12/04/2010

La soudaine contraction du bassin d’emploi de Genève

La croissance économique de Genève est due à une attractivité fiscale forte (exonération quasi-totale d'impôts sur les sociétés proposée à certaines entreprises en contrepartie de leur installation), une qualité de vie, et un bassin de main d'œuvre très qualifiée.

Deux de ces atouts sont en train de disparaître très rapidement. La qualité de vie d'abord. La crise du logement contraint les nouveaux arrivants à se loger de plus en plus loins, de plus en plus mal et de plus en plus cher. Ils mettent souvent plus de 6 mois à trouver un logement alors que bien souvent ils ne restent que 3 ou 4 ans sur place.

La qualité de vie se détruit aussi très rapidement du fait de l'engorgement massif des voies de circulation. Les bouchons augmentent à vue d'œil. Au temps perdu s'ajoute la pollution de l'air et la pollution visuelle de files de voitures continuent.

Ces faits sont connus et observés. Ce qui l'est moins c'est que le bassin d'emploi risque de se réduire considérablement et très rapidement au fur et à mesure que les bouchons se développent.

Il y a quatre ans, les chefs d'entreprises se plaignaient de voir leurs salariés les quitter les uns après les autres. Ils étaient contraints de chercher un emploi à Genève pour avoir les moyens de vivre dans le Genevois français. Aujourd'hui, ils constatent que leurs employés préfèrent rentrer dans leur région d'origine plutôt que de subir de tels temps de transports.

Il y a quatre ans, il suffisait d'aller travailler un peu plus tôt ou un peu plus tard pour circuler correctement. Ces stratagèmes ne suffisent plus. Plus aucun itinéraire n'est dégagé à aucune heure décente pour aller travailler.

Le nombre d'habitants qui logent à 35 minutes des lieux d'emplois est encore d'environ 600 000 personnes, soit environ 300 000 actifs. A mesure que l'engorgement des routes s'accélère de manière exponentielle, les distances parcourues en 35 minutes se réduisent. Dans cinq ans, ce sont plus de 50 000 personnes supplémentaires qui auront emménagées dans le Genevois franco suisse, soit environ entre 15 et 25 000 voitures supplémentaires sur les routes. Un engorgement exponentiel qui réduira le nombre de personnes logées à 35 minutes de leur lieu de travail.

Il y aurait 50 000 habitants supplémentaires, mais 100 000 de moins logés dans un rayon de 35 minutes de leur lieu de travail ! Au total, environ 25 000 actifs qualifiés de moins dans le bassin d'emploi de Genève.

Cela ne se produira pas de manière progressive et lente mais de manière brutale et soudaine puisque la paralysie des transports suit des lois exponentielles : il suffit de quelques voitures en plus ou en moins pour passer d'un trafic fluide à un engorgement complet. On le voit pendant les vacances scolaires, il suffit qu'il y ait 10% de voitures en moins pour que le trafic devienne totalement fluide. Lorsque cette contraction aura lieu, il faudra environ 10 ans pour corriger ses effets en modifiant la politique économique, la politique du logement et en intensifiant la politique de développement d'infrastructures de transports.

Commentaires

Monsieur Vielliard,

Il est parfaitement possible de fluidifier le traffic dans le "canton intra-muros" (périmètre à définir). Il suffit de contenir le flux hors le périmètre, par des mesures de circulations traditionnelles dont on assurera sérieusement le respect. Mais aussi par l'instauration d'un péage, qui pourrait être d'ailleurs modulé selon le taux d'occupation du véhicule individuel.

Evidemment, une meilleures desserte par les transports publics/parkings d'échange serait une excellente mesure complémentaire. En ce sens, vos menaces de ne pas procéder aux aménagements requis en France m'étonne beaucoup.

Rappel : Pas touche à mes droits politiques, dont vous aurez remarqué que je suis jaloux.

Bonne journée, cher Monsieur Vielliard.

Écrit par : CEDH | 13/04/2010

Bonjour,

Le bassin d'emploi de Geneve depasse de beaucoup le canton intramuros. Les mesures que vous proposees sont precisement des contraintes qui donnerait l'illusion d'une fluidite mais en realite correspondrait a des temps de deplacement aussi plus important pour tous les employes qui n'habitent pas dans les limites que vous ne precisez pas. Le resultat est donc le meme : les obstacles a la circulation (obstacle de temps et de cout) auraient pour consequence d'empecher l'acces au bassin d'emploi genevois. Cela se traduirait par une reduction du nombre d'actifs que les entreprises genevoises pourraient recruter. C'est donc une perte de ressources humaines et de competences et donc une perte economique.

L'atout du bassin d'emploi de Geneve se reduit a mesure que l'engorgement des routes rend les entreprises innaccessibles pour leurs salaries contraints d'habiter loin faute de logements a Geneve.

Cordialement,

Antoine Vielliard

PS : je ne sais pas qui aurait la sournoise intention de toucher a vos droits politiques... pas moi.

Écrit par : Antoine Vielliard | 14/04/2010

L'aggravation brutale des conditions de circulation est un peu trop brutale, justement pour être honnête. Même si le problème que vous décrivez est réel, cela fait plusieurs années que les responsables de la circulation utilisent travaux et réglage des feux pour non pas fluidifier le trafic, mais bien l'aggraver, dans un but essentiellement dissuasif.
Ce q0i en attendant de produire ses effets, pollue et ennuie considérablement le travailleur moyen, dissuadant chaque jour un peu plus les entreprises désireuses de s'installer ici. Il semble de plus en plus évident que cela s'est encore aggravé depuis que Mme Kunzler a pris la haute main sur ce dossier des voies de circulation. On en a pris pour 4 ans !

Écrit par : rouletabille | 14/04/2010

Les trams amelioreront la circulation a terme. Les travaux ne sont probablement pas optimises. Mais l'accroissement des problemes de circulation est inevitablement lie a l'arrivee de 10 000 personnes supplementaires par an dont l'essentiel doivent s'installer loin des reseaux de transport en commun et donc prendre leur voiture. L'effet de ces arrivees a un impact exponentiel sur les engorgements. Dans une situation d'engorgement, il suffit de quelques voitures supplementaires pour arriver a la paralysie.

Ceci dit, j'ai lu un jour une etude qui montrait que l'impact negatif sur la mobilite de la phase de travaux etaient tres mal pris en compte dans les etudes initiales. Lorsque cet impact etait reintegre dans le calcul global d'impact de l'investissement on s'apercevait que l'investissement initial au total n'ameliorait pas la mobilite globale. En resume, et pour prendre cet exemple, les bouchons causes par les travaux d'un tram pendant plusieurs annees ne compensent pas toujours l'amelioration de la fluidite pendant toutes les annees de vie du dit tram ! Cette etude interpelle et devrait inciter a etudier une acceleration particuliere des travaux dans les lieux engorges. Ou a considerer d'autres modes de transport qui ont moins d'impact (cf note sur le transport par cable).

Cordialement,

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 14/04/2010

Monsieur Vielliard,


Je ne suis pas sûr de partager votre opinion. Le péage est une taxe d'orientation visant à encourager les usagers à faire usage des transports publics et, aussi, de les financer. Peut-être que Genève intra muros devrait s'étendre à la France sur certains axes.

Evidemment, une meilleures desserte par les transports publics/parkings d'échange serait une excellente ET INDISPENSABLE mesure complémentaire.

Salutations et merci pour votre déclaration d'intention relative au respect de mes droits politiques.

Écrit par : CEDH | 15/04/2010

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