16/09/2007

Blocher, Sarkozy, Royal, Bayrou : le culte de la personalité et le débat démocratique

Dans ces très discrètes élections fédérales du 21 octobre, il apparait déjà une grande nouveauté, l'UDC fait campagne sur le thême 'votez Blocher'. Il ne s'agit pourtant pas d'élire des conseillers fédéraux mais des conseillers nationaux et des conseillers aux états. Pas d'élire un exécutif mais des législateurs qui devront débattre et améliorer les lois. Cette hyper personnalisation est dangereuse : elle révèle l'absence de débat organisé au sein de l'UDC, la dépendance financière et idéologique du mouvement par rapport à son dirigeant. Ce qui pourrait sembler être une faiblesse politique se révèle être une force électorale : le message de l'UDC est clairement identifiable à l'idéologie d'une seule personne.

Cela tranche avec le Parti Socialiste français dont les messages sont multiples et incohérents. La vitalité du débat démocratique au Parti Socialiste brouille son identité politique. Sans aller jusqu'à la cacophonie des ambitions du PS français, le débat d'idée est source d'enrichissement pour un mouvement politique. C'est le débat d'idées qui permet d'élaborer des idées nouvelles. Mais c'est aussi ce débat interne qui réduit l'identité du mouvement et son efficacité électorale.

En France depuis une vingtaine d'années les mouvements politiques se sont transformés de mouvements d'idées en simples écuries présidentielles. Leurs leaders respectifs deviennent omnipotents. Le mouvement politique doit son salut ou sa disgrâce aux résultats électoraux de son leader maximo. Lors des dernières élections législatives peut d'électeurs ont voté pour des candidats députés mais beaucoup pour des représentants des candidats aux présidentielles. Le Parlement à cette occasion a perdu un peu plus de son indépendance avec une nouvelle promotion de députés soumis de fait à des leaders auxquels ils doivent leur élection. Ils n'ont plus la liberté de dire ce qui leur semble juste.

Comment organiser le débat d'idée dans les partis sans perdre qu'ils perdent leur efficacité électorale ? En est on réduit à avoir des partis de plus en plus dictatoriaux pour se soumettre aux impératifs de la communication ?

Si la simplicité se communique facilement.. elle ne correspond pas à la réalité des problèmes des gens ni à la complexité des solutions. Ce qu'on a gagné en simplicité et en efficacité électoral, on le perd en efficacité politique car les problèmes demeurent complexes. A nous de choisir entre cette personalisation hypersimplificatrice qui facilite le choix électoral, ou de continuer à vouloir résoudre les problèmes réels des gens dans toute leur complexité.

22:09 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

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