02/12/2008

Le pouvoir de la démocratie doit être supérieur au pouvoir de l’argent

La mondialisation de l’économie a donné de nombreux pouvoirs aux actionnaires : le pouvoir de la libéralisation des changes, le pouvoir d’investir et de désinvestir beaucoup plus rapidement que ne le voudrait les règles de bon sens économique, le pouvoir de privilégier l’actionnaire dans la répartition de la valeur ajoutée au détriment des salariés, des fournisseurs et des clients qui contribuent pourtant aussi à l’avenir de l’entreprise.

Dans le même temps, les démocraties ne se sont pas adaptées. Leur mode de décision au niveau des royaumes et duchés du moyen âge ne leur permet pas d’imposer la loi du citoyen face au pouvoir de l’actionnaire. Notre économie s’organise au service exclusif des actionnaires plutôt que d’être au service de l’homme.

L’économie même court à sa perte. Les dirigeants servent les intérêts à court terme d’actionnaires qui n’investissent que pour 6 mois en moyenne, au détriment de l’avenir à long terme de l’entreprise, de ses salariés, de ses fournisseurs et de ses clients. Tout comme les banques ont privilégié les taux d’intérêts élevés à court terme des sub prime au détriment de la solvabilité à long terme de leurs débiteurs.


Pour imposer sa loi, la démocratie doit aussi s’organiser de manière plus large. Seule une Europe mieux organisée, plus transparente, plus efficace peut imposer sa loi face au pouvoir des actionnaires. Elle pourra alors imposer des règles sur la rémunération des dirigeants fondée sur les performances financières et sociales à long terme de l’entreprise. Déjà aujourd’hui ce sont les normes techniques européennes qui sont prises pour référence par tous les industriels du monde : les uns et les autres doivent respecter ces normes pourtant restrictives s’ils veulent avoir accès aux marchés européens. Demain une Union Européenne organisée, démocratique et efficace pourra imposer aussi des normes environnementales et sociales.


L’UMP et le PS sont les uns et les autres divisés sur la question européenne. Ils n’en parlent pas de peur de se diviser un peu plus. UMP et PS sont européens convaincus lorsqu’ils sont au pouvoir et anti européens lorsqu’ils sont dans l’opposition : ce sont des RPR qui ont fait campagne contre Maastricht lorsque Mitterrand était au pouvoir, et ce sont des élus PS qui ont fait campagne contre le traité constitutionnel Européen lorsque Chirac était au pouvoir.


Seul le courant de pensée démocrate et humaniste a toujours contribué à la construction Européenne. Nous devons poursuivre cette construction Européenne pour imposer la loi de la démocratie aux pouvoirs des actionnaires. C’est ce que nous ferons avec nos candidats MODEM lors des élections européennes du 7 juin prochain.

Les commentaires sont fermés.