13/07/2010

Un vrai projet d’agglo ou seulement pour berner les Bernois ?

Le projet d’agglo avance. Semaine après semaines. Des réunions plénières, des groupes de travail et surtout un comité de pilotage qui décide. La direction est claire : pour la première fois, on élabore ensemble une vision commune de l’agglomération genevoise qui pourra mettre un terme à 30 années d’un développement schizophrénique qui a conduit à construire les logements très loin des emplois. 30 ans plus tard nous commençons à être tous paralysés dans les bouchons et dans la nostalgie de notre qualité de vie perdue.

Pourtant derrière ce consensus de façade autour du projet d’agglo, deux conceptions s’affrontent. Deux conceptions qui transcendent les clivages nationaux.

D’un côté les cyniques qui estiment que le projet d’agglo est illusoire. Pour eux, le seul objet de ce projet est de faire croire aux instances fédérales suisses qu’il y a une vision commune de l’agglomération pour que Berne contribue au financement des infrastructures de transport comme elle le fait pour Zürich et Bâle. Ces cyniques ne comptent financer que les infrastructures subventionnées par Berne.

Si l’on suit la logique des cyniques, on se retrouve avec un projet d’agglo réduit à la portion congrue. Il n’en subsistera que les transports en commun transfrontaliers qui permettront d’organiser la transhumance pendulaire quotidienne. Genève continuera de ne pas construire de logements comme elle le fait depuis la signature du premier projet d’agglo. Le Genevois français continuera de s’urbaniser de manière excessive et désorganisée. Les cyniques croient que les transports en commun résoudront ce problème.

Les cyniques n’ont pas pris conscience que ce projet d’agglo réduit aux transports en commun serait une catastrophe pour les habitants du Genevois franco suisse. Les investissements en infrastructures financés par Berne ne suffiront jamais à absorber l’afflux massif de population attiré par les conditions fiscales aux entreprises et exilés loin du centre par l’absence de construction de logements à Genève. Au rythme actuel il faudrait un nouveau CEVA tous les 7 ans alors qu’il aura fallu plus du double entre le premier vote par le Grand Conseil et l’ouverture au public. Les cyniques oublient qu’il est financièrement impossible de construire un réseau de transport en commun performant lorsque la périphérie et la ville sont séparées par une bande de 6 à 8 kilomètres de campagne.

On compte parmi les cyniques quelques Conseillers d’Etat Genevois, des hauts fonctionnaires genevois et des Maires de communes françaises récipiendaires des fonds bernois. Pour ces Maires subventionnés, un tram et une gare payés par Berne feraient jolis sur un bilan municipal – cela vaut la peine de passer sous un silence complice les violations répétées du canton sur la construction de logements. Ils négligent le fait que ces infrastructures permettraient à Genève de s’exonérer un peu plus de sa responsabilité sur le logement. Ce ne sont pas les habitants d’Annemasse et de Saint Julien qui bénéficieraient du tram et de ces gares mais les nouveaux Genevois exilés contre leur gré à Annemasse et Saint Julien.

De l’autre côté, il y a tous ceux qui croient en la nécessité du projet d’agglo. Qui estiment qu’il est temps que les politiques économiques et du logement de Genève soient cohérentes. Que le Genevois français ne doit plus être l’exutoire des incohérences genevoises. Qui estiment que le Genevois français peut créer des emplois si Genève cesse de pénaliser l’activité économique en exportant sa pression foncière. Que nous devons densifier l’habitat à proximité des réseaux de transport en commun de part et d’autre pour que les nouveaux habitants ne soient pas des automobilistes supplémentaires. Nous estimons que le projet d’agglo n’a de sens que dans sa totalité. Nous estimons que si le coût des infrastructures rendues nécessaires par le développement économique externe de Genève est trop lourd il faut alors repenser la politique économique genevoise pour mieux échelonner les dépenses d’infrastructures.

Nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus avoir confiance dans le projet d’agglo lorsqu’on constate que Genève s’en éloigne en se montrant incapable de construire assez de logements et lorsque les discussions sur les financements des autres infrastructures ne sont ni bouclées ni même ouvertes – car sans objet pour les cyniques.

Pour nous, un projet d’agglo dont on ne laisserait que les rares infrastructures cofinancées par Berne serait une catastrophe pour tous les habitants du Genevois franco suisse. Pour nous, les transports en communs transfrontaliers seraient aussi inefficaces qu’un sparadrap sur une hémorragie tant que la pénurie de logements à Genève ne sera pas résolue.

Pour nous l’Association Régionale de Coopération doit être une institution qui permette d’élaborer des positions communes côté français face au canton de Genève. Pour les cyniques, l’ARC n’est qu’un réceptacle à subvention. Il semble que nous ayons marqué quelques points puisque la constitution des commissions de travail de l’ARC a finalement été accélérée.

Pour nous il serait préférable de ne pas signer le nouveau projet d’agglo plutôt que de s’engager dans un marché de dupe. Pour nous il vaut mieux perdre 6 ans à attendre le prochain appel à projet de la Confédération plutôt que de s’engager dans une direction si mauvaise. Il n’est d’ailleurs pas sûr que les Bernois se laissent berner par les cyniques.

Commentaires

Entièrement juste !
Cela semble étrange, la collaboration entre les deux pays.
Genève prévoit sa future traversée de la rade, trois ans d’étude et pas une coordination avec les axes routiers Français !
Le bas Chablais construit sa 4 voies avec un contournement d’Annemasse que je considère « d’égoïste » vis-à-vis de la suisse,
Annemasse prévoit d’agrandir son aérodrome, développe ses zones commerciales (par l’écran du projet Scot), sans aucune coordination avec la Suisse.
Le haut Chablais a une certaine boulimie sur l’augmentation de sa population (+45'000 habitants pour ces vingt prochaines années) sans en créer les transports publiques adéquats.
La France fait gentiment appel aux finances suisses pour boucler le ridicule petit tronçon du CEVA qu’elle a à charge.
Elle n’a pas de budget pour poursuivre le CEVA sur Thonon - St-Gingolphe et la vallée d’Arve, mais les politiques font comme si et tiennent des discours rassurant.
J’ai l’impression que notre région est trop attractive et que nos politiques (de chaque côté de la frontière) sont complètement débordés.
Mais j’ai l’impression aussi que le développement ne va que dans un sens et que la France demande beaucoup à Genève, sans faire sa part, puisque dans votre région tout les projets patinent.
Je suis convaincu que nous n’y arriverons pas, les enjeux sont bien trop importants et les délais trop court.
Tout le monde tirant la couverture à soi, nous allons fatiguer les investisseurs et être moins attractifs ces prochaines années.
Lyon, Grenoble, Annecy, Lausanne, Neuchâtel et Fribourg ont un développement plus équilibrés et attractifs
Genève n’arrivera pas à construire tout ce qu’elle doit construire et c’est tant mieux, car nous conserverons ou nous retrouverons une certaine qualité de vie.
Mais ceux qui en souffriront le plus se sont les habitants et l’économie du Genevois voisin.
Vous Monsieur Vielliard !

Écrit par : eric | 13/07/2010

Bonjour,

A premiere vue on pourrait effectivement le penser et il est probable que les habitants et l'economie du genevois francais en souffira plus en premier....

Mais nous sommes tous dans le meme bateau.. et a terme :
1) les genevois les plus modeste continueront de voir leur pouvoir d'achat ampute par l'inflation immobiliere engendree par les arrivees massives de cadres internationaux
2) les jeunes genevois devront continuer leur exil force dans le Genevois francais
3) il continuera d'y avoir plusieurs milliers d'automibilistes supplementaires qui encombreront les routes et detruiront la qualite de vie des campagnes et zones de villa
4) faute de logements, avec des embouteillages qui s'aggraveront .. c'est l'attractivite de l'agglomeration qui en subira les consequences. La croissance economique de Geneve s'effondrera comme une grenouille qui a voulu devenir un boeuf un peu trop vite.

A moins que Geneve ne repense ses politiques economiques et du logement pour les rendre coherentes : un peu plus de logements, et un developpement economique un peu plus interne plutot qu'externe.

Il y a des solutions... pour peu qu'on pense l'agglomeration dans son ensemble comme le font les habitants dans leur vie quotidienne et qu'on cesse de la concevoir dans la limite des frontieres.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 13/07/2010

"Les cyniques oublient qu’il est financièrement impossible de construire un réseau de transport en commun performant lorsque la périphérie et la ville sont séparées par une bande de 6 à 8 kilomètres de campagne."

FAUX. En réalité comme vous l'avez déclaré, vous refusez le développement de transports publics dans le genevois français afin de mieux asphyxier la métropole genevoise. Et pour ce faire, vous préconiser que les départements et communes limitrophes renoncent à la rétrocession financière genevoise !

Pourquoi tant de haine à l'égard des genevois des deux cotés de la frontière ?


BILATERALES. Les habitants de Genève sont parfaitement en droit de s'établir en France voisine, tout comme les voisins de Genève sont en droit d'y venir travailler. C'est bien ces droits que vous niez par vos menaces en matière de transport et de refus d'aménagement du territoire français, préconisant une politique de terre brûlée.

Les genevois, dont je suis, ne sont pas chassés ... ils préfèrent la France voisine au Grand-Lancy, pardon, aux Cherpines. Pourquoi ignorez-vous votre beau pays, pourquoi le sous-estimez vous ? Pourquoi le vilipendez-vous ?

Écrit par : CEDH | 13/07/2010

Article plein de bon sens, me semble-t-il. Mais j’ai le sentiment que le manque de constructions à Genève est plus dû à un cadre législatif défavorable qu’à un réel manque de volonté. Ne faudrait-il pas adapter la loi pour pouvoir construire plus rapidement ?

Bon courage en tout cas pour continuer à défendre une vision complète du projet d’agglomération.

@CEDH : Quel intérêt Mr Vielliard retirerait-il à asphyxier la métropole genevoise ? Cela m’échappe…

Écrit par : Eoshyn | 13/07/2010

@Eoshyn

Vous me demandez quel est l'intérêt que Mr. Vieillard retirait à asphyxier la métropole genevoise ?

Monsieur le politicien Vielliard souhaite l'absence de transports publics dans le genevois français et préconise que les départements et communes limitrophes renoncent à la rétrocession financière genevoise, comme cela ressort de ses contributions sur son blog de la tdg. Il préconise donc l'adoption de mesures propres à asphyxier la région genevoise. Et il a conscience des effets des mesures qu'il préconise. C'est donc bien ce qu'il veut.

Quel est son intérêt ? A lui de répondre. En ce qui me concerne je ne peux que supputer rancune et soif de pouvoir.

Écrit par : CEDH | 13/07/2010

@ CEDH,

Relisez mes propos : je defends le developpement des transports en commun et la densification de l'urbanisation a proximite des futurs axes de transport. En revanche il est absurde de developper des transports en commun avant de mettre un terme au flux continue et excessifs de Genevois contraint d'aller se loger trop loin de leur lieu de travail. Le CEVA est absolument necessaire et vous pourrez retrouver ici toutes les notes que j'ai ecrites pour le defendre.. mais il est illusoire de penser que le CEVA resoudra quoique ce soit tant que Geneve continuera de ne pas construire de logements a proximite des lieux d'emploi. J'ai aussi soutenu et defendu l'accroissement de 50% de la ligne D. Au rythme actuel, le CEVA sera sature par 7 annees de politiques incoherentes genevoises qui conduisent tant d'habitants a s'exiler. Il faut d'abord resoudre le probleme a la base : amenager de maniere coherente l'agglomeration, construire des logements pres de lieux d'emploi, PUIS ensuite developper les transports en commun qui permettront de retrouver la qualite de vie perdue par la schizophrenie de l'amenagement et les incoherences politiques actuelles.

@Eoshyn :
C'est effectivement le cadre legislatif qui conduit Geneve a etre incapable de constuire assez de logements. Ce cadre legislatif est determine par les pouvoirs executifs et legislatifs. C'est donc bien en manque de volonte politique qui conduit a ne pas reformer ce cadre legislatif qui enferme les Genevois dans la penurie de logement et dans la paralysie des transports qui en decoule.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 14/07/2010

La seule solution est de rattacher le genevois voisin à Genève (Jura, Mt de Sion, Salève et Voirons).
1. vous ne pourrez plus l'accuser qu'elle ne construit plus sur son territoire
2. cela permettra de rééquilibrer les zones d'activités
3. ça solutionne tous nos problèmes de coordination et d'infrastructure.
Vous verrez, on y vit pas si mal de ce côté de la frontière et en plus vous aurez le droit de vote pour tout et rien!
Bienvenu!

Écrit par : eric | 14/07/2010

Bonjour,

Ce qu'il y a d'interessant dans cette idee c'est d'imaginer de quelle maniere une telle solution changerait les conceptions de quelques elus sur l'agglomeration. Il faudrait alors construire a Geneve, et quant a construire a Geneve on le ferait a proximite de la ville plutot qu'en lointaine peripherie. Les transports en commun pourraient alors se developper de maniere efficace sans avoir a traverser 6km de campagne. On n'entendrait plus Stauffer parler de P+R en France.. On pourrait alors imaginer un amenagement coherent de notre agglomeration.

Recemment un Maire du canton de Saint Julien disait "l'annexion ou rien".. sous forme de boutage destine a souligner a quel point les idees de quelques elus genevois sont determines par l'existence de la frontiere plutot que par l'objectif de preserver ensemble notre qualite de vie commune.

Et bien tout cela est possible sans rattachement. Nous pouvons des aujourd'hui imaginer ensemble l'avenir commun. En fait nous le faisons deja dans le projet d'agglomeration... pour certains il s'agit d'un vrai projet, pour d'autre il ne s'agit que d'un document de dupe destiner a obtenir des subventions de Bernes sur des projets d'infrastructure de transport qui pourraient aggraver les desequilibres.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 14/07/2010

Très bonne idée : Ne rien signer et laisser mariner les Genevois dans leurs incohérences pendant 6 ans. Pour que ce soit efficace, il faudrait également installer un moratoire sur l'achat de biens immobiliers par des ressortissants CH en France voisine (l'équivalent de la Lex Koller suisse en quelque sorte) et instaurer un task force douanier pour faire passer à la caisse (y compris rétrospectivement et, si nécessaire, via une expropriation) les "résidents secondaires" fraudeurs (En ce moment, coté 74, on a droit à de plus en plus de VD...)
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@eric: Dominique Baettig, vous connaissez? Ironiquement, un rattachement du Genevois haut-savoyard et du Pays de Gex au Canton de GE aurait pour seul effet immédiat qu'on ne construirait plus assez dans ces territoires anciennement français NON PLUS. Joli auto-goal...
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PS: A tous ceux qui pensent que j'exagère: vous n'avez simplement pas d'idée dans quelle m... noire, voire détresse (pour ceux qui ne sont pas frontaliers), vous mettez les familles de ce coté-ci de la frontière qui cherchent à se loger... Et ça empire d'année en année. Sans parler de la qualité de vie commune qui fout effectivement le camp :-(

Écrit par : caracolelimonade | 15/07/2010

Bonjour Monsieur Vielliard.

Le développement du Genevois ne peut se faire uniquement si nous harmonisons nos lois et nos impôts.

Les entreprises suisses ne veulent pas de la législation française, bien trop stricte et trop gourmande à leurs yeux.

Prenez l'impôt sur les sociétés, il est trop élevé en France.
La part patronale sur les charges sociales aussi.
La souplesse des contrats de travail suisse par rapport à la rigidité française
Et les 35h, n’en parlons pas !
Tout ceci est inimaginable pour une économie moderne et obligée de s’adapter rapidement.

Je suis souvent à Archamp et admire le centre des affaires.
Proximité de l'aéroport, de l'autoroute, de la ville et de la ZI de Plan-les.Ouates.
C'est un endroit idéal pour implanter une société. Mais pas sous ces conditions !

Genève restera donc longtemps une enclave dans la France et nos problèmes ne sont prêt d'être résolut, si nous ne commençons pas par le début : utiliser et développer les zones franches.

La balle est donc dans votre camp, chers voisins !

Amitié

Écrit par : eric | 15/07/2010

@ Eric,

Detrompez-vous, voila plusieurs mois que nous observons que les nouvelles societes qui s'impantent a Archamps sont majoritairement des societes qui ont besoin d'une filliale impantee dans l'UE. Les charges sociales sont de toute evidence un handicap a l'activite economique, mais cela n'empeche pas de creer des emplois.

La creation d'emploi dans le Genevois francais ne peut se faire avec des multinationales comme Geneve, mais il y a des entreprises qui ne demandent qu'a se developper et qui aujourd'hui sont penalisees dans leur developpement par la pression fonciere que subit leurs salaries. Cela a un impact non seulement sur leurs couts salariaux (environ +15% par rapport aux autres entreprises implantees ailleurs sur le territoire francais), mais aussi sur l'equilibre de vie des salaries et donc sur le turn over. Les entreprises du Genevois francais recrutent et forment en permanence avant de voir leurs salaries quitter le territoire faute de pouvoir se loger decemment.

Amicalement,



@ Caracolelimonade : Le moratoire sur l'achat de biens immobilier serait contraire a tous les traites signes par la France (bien avant les billaterales).. nous ne sommes pas non plus en Albanie. Par ailleurs, les Genevois subissent comme nous les nuisances des incoherences politiques genevoises.

Par contre sur la detresse, je vous rejoints. C'est ce que j'essaie de souligner.

Amicalement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 15/07/2010

Non, nous sommes pas en Albanie, mais les accords bilatérales sont bien fondés sur le principe de réciprocité, non? Or, certains volets de la Lex Koller sont toujours en place (http://de.wikipedia.org/wiki/Lex_Koller) et empêchent, à ma connaissance, une personne domicilié à l'étranger d'acheter un bien en Suisse (que ce soit pour le louer ou y habiter immédiatement). Or, aucune contrainte de la sorte n'existe pour un Genevois achetant en France voisine. Réciprocité???

Ceci dit, l'absence totale de contrôles par les services douaniers et fiscales français est bien le problème le plus grand: Actuellement, un employé en EUR fiscalement en règle (et certainement en HLM faute d'alternative...) va payer les infrastructures pour, et à la place de, un cadre bancaire GE vivant dans une villa en "résidence sécondaire". Mais visiblement toute la classe politique française locale trouve ça normale...

Écrit par : caracolelimonade | 15/07/2010

@eric : Il me semble que la création de zones franches dans le Genevois français soit effectivement la direction qui commence à être prise, du moins avais-je lu un article allant dans ce sens dans la Tribune de Genève (ici : http://www.tdg.ch/geneve/actu/pierre-lellouche-aimerais-voir-frontaliers-suisses-travailler-france-2010-04-11). Mais les efforts sont à faire des deux côtés de la frontière : la France semble posséder un environnement législatif souple en matière de logements, mais peu attirant pour les entreprises : il faut rééquilibrer, par exemple par les zones franches. De son côté, Genève est très attractive pour les entreprises, mais les projets immobiliers mettent une éternité à sortir de terre : il faut donc retravailler le cadre législatif pour mettre fin à ces obstacles démesurés.
Si ces deux rééquilibrages sont faits, on sera alors dans une très bonne voie pour concrétiser un développement cohérent de notre agglomération, dans l’intérêt de tous les Genevois (au sens large).

Écrit par : Eoshyn | 15/07/2010

@ Caracolelimonade
Je suis entièrement d'accord avec vous, pour ce qui est des suisses qui vont habiter en France et qui ne veulent pas s'intégrer. Je trouve cela immorale.
Il est évident que ces gens doivent déposer leurs papiers dans le lieu ou ils résident.
Mais à ce titre le canton de Genève ne peut rien faire et c’est bien de la responsabilité des élus locaux de le régler.

Quand à la spéculation immobilière et à ses dérives nous les vivons de chaque côté de la frontière. Ce qui est donc un point commun !
Ce côté obscure de l'habitat est significatif de certains politique "boulimiques" qui oublient de mettre comme priorité le "bien être" dans leurs communauté.
Pour exemple le maire de Veigy qui ne cesse de déclasser pour des haut revenus du canton de Genève (zone villa) et sans en prévoir les flux et l'habitation pour les bas et les moyens revenus. Evidement ça rapportent plus en impôt!
Les politiques sont Euro compatible pour ce genre de mépris !

@Eoshyn
Depuis quelques temps, on ne cesse de "taper" sur le canton de Genève pour qu'il construise et résout à lui seul un développement excessif de l’ensemble du bassin lémanique.

Effectivement les genevois sont les rois de la « recourite » et des blocages, ce qui devient agacent.

Combien de temps allons-nous attendre pour voir sortir les bâtiments de la Praille?

A l'allure ou ce canton et la région franco-valdo-genevoise se développe il est impossible pour Genève de tout digérer.

Et c'est bien pour le genevois voisin qui à aussi l’opportunité de ce développer.

Genève arrive à saturation !

Ou elle affiche complet et à ce moment on rentre dans un marasme économique,

Ou elle continue à ce développer et à profiter des infrastructures internationale acquises ces dernières années et le genevois voisin coopère un petit peu plus, en allant dans le sens de cette formidable économie et en mettant un peu plus de leurs finances dans les futures infrastructures.

Je vous rappelle tout de même que cette région serait la 5ème plus dynamique de toute l'Europe. Il serait dommage de tout gâcher

Amitié

Écrit par : eric | 15/07/2010

@Caracolelimonade :
Le droit d'acheter un logement ne resulte pas des accords bilateraux mais de la liberte d'investissement. Les elus locaux dans leur majorite sensibilisent les habitants a s'inscrire. Cela est mieux fait dans les petites communes que dans les grandes. Les enjeux financiers sont importants pour les communes.

A titre personnel, je pense que toute vision de notre agglomeration fondee sur la nationalite est un peu perimee.. car deja une bonne partie des habitants sont double nationaux et les descendants des autres le seront d'ici une ou deux generations. La question n'est pas une question de nationalite mais de qualite de vie, de mixite sociale, de liberte de deplacement, de qualite de logement pour tous.


@ Eoshyn :
Les zones franches font partie des preconisations du rapport parlementaire sur les zones frontaliers... en general les rapports parlementaires sont ignores aussi vite qu'ils sont produits. Ils ne servent en general qu'a mettre en avant un parlementaire sur des enjeux locaux. De l'aveux meme du rapporteur la plus part des propositions figurait dans le precedent rapport redige il y a deux decennies. Il peut y avoir des assouplissements mais ce sera a la marge. Il n'y a pas besoin d'entrer dans une sous enchere fiscale pour ameliorer la competitive. Il suffit d'ameliorer l'efficacite de la depense public. L'impot n'est pas nefaste lorsqu'il est bien utilise. Le Genevois francais a des atouts a faire valoir (qui peuvent compenser le niveau des charges), mais il est penalise aujourd'hui par l'exportation de la pression fonciere genevoise qui detruit les ressources humaines des entreprises du genevois francais.

@Eric :
Geneve a des politiques economiques et du logement totalement incoherentes en faisant venir autant de cadre et en refusant de construire les logements correspondants. Le taux de croissance est eleve.. et alors ? A quoi bon : il s'agit simplement d'activite economique importe avec les cadres et les salaries qui vont avec. Cela n'a aucun impact sur le taux de chomage a Geneve qui reste stable. Cela a un impact sur les finances cantonales en generant des rentrees fiscales.. mais les Conseillers d'Etat et les deputes negligent le fait que ces supplements fiscaux ne seront pas suffisant pour financer les infrastructures rendues necessaires par ces arrivees massives. Vous affirmez que le Genevois francais devrait financer ces infrastructures ???? C'est un point de vue tres choquant que partagent quelques elus genevois : laissez moi le reformuler pour vous montrer son aberration : Geneve attire des entreprises de l'Union Europeenne en leur proposant une exoneration quasi total de l'impot sur les societes, fait venir les emplois et les employes, touche l'impot sur le revenu (et le garde a 80%) mais voudrait que les pays de l'Union qui a ete lese par cette surenchere fiscale finance les infrastructures rendues necessaires par le vol de ces emplois !!!!! Il faudrait pour cela qu'on utilise les impots des habitants actuels pour mieux les chasser de chez eux par la pression fonciere exportee par Geneve... avouez que tout cela est totalement incoherent !

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 15/07/2010

Vous crachez un peu sur la soupe Monsieur Vielliard.

Effectivement la Suisse entretien une tradition ou chaque canton est maître chez lui.
Cela s'appel une confédération ou une Europe miniature.
Elle a copié le model américain et ça fonctionne pas si mal que ça.
A noter que l'Espagne réfléchit de faire de même. Preuve que nous ne sommes pas dans le faux.
Et peut-être l’Europe devrait s’en inspirer un peu plus.

Depuis des décennies, les cantons se sont toujours mis en concurrence. Ils mettent à contribution leurs expériences au niveau international. N’appelons pas cela du vol d’entreprise mais de la compétence.

Bien entendu cette culture ne me choque pas, car cela est de la libre concurrence économique saine et prospère (rien à voir avec les fameux forfait fiscaux ou autre qui eux sont choquants, ne dérivons surtout pas dans ce genre de débat).

Pour ce qui est de la concurrence fiscale des entreprises, libre à la France d'en faire autant ???

La ou vous n'êtes pas cohérent, c'est que cette politique et ce dynamisme Genevois et Vaudois nous profite à tous! France et Suisse et on a bien de la chance.

Le modèle économique Français ne plait pas à l'économie Suisse, c'est pour cela qu’à mon avis, ce n'est pas au canton de Genève de s'adapter et de se faire niveler par le bas, mais bien au Genevois voisin de se rapprocher de cette économie et de se faire niveler par le haut.

Sans vouloir porter insulte à quiconque, le smic Français n’est pas forcément un référence, il n’est pas une progression sociale à mon sens.

Le genevois français profite fiscalement de cette économie et c’est bien (pas de jalousie)

Il n’est donc pas surfait de demander aussi à cette région de participer financièrement au développement.

Merci pour vos débats, toujours très intéressant

Salutations

Écrit par : eric | 15/07/2010

@Antoine:
Ce n'est pas une question de nationalité (Je ne suis moi-même ni français ni suisse...) mais de décence morale. Visiblement beaucoup de "néo-74/01" ont besoin d'une bonne piqure de rappel dans le domaine. Et contrairement à ce que vous pensez, la situation est bien pire dans les petites communes autour de Saint Julien qu'à Saint Julien même.
.
Ensuite, c'est un peu du "wishful thinking" de prétendre que dans la situation actuelle (et même future) la nationalité n'a pas son importance:
- Si vous êtes suisse (ou bi) vous avez la garantie d'un accès illimité au marché de travail GE ad vitam aeternam. Si en plus vous avez acheté en France, vous êtes tranquille coté logement jusqu’à la fin de vos jours.
- Si vous n’êtes pas suisse, vous continuez quand même de vivre (un peu) dans le flou concernant votre futur accès au marché de travail GE – dont vous dépendez crucialement pour vous loger (même en France). Quant à se loger sur GE, n’en parlons même pas…
.
@eric :
- Personne ne demande à GE de « digérer » la croissance à elle toute seule. De mémoire, dans le projet de région on parle (au max.) de 50% des nouveaux logements sur le canton.
- GE n’arrive de loin pas à saturation puisqu’elle se paie (p.ex.) le luxe de champs de colza et d’un terrain de golfe à 5 min du rond-point de Rive (Frontenex) et de terrains immenses entre les OI vierges de tout logement (rive droite)!
- Je ne pense pas que les habitants du Genevois français considèrent devenir la banlieue dortoir de GE comme un idéal de développement vers lequel il faut tendre.

Écrit par : caracolelimonade | 15/07/2010

@eric : Juste une précision de vocabulaire : la Suisse, malgré son nom, n’est pas une confédération mais une fédération, tout comme les États-Unis, car il ne s’agit que d’un seul État. L’Union Européenne peut en revanche être considérée comme une confédération. Concernant l’Espagne, elle se rapproche déjà de la fédération par la grande indépendance laissée à ses communautés autonomes (mais je ne m’avance pas plus, je ne connais pas très bien le pays). En fait, il n’y a quasiment que la France pour laisser, à mon grand dam, aussi peu d’indépendance à ses différentes régions. Mais il semble bien qu’il faille faire avec encore un bon moment.

Écrit par : Eoshyn | 15/07/2010

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