22/01/2010

On circule parfaitement bien à Genève, de quoi se plaint-on ?

Beaucoup d’habitants se plaignent d’être coincés dans les embouteillages, de mettre deux fois plus de temps dans leurs déplacements quotidiens qu’il y a seulement quelques années. Les études statistiques montrent d’ailleurs que la circulation est si mauvaise que la distance moyenne a été réduite : les Genevois se deplacent moins loin depuis qu’ils circulent moins bien. Découragés par les encombrements permanents, ils renoncent à des activités. On passe de la mobilité à l'immobilité.

J’ai une excellente nouvelle pour tous ceux qui estiment que ces embouteillages détruisent la qualité de vie du Genevois franco suisse. Dans quelques années, ils s’en souviendront comme de la belle époque durant laquelle on pouvait encore circuler dans le Genevois. Dans quelques années, si rien ne change, ce qui nous semble aujourd’hui être un enfer de circulation nous semblera alors un paradis.

Dans quelques années et d’après le projet d’agglomération, si le canton maintient ses politiques d’exonération fiscales, ce sont 200 000 personnes qui se seront installées dans le Genevois franco suisse à la demande de leur employeur. Dans quelques années, si le Canton se limite à l’objectif dérisoire de ne construire que 2500 logements par an, ce sont plus de 100 000 de ces nouveaux résidents s’installeront dans le Genevois français et 20 à 30 000 dans le district de Nyon. Avec un habitat aussi dispersé et une offre de transport insuffisante, ce seront environ 50 0000 à 70 000 voitures supplémentaires que nos routes actuelles devront accueillir.

On se rappellera de nos embouteillages quotidiens actuels comme de la belle époque !

Il y a aussi une autre solution : mettre en cohérence la politique économique du canton, sa politique du logement et sa politique de mobilité. Construire suffisamment de logements proches des réseaux de transports en commun pour que ces nouveaux habitants ne se transforment pas rapidement en automobilistes supplémentaires. Développer l’offre de transports en commun. Maitriser le flux migratoire en axant la politique économique sur la création d’emplois sur place qui correspondent aux compétences et qualifications des chômeurs Genevois plutôt que d’aggraver nos problèmes de transports et de logement par des exonérations fiscales exubérantes.

Si ces changements sont apportés. Si les magistrats actuels changent de vision pour Genève, ou s’ils sont remplacés par une nouvelle génération, alors Genève peut encore s’en sortir. On se souviendra alors à peine de ces années d’embouteillage comme d’un mauvais rêve.

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