23/09/2007

Des élections fédérales ? Ah bon ? Quand ça ? dans un mois ?

Enfin, les traditionnels panneaux électoraux ont été érigés. Je ne peux m'empêcher de songer au parallèle qu'il peut y avoir entre ces panneaux et les potences qui devaient être érigées avant les exécutions capitales. Tant il est vrai qu'il y a lors des élections plus de battus que d'élus.

Dans notre région du Genevois franco suisse, notre quotidien est tellement imbriqué de part et d'autre de la frontière que je me dis qu'il serait souhaitable qu'un jour les panneaux électoraux des uns et des autres puissent se trouver de part et d'autre de la frontière : environ un électeur sur 7 de chaque côté est double national ce à quoi il faut ajouter les électeurs d'un pays qui vive dans l'autre. 

Mais enfin ces panneaux ont un mérite : ils nous rappellent que les citoyens suisses vont dans les toutes prochaines semaines décider de l'avenir de la Suisse pour 4 ans.

Un ami me rappelait récemment qu'un électeur moyen ne votait dans sa vie que 15 fois pour des élections fédérales. Cela lui prend en moyenne 5 minutes. Au total, il passe donc 75 minutes de toute sa vie à décider de l'avenir du pays. Ce serait dommage que près d'un Suisse sur deux ne participe pas aux élections fédérales du 21 octobre.

J'interrogeais un ami sur le risque d'une réélection de Blocher. Cela ne l'inquiétait pas outre mesure. Il est très loin de partager les points de vue de Blocher, mais il estime que le débat n'est pas là, mais plutôt sur le pouvoir d'achat, les logements. Cette réflexion me rappelle à quel point les partis se font parfois prendre par des polémiques politiques et en oublient de se concentrer sur leur tâche essentielle : servir les gens, améliorer leur quotidien. C'est en répondant toujours mieux aux attentes des Suisses que les partis démocrates pourront lutter contre les relents xénophobes de l'UDC, pas en répondant à la polémique.

La tradition veut que les élus de part et d'autre de la frontière n'interviennent pas dans les débats publics des autres. Je m'oppose à cette tradition. Il me semble que notre présent et notre avenir sont tellement dépendants, que nous avons le devoir de prendre parti car c'est aussi de notre avenir dont il s'agit. Quelques élus genevois m'avaient d'ailleurs soutenus lors des élections législatives. Pour ma part je me permettrai également de donner mon point de vue sur cette élection la semaine prochaine.

 

01:00 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook | | | |

16/09/2007

Blocher, Sarkozy, Royal, Bayrou : le culte de la personalité et le débat démocratique

Dans ces très discrètes élections fédérales du 21 octobre, il apparait déjà une grande nouveauté, l'UDC fait campagne sur le thême 'votez Blocher'. Il ne s'agit pourtant pas d'élire des conseillers fédéraux mais des conseillers nationaux et des conseillers aux états. Pas d'élire un exécutif mais des législateurs qui devront débattre et améliorer les lois. Cette hyper personnalisation est dangereuse : elle révèle l'absence de débat organisé au sein de l'UDC, la dépendance financière et idéologique du mouvement par rapport à son dirigeant. Ce qui pourrait sembler être une faiblesse politique se révèle être une force électorale : le message de l'UDC est clairement identifiable à l'idéologie d'une seule personne.

Cela tranche avec le Parti Socialiste français dont les messages sont multiples et incohérents. La vitalité du débat démocratique au Parti Socialiste brouille son identité politique. Sans aller jusqu'à la cacophonie des ambitions du PS français, le débat d'idée est source d'enrichissement pour un mouvement politique. C'est le débat d'idées qui permet d'élaborer des idées nouvelles. Mais c'est aussi ce débat interne qui réduit l'identité du mouvement et son efficacité électorale.

En France depuis une vingtaine d'années les mouvements politiques se sont transformés de mouvements d'idées en simples écuries présidentielles. Leurs leaders respectifs deviennent omnipotents. Le mouvement politique doit son salut ou sa disgrâce aux résultats électoraux de son leader maximo. Lors des dernières élections législatives peut d'électeurs ont voté pour des candidats députés mais beaucoup pour des représentants des candidats aux présidentielles. Le Parlement à cette occasion a perdu un peu plus de son indépendance avec une nouvelle promotion de députés soumis de fait à des leaders auxquels ils doivent leur élection. Ils n'ont plus la liberté de dire ce qui leur semble juste.

Comment organiser le débat d'idée dans les partis sans perdre qu'ils perdent leur efficacité électorale ? En est on réduit à avoir des partis de plus en plus dictatoriaux pour se soumettre aux impératifs de la communication ?

Si la simplicité se communique facilement.. elle ne correspond pas à la réalité des problèmes des gens ni à la complexité des solutions. Ce qu'on a gagné en simplicité et en efficacité électoral, on le perd en efficacité politique car les problèmes demeurent complexes. A nous de choisir entre cette personalisation hypersimplificatrice qui facilite le choix électoral, ou de continuer à vouloir résoudre les problèmes réels des gens dans toute leur complexité.

22:09 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | | |

03/09/2007

Un Suisse sur 4 voterait pour un mouvement xénophobe ?

De ce côté-ci de la frontière on oublie parfois que le quart des électeurs hélvètes s'apprètent à voter pour un mouvement politique qui revendique sa xénophobie, l'UDC.

Les affiches électorales de l'UDC sont affligeantes. Elles trompent les électeurs sur la nature des problèmes et les bercent dans leurs propres préjugés hérités du temps des cavernes. Elles sont sur le fond et la forme très similaires à des affiches de propagande nazie des années 30 sur les juifs.

On a malheureusement déjà l'habitude de ces dérives mais je n'avais pas réalisé qu'il se trouve suffisamment d'électeurs pour que l'UDC atteigne le quart des intentions de vote et soit le premier mouvement politique de la confédération.

Dans la plupart des pays européens, seuls les petits partis extrêmistes ont recours à ces techniques populistes. Les principaux partis seraient décrédibilisés s'ils avaient recours à de tels raccourcis simplistes dans leur campagne. Du temps de la préhistoire la différence pouvait être une menace, mais les temps ont changés, aujourd'hui elle est source de richesse.

Pour autant, en revoyant l'affiche de l'UDC je me suis souvenu de cette fameuse statistique qui rappelle que l'écrasante majorité des viols sont commis par des personnes de l'entourage direct de la victime. Le criminel, ou le mouton noir, est souvent dans la famille.

Je songe à ce que Blocher a fait des traditions et institutions suisses : le consensus, le compromis. J'avais appris qu'historiquement les chefs de partis n'étaient jamais élus Conseillers Fédéraux pour préserver la capacité du Conseil à trouver des compromis. Paradoxalement, Blocher n'est-il pas le premier ennemi de la Suisse ? Blocher au Gouvernement ne condamne-t'il pas la Suisse à une lente mais inéxorable évolution à la Belge qui conduirait à un affaiblissement de la collégialité, condition nécessaire à la survie du fédéralisme ?

L'intéressé le confirme lui même : "je suis encore plus dangereux en dehors du Conseil Fédéral". Avouant ainsi qu'il est dangereux dans tous les cas.

Il me semble au contraire que la Suisse a besoin de mouvements politiques qui comprennent le monde et ses évolutions pour les maitriser, pas de mouvements qui construisent leurs projets d'avenir avec des livres d'histoire.

Lorsqu'un quart des électeurs s'apprètent à voter UDC, est-il encore moral de ne pas voter ?

 

Retrouvez cette note et d'autres sur le blog Portevoix : http://antoinevielliard.hautetfort.com/archive/2007/09/03...

23:32 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | | | |