédiatement un bon identique. Les parking existants ne sont pas encore saturé contrairement à ce que vous dites... mais tout cela n'a rien changé aux nuisances du trafic, puisque dans le même temps la construction de logements à Genève a continuer de faire défaut. Alors que les bus se remplissent... cela ne change rien au trafic routier puisqu'il y a autant d'habitants exilés de Genève qui sont contraint d'utiliser leur voiture. Le coûts des transports en commun est très élevé... mais leur utilité publique nulle tant que Genève ne construit pas de logements au coeur de l'agglomération.

La municipalité est en train de concevoir des couloirs de bus et de préparer l'arrivée d'un tram... ce que je soutiens.. mais ce qui me semble totalement prématuré tant que Genève ne construira pas assez de logements.

Beaucoup a été fait dans le domaine des transports en commun transfrontalier... mais il me semble qu'il est temps de suspendre ces réalisations temps que Genève continue d'aggraver le problème par un aménagement stupide qui revient à éloigner les nouveaux habitants de leur lieu de travail et à en faire des automobilistes supplémentaires. C'est en tout cas ce que je défends au sein de l'ARC.

Contrairement à ce que vous affirmez je ne fustige pas sans arrêt le MCG.. je me désintéresse du MCG puisque celui ci n'a aucune influence sur les politiques cantonales.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 15/08/2010

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