23/06/2009

L'anti projet d'agglo franco valdo genevois

La présentation de l'équipe DeLaMa sur l'implantation du tram sur la route de base de la plaine de l'Aire était une démonstration par l'absurde.

Cette même démonstration peut être faite pour prouver l'intérêt du projet d'agglo dans son ensemble.

Que serait notre agglomération en 2030 si nous ne mettons pas en place un projet d'agglomération coordonné :

1) Le canton de Genève continue ses politiques économiques qui attirent des entreprises, leurs employés et leurs familles et font augmenter la population de l'agglomération de 2% par an.

2) Les déclassements et les constructions sont toujours soumis aux mêmes obstacles. Le Canton construit seulement 0,6% de logements supplémentaires par an. Plus de 3000 Genevois quitte chaque année le canton pour s'installer dans le Genevois français. Soit l'équivalent d'un nouveau Saint Julien tous les 3 ans.

3) Le Genevois Français continue de se développer au rythme insoutenable de 3% de nouveaux habitants par an. Les espaces ruraux français ont totalement disparus. L'urbanisation est mal pensée. Des villes artificielles se créent.

4) Côté Français la politique économique est faible. Elle porte peu de résultats. Le Canton de Genève continue une politique économique exclusive en faveur du canton. Très peu d'emplois sont créés côtés français. Les entreprises et les administrations qui employaient ont du quitter la zone frontalière pour des lieux d'implantations moins chers. Les frontaliers qui représentaient 30% des actifs de Saint Julien en 2001, puis 55% en 2007, en représentent désormais 95%.

5) Les habitants qui en 2008 habitaient en moyenne à 3km de leur lieu de travaill habitent désormais à 15km. Les besoins en transport qui ont augmenté en raison de l'afflux de population ont aussi augmenté en raison de l'augmentation des distances domiciles travail. Les transports en commun n'ont pas pu absorder cette hausse. L'habitat est diffus ce qui rend impossible de nouvelles lignes de transports. Peu de routes nouvelles ont été construites. Tous les matins et tous les soirs l'agglomération est paralysée. Les champs de la campagne Genevoise sont encadrés de lignes continuent d'automobiles au ralentit. La moindre route secondaire est occupée. Les embouteillages pénalisent la qualité de vie des habitants et l'attractivité du territoire.

Voilà l'évolution de notre agglomération si nous continuons à ne pas l'organiser ensemble. C'est une simple projection sur l'avenir des politiques du passé.

Le projet d'agglo permet d'anticiper cela. De prévoir où il est souhaitable de constuire et où il ne faudra pas le faire. Comment concentrer les habitations pour que des transports en commun soient possibles.

On peut discuter sur les 200 000 habitants supplémentaires. Genève doit repenser sa politique de développement économique. Mais un jour ou l'autre il y aura 200 000 habitants supplémentaire dans l'agglomération Genevoise. Autant s'y préparer dès maintenant.

 

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Commentaires

En toute logique, Antoine, les premiers à réagir ne seront-ils pas les patrons qui se plaindront auprès de l'Etat de Genève de ce que leurs employés ne parviendront plus à arriver à l'heure au travail? En ce cas, il faut se préparer, c'est certain, mais aussi en attendant de voir ce que propose l'Etat de Genève, je suppose. Pour ne pas perdre l'attractivité du Canton sur le plan économique, il est cependant un peu coincé, car il ne peut pas financer des projets en taxant les entreprises qui emploient, sans nuire à cette attractivité. Si l'Etat français accepte de taxer les salaires des employés pour leur financer des infrastructures, le travail à Genève devient vite moins attractif à son tour. Les problèmes ne seront pas faciles à résoudre. Il faut néanmoins se demander ce qu'il se passerait si un seul gouvernement dirigeait le territoire économique. En partant du principe qu'il fonctionnerait sur le mode genevois, une hausse générale de l'impôt prélevé à la source financerait probablement la chose, à terme. Mais peut-être que les plaintes des employeurs sur le trajet des salariés restent actuellement légères.

Écrit par : Rémi Mogenet | 23/06/2009

Les employeurs sont des acteurs locaux importants... mais les elus ne sont elus que parce qu'ils ont des electeurs. Aujourd'hui de part et d'autre de la frontiere ce sont les electeurs qui sont penalises par l'absence de coordination des 30 dernieres annees. Ils sont bloques sur des routes encombrees, ils se logent a des prix qui amputent leur pouvoir d'achat, et ils constatent chaque annee la disparition de quelques centaines d'hectares supplementaires de verdure.

S'ils veulent preserver ce qu'ils leur reste de qualite de vie... et voir peut etre meme en restaurer un peu, les electeurs devront elire les candidats qui sont a la pointe de la cooperation transfrontaliere et qui comprennent que soit l'agglomeration continue a ne pas se coordonner et elle va dans le mur... soit elle se reinvente au dela de la division qu'est la frontiere et elle pourra construire une agglomeration ou il fait bon vivre.

Antoine Vielliard

Écrit par : Antoine Vielliard | 23/06/2009

L'électeur n'attend pas forcément des hommes politiques de fabuleux miracles: c'est quelque chose dont on ne se rend pas assez compte. L'électeur sait très bien que l'élu, pour résoudre les problèmes de transports, devra piocher dans les impôts. Il ne s'imagine pas que la manne est inépuisable. Ceux qui ont déjà une maison et un travail près de leur lieu de domicile sont seulement attristés pour la qualité de l'air. Or, pour cela, il s'attend à ce que ce soit les automobilistes qui circulent le plus qui paient une taxe servant à la construction de transports en commun. On en revient donc au point de départ. Il s'agit des mêmes salaires qu'on vise. Cela dit, l'employeur doit lui aussi être responsable, même s'il habite près de son lieu de travail, c'est-à-dire dans le canton de Genève. Mais une coordination qui ne permettrait pas de viser les entreprises responsables de la situation et qui diluerait la responsabilité pour ne pas diminuer l'attractivité économique du canton de Genève et de ses abords ne pourrait pas, à mon avis, réjouir l'électeur français. La pollution est d'ailleurs gravement attaquée aussi, dans la vallée de l'Arve, par les camions, et cela n'a rien à voir avec les relations transfrontalières. On peut aussi conseiller aux gens de travailler près de chez eux, où qu'ils habitent.

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/06/2009

Erratum: "il s'attend" ; lire: "ils s'attendent".

Écrit par : Rémi Mogenet | 24/06/2009

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