19/01/2010

Les zones bleues : une incohérence politique

La Tribune de Genève annonçait hier que deux communes genevoises, Lancy et Chêne-Bourg ont demandé au canton l'introduction d'un macaron de zone bleu permettant d'augmenter l'espace des zones bleus et de le réserver aux résidants. Les obstacles se mutliplient qui empêchent les salariés de se rendre sur leur lieu de travail :

1) le canton incite ou oblige les employeurs à limiter la taille des parkings qu'ils mettent à disposition de leurs employés,

2) le canton incite très fortement les employeurs à facturer le parking aux salariés et leur interdit de le mettre à disposition, je connais une entreprise qui a augmenté les coûts du stationnement de +50% au 1er janvier, et dont plus de 300 salariés sont sur liste d'attente pour obtenir une place de parking !

3) l'extension sans cesse croissante des zones bleues pour interdire aux salariés qui ne peuvent pas venir en bus de s'y garer.

Ces politiques seraient idéales dans un environnement où l'offre de transport en commun serait suffisante. Tout le monde serait alors justement incité à utiliser les bus et les trams. Mais le plus souvent ils n'ont pas d'autre choix que d'utiliser leur voiture car Genève n'a pas construit de logements près des transports en commun.

Genève continue d'offrir des avantages fiscaux exhorbitants qui attirent des entreprises et leurs salariés à un rythme frénétique. Ce sont 27 personnes de plus par jour qui s'installent dans le Genevois franco suisse. En raison de l'incapacité chronique de Genève de construire suffisament de logements, 18 de ces nouveaux installés doivent se loger dans le Genevois français et le district de Nyon. Loin des réseaux de transport en commun, ils sont contraints de se rendre sur leur lieu de travail en voiture ce qui encombre un peu plus les routes du genevois. Mais maintenant, ils découvrent chaque jour de nouveaux obstacles qui les empêchent de se rendre sur leur lieu de travail. Ils découvrent la quasi absence de transports en commun transfrontalier, leurs coûts deux fois plus élevés que les bus genevois.. ils paient pourtant autant d'impôts que tout le monde au canton de Genève !

Il faudra un jour que les politiques publiques du canton finissent par être cohérentes : que le nombre de logements construit soit cohérent avec le nombre de personnes que l'on fait venir à Genève ! Que le nombre de places de stationnement soit cohérent par rapport au nombre de personne qu'on oblige à venir en voiture sur leur lieu de travail !

Si Lancy et Chêne-Bourg veulent plus de zones bleues.. alors que ces communes construisent les 2% de logements supplémentaires par an qui correspondent aux besoins créés par Genève pour sa croissance économique. Ces communes doivent cesser d'expulser leur propre population loin des réseaux de transport pour ensuite leur interdire de se garer près de leur lieu de travail.

Cette cohérence est nécessaire pour que la jeunesse genevoise cesse d'en faire les frais sur le prix de leur logement. Cette cohérence est nécessaire pour que les embouteillages cessent d'empirer chaque jour !

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