27/10/2009

Logements : la schizophrénie des politiques Genevois

Sur les affiches de campagne et dans les slogans électoraux, c’est unanime, tout le monde prône la construction de plus de logements. C’est la surenchère de promesses aux électeurs exaspérés par l’incapacité de Genève à construire suffisamment de logements.

Mais derrière les slogans le discours est vite pollué par quelques actes manqués qui montre à quel point ces engagements sont trompeurs.

Ainsi Mark Muller (Libéral) soulignait qu’il fallait prendre le temps de construire de manière qualitative, plutôt que de se désolidariser d’un tract irresponsable contre la construction de logements à Bernex et dans l’axe Plan les Ouates-Saint Julien. C’est gentil, mais Genève met déjà 3 fois plus de temps que le canton de Vaud pour livrer des logements. Mark Muller n’a sans doute pas conscience que pour la jeunesse genevoise il commence à y avoir le feu au lac.

Sandrine Salerno (Socialiste) propose cette idée extravagante que la ville de Genève pourrait financer des constructions de logements en France. Elle néglige sans doute le fait que les Genevois aimeraient pouvoir habiter dans leur commune décemment. Et qu’en contraignant 4000 Genevois par an à s’exiler dans le Genevois français loin des réseaux de transport, Genève aggrave les problèmes d’engorgement de la voie publique et détruit la qualité de vie de tout le monde.

Robert Cramer (Vert) dessine des plans d’une agglo de 2020-2030 avec une meilleure répartition des logements et des emplois… mais refuse de faire le premier pas qui donnerait de la crédibilité à cette vision en déclassant suffisamment de terrains pour construire des logements.

Dans le cadre de la campagne pour le Conseil d’Etat, Isabel Rochat (Libéral) met en avant toute la ténacité qu’elle a mis à tenir tête au canton et à ralentir le projet des communaux d’Ambilly. Comment peut-on avoir la moindre fierté à défendre les intérêts patrimoniaux des propriétaires de villa au détriment de la détresse des jeunes mal logés à des prix exorbitants ? Est-ce parce que les uns votent et les autres pas ? Les jeunes Genevois devrait se mobiliser aux élections pour le Grand Conseil pour dire à Mme Rochat ce qu’ils pensent de ses arguments.

J’ai entendu également un Conseiller d’Etat PDC, dont je ne citerai pas le nom pas pure amitié partisane pour le PDC, venter les mérites de notre organisation avec des emplois à Genève et des logements en France et de la campagne Genevoise préservée. Comment peut-on ne pas se rendre compte qu’on ne préserve pas la campagne Genevoise en l’inondant d’un trafic de voiture à mesure que les Genevois s’installent loin des réseaux de transport ? Les légumes Genevois vont bientôt avoir un sacré arrière goût de diesel.

On m’a rapporté également les propos d’un député radical qui a des responsabilités au Parlement cantonal –je tairais son nom également puisque ce ne sont que des propos rapportés- qui soulignait qu’il n’y avait plus de terrain dans le canton de Genève pour construire. Qu’il aille sur le Salève, ou qu’il utilise Google Earth et qu’il jette un coup d’œil sur comment est organisé notre agglomération. Il constatera que Genève est la seule agglomération au monde à mettre sa campagne entre son centre ville et sa périphérie. C’est très joli, mais une telle organisation du territoire rend très difficile le financement de suffisamment de transports en commun pour tous. Il nous condamne aux embouteillages.

Derrières les slogans simplistes et volontaristes pour le logement, les contradictions de certains politiques reviennent au galop comme des actes manqués. Il faudra pourtant beaucoup plus de détermination que cela pour construire les 4000 logements par an dont Genève a besoin.

Comment la classe politique Genevoise peut-elle être si sourde à la détresse de la jeunesse Genevoise ? Comment peut-elle à se point ignorer que leurs petits enfants sont entassés à plusieurs par chambre ? Comment peuvent –ils accepter que les jeunes ménages soient contraints d’utiliser leur salon comme une chambre ? Comment peuvent-ils tolérer que le budget du logement prive la jeunesse du canton d’un pouvoir d’achat décent ? Comment peuvent-ils constater que chaque année une classe d’âge quitte le canton… et continuer à ne rien faire pour garder leurs enfants près de chez eux ?

Accessoirement comment la classe politique Genevoise peut elle trahir les engagements contractuels pris envers les partenaires français dans le cadre du projet d’agglo ? Comment le chef lieu de notre région peut-il à se point ignorer les conséquences d’une telle politique sur la vie des habitants du genevois français et l’économie du Genevois français ?

Si les députés du Grand Conseil ne savent pas comment rédiger des lois qui permettent au canton de construire suffisament de logements pour ses jeunes alors j'ai une proposition à leur faire : qu'ils copient telles quelles celles du canton de Vaud.

Il est temps que la jeunesse du canton se mobilise. Que les moins de 40 ans – dont 7 sur 10 se sont abstenus aux élections cantonales – se mobilisent pour faire valoir leurs préoccupations. Ce n’est qu’en participant régulièrement et chaque fois un peu plus que leur détresse sera aussi bien prise en compte que les intérêts patrimoniaux des propriétaires de villa.

Commentaires

"J’ai entendu également un Conseiller d’Etat PDC, dont je ne citerai pas le nom pas pure amitié partisane pour le PDC, venter les mérites de notre organisation avec des emplois à Genève et des logements en France et de la campagne Genevoise préservée": il est assez clair qu'en réalité, la volonté de tenir des engagements très bons manque, parce que l'aristocratie genevoise pense que cette organisation est conforme à la tradition historique genevoise. J'ai moi aussi entendu dire que le canton de Genève n'avait pas assez de place. Mais à quoi sert-il se de se plaindre? Cette situation est séculaire, et on peut l'observer dans beaucoup d'autres parties du monde. La vérité est que les engagements ne seront pas tenus, parce que si le peuple attend du concret, l'aristocratie préfère soumettre la politique genevoise aux images du passé. On parle d'avenir, et on pense au passé. Et tenez, regardez Philippe Souaille: même lui s'esquive lorsqu'il s'agit d'entrer dans le concret des relations entre Genève et la France voisine; dès qu'on entre dans le concret de ces relations, il dit qu'il préfère s'intéresser aux relations entre l'hémisphère nord et l'hémisphère sud, comme s'il avait la moindre influence sur la question! La solution n'est pas d'attendre de l'Etat de Genève ceci ou cela, car le réflexe qui se réfère au passé renvoie, s'il est électrisé, à Stauffer, qui a au moins le mérite de la clarté. Il faut agir à Saint-Julien en direction de l'avenir en déclarant qu'on prendra en charge plutôt le peuple genevois qui ne trouve pas à se loger que les Français qui en travaillant à Genève ont fait le choix de s'appuyer sur un régime étranger en délocalisant leur activité professionnelle. Il fait penser social avant de penser national. C'est ce qui est juste. Dans les faits, cela veut dire qu'il faut à mon avis déclarer d'accord pour prendre en charge les logements en France, comme le veut votre camarade démocrate-chrétien genevois, mais pour les transports, on se contentera de bus prioritaires pour amener les Français qui travaillent en France à leur lieu de travail.

Écrit par : rm | 27/10/2009

Il faUt penser social avant de penser national (erratum).

Écrit par : rm | 27/10/2009

Tout d'accord avec votre billet M. Vielliard!
Mais je crois pas que les choses vont s'arranger de si tôt! Les jeunes préfèrent s'expatrier en France ou sur Vaud, au lieu de d'espérer bêtement que les politiciens genevois bougent. Cette pénurie entraîne des augementations de loyer absurde. Décidément, il ne fait pas bon de vivre à Genève! Avec les augementation d'assurance maladie en plus, je crois que je vais me tirer sur France voisine dans pas longtemps!

Écrit par : Riro | 27/10/2009

Vous voyez, Antoine: mieux vaut se résigner. Ne signez plus de contrat. Ce n'est pas de parler avec les dirigeants genevois qui fait forcément avancer les problèmes. On a parfois l'impression que les élus de France voisine veulent parler avec leurs homologues genevois pour gagner en prestige et en stature, pour faire les beaux. Mais cela ne va pas forcément dans le sens de l'intérêt général, si cela détourne d'actions claires et efficaces au profit de beaux discours. D'ailleurs, si on ne montre pas plus d'indépendance d'esprit vis à vis de ces engagements, comment s'attendre à ce qu'ils ne soient pas donnés plutôt gratuitement, ou pour vous faire plaisir? Le plaisir donné à ceux vis à vis desquels on les prend permet souvent de gagner du temps. Est-ce qu'au moins dans ce contrat il y avait des amendes prévues pour ceux qui ne tenaient pas leurs engagements? Je ne pense pas.

Écrit par : rm | 27/10/2009

Et tout ça sans parler de la frilosité des communes. D'un côté celles qui veulent conserver leur "patrimoine vert", de l'autre celles qui ne sont pas prêtes pour une arrivée massive de nouveaux habitants (je ne citerais personne non plus pour ne pas vexer...)

Écrit par : Kool'n'Co | 27/10/2009

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