13/03/2009

Le paradoxe de la gestion à court terme des fonds de pension

Une part majeure des fonds investits dans les marchés financiers sont destinés à financer les vieux jours des habitants. Sous diverses formes : fonds de pension, assurance vie, épargne personnelle, épargne retraite, épargne d'entreprise...

Il y a un contre sens financier majeur entre les besoins financiers à 20 ans de ces fonds, et leurs objectifs financiers trimestriels.

Les pyramides des âges montrent que ces fonds auront pour la plupart besoin de commencer à vendre leurs actifs dans une vingtaine d'années seulement. Pourtant ces actifs sont gérés à très court terme. Les directions financières des entreprises, dans une surenchère de production de cash, sacrifient les investissements à long terme pour se concentrer sur le production de cash trimestre après trimestre. Avec de telles politiques financières, ces entreprises auront fait faillite d'ici 20 ans quand les fonds de pension devront payer les retraites de leurs pensionnaires.

En ces temps de récession, les investissements en communication, en recherche et développement et en formation sont sacrifiés pour favoriser les résultats du trimestre. Ces coupent menacent l'avenir des entreprises. Dans une surenchère déshumanisante malsaine, les réductions de postes sont encore plus drastiques que les réductions de budget. Les exigences de taux de retour bien supérieures à la croissance économique conduisent les directions financières à réduire les achats aux fournisseurs et donc la qualité des produits vendus et l'image de marque à long terme. Elles contribuent aussi à réduire la masse salariale et donc le nombre d'emplois.

Paradoxalement, en demandant des retours sur investissement irréalistes, les fonds de pension contribuent à détruire les emplois présents de leurs pensionnaires futurs. Ils détruisent l'image de marque, la relation client et le savoir faire des entreprises. Ils détruisent leur avenir.

Les fonds de pension font confiance aux directions financières pour une gestion saine et équilibrée sur le long terme. Mais ils oublient que les directeurs financiers sont récompensés et promus selon les performances financières à court terme. Les Marcel Ospel qui comme le patron de l'UBS touchent des bonus gigantesques pour avoir fait croitre les bénéfices quelques années et détruit de la valeur à long terme se trouvent dans la quasi totalité des entreprises côtées. A vrai dire, ils ne font que remplir les objectifs fixés par les Assemblées générales d'actionnaires et les Conseils d'Administration.

Il est urgent de rétablir une rémunération des dirigeants d'entreprise sur les performances réelles à très long terme. Les rémunérations les plus élevées doivent être votées en assemblée générale et pas uniquement par des administrateurs choisis. Les actionnaires doivent être financièrement incités à participer aux décisions de l'entreprise et ne plus être de simple parieurs.

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