23/03/2010

5 jeunes sur 6 n'ont pas voté pour les lycées, les trains et l'emploi

La région s'occupe principalement des lycées, des Trains Express Régionaux, des formations professionnelles et du développement économique et de l'emploi. Des questions qui concernent principalement les jeunes.

Pourtant les élections régionales ont montré une abstention MAJEURE chez les personnes les plus concernées.

Dimanche au bureau de vote j'ai vu une dame âgée. Elle avait deux béquilles. Chaque pas lui coutait une minute d'effort. Elle a passé près de 3 minutes dans l'isoloir pour se débarrasser de ses béquilles, plier le bulletin de vote dans l'enveloppe, ramasser ses béquilles qui étaient tombées et venir difficilement jusqu'à l'urne. Mais elle était là. Quelques minutes plus tard j'ai discuté au bureau de vote avec une amie, elle profitait de la promenade des enfants pour voter et son mari était parti au ski pour la journée. Il n'a pas voté, négligence peut être, désillusion et désintérêt c'est sûr.

repartition des abstentionnistes et votants par classe d'age.JPGCela se retrouve dans les chiffres : seulement 17% de participations chez les 25 à 29 ans pourtant les plus concernés par les compétences de la région. A l'opposé la participation s'élève à 59% chez les 70-79 ans. Dimanche la moitié des votants avaient plus de 50 ans pendant que la moitié des abstentionnistes avaient moins de 37 ans ! Un phénomène qui n'est pas nouveau mais un fossé qui se creuse de plus en plus élections après élections : la jeunesse ne se sent plus partie prenante de nos sociétés vieillissantes.

Comment le fossé se creuse de plus en plus entre la politique et la jeunesse ?

Il y a de multiples raisons sociologiques : l'attachement à sa commune, à l'avenir de son territoire croit à mesure que les gens se stabilisent dans la vie, dans leur métier, dans leur famille et dans leur habitat, en un mot avec l'âge. La génération qui a vécu la guerre et l'après guerre comprend forcement mieux que la nouvelle génération l'importance des décisions collectives sur le bonheur individuel. L'acte même de voter est forcément aussi plus simple pour une génération un peu plus guidée dans ses choix par des conceptions idéologiques ancrées dans les valeurs familiales. A l'opposé la nouvelle génération, plus critique sur les idéologies doit constamment refaire l'effort d'information et de décision, élection après élection. Il y a aussi des explications pratiques, les jeunes, plus mobiles, ont d'autres préoccupations au moment de leur déménagement que de s'inscrire sur les listes électorales. Environ 10% d'entre eux sont inscrits dans leur précédente commune.

Il y a aussi une bonne part de manipulation politique. Les medias, dont l'agenda est partiellement dicté par les journaux télévisés, ont réduit de moitié leur couverture médiatique de la campagne par rapport à 2004. Une couverture qui s'est surtout faite sur les polémiques de personnes plutôt que sur les enjeux. Ils ont contribue à façonner une abstention massive qui augmente le poids de l'électorat traditionnel qui voté pour les partis traditionnels. Une manipulation politique déjà utilisée lors des européennes mais qui cette fois-ci s'est retournée contre ses initiateurs.

Au delà de ces critères sociologiques, la jeunesse européenne a de plus en plus de mal à trouver sa place dans des sociétés qui vieillissent et les négligent : chômage de masse, logements trop chers, insuffisances des crèches, financement des retraites, assurances maladies, dettes publiques qui explosent, dettes environnementales, de toute évidence les politiques publiques européennes favorisent les générations majoritaires au pouvoir au détriment des jeunes générations. Le déséquilibre est tel que les jeunes abandonnent une politique trop incapable d'intégrer leurs préoccupations dans la décision publique. Lassés de perdre sans cesse dans les urnes, ils abandonnent le combat politique et se préoccupent de sauver leur peau dans une société qui ne se préoccupe plus de leur avenir.

On pourrait penser qu'il suffirait que la politique prenne mieux en compte leurs préoccupations pour que les jeunes s'engagent à nouveau, mais le divorce est encore plus profond. Aux élections municipales nous avions fait du thème de l'accueil de la petite enfance l'un des 3 thèmes principaux de notre projet : pas un seul jeune parent supplémentaire n'est venu voter par rapport à d'autres communes. Lassés de ne rien voir changer à leur quotidien, ils ne croient plus en l'action politique. Leur abstention rend encore plus difficile la prise en compte de leur aspiration : nous avons perdu à 84 voix, l'accueil de la petite enfance ne s'améliorera pas autant que nécessaire, le fossé se creuse un peu plus.

L'intérêt politique du candidat serait de se préoccuper principalement des classes d'âges qui votent... l'exigence éthique oblige à se préoccuper de tous.

Renouer le lien entre la moitié de la population la plus jeune et la politique sera très long. Cela nécessite une meilleure prise en compte des préoccupations des jeunes par les élus et un réengagement politique progressif de la moitié des électeurs de moins de 40 ans. Comme pour les femmes, l'instauration de quotas peut aider à renouer les liens nécessaires entre la société et la jeunesse qui est son avenir.

Taux de participation par age.JPG

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Commentaires

Navré de voir que c'est le même constat d'un coté de la frontière comme de l'autre, les jeunes ne votent plus et ne intéressent plus mais ne perdons pas espoir pour autant

Je vous invite à lire cet excellant travail de maturité d'un élève d'un collège genevois concernant les jeunes et la politique.

http://genevedemain.blog.tdg.ch/archive/2010/03/21/les-jeunes-et-la-politique-a-geneve.html

Écrit par : Guillaume Sauty | 23/03/2010

On s'en fout, on a déjà assez de problèmes avec nos médiocres politiciens suisses!

Vous voulez nous fourguer les vôtres?

Allez les jeter en mer du Nord!

NON!

Écrit par : dominique.degoumois | 23/03/2010

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