15/08/2007

Les notables français et les magistrats suisses

Lorsqu'on voyage on se rend compte des différences culturelles des pays que l'on découvre. Par opposition cela permet aussi de s'interroger sur sa propre culture. D'essayer de comprendre d'où viennent ces différences.

Le lendemain des dernières élections législatives auxquelles j'ai été battu, Pascal Décaillet avait invité dans l'émission Genève à Chaud les différents candidats à débattre : Ali Harabi (PS), Claude Birraux (UMP), député sortant réélu pour un huitième mandat et moi même.

Dans les coulisses, à son arrivée, Claude Birraux s'est plaind de n'avoir été invité qu'à 16H30 pour un enregistrement à 18H30. Pascal Décaillet explique calmement que comme l'émission est quotidienne les invités ne peuvent être prévenus que le jour même. Claude Birraux insiste et souligne que cette invitation de dernière minute marque un manque de respect pour "l'élu du peuple" qu'il est. Pascal Décaillet a du mal à masquer son énervement. Il indique que chacun est libre de venir ou pas, que ces règles de fonctionnement conviennent habituellement même aux Conseillers Fédéraux et que si Claude Birraux souhaite partir il en est libre.

De nombreux maires se prennent tout autant au sérieux. Ils se comportent comme des petits roitelets dans leur commune. Donnant des leçons à ces électeurs qui "décidément ne comprennent rien" lorsqu'ils daignent leur adresser la parole.

A l'opposé je me souviens que le week end qui suivait les élections au Conseil d'Etat, j'avais été à Balexert voir un film en V.O.  J'avais vu François Longchamp, nouveau Conseiller d'Etat, faire simplement la queue pour acheter son billet de cinéma. Et à quelque mètres de là, François Hunger, tout juste réélu, tranquilement dîner en famille, sans que personne ne dérange l'un ou l'autre dans leurs activités personnelles.

Je suis souvent frappé de constater à quel point la simplicité des "magistrats" suisses tranche avec la prétention de certains élus français. Est-ce là un héritage de nos pratiques féodales ? Un héritage qui n'a pourtant plus lieu d'être.

Commentaires

Je pense, comme vous, que c'est une différence de mentalité: en Suisse, nous pouvons croiser un conseiller fédéral dans la rue et lui serrer éa main, sans trop de problème.
Alors qu'en France....c'est la France! C'est ce que certains habitants reproche de temps en temps aux Français, tout en sachant que certains ne le sont pas, comme vous, ces êtres "cocorico" prétentieux.
Bonne continuation, et du succès pour votre carrière politique.

Écrit par : Luc-Alain Baumberger | 19/08/2007

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