28/07/2009

Supprimer les élections perdues…

La simplification du millefeuille administratif commune-département-région-Etat-Europe est une évolution capitale pour éviter la faillite de l’Etat en France.

Pour compromettre cette simplification, le Chef de l’Etat a proposé que les Conseillers de la région et du département soient remplacés en 2014 par des conseillers territoriaux. Il propose un mode de scrutin mixte. Majoritaire dans les zones rurales où l’UMP est majoritaire et proportionnelle dans les zones urbaines où l’UMP est minoritaire. Un tel mode de scrutin permettrait à l’UMP d’avoir des majorités d’élus même en étant minoritaire dans le pays ! La France sortirait alors des principes généralement admis de ce qui constitue une république et une démocratie.

Une telle proposition avait été jugée inconstitutionnelle par la commission Balladur, pourtant nommée par le chef de l’Etat.

Comme si cela ne suffisait pas, le Chef de l’Etat a aussi proposé que ces élections soient faites à un seul tour. Effectivement, l’UMP faute d’alliés a perdu les seconds tours des cantonales de 2004 et 2008, des régionales de 2004, des sénatoriales de 2008, des municipales de 2008, des législatives de 2007. Puisque l’UMP perd presque tous les seconds tours… elle propose de les supprimer. L’UMP est plus astucieuse que les dirigeants Iraniens et Birmans.. elle supprime les seconds tours avant de les perdre.

Un tel mode de scrutin aurait conduit à la victoire de Mitterrand en 1974, à celle de Giscard en 1981 et à celle de Jospin en 1995. Il permettrait à un parti arrive en tête mais minoritaire de remporter des élections avec les voix de seulement 30% des votants. Le pays lui, deviendrait ingouvernable avec un peuple opposé à 70% à ses dirigeants.

Un tel mode de scrutin priverait de toute légitimité les institutions prétendument représentatives de la République, accroitrait le fossé entre les institutions locales et les habitants. Il conduirait tôt ou tard à une désobéissance civile généralisée. Les élus seraient un peu plus soumis au bon vouloir de partis sectaires omnipotents plutôt qu’au service des habitants dont les votes auraient une influence moindre.

Il est probable que les Parlementaires aux ordres de la majorité, dont les revenus, les prébendes et le statut social dépendent du bon vouloir de l’UMP, votent aveuglement une proposition aussi dangereuse pour la République. Il est possible que le Conseil Constitutionnel rejette une telle proposition.

Dans tous les cas, ce projet prouve une fois de plus la dérive perverse d’un parti devenu sectaire et anti républicain. Quelques soient les convictions des uns et des autres, les Républicains de toutes convictions doivent s’unir pour préserver le pays de ces dérives dictatoriales qui mettent le pays au service d’une caste et de ses pourvoyeurs de fonds.

Le mode de scrutin ne doit pas servir des intérêts partisans mais dorénavant être inscrit dans la constitution pour garantir la représentativité des institutions.

La simplification des mille feuilles administratives est une simplification bien trop importante pour le pays pour y mêler des intérêts partisans à court terme si néfastes.

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