21/03/2010

Logements : le double langage des libéraux genevois

Les Libéraux genevois ont un discours très clair sur le logement : "+ de logements" était leur slogan aux dernières élections cantonales. Pourtant au niveau municipal le slogan change : "PAS DE LOGEMENTS ICI" disent les Maires libéraux de Thônex et de Veyrier ! Le tract ci-dessous distribué par les Libéraux au sujet de Bernex et de la Plaine de l'Aire montre à quel point les Libéraux ont des propositions opposées au niveau du canton et des communes :

http://antoinevielliard.hautetfort.com/media/00/01/185875...

Dans ses efforts sincères mais pour l'instant inefficaces pour construire des logements, Mark Muller doit imposer à ses amis libéraux de construire des logements dans les communes dont ils ont la responsabilité. Il fallait être sacrément culloté pour faire une campagne cantonale sur le thème du "+ de logements" tout en présentant Isabel Rochat qui s'est autant opposé aux communaux d'Ambilly.

Le risque est important pour les milieux libéraux : chaque jour supplémentaire de pénurie de logements contribue à former une future majorité populaire qui imposera un moratoire sur l'arrivée des hedge funds tant que la crise du logement perdurera. Aujourd'hui la promotion économique du canton se fait principalement au détriment des Genevois. Les traders accaparent les rares logements disponibles. L'afflux massif de population augmente les problèmes de circulation.

Lors des élections pour le Conseil d'Etat, Pierre-François Unger affirmait qu'un emploi importé permettait la création de trois emplois locaux. A regarder de plus près on s'apercoit que ces chiffres sont faux : 1) d'une part il s'agit de chiffres déclaratifs - et les entreprises qui répondent savent quelle réponse leur est plus avantageuse pour le maintien des avantages fiscaux et 2) ce que Pierre-François Unger appelle un emploi local c'est un emploi créé à Genève, mais ces emplois ne correspondent pas aux compétences des chômeurs genevois, ce sont donc des Valaisans, des Neuchatelois ou des Européens qui les occupent. Fait unique parmi les grandes villes d'Europe, Genève se vide la semaine avant Noël car tous ces employés rentrent dans leur famille lointaine. Peu importe leur nationalité cantonale ou nationale, mais le problème c'est qu'ils doivent emménager à Genève et donc aggraver les problèmes de logement et de mobilité du canton.

Il est temps pour le canton de travailler à une croissance durable. Les politiques cantonales sont totalement incohérentes : les emplois créés ne correspondent pas aux compétences des sans emplois ; Genève est l'une des villes d'Europe qui concentre le plus d'emplois à très forte valeur ajoutée, mais c'est aussi sans doute l'une de celle qui investit le moins dans la formation supérieure ; par sa politique économique Genève fait venir près de 10 000 personnes par an, mais ne construit que 1230 logements en 2009. Déjà totalement engorgée, elle jette sur les routes 10 automobilistes supplémentaires chaque jour.

Pour stopper la crise du logement et de la mobilité, les politiques cantonales doivent devenir cohérentes : créer des emplois qui correspondent aux formations des Genevois et créer des formations qui correspondent aux emplois. Avoir des politiques économiques et du logement qui soient cohérentes pour que les gens que Genève fait venir puissent se loger sans pénaliser les Genevois.

 

Commentaires

De toute façon, la gauche ne construit que des logements sociaux et la droite qui s'était engagé à construire dans la zone du PAV ne semble pas tenir ses promesses. Est-ce trop tôt ? Pour l'instant Mark Muller cherche en vain un architecte cantonal pour le nid de guêpes qu'est la gouvernance genevoise en matière de logement et pendant ce temps là on attend des appartements pour tous... en vain !!!!

Écrit par : demain | 21/03/2010

Il faut voir ou est le cœur du problème, le manque de logement! Il ne sert a rien de brider la promotion économique qui contribue au développement de Genève et à son futur mais s'attaquer au problème de logements qui ne suivent pas. Si il y a une mouche dans l'appartement on ne déménage pas, on s'attaque à la mouche...

Écrit par : geneva80 | 21/03/2010

Genève construit assez de logements pour ceux qui naissent à Genève, ceux que M. Veilllard appelle affectueusement ses enfants.

Genève construit assez de logements pour les employés des multinationales qui, eux, payent des impôts sur le revenu et sont rarement des cas sociaux.

Genève ne construit pas assez de logements pour loger les clandestins, qui payent des impôts dérisoires quand ils en paient, et forment des bataillons de cas sociaux.

Genève ne construit pas assez de logements pour les extra-européens requérants d'asile (familles), déboutés d'asile (familles) etc... Des cas sociaux.

Genève ne construit pas assez de logements pour les personnes issues de l'intense immigration européenne des pays du Clubmed (Europe du sud) qui résulte du désatreux état économique de ces pays. Ces gens, quand ils sont en situation régulières, payent très peu d'impôts et exigent des prestations sociales de l'Etat. Des bataillons de cas sociaux.

le problème No 1 de Genève est l'immigration. Sans avoir résolu ce problème construire pour résoudre le problème du logement est vouloir vider la baignoire sans fermer le robinet d'où coule l'eau qui la remplit.

Ce que M. Veillard dénonce est l'immigration de ressortissant de l'UE et de Suisse dans le Genevois français. Concédons à M. Vieillard que le pôle d'immigration primaire est Genève et non le Genevois français, qui est "victime" d'une immigration secondaire.

Rappelons tout de même à M. Veilliard que cette immigration résulte de l'accord de libre circulation, voulu par la France et l'UE, et que cet accord bénéficie aux ressortisssants européens et français qui viennent librement travailler à Genève et infligent dumping salarial et de compétence à certains des résidents genevois qui le paient cher.

Rappelons aussi à M. Veilliard que les néo-résident européens du Clubmed sont, à sont instar, citoyens européens.

Écrit par : Jeunard | 21/03/2010

Monsieur Veilliard surfe démagogiquement sur l'anti-traderisme.

Malheureusement, il fait fausse route. Genève n'est pas envahie par des traders de hedge fund. Si quelques hedge fund s'installent en Suisse cela est de nos jours rarement à Genève.

Relevons d'ailleurs que la crise mondiale n'est pas le fruit de hedge fund mais de banques, y compris françaises bénéficiant des garanties des Etats, y compris de la France.

Écrit par : Jeunard | 21/03/2010

Monsieur Veilliard relève que la politique de promotion économique genevoise ne conduit pas à une création suffisante d'emploi peu qualifié.

Il a tort.

Si la création est insuffisante c'est que ces postes sont pris non seulement par la population locale mais aussi par celle, moins locale, des frontaliers peu qualifiés et par les immigré européens du clubmed (Europe du sud) qui envahissent Genève.

Relevons qu'il est économiquement impossible de créer à Geneve des postes peu qualifiés qui ne soient pas secondaires. En tous les cas tant que Genève n'aura pas coulé. Ce qui est loin d'être impossible.

Le problème est donc bien celui de l'immigration des personnes peu qualifiées ou prêtes à occuper de tels emplois et donc de l'accord de libre circulation des personnes.

Écrit par : Jeunard | 22/03/2010

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