13/09/2007

Genève doit financer ses propres logements !

Sandrine Salerno a proposé hier au Conseil Municipal de la ville de Genève que la ville finance la construction de logements en France.

Si la prise de conscience de la responsabilité de Genève dans la crise du logement est une excellente nouvelle, la volonté de consommer encore un peu plus d'espace naturel du côté français n'est pas raisonnable.

Commençons par l'aspect positif de la proposition : on aimerait voir une telle prise de conscience de la part des élus français sur notre responsabilité sur les problèmes d'emploi. Aucune politique économique digne de ce nom pour créer des emplois côté Français : beaucoup considèrent que notre taux de chômage, un record en France, est excellent. Oubliant au passage qu'une telle politique condamne à la marginalisation sociale des jeunes et des séniors en fin de carrière. Dans la prise de conscience de notre avenir partagé, Sandrine Salerno a une longueur d'avance sur de nombreux élus français.

En revanche, il ne faut pas non plus considérer la France comme une zone que Genève pourrait urbaniser à outrance : lorsqu'on monte sur le Salève, on s'aperçoit que Genève est la seule ville au monde dont la campagne est située entre le centre ville et sa périphérie. Habituellement, on voit un centre-ville, une périphérie urbaine et la campagne. A Genève la campagne est au milieu. Cet état de fait condamne notre région à des problèmes de transports qui vont finir par nous paralyser tous. Et il n'est pas responsable de la part de Genève d'exporter encore plus qu'aujourd'hui son problème du logement.

La seule solution de responsabilité c'est que chacun, en France comme en Suisse, construise suffisament de logements par rapport aux besoins. La croissance démographique et les divorces créent une demande supplémentaire d'environ 2% à 2,5% de logements supplémentaires par an dans notre région. Dans l'ensemble du canton de Genève, la construction de logement sur les 10 dernières années n'a été qu'environ de 1% par an. Le déficit de logement s'accroit donc de 1% à 1,5% par an ce qui se traduit par une augmentation constante des prix. Ces logements supplémentaires doivent être construits dans chaque commune française ou suisse. Tout soutien financier cantonal en Suisse, ou départemental en France, doit être supprimé aux communes qui n'assument pas leur part de responsabilité dans cette crise.

Genève peut aussi améliorer son taux d'occupation. 35% des logements sont sous occupés à Genève. L'Asloca a surtout protégé les locataires en place au détriment des nouveaux locataires. Le résultat c'est que les couples dont les enfants sont partis sont financièrement découragés à libérer des appartements trop grands, pendant que leurs enfants et leurs petits enfants s'entassent dans des appartements trop petits et subissent seuls la hausse globale de l'immobilier. Résoudre le problème de la sous occupation des logements, c'est créer des logements pour un tiers de nouvelles familles sans rien construire.

Commentaires

Lê problème et que les genevois ne veulent pas habiter dans des cages à lapins et maintenant toute famille avec enfants aimerait une villa ! Chose devenue impossible à Genève. C'est la raison pour laquelle plus de 27000 genevois sont partis en France voisine. (plus que la poplulation carougeoise 18.000) et presque celle de Vernier 30.000) !

Écrit par : Genevois de France | 13/09/2007

J'ai vu dans l'édition d'aujourd'hui que la banque veut faire venir 40.000 nouveaux "jeunes loups" spécialistes de la finance. OÙ VA-T-ON LES LOGER ??? je vous signale que des cadres de ce niveau ne von pas accepter de vivre dans des cages à poules. A quand un vrai métro pour Genève et sa région ?

Écrit par : Genevois | 14/09/2007

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