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30/03/2010

Le fossé croissant entre la politique et la jeunesse

Plusieurs articles ces derniers jours ont souligné l'abstentionnisme massif dans les banlieues. Des analystes ont à juste titre analysé que cette exclusion politique est plus inquiétante que les violences de 2005 parce qu'elle traduit une marginalisation sociale toujours plus forte.

Ce que ces analystes ont en revanche manqué, c'est que cette exclusion politique et sociale de la jeunesse de France n'est pas spécifique aux banlieues. Elle est plus visible dans les banlieues parce que la part de la jeunesse dans la population y est plus élevée. Mais on observe cette même exclusion politique et sociale de la jeunesse à Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie) - commune parmi les plus aisées de France.

Le graphe ci-dessous montre le nombre de votants par classe d'âge aux régionales de 2010 dans la commune de Saint-Julien. En blanc les abstentionnistes, en noir les personnes qui ont voté aux deux tours et en gris ceux qui n'ont voté qu'a un seul tour. Ce graphe montre l'abstentionnisme de masse des jeunes mais aussi leur tourisme politique : ils sont plus nombreux à avoir voté à un seul tour qu'à avoir voté aux deux tours consciencieusement.

Nbre d'électeurs par classe d age.JPG

Chacun doit assumer sa part de responsabilité dans ce divorce entre la politique et la jeunesse : la politique s'éloigne de la jeunesse aussi parce que la jeunesse s'éloigne de la politique - et réciproquement. Aux municipales, il était désespérant de constater que les jeunes mamans de Saint Julien ont aussi peu voté que dans toutes les autres communes bien qu'on ait fait de leur préoccupation de l'accueil de la petite enfance un thème clef de notre projet municipal.

 

Chez les Saint Juliénois de 20 à 25 ans, seulement 11% ont voté aux deux tours. 15% ont manqué l'un des deux tours et 74% ont manqué les deux tours !!! Aucune élection ne traite aussi spécifiquement des sujets importants pour les jeunes : emploi, trains régionaux et formation sont les compétences principales de la région. A l'opposé on peut se demander pourquoi le taux de participation est si élevé chez les électeurs âgés de plus de 70 ans dont la plupart ne sont plus très concernés ni par les trains, ni par les lycées, ni par les formations professionnelles, ni par la politique de l'emploi.

Nos démocraties perdent leur jeunesse. Les jeunes encore plus que les autres, ne croient pas à la politique, à la démocratie.. et presque en l'avenir du pays. Dans nos democraties vieillissantes la jeunesse est minoritaire. Les jeunes constatent que les règles démocratiques ne permettent pas de prendre en compte leurs préoccupations minoritaires : crise du logement, chômage de masse des jeunes, insuffisance de l'accueil de la petite enfance, défense des avantages acquis au détriment des jeunes qui n'ont aucun avantage, crise environnementale, crise morale, dettes publiques... passent après la question récurrente et pour eux dérisoire de l'insécurité, de la burqa ou de l'identité nationale. Notre société a du mal à faire une place à sa jeunesse... ou seulement aux « fils de » Higelin, Chedid, Drucker, Sarkozy, Gainsbourg... Scrutin après scrutin la majorité la plus âgée lui impose des choix de société qui ne sont pas les siens.

A ce sujet, les dernières présidentielles sont caricaturales : Ce sont les plus de 50 ans et particulièrement les retraités qui ont accordé une majorité au Président de la République et son thème du « travailler plus pour gagner plus ». Une règle de vie imposée en particulier par les retraités inactifs à des actifs qui au contraire recherchent un équilibre de vie entre vie professionnelle et vie privée.

Nous autres, plus très jeunes qui avons la politique pour passion sommes des ovnis déjà plus très représentatifs de notre génération. Nous sommes déjà dans la moitié la plus âgée de la population mais nous sommes considérés comme des jouvenceaux impubères et peu crédibles dans les milieux politiques. Avec les familles qui se délitent, nous sommes pourtant l'un de ces dernier fils qui relient encore le pays à sa jeunesse.

Les jeunes ont du mal à se reconnaître dans des références idéologiques périmées et n'ont plus de cadre de pensée pour comprendre le monde et le changer. Ils doutent à juste titre de la capacité du politique à changer les choses. Ils constatent que les politiques sont trop soumises à l'économie et à la finance : la crise du logement qui perdure dans le Genevois et l'incapacité à réguler la finance sont de nouvelles preuves de l'impuissance du politique.

Lors des élections municipales l'âge médian des votants était de 50 ans. Deux ans plus tard l'âge median des votants aux régionales est de 54 ans. L'âge median des votants augmente plus vite que le temps qui passe !!!

La jeunesse de France se mobilise sur des élections à enjeu lisibles et claires - ce que n'ont pas été les dernières régionales. On peut espérer que les prochaines présidentielles le soient. Les jeunes ne votent pas sur des cadres idéologiques périmés mais sur des thèmes forts et clairs. Les jeunes enfin auront besoin de preuves que la politique peut imposer la volonté populaire sur les contraintes économiques et financières. C'est sur des réponses concrètes à leurs préoccupations et des résultats visibles que l'on pourra remobiliser la jeunesse à participer à la construction de l'avenir du pays.

29/03/2010

Des emplois dans le Genevois français

Le projet d'agglomération prévoit le rééquilibrage des emplois et des logements entre le canton de Genève et le Genevois français. Les services de la promotion économique du canton estiment cet objectif intenable. Ils ont raison, s'ils ne prennent en compte que les entreprises multinationales qu'ils rencontrent. Il est évident qu'aucune entreprise n'a intérêt à installer un siège de ce côté-ci de la frontière du Genevois : non seulement elle a les mêmes charges et les mêmes impôts qui pénalisent tant l'activité économique que partout ailleurs en France, mais en plus elle a le handicap d'une pression foncière insupportable. Pour une multinationale, s'installer dans le Genevois français est encore moins attractif que de s'installer dans la Creuse, ce qu'aucune ne songe à faire.

On peut pourtant créer des emplois dans le Genevois français :

1) En réduisant la pression foncière : Il y a un tissu d'entreprises dans le Genevois français. Ces entreprises sont aujourd'hui pénalisées dans leur développement par la pression foncière. Leurs salariés sont logés dans des conditions précaires à des prix inabordables. Dans le privé, les coûts des loyers se reportent en partie sur les coûts salariaux (environ 15% supplémentaires par rapport à un autre territoire français). Dans tous les cas, et tout particulièrement pour les actifs du secteur public, celà se traduit par des conditions de logements précaires. Dans le public comme dans le privé, les nouvelles recrues quittent le territoire après quelques mois de ces conditions de vie intenables. L'activité économique, tant publique que privée, est détruite dans le Genevois français en raison de l'exportation constante de la pression foncière.

En faisant venir 10 000 personnes par an dans le Genevois franco suisse et en ne construisant que 1230 logements en 2009, Genève contribue à empêcher le développement économique du Genevois français. La promotion économique du canton de Genève agit comme une destruction économique de l'activité propre du Genevois français.

2) Des secteurs pour lesquels le Genevois français a des atouts : le Genevois français a les mêmes handicaps sociaux et fiscaux que la Creuse, mais il a d'autres atouts : a) la proximité avec Genève, b) des réserves foncières précieuses, c) un cadre de vie exceptionnel. Nous pouvons créer des emplois dans des secteurs pour lesquels notre territoire a des atouts.

- les biotechnologies : de la même manière que les entreprises fuient la legislation fiscale européenne pour bénéficier de la fiscalité dérogatoire particulière proposée par le canton de Genève (éxonération quasi totale de l'impôt sur les sociétés), certaines entreprises fuient la législation tatillone sur la recherche biomédicale en s'installant en France. Le Genevois français peut proposer ainsi aux entreprises pharmaceutiques suisses le cadre législatif français, la proximité avec la Suisse et la proximité avec un aéroport international.

- le tourisme d'affaire : Aujourd'hui la première limite à l'activité du tourisme d'affaire de Genève c'est l'insuffisance de son offre hôtelière. Le cadre, l'aéroport et Palexpo pourrait permettre à Genève d'accueillir bien plus de salon s'il y avait assez de lits dans les hôtels. Mais ceux-ci sont complets dès qu'il y a un événément. Depuis l'entrée en vigueur des accords de Shengen, il n'y a plus besoin de visas pour les visiteurs internationaux pour passer du canton de Genève au Genevois français. Le Genevois français peut donc aider le canton a avoir une offre complète sur le tourisme d'affaire. Contrairement à ce que certains pensent, il ne s'agit pas de faire venir des visiteurs de Tokyo à Archamps, mais plutôt d'attirer quelques unes des formations et des séminaires de Genève à Archamps pour que les visiteurs de Tokyo aient de la place à Genève. Ce qu'ils n'ont pas actuellement.

- les ONG : les ONG ne faisant pas de profit, elle ne subissent pas la lourde fiscalité française. L'ancien Maire d'Annemasse avait identifié ce secteur comme une activité économique à développer pour le Genevois français. Pour l'instant l'essai n'est pas concluant, mais l'idée est pertinente et doit être développée et affinée. D'abord ça ne peut pas être n'importe quelle ONG. Il ne peut pas s'agir d'ONG qui font de la levée de fonds : il y aurait des obstacles fiscaux pour les donateurs Suisses qui doneraient des fonds à une ONG basée en France. Il ne peut s'agir que d'ONG qui ont besoin d'un bureau de représentation auprès des organisations internationales, qui peuvent être attirée par les coûts du foncier moins chers à Annemasse qu'à Genève. Mais d'une part, ces bureaux de représentation comptent peu d'emplois chacun (1 emplois à 5 emplois maximum le plus souvent) et d'autre part, bien souvent, leur loyer est souvent subventionné ce qui limite l'argument du plus faible coût du foncier. Il y a donc encore du travail à faire sur cette voie des ONG.

- les loisirs : L'implantation de Vitam Parc montre que comme dans toutes les agglomérations, la périphérie peut attirer à elle des activités de loisirs. Ce sont environ 200 emplois qui ont été créés à Neydens sur le site de Vitam Parc. D'autres peuvent être créés.

Certains estiment que seuls les emplois à forte valeur ajoutée sont nobles ! C'est du snobisme. Les profils des personnes sans emploi demandent au contraire de créér en priorité des emplois de faible qualification. L'objectif de la politique économique n'est pas de faire venir de nouveaux cadres, mais bien plutôt de créer des emplois pour les chômeurs actuels qui sont des jeunes et des séniors. La création de seulement 15 emplois à forte valeur ajoutée aux laboratoires Fabre à Saint Julien a coûté cher en subventions publiques (cession d'un terrain municipal en particulier). Dans notre région, ce ne sont pas les chercheurs qui sont les plus durement frappés par le chômage.

Enfin, il y a un constat plutôt original à faire des discussions que nous avons pu avoir avec les employeurs : le droit du travail français pourrait bien devenir un avantage concurrentiel pour recruter les nouvelles générations. Il correspond beaucoup mieux aux attentes des jeunes qualifiés qui recherche un équilibre entre leur qualité de vie et leur niveau de vie. Le droit du travail, les vacances et la protection sociale en France sont des handicaps pour les entreprises, mais elles sont au contraire des atouts pour leurs salariés qualifiés. Dans les secteurs ou le recrutement est tendu, le droit du travail français devient un avantage concurrentiel par rapport au droit du travail suisse. Les employeurs constatent que l'exode vers l'emploi frontalier genevois est termine. Temps de transports, couts de transport et de parking, cadre social, assurance maladie, conditions de logement : leurs salariés ne les quittent plus pour travailler à Geneve mais pour rentrer dans leur région d'origine.

26/03/2010

Compte rendu du Conseil Municipal de Saint Julien en Genevois du jeudi 25 mars

Le Conseil Municipal d'hier soir était convoqué à 20H30. La majorité a habituellement une réunion de groupe avant le conseil. A 20H30 très peu de conseillers municipaux de la majorité sont présents. 20H40 le Maire s'impatiente et ouvre le Conseil Municipal. Il n'y a alors que 15 Conseillers Municipaux de la majorité, ce n'est que grâce à notre présence que le Conseil atteint son quorum de 17 et peut tenir séance.

Lorsque le Maire était Conseiller Municipal d'opposition, dans cette situation, il quittait le Conseil Municipal qui du coup ne pouvait pas se tenir. Nous avons déjà eu un Conseil qui n'a pu se tenir que grâce notre présence. L'absentéisme de la majorité prend des proportions inquiétantes. Voilà plusieurs mois qu'il n'y a jamais plus de 18 Conseillers Municipaux de la majorité sur 25 au Conseil. Plusieurs Conseillers ne sont pas venus depuis plusieurs mois. On les comprend : eux-mêmes sont si peu associés aux débats qu'ils se lassent de leur présence.

De nombreux échos de la Mairie font état d'une lassitude généralisée tant des adjoints, que des services de la Mairie et que des Conseillers Municipaux. Même à la Communauté de Communes nombreux sont ceux qui s'exaspèrent des positions souvent incohérentes et irrespectueuses du Maire. Cela s'est vu lors de la désignation des délégués de l'ARC qui a vu l'élection du Maire de Saint Julien avec seulement une voix de majorité.

Nous demandons une suspension de séance pour débattre de notre présence. Se retirer du Conseil aurait pour conséquence de ne pas pouvoir adopter le budget ce qui serait ennuyeux tant pour la commune que pour ceux qui y ont travaillé. A l'opposé il est exaspérant de servir de mascarade de démocratie alors que toujours aucun projet ne nous a été présenté sur la maison de la petite enfance sur laquelle la municipalité dit travailler depuis plus d'un an. Nous décidons de rester mais exigeons d'être mieux informés des travaux en cours. Deux Conseillers supplémentaires finissent par arriver, le quorum de la majorité est atteint à 20H48 !

Nous passons à l'ordre du jour et notamment au budget. Vous trouverez le détail du budget dans l'ordre du jour que j'ai mis en ligne. Dans l'ensemble le budget est rigoureux et bon. Les dépenses sont beaucoup mieux maitrisées que dans le précédent mandat. On voit l'influence de l'adjoint au finance Michel de Smedt, et le travail rigoureux de nombreux adjoints notamment Mercedes Brawand qui est devenue particulièrement rigoureuse dans l'attribution des subventions en particulier. Sur le sport les subventions sont attribuées en fonction de l'effort fait pour la formation des jeunes : un axe politique en faveur du sport pour tous plutôt que du sport d'élite que nous avions particulièremen défendu durant la campagne et qui est mis en oeuvre par l'adjoint aux sports, Eric Brachet.

Les dépenses de personnel augmentent sous l'effet de la revalorisation à l'ancienneté et du recrutement d'assistantes maternelles, d'agents recenseurs et d'un directeur général adjoint des services.

Nous avons en revanche des remarques concernant le budget investissement. Toujours et encore de très nombreuses études, sur un bassin naturel biologique de plein air couplé à une piscine scolaire, sur un nouvel aménagement du centre ville, sur le pôle gare...etc..etc... alors que la municipalité a déjà de très gros projets sur la maison de la petite enfance, sur le transport en commun en site propre. Des projets qui ne pourront pas être financés tous ensemble. La moitié de ces études ne servira à rien, tout simplement parce qu'il faudra faire des choix. Ce sont plusieurs centaines de milliers d'euros qui seront gaspillés faute de n'avoir pas su faire des choix politiques d'orientation avant de lancer ces études.

Dans les subventions, une subvention exceptionnelle importante est accordée à la MJC pour épurer le passif de la situation dramatique laissée par la précédente équipe de la MJC.

La question de la piscine est particulièrement cocasse. Les bassin biologiques naturels ne permettent pas une utilisation importante. La municipalité veut coupler celà avec une piscine scolaire dont le déficit de fonctionnement serait très couteux pour la commune. Plus coûteux qu'un partenariat avec VitamParc. Même Annemasse n'arrive pas à faire tourner sa piscine et à besoin de l'aide de toute l'agglo. Le Maire de Saint Julien a la prétention d'en financer une.

Malgré ces réserves sur le budget investissement, nous nous abstenons sur le budget pour encourager les efforts de bonne gestion.

Vient l'affectation du résultat. Le résultat de l'exercice 2009 s'élève à 3 380 000 euros !!! Les dépenses municipales sont inférieures de 25% aux recettes. Avec un tel excédent, la commune aurait pu se permettre de se priver à la fois des recettes du Casino ET voir disparaitre soudainement près de la moitié des fonds frontaliers... elle aurait encore pu très bien passer l'année sans faire subir aux habitants une augmentation d'impôts de +8,5% !!! Ce résultat souligne à quel point l'augmentation d'impôt de l'an dernier était exagérée et inutile.

Le Maire montre clairement qu'il aurait voulu augmenter à nouveau les impôts cette année. J'estime au contraire que l'excédent faramineux de l'an dernier doit nous inciter à les réduire pour améliorer le pouvoir d'achat des habitants. La municipalité décide à mi chemin des les maintenir. Nous nous abstenons.

Nous abordons également le budget eau. La commune a très peu investit depuis trop longtemps. Nous devrons faire des investissements très importants qui vont nécessiter une augmentation considérable de la part communale sur l'eau. Près de 25% de l'eau produite se perd dans les canalisations municipales. Le doublement proposé de la part communal ne sera pas suffisant pour réaliser ces investissements. Nous le votons.

 

Le bipartisme ou l’alternance par l’incompétence

Dimanche soir les socialistes étaient à la fête. Ils ont gagné les élections régionales. Tous les commentateurs ne parlaient que des scores en pourcentage. Les pourcentages sont une réalité statistique qui détermine le résultat politique et juridique d’une élection.

La sociologie regarde ces élections d’une autre manière. Au premier tour des régionales, le Parti Socialiste a perdu 762 608 électeurs par rapport au premier tour des législatives de 2007 qu’il avait pourtant perdu. Le PS crie victoire car cette chute est moindre que celle de l’UMP qui en a perdu 5 222 795 ! VICTOIRE : le PS a perdu seulement 12% de ses électeurs pendant que l’UMP en perdait 51% !

 

Nbre de voix PS et UMP.JPG

Dans un pays ou le bipartisme s’installe, un mouvement politique peut gagner des élections après un Congrès calamiteux comme le Congrès de Reims, sans projet politique, sans vision de la société, avec des fraudes électorales internes avérées et reconnues et des querelles d’ego, avec des positions contradictoires sur ses stratégies d’alliances... simplement parce que ce parti est un peu moins nul que le parti au pouvoir. A vrai dire le Parti Socialiste avait tellement honte de lui-même pendant ces élections que le poing et la rose avait disparu de tous les documents de campagne.

Dans un pays du bipartisme, lorsqu’un camp se bat contre l’autre et réciproquement c’est la confiance dans la politique qu’ils détruisent ensemble. Pendant que la droite combat la gauche et réciproquement dans des querelles périmées, c’est la finance qui impose sa loi du court terme sur l’économie, les entrepreneurs et les salariés.

Le Parti Socialiste a gagné ces élections régionales en remportant des sièges, mais le soutien citoyen à la politique s’estompe. De plus en plus de citoyens ne croient plus en la capacité des politiques d’imposer la volonté populaire dans un monde globalisé ou des multinationales choisissent leurs taux d’imposition. Les faits leur ont donné raison jusqu'à présent. On le voit à Genève aussi ou malgré le consensus politique sur le logement, la crise perdure depuis plusieurs décennies.

Il faudra des rassemblements politiques larges et ouverts pour réaffirmer la primauté de la volonté populaire sur les lois du marché et les égoïsmes individuels.

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25/03/2010

Les ministres et les logements sociaux

Pendant la campagne électorale, je décrivais la situation de la crise du logement dans le Genevois franco-suisse à notre tête de liste Azouz Begag, ancien ministre. Une crise qu’il a touché de près puisqu’une personne de sa famille vient de s’installer dans notre agglomération pendant la campagne. Pour illustrer à quel point la crise est grave je prenais l’exemple de Michèle Kunzler qui a eu tant de mal à trouver un logement après son élection au Conseil d’Etat. Je lui expliquais qu’elle avait dû quitter son logement social suite à son election. Comme Pierre Maudet avait du le faire avant elle après son election au Conseil Administratif de la ville de Genève.

 

Azouz part d’un grand éclat de rire ! « C’est incroyable ce pays ! » dit-il d’un ton admiratif pour Genève. L’ancien ministre poursuit : « En France, les ministres dès qu’ils sont nommés passent un coup de fil pour demander un logement public. Pendant qu’ils occupent ces logements à faible loyer, ils louent leur propre logement à d’autres. A Genève c’est le contraire, les ministres libèrent les logements sociaux auxquels ils avaient droit quand ils sont nommés.».

 

Un exemple qui montre la différence d’intégrité entre l’élite politique nationale française et la classe politique genevoise. Mais surtout la différence sur le train de vie excessif de l’Etat francais, de ses dirigeants et de tous ceux qui prennent exemple sur eux.

24/03/2010

Logements : fiscalité et péréquation accentuent les déséquilibres entre les communes françaises et genevoises

Sur la période 2004-2008 les communes du canton de Genève ont construit en moyenne 1414 logements par an, soit 0,66% de logements supplémentaires. Pendant ce temps là, les communes du Genevois français ont construit en moyenne 4319 logements par an soit 2,81% de logements nouveaux. Ce grand déséquilibre à conduit à l'augmentation considérable du nombre d'automobilistes et à l'engorgement total des routes du Genevois franco suisse.

Lundi soir, lors d'un séminaire sur le logement à la communauté de communes, Yvan Rochat, Conseiller administratif de Vernier, soulignait l'incidence fiscale pour une commune de la construction de logements sociaux. La construction de Logements d'utilité publique (LUP) génère environ 1000 Francs suisses d'impôts communaux annuels contre 2800 francs pour la construction de propriété par étage. Les communes genevoises qui construisent des appartements sont désavantagées fiscalement. Non seulement les communes qui construisent touchent moins d'impôts par habitants mais encore elles doivent assumer les coûts des infrastructures publiques supplémentaires nécessaires. La construction d'appartements est très désavantageuses pour les communes genevoises.

En France les communes sont au contraire fiscalement incitées à construire des logements. Leurs recettes ne dépendent presque pas du niveau de revenu des habitants. La dotation de l'Etat est fonction du nombre d'habitants. Il y a une certaine logique humaniste à considérer que les coûts municipaux sont fonction du nombre d'habitants et pas de leurs revenus. Les impôts locaux dépendent en partie du confort de l'habitat mais pas de manière aussi progressive que les chiffres donnés par Yvan Rochat. Particularité supplémentaire dans les communes du Genevois français, les fonds frontaliers ne dépendent pas des revenus mais sont fixes par frontalier. Pour une commune française, un frontalier "rapporte" deux fois plus de recettes municipales qu'un contribuable qui travaille en France !

Ces systèmes de péréquation et de fiscalité conduisent donc les communes genevoises ET les communes françaises à accentuer les déséquilibres de notre agglomération. Les communes genevoises sont fiscalement incitées à ne pas construire à proximité des réseaux de transport en commun pendant que les communes françaises sont fiscalement incitées à construire loin des réseaux de transport. Paradoxalement le rééquibrage emploi/logement si nécessaire à notre agglomération n'est pas très intéressant fiscalement pour les communes françaises : elles peuvent gagner un peu de taxe professionnelle ou ce qui la remplacera, mais elles perdront la double imposition des frontaliers (impôts locaux + fonds frontaliers).

Ces systèmes de péréquation sont pervers. Ils conduisent à contraindre les nouveaux habitants à s'installer loin de leur travail et à devenir des automobilistes supplémentaires sur des routes déjà totalement engorgées. Ils conduisent à la disparition de l'activité économique dans le Genevois français. Ils conduisent à des pressions foncières insupportables pour les habitants du Genevois français qui ont des revenus français. Côté Genevois une prochaine refonte de la péréquation communale est à l'ordre du jour. Le système de péréquation en cours dans le canton de Vaud, que je ne connais pas doit pouvoir donner quelques inspirations puisque le district de Nyon sur la période 2004-2008 a construit 711 logements par an soit 2,33% (soit proportionnellement 3,5 fois plus que les communes genevoises). Côté français les choses seront plus compliquées puisque beaucoup plus centralisées. Il peut en revanche y avoir une réflexion au niveau départemental sur la répartition des futurs fonds frontaliers supplémentaires afin de permettre aux communes vertueuses qui cesseraient de contribuer au mitage du territoire de pouvoir tout de même avoir les recettes nécessaires à leur services municipaux.

23/03/2010

Ordre du jour du Conseil Municipal du 25 mars 2010 : budget

Vous trouverez ci-dessous l'ordre du jour du Conseil Municipal du 25 mars avec en particulier la proposition de budget communal pour 2010 ainsi que la proposition de subvention aux associations. Nous sommes a votre disposition pour toute remarque.

0-CM du 25 mars 2010-CONVOCATION.doc

00-CM du 25 mars 2010-projets délibérations n° 1 à 5.doc

00-CM du 25 mars 2010-projets délibérations n° 6 à 10.doc

5 jeunes sur 6 n'ont pas voté pour les lycées, les trains et l'emploi

La région s'occupe principalement des lycées, des Trains Express Régionaux, des formations professionnelles et du développement économique et de l'emploi. Des questions qui concernent principalement les jeunes.

Pourtant les élections régionales ont montré une abstention MAJEURE chez les personnes les plus concernées.

Dimanche au bureau de vote j'ai vu une dame âgée. Elle avait deux béquilles. Chaque pas lui coutait une minute d'effort. Elle a passé près de 3 minutes dans l'isoloir pour se débarrasser de ses béquilles, plier le bulletin de vote dans l'enveloppe, ramasser ses béquilles qui étaient tombées et venir difficilement jusqu'à l'urne. Mais elle était là. Quelques minutes plus tard j'ai discuté au bureau de vote avec une amie, elle profitait de la promenade des enfants pour voter et son mari était parti au ski pour la journée. Il n'a pas voté, négligence peut être, désillusion et désintérêt c'est sûr.

repartition des abstentionnistes et votants par classe d'age.JPGCela se retrouve dans les chiffres : seulement 17% de participations chez les 25 à 29 ans pourtant les plus concernés par les compétences de la région. A l'opposé la participation s'élève à 59% chez les 70-79 ans. Dimanche la moitié des votants avaient plus de 50 ans pendant que la moitié des abstentionnistes avaient moins de 37 ans ! Un phénomène qui n'est pas nouveau mais un fossé qui se creuse de plus en plus élections après élections : la jeunesse ne se sent plus partie prenante de nos sociétés vieillissantes.

Comment le fossé se creuse de plus en plus entre la politique et la jeunesse ?

Il y a de multiples raisons sociologiques : l'attachement à sa commune, à l'avenir de son territoire croit à mesure que les gens se stabilisent dans la vie, dans leur métier, dans leur famille et dans leur habitat, en un mot avec l'âge. La génération qui a vécu la guerre et l'après guerre comprend forcement mieux que la nouvelle génération l'importance des décisions collectives sur le bonheur individuel. L'acte même de voter est forcément aussi plus simple pour une génération un peu plus guidée dans ses choix par des conceptions idéologiques ancrées dans les valeurs familiales. A l'opposé la nouvelle génération, plus critique sur les idéologies doit constamment refaire l'effort d'information et de décision, élection après élection. Il y a aussi des explications pratiques, les jeunes, plus mobiles, ont d'autres préoccupations au moment de leur déménagement que de s'inscrire sur les listes électorales. Environ 10% d'entre eux sont inscrits dans leur précédente commune.

Il y a aussi une bonne part de manipulation politique. Les medias, dont l'agenda est partiellement dicté par les journaux télévisés, ont réduit de moitié leur couverture médiatique de la campagne par rapport à 2004. Une couverture qui s'est surtout faite sur les polémiques de personnes plutôt que sur les enjeux. Ils ont contribue à façonner une abstention massive qui augmente le poids de l'électorat traditionnel qui voté pour les partis traditionnels. Une manipulation politique déjà utilisée lors des européennes mais qui cette fois-ci s'est retournée contre ses initiateurs.

Au delà de ces critères sociologiques, la jeunesse européenne a de plus en plus de mal à trouver sa place dans des sociétés qui vieillissent et les négligent : chômage de masse, logements trop chers, insuffisances des crèches, financement des retraites, assurances maladies, dettes publiques qui explosent, dettes environnementales, de toute évidence les politiques publiques européennes favorisent les générations majoritaires au pouvoir au détriment des jeunes générations. Le déséquilibre est tel que les jeunes abandonnent une politique trop incapable d'intégrer leurs préoccupations dans la décision publique. Lassés de perdre sans cesse dans les urnes, ils abandonnent le combat politique et se préoccupent de sauver leur peau dans une société qui ne se préoccupe plus de leur avenir.

On pourrait penser qu'il suffirait que la politique prenne mieux en compte leurs préoccupations pour que les jeunes s'engagent à nouveau, mais le divorce est encore plus profond. Aux élections municipales nous avions fait du thème de l'accueil de la petite enfance l'un des 3 thèmes principaux de notre projet : pas un seul jeune parent supplémentaire n'est venu voter par rapport à d'autres communes. Lassés de ne rien voir changer à leur quotidien, ils ne croient plus en l'action politique. Leur abstention rend encore plus difficile la prise en compte de leur aspiration : nous avons perdu à 84 voix, l'accueil de la petite enfance ne s'améliorera pas autant que nécessaire, le fossé se creuse un peu plus.

L'intérêt politique du candidat serait de se préoccuper principalement des classes d'âges qui votent... l'exigence éthique oblige à se préoccuper de tous.

Renouer le lien entre la moitié de la population la plus jeune et la politique sera très long. Cela nécessite une meilleure prise en compte des préoccupations des jeunes par les élus et un réengagement politique progressif de la moitié des électeurs de moins de 40 ans. Comme pour les femmes, l'instauration de quotas peut aider à renouer les liens nécessaires entre la société et la jeunesse qui est son avenir.

Taux de participation par age.JPG

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21/03/2010

Logements : le double langage des libéraux genevois

Les Libéraux genevois ont un discours très clair sur le logement : "+ de logements" était leur slogan aux dernières élections cantonales. Pourtant au niveau municipal le slogan change : "PAS DE LOGEMENTS ICI" disent les Maires libéraux de Thônex et de Veyrier ! Le tract ci-dessous distribué par les Libéraux au sujet de Bernex et de la Plaine de l'Aire montre à quel point les Libéraux ont des propositions opposées au niveau du canton et des communes :

http://antoinevielliard.hautetfort.com/media/00/01/185875...

Dans ses efforts sincères mais pour l'instant inefficaces pour construire des logements, Mark Muller doit imposer à ses amis libéraux de construire des logements dans les communes dont ils ont la responsabilité. Il fallait être sacrément culloté pour faire une campagne cantonale sur le thème du "+ de logements" tout en présentant Isabel Rochat qui s'est autant opposé aux communaux d'Ambilly.

Le risque est important pour les milieux libéraux : chaque jour supplémentaire de pénurie de logements contribue à former une future majorité populaire qui imposera un moratoire sur l'arrivée des hedge funds tant que la crise du logement perdurera. Aujourd'hui la promotion économique du canton se fait principalement au détriment des Genevois. Les traders accaparent les rares logements disponibles. L'afflux massif de population augmente les problèmes de circulation.

Lors des élections pour le Conseil d'Etat, Pierre-François Unger affirmait qu'un emploi importé permettait la création de trois emplois locaux. A regarder de plus près on s'apercoit que ces chiffres sont faux : 1) d'une part il s'agit de chiffres déclaratifs - et les entreprises qui répondent savent quelle réponse leur est plus avantageuse pour le maintien des avantages fiscaux et 2) ce que Pierre-François Unger appelle un emploi local c'est un emploi créé à Genève, mais ces emplois ne correspondent pas aux compétences des chômeurs genevois, ce sont donc des Valaisans, des Neuchatelois ou des Européens qui les occupent. Fait unique parmi les grandes villes d'Europe, Genève se vide la semaine avant Noël car tous ces employés rentrent dans leur famille lointaine. Peu importe leur nationalité cantonale ou nationale, mais le problème c'est qu'ils doivent emménager à Genève et donc aggraver les problèmes de logement et de mobilité du canton.

Il est temps pour le canton de travailler à une croissance durable. Les politiques cantonales sont totalement incohérentes : les emplois créés ne correspondent pas aux compétences des sans emplois ; Genève est l'une des villes d'Europe qui concentre le plus d'emplois à très forte valeur ajoutée, mais c'est aussi sans doute l'une de celle qui investit le moins dans la formation supérieure ; par sa politique économique Genève fait venir près de 10 000 personnes par an, mais ne construit que 1230 logements en 2009. Déjà totalement engorgée, elle jette sur les routes 10 automobilistes supplémentaires chaque jour.

Pour stopper la crise du logement et de la mobilité, les politiques cantonales doivent devenir cohérentes : créer des emplois qui correspondent aux formations des Genevois et créer des formations qui correspondent aux emplois. Avoir des politiques économiques et du logement qui soient cohérentes pour que les gens que Genève fait venir puissent se loger sans pénaliser les Genevois.

 

19/03/2010

Logements : Apprendre des erreurs faites à Puplinge, Avully et Onex

Avully et Puplinge partagent deux points communs : ce sont les deux seules communes genevoise qui n’ont construit AUCUN logement pour leurs enfants de 2004 à 2008. Ce sont aussi deux communes qui ont vu leur taille plus que doubler à un moment de leur histoire.

 

Ce doublement de taille s’est fait de manière abrupte, soudaine et violente. La construction de trop de logements, trop vite et trop mal dans ces deux communes a laissé des séquelles durables sur les finances de ces communes aussi bien que sur la capacité des habitants d’accepter de nouveaux logements.

 

Cela s’est payé cher : pratiquement aucuns logements construits à Avully pendant plus de 40 ans, et à Puplinge pendant plus de 30 ans. Pendant que l’immobilisme communal se prolongeait, ce sont deux générations d’habitants qui ont vu le jour… les enfants des habitants et maintenant leurs petits enfants ont du quitter la commune et souvent même le canton. Ce sont désormais de nouveaux automobilistes qui encombrent les routes.

 

Onex est dans une situation assez proche. Le canton dans son ensemble est traumatisé par des projets de logements, gigantesques et mal pensés au départ. La construction de nouveaux logements qui doit être naturel pour tous les habitants qui ont des enfants est vécue comme un traumatisme.

 

Pour éviter de nouveaux drames, il est nécessaire que l’effort de construction de logements soit partagé entre toutes les communes, qu’il soit continu et progressif plutôt que d’être concentré dans certains lieux et se faire par paliers. Les mégas projets de 15 000 logements peuvent soulager la crise du logement de manière temporaire, mais ils peuvent aussi l’aggraver à long terme en renforçant l’opposition populaire aux mega projets de logements trop artificiels.

 

Le besoin en logements est d’environ 2% de logements par an. Pour arriver à une telle moyenne, il est nécessaire que toutes les communes construisent au minimum 1% de logements par an et que les communes les mieux desservies par les transports en commun en construisent 3% par an. Les constructions continues, progressives, bien reparties entre les communes seront plus acceptables pour les habitants que des grands projets concentrés sur certaines communes et de manière soudaine.

 

Pour que cette évolution se fasse de manière continue et progressive, il est nécessaire 1) d’intéresser fiscalement et financièrement les communes à la construction de logements et 2) de déclasser des surfaces équivalentes dans toutes les communes en même temps pour éviter que la pression foncière ne s’exerce trop fortement et successivement sur les trop rares terrains déclassés.

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