24/02/2010

Logements à Genève : le moulin à palabre risque de se mettre en route

Les nouveaux chiffres publiés par l'OCSTAT sur la nouvelle réduction des constructions de logement à Genève scandalisent tous ceux qui se sont engagés dans la construction du projet d'agglo et dans le financement d'infrastructures de transport en commun transfrontaliers.

Le moulin à palabre genevois redémarre : les socialistes accusent les libéraux de refuser de construire dans les zones de villas ; les Socialistes devraient plutôt aider à attirer des investisseurs dont on a besoin pour financer la construction des logements. Les socialistes n'ont pas pris conscience qu'a faire fuire les regies.. ils font fuire du canton les locataires modestes qui sont leurs électeurs. Les Libéraux désignent du doigt les zones agricoles ; Les Libéraux devraient plutôt construire dans les 44% d'espaces urbanisés occupés par les quelques 10% de propriétaires de villas dans les communes dont ils ont la charge. Les Libéraux n'ont pas encore pris conscience que la crise du logement est un handicap de l'attractivité économique de Genève et réduit le soutien populaire aux politiques économiques. Personne ne se pose la question de suspendre les incitations fiscales pour les hedge-funds tant que Genève n'aura pas construit assez de logements pour ses enfants. Les uns estiment qu'il faut construire là où il y a déjà des logements pour favoriser l'usage et le développement des transports en commun. Les autres estiment au contraire qu'il faut construire là où il y a peu de logements pour répartir la charge. Chaque élu communal nous sort 36 raisons pour lesquels ce n'est pas dans sa commune qu'il faut construire, mais dans la commune voisine.

Le comble du ridicule revient à Anne Mahler, Présidente des Verts genevois, qui me disait ce matin "Mais Puplinge à beaucoup construit de 1975 à 1978" (sic). Le temps passe vite Mme Mahler... c'était déjà il y à 35 ans. Depuis la population de Genève a augmenté de près du tiers. Puplinge n'a pas construit de logements mais les habitants de Puplinge ont eu des enfants depuis 35 ans. Anne Mahler reconnaissait qu'un parent qui mettrait ses enfants à la rue pour louer leurs chambres à des banquiers serait un voyou.. sans prendre conscience que c'est ce qui a été fait par les autorités de Puplinge. Mme Mahler ira soutenir ce soir les candidats d'Europe Ecologie à Annemasse. Un soutien encombrant pour des écologistes qui prônent la densification nécessaire au développement des transports en commun. Evidemment que d'autres communes doivent plus construire que Puplinge, mais Puplinge aussi doit construire. Le symbole de 0 logement sur 2004-2008 est fort de provocation.

Tout le monde est d'accord sur le diagnostic de la crise du logement.. et chacun blâme l'autre plutôt que d'assumer sa responsabilité. Dans cette fuite des responsabilités, les uns affirment que ce n'est pas la responsabilité des communes... pourtant les candidats au Conseil d'Etat soulignait l'importance de la collaboration des communes en octobre dernier.

La réalité c'est que dans toutes les communes les habitants ont des enfants et que donc toutes les communes doivent construire. Celles qui sont proches des axes de transport en commun plus que les autres. Celles qui veulent des transports en commun et des services publics plus que les autres.

On entend exactement les mêmes discussions depuis 30 ans, la crise du logement elle s'aggrave chaque année un peu plus. Pendant que le moulin à palabres redémarre, ce sont encore 18 familles qui aujourd'hui devront quitter le canton pour le Genevois français parce que les très rares logements disponibles auront été loués par les cadres des entreprises que Genève fait venir. Ce sont 10 automobilistes de plus qu'on trouvera sur les routes demain matin. Ce soir des milliers de parents dormiront à nouveau dans leur salon. Des milliers d'enfants dormiront à 3 par chambre. Aujourd'hui encore quelques infirmières, des maçons, des caissières, des professeurs, des policiers, des douaniers, des ouvriers, des employés devront quitter le Genevois franco-suisse parce qu'ils n'ont plus les moyens de vivre.

Pendant que des députés cantonaux se renvoient la balle, quelques élus communaux ont agit en contribuant à la construction de logements pour les habitants : les conseillers administratifs de Confignon (Alain Dreier, Françoise Joliat, Dinh Manh Uong), ceux de Satigny (Martine Roset, Philippe Poget, Claude Guinans), ceux de Bellevue (Marcel Beauverd, Daniel Fabbi, Catherine Dupasquier), ceux du Grand Saconnex (Arthur Plée, Elizabeth Böhler Goodship, Jean Marc Comte) et ceux de Plan les Ouates (Geneviève Arnold, Thierry Durand, Laurent Seydoux), et leurs prédécesseurs et leurs conseillers municipaux qui les ont soutenus. Peut-on espérer que d'autres assument leurs responsabilités, reconnaissent leurs erreurs et fassent des propositions qui dépendent d'eux plutôt que de renvoyer la responsabilité aux concurrents politiques ?

Commentaires

Oui, tout cela est très mal.

Mais la responsabilité des autorités de Haute-Savoie, Antoine, fait qu'il faut trouver des solutions sans blâmer forcement les Genevois, je pense. Car en fait, il est immoral de ne pas tenir ses engagements, mais c'est à ceux qui ne les tiennent pas de savoir comment ils pourront soutenir l'aiguillon de leur conscience, pour ainsi dire. Quant à ceux qui ont espéré voir tenir ces engagements, il serait infantile de leur part de faire autre chose que de refuser de passer de nouveaux contrats avec ceux qui ne tiennent pas les engagements.

Il reste à résoudre le problème des logements de Haute-Savoie. Pour cela, il est possible de légiférer, en réalité. Par exemple, faire payer une taxe spéciale à ceux qui vivent en Haute-Savoie et travaillent à Genève, afin de financer les logements. Car c'est vrai qu'il y a de la place à Genève, et que les Genevois riches ont de la chance de pouvoir vivre dans une cité avec des espaces verts, dans une cité où l'on respire, mais les riches ont toujours eu de la chance: on n'y peut rien. Et le fait est qu'il y a aussi de la place en Haute-Savoie, après tout. Le tout est de donner assez pour faire avaler l'évolution urbaine pas belle. Il faut riposter, plutôt que protester. En tout cas, c'est mon avis.

Écrit par : RM | 24/02/2010

Faites quelque chose,svp, avec les heures et la façon de travailler à la sous-préfecture de St-Julien. En 6 heures, je ne suis pas encore parvenue à demander mes changements de plaque, à chaque fois, un nouveau fonctionnaire me demande un document supplémentaire.
les ouvertures sont de 9h à 12h45 - des centaines de gens patientent tous les jours. Suggérez quelque chose au niveau de la réorganisation, svp. C'est un désastre.....

Écrit par : duda | 24/02/2010

Au portevois de St Julien - 11 heures pour se faire délivrer un certificat provisoire d'immatriculation avec le temps d'attente, je me suis rendue quatre fois dans le bureau de la sous-préfecture de Stu-Julien . La plupart du temps ce sont les informations qui étaient erronées. A un guichet, on vous dit que vous devez payer 49 euros, le lendemain on vous précise 264.50, donc redépart à la banque. Pour conclure, on ne peut pas vous faire de photocopies de vos documents, parce que la photocopie est dans le bâtiment central et que la fonctionnaire ne peut pas quitter son poste ! Pathétique ..... Je suggère que vous délivriez un document clair qui précise tous les documents à apporter, le coût précis et ne pas confier cela à une fonctionnaire qui n'est pas apte à fournir les bons renseignements.

Écrit par : duda | 25/02/2010

Ah oui, j'oubliai ! et d'investir dans une photocopieuse !

Écrit par : duda | 25/02/2010

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