19/04/2010

Déclassement des Cherpines : un signe de bonne volonté genevoise

Vendredi la commission aménagement du Grand Conseil Genevois a déclassé des terrains aux "Cherpines". Une zone située sur les communes de Plan-les-Ouates et de Confignon entre l'autoroute et la ville. Certains estiment que 3000 logements pourraient y être construits à terme. Ce déclassement devra encore être adopté en plénière par le Grand Conseil puis sera peut être soumis à un vote populaire.

Un déclassement bienvenu, même si les délais habituels des procédures genevoises ne permettent pas d'espérer des logements disponibles avant une à deux décennies. Pas de quoi soulager la crise immédiate, mais au moins un petit signe de bonne volonté vis à vis du Genevois français. Genève prend elle les dispositions nécessaires pour résoudre sa crise du logement ou est-ce que Genève continue d'exporter sa pression foncière au détriment des habitants et des entreprises du Genevois français ?

La majorité a accepté d'assumer les responsabilités genevoises. On note cependant encore trois oppositions à ce déclassements :

1) Les maraichers et des agriculteurs de la Plaine de l'Aire qui souligne qu'il s'agit de terres parmi les plus fertiles. Ces agriculteurs veillent bien à ne pas mentionner à quel point l'air y est vicié par la pollution. Les bouchons qui s'y développent rendent l'air des Cherpines totalement pollué. Les cardons y poussent au milieu de particule de gazoil chaque jour un peu plus nombreuses à mesure que le trafic qui ne passe plus sur la route de Chancy ou celle de Saint Julien se déporte sur la route du Pont du centenaire et la route de base. 3000 logements construits aux Cherpines, accessible par les transports en commun, ce sera environ 3000 voitures en moins. Soit environ 12 kilomètres de bouchons économisés. Ils constitueront ce soir un comité référendaire avec l'argument genevois par excellence : "des logements oui, mais pas chez moi", ils n'auront qu'à faire un copier-coller des argumentaires irresponsables des élus Libéraux des communes genevoises qui ont mis de l'huile sur le feu (Pierre Weiss, Christiane Favre, Mark Muller et Daniel Zaugg dans la Plaine de l'Aire précisément ou encore les élus de Veyrier). Ces opposants ont trouvé un slogan simpliste : Beton contre jardin... auquel toute personne sensée répondra par un autre slogan tout aussi simpliste : "Logements contre cardon au gazoil".

2) L'UDC s'est opposé à ce déclassement. Ils estiment que l'on peut construit ailleurs. De ce point de vue ils ont raison. Mais cela n'est pas un argument pour s'opposer à ce déclassement puisqu'on devra non seulement construire aux Cherpines ET ailleurs. Il y a déjà entre 50 000 et 100 000 logements de retard pour atténuer la crise du logement à Genève et ce ne sont pas les Cherpines seules qui permettront de résoudre le problème. J'ai du mal à comprendre comment un parti qui se veut nationaliste peut contribuer à exiler toute la jeunesse genevoise en France et l'inciter ainsi à devenir française dans 10 ans. L'UDC préfère peut être que la jeunesse genevoise s'exile et devienne française. Parfois on se demande si la xénophobie de l'UDC ne se double pas aussi d'une juvénophobie.

3) Anne Mahrer, pour les Verts genevois, a recommandé de surseoir à la décision de déclassement tant qu'une solution de remplacement n'aura pas été trouvée pour les maraîchers concernés par la décision.

a) D'une part, les maraichers concernés auront le temps de voir pousser des cardons au gazoil encore longtemps si l'on constate que les projets en construction actuellement ont mis plus d'une décennie à passer la course d'obstacle des tracasseries administratives genevoises.

b) D'autre part, il est curieux de mettre sur un même plan les solutions de rechange nécessaires pour quelques maraîchers et des logements pour 3000 familles qui actuellement n'en ont pas ! Je propose à Mme Mahrer de surseoir à toutes ses oppositions contre les déclassements et les logements tant que des solutions de LOGEMENT n'auront pas été trouvées pour les 50 000 à 100 000 familles genevoises mal logées ou exilées.

c) J'ai du mal à comprendre comment des défenseurs de l'environnement peuvent accepter de contraindre tant de familles à aller vivre loin des réseaux de transport en commun. 3000 logements de construits aux Cherpines près des réseaux de transport ce sont 3000 voitures en moins sur les routes.

d) Enfin, si les Verts genevois étaient cohérents, ils demanderaient aussi à surseoir aux dérogations fiscales qui font venir tant de traders et de professionnels des hedge funds. Il me semble que c'est leur Conseiller d'Etat, le Vert David Hiller qui s'en fait le chantre. Ces traders et ces professionnels des hedge funds ont besoin de logements.

e) Mme Mahrer vante la collaboration transfrontalière. Elle était encore il y a deux ou trois semaines à une réunion de travail sur le Plan d'Aménagement Concerté d'Agglomération (PACA) Bernex-Saint Julien. Le projet d'agglo prévoit plusieurs dizaine de milliers de logements rendus nécessaires par l'arrivée massive de nouveaux habitants chaque année. Le déclassement des Cherpines est un tout petit pas dans la direction du projet d'agglo. On peut s'interroger de la sincérité de certains Verts lorsqu'on constate qu'ils prétendent accepter la construction de dizaine de milliers de logements sur 20-30 ans, mais s'opposent à un déclassement pour 3000 logements dans 10 ans ! La collaboration transfrontalière c'est très bien... quand on passe aux actes. Après les promesses de Robert Kramer, il serait temps que les Verts Genevois prouvent la sincérité de leur engagement contre le mitage de notre agglomération.

Commentaires

Cher Monsieur,

Je suis désolée mais le projet des Cherpines n'est pas un projet pour le logement.
Vous revendiquez 3'000 pauvres logements, ils ont déjà étés revus à la baisse par les communes de Confignon et de Plan les Ouates.


C'est bien triste mais le logement et l'agriculture rapporte moins d'argent que les bureaux, surfaces commerciales, sports de luxe comme le golf d'intérieur et les terrains de tennis intérieurs prévus par Plan les Ouates.
Si vous prenez le temps de regarder le projet du centre sportif de Plan les Ouates (sur 9 hectares), vous verrez qu'ils créent 101'000 m2 de planchers, dont 1'100 m2 de logements étudiants.


Cette proportion de 1/100 vous laisse deviner quels arguments sont mis en avant pour se donner une image de justicier des logements, et quels sont les projets réels.
Il y aura par exemple 12’191m2 de bureaux, 9’504m2 golf d'intérieur, et j'en passe. ( http://www.plan-les-ouates.ch/node/2402 )


Sur ces 58 hectares on peut construire 20'000 logements avec toutes les infrastructures nécessaires (écoles, centres commerciaux). Cela en calculant sur la base du Lignon, où l'on vit près de la nature et où une réelle vie de quartier existe. Mais on pourrait loger encore davantage de personnes avec uniquement des tours hautes. Alors pourquoi déclasser 58 hectares, qui représentent 1/7 de la production de légumes genevois, quand on peut construire les 3'000 logements dont vous rêvez sur 5 hectares? Et même moins.


L'étalement urbain est aussi lié aux constructions à trop faible densité, des immeubles de 5 étages, alors que l'on peut construire 100 étages. Pourquoi pas commencer à construire des tours de 30 étages comme au Lignon?
Vendredi dernier, des ingénieurs EPFL ont présenté un projet qui permet de créer 50'000 logements sans empiéter de nouvelles terres:
voyez cet article:
http://www.tdg.ch/geneve/actu/francois-naef-geneve-construire-50-000-logements-envahir-campagne-2010-04-15
Ce mardi, il y aura un débat sur le thème, au Palais de l’Athénée, à 18h30.


Vous comprendrez qu'il est trop simpliste de considérer que la crise du logement serait due aux agriculteurs.


En fait, personne ne veut régler la crise du logement.
Celle-ci profite au secteur immobilier, et la construction de surfaces commerciales et de bureaux rapporte davantage aux communes que les impôts sur le logement.

S'il y a un ennemi à montrer du doigt, c'est celui-là. C'est pour des profits économiques privés, ou à cause de la soi-disante pauvreté des communes que l'agriculture, tout autant que le logement, sont mis au second plan.
J'ai lu que les 4/5 des permis de construire qui sont actuellement délivrés à Genève concernent des surfaces commerciales.


Alors, je vous le demande, pourquoi devrions-nous choisir entre manger et avoir un toit, quand le problème se situe ailleurs?


A travers le référendum, nous voulons engager un débat de fond sur le logement et le développement de Genève. Je pense que vous et moi sommes d'accord sur une chose: cela ne peut pas continuer comme ça!
Il convient donc de s'opposer à un déclassement qui ne règlera en rien la crise du logement, et crée un problème à long terme en sapant la souveraineté alimentaire des genevois.
Il faut aussi souligner qu'avant le déclassement, rien n'est signé pour le logement. Le nombre est toujours revu à la baisse après le déclassement.



Léna A., membre du comité référendaire de L'Aire.
Frontalière Genevoise, "expatriée" en France, tout simplement, 58 hectares pour 3'000 logements, c'est du gaspillage...

Écrit par : Léna Abichaker | 19/04/2010

Bonjour,

Merci pour cette réponse extrêmement argumentée et TOTALEMENT contradictoire : d’un coté vous préconisez des tours de 20 étages !!! et dans la phrase d’après vous préconisez aucun étage aux Cherpines.

Voila plusieurs éléments de réponses :
1)pourquoi ne pas construire des tours de 20 étages ? parce que vous êtes la première à ne pas vouloir y loger. Vous résidez dans une villa à Saint Genis. Vous n’avez pas envie de vivre en appartement de 5 étages mais vous aimeriez bien que les autres vivent dans des tours de 20 étages.

2) L’autonomie et la souveraineté alimentaire au niveau cantonal c’est un concept aussi stupide que l’autonomie alimentaire communale. Si vous êtes incapables d’accepter de manger des fruits et légumes du pays de Gex où vous logez, alors acceptez au moins d’avoir une interdépendance avec le canton de Vaud et le Valais. Pourquoi n’êtes-vous pas aussi vigilante sur l’autonomie en matière de logements ? Du point de vue de la souveraineté il est beaucoup plus inquiétant de voir la jeunesse genevoise contrainte à l’exil et acquérir la nationalité française dans 10 ans.

3) L’argument des profits privés fait appel à des préjugés imbattables. Mais alors si les profits sont tels, pourquoi les sociétés de promotion immobilière ont déserté un canton paralysé par l’indécision et les oppositions incessantes pour aller construire dans le district de Nyon ? Pour construire des logements il faudra bien les inciter à revenir à Genève pour cela il faudra accepter qu'elles y fassent des profits privés bien mérités lorqu'on travaille à la résolution d'un tel problème. Mais tant qu'il faudra plus de 14 ans pour qu'un projet sorte de terre les promoteurs immobiliers continueront de délaisser Genève.

4) Vous parlez d’étalement urbain aux Cherpines.. mais ne pas construire aux Cherpines c’est provoquer un étalement urbain au delà de la frontière (à Saint Genis par exemple, pour prendre votre cas). Coté français les Maires ont l’éthique d’essayer de construire suffisamment de logements pour les enfants de la commune. Mais plus du tiers des logements sont occupés par des Genevois exilés. Les Maires sont contraints à la surenchère urbaine qui contribue à engorger les routes du Genevois franco suisse.

5) Vous voulez engager un débat de fond : merci, le débat a lieu de puis 30 ans aux dépens des Genevois qui ne trouvent pas de logement, le paie trop cher, sont condamnés à l’exil et deviennent des automobilistes malgré eux. Le resultat de ce debat interminable depuis plusieurs decennies c'est que nous sommes tous un peu plus paralysés dans les transports. Après 30 ans de débat, il n'est plus temps de débattre, mais bien de construire des logements pour les Genevois.

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 19/04/2010

En fait, ma réponse n'est pas contradictoire, elle envisage deux cas de figures: d'un côté, la décision de déclasser serait abandonnée, on construirant sur un sol moins fertile ou mieux, déjà urbanisé (comme le prévoient les ingénieurs de l'EPFL, vous ne m'avez pas répondu à ce sujet) et donc on n'aurait pas à choisir entre manger et avoir un toit.
De l'autre le déclassement serait accepté, et dans ce cas, il ne faut pas que ce sacrifice du garde manger genevois se fasse pour rien. Si on doit supprimer ces 58 hectares agricoles, autant que cela soit pour construire les 50 000 ou 100 000 logements qui manquent, plutot que seulement 3 000.

Ce qui est sur, dans les deux cas, c'est que le projet actuel doit être combattu. Les 3 000 logements que vous demandez se suffisent de 15% de toute la zone déclassée, pourquoi se contenter des miettes?

Comment un projet peut-il afficher les couleurs du logements, alors que le logement est minoritaire dans le projet. C'est de la pure hypocrisie.

Je ne me base pas sur des préjugés lorsque je parle de la politique économique de Genève. Les profits, qu'ils soient privés, ou non, sont faits dans les bureaux et autres surfaces commerciales. J'en veux pour preuve le nouveau quartier de Vernier, par un investisseur privé (excusez-moi, ce ce serait la commune je trouverait la chose autant condamnable) qui va faire 1 000 logements et 4 000 emplois (bureaux et commerces). Sur 9 hectares. (Même avec cette proportion, on ferait plus de 7 000 logements sur la Plaine de l'Aire).

Tant qu'il y aura plus de permis de construire pour les bureaux et les commerces que pour les logements, il y aura une crise du logement.
Vous parlez vous même des méfaits de la politique fiscale du canton de Genève sur la France voisine. Faire plus d'emplois, pour des gens qu'on ne peut pas loger, et attirer des entreprises étrangères, c'est un moteur de la crise du logement.

Alors oui, il faut virer tous les paysans car c'est eux qui provoquent la crise du logement en utilisant trop de terres pour nourir la population.
Certaines villes hyper "modernes" ont, avec la même politique que celle de Genève, vidé leur centre, où plus personne ne peut se payer un appartement, où seul le commerce et les bureaux existent.

Est-ce parceque vous n'avez pas d'arguments rationels à me répondre que vous me répondez sur ma vie privée? Vous déduisez de l'adresse de mes parents mon "envie"?
Permettez-moi d'ajouter à ma biographie que j'ai vécu au Lignon, est-ce que cela me donne le droit de défendre cette architecture?
J'espère que non. Je n'ai pas besoin de ça pour baser mes arguments.
Remettre en question le droit à la parole de celui qui parle permet d'éviter de répondre aux questions. Ce n'est pas en faisant une recherche dans l'annuaire que l'on répond à des raisonnements.

Par contre ce qui est intéressant, et contradictoire, c'est l'utilisation que vous faites du statut d'expatrié vers la France. Dans votre argumentaire, le fait que les Genevois soient exilés en France semble venir de la pression du manque de logement à Genève. Par contre quand c'est moi qui vit en France, c'est un goût, c'est le désir de vivre dans une grande villa loin des immeubles.

Pour ce qui est de la souveraineté alimentaire, Saint Julien ne risque rien, elle a une souveraineté certainement 2 à 3 fois supérieure que celle de Genève (qui est de 15%). Pour ce qui est de dépendre du reste de la Suisse et de la France voisine, nous le faisons déjà. Mais bétonner nos terres agricoles en espérant que les autres cantons, et la France voisine ne le font pas, c'est se voiler la face. D'une part, l'agriculture recule en Suisse, et d'autre part si vous prenez position pour le logement à Genève, c'est justement parceque vos champs à vous sont aussi entrain de disparaître (que vous souhaitiez les maintenir ou pas, le fait est qu'ils sont rongés par l'augmentation de la population dans votre région).

Je ne suis donc pas convaincue par votre argument que l'on devrait renoncer à notre souveraineté alimentaire pour le logement.

Les profits des investisseurs immobliers seraient plus acceptables s'ils travaillaient vraiment à résorber la crise du logement, comme vous le dites, cela fait 30 ans d'échec.
N'est-ce pas suffisant, 30 ans à tourner en rond et à envahir la France, à faire des villes dortoire, des routes surchargées, et tous les problèmes que cela implique pour les Francais avec la hausse des prix dans leur région.
Il est temps de passer à un autre mode d'urbanisation. C'est ce que nous demandons à travers le référendum.

En plus de ne rien règler, les solutions du passé ont réduit l'autonomie alimentaire de la population, ont augmenté les profits des grosses entreprises (agro alimentaire, et de construction), ont réduit le pouvoir des Etats et des Communes qui ne peuvent même plus se payer la construction de logements. Voilà le débat de fond.

Un autre problème est que le déclassement se décide, puis les projets sont votés. On ne sait donc pas à l'avance combien de logements seront construits.
Et comme je l'ai dit, Plan les Ouates prévoit seulement 1 000 logements. Certains voudraient que l'on vote pour des projets, et non pour des déclassement, je pense que cela serait un premier pas vers un contrôle des constructions pour pouvoir augmenter le nombre de logements.

Cordialement,
Léna Abichaker

Écrit par : Léna A. | 20/04/2010

Bonjour,

Il me semble que VOUS ne répondez pas aux arguments :
1°) Le concept d'autonomie alimentaire cantonale est ridicule. Est-ce que le canton de Genève se prépare à une guerre avec le canton de Vaud ? Avec quelle armée ? Un peu de bon sens ne nuirait pas au dialogue.

2°) Vous prétendez que le logement est minoritaire dans le projet ? L'avez vous lu ? Les plans indiquent clairement qu'il est archi majoritaire. C'est l'essentiel des surfaces. Il est normal qu'il y ait aussi des commerces et des équipements sportifs pour que ce ne soit pas simplement des quartiers dortoirs.

3°) Vous prétendez vouloir des tours... avez vous posé la question aux personnes qui devront y vivre. Rare sont ceux qui veulent vivre dans des tours, partout dans le monde mais encore plus particulièrement à Genève. Il faut être réaliste pour venir à bout de la crise du logement et ne pas énoncer des propositions insensées. La densification est nécessaire mais elle ne peut être que progressive.

Si je me bats autant pour que suffisamment de logements soient construit c'est en partie aussi pour préserver aussi quelques terres agricoles aussi de notre côté de la frontière. Mais c'est surtout pour les habitants et pour notre qualité de vie à tous. Côté français les fonctionnaires, les jeunes et les ménages modestes n'ont tout simplement plus les moyens de vivre dans le Genevois français. Ils doivent le quitter ou vivre dans des conditions dramatiques parce que l'exode de la jeunesse Genevoise exerce une pression foncière intolérable. Cela détruit toute activité économique dans le Genevois français. La proportion de frontaliers augmentent, aggrave les problèmes de circulation et la pollution.

Vous ne connaissez pas encore le projet alors vous lutter contre le déclassement ??? Quelle incohérence !

S'opposer à des constructions de logement c'est contribuer à la crise du logement que subissent tant de familles genevoises. Manger des cardons AOC semble plus vous préoccuper que de contribuer à permettre à des familles d'avoir un toit à des conditions un peu moins indécentes et à proximité des réseaux de transport en commun.

J'ai un peu de mal à comprendre autant d'égoïsme !

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 20/04/2010

Bonjour,
En mettant de côté les arguments qui sont en rapport avec vos situations personnelles, on peut à mon avis légitimement discuter les 3 points que vous soulevez.
1- L'échelle pertinente pour parler de souveraineté alimentaire: Certainement pas celle du canton (Il ne sert néanmoins à rien de ridiculiser gratuitement ma préopinante), mais l'échelle mondiale étant sans doute un peu large, il faut trouver un moyen terme. Or, en Europe occidentale, rares sont les collectivités publiques qui se posent sérieusement la question. (Elle est est loin d'être atteinte à l'échelle suisse ou à celle du bassin franco-valdo-genevois). Or, quelle que soit l'échelle retenue, toute suppression de terres agricoles équivaut à reporter sur un autre territoire la tâche de nous nourrir. Est-ce vraiment raisonnable lorsqu'on connaît les soubresauts du marché agricole mondial ?
2- Il est difficile de "lire le projet", puisque, dans la procédure genevoise, le déclassement est voté avant qu'on décide ce qu'on fait de la zone. La seule chose qui figure dans le PL 10523, c'est qu'il y aura une zone de développement 3 (terme permettant de construire des chose très différentes, y compris des équipements sportifs), une école et une zone industrielle, le long de l'autoroute. Les projets présentés sont concurrents et, effectivement, prévoient de construire de 1000 à 3000 logements, c'est-à-dire de 6 à 15 mois de croissance démographique genevoise. Est-ce bien la peine de détruire ces terres pour un résultat si insignifiant ?
2bis - Si au moins, on faisait quelque chose pour freiner cette croissance, mais là je crois comprendre que nous nous partageons le même point de vue sur la politique économique de Hiler (avec un seul "l") et Muller.
3 - Des tours - sans doute est-ce exagéré, mais si l'on densifiait de 10%, les zones à bâtir 4 et 5 (habitat peu dense et villa), on créerait 65'000 logements (C'est un calcul personnel). On peut aussi parler des 50'000 logements proposés par l'EPFL, sans "tours" et en conservant des espaces verts, rien qu'entre Lancy, Carouge et Genève. Ca a tout de même "plus de gueule" que 1000 misérables logements à la place des maraîchers (au passage, on peut se moquer du cardon, qui n'est peut-être pas indispensable à la survie des Genevois, mais on produit très sérieusement plein d'autres choses délicieuses dans la Plaine de l'Aire - venez nous rendre visite !)

Avec mes meilleures salutations !

Julien Nicolet

Écrit par : Julien Nicolet | 21/04/2010

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