16/01/2017

Chère Genève, je t’aime et ne te reconnais plus

Chère ville natale, je t’écris pour te dire la fierté que j’ai d’être né ici. Lorsque je voyage, où que je sois sur les cinq continents et qu’on me demande d’où je viens, c’est ton nom que je cite.

Je suis fier des valeurs que tu m’as enseignées. Comme ces pancartes qu’on trouvait jadis dans tes jardins publics « cette pelouse est placée sous la sauvegarde des citoyens » et qui rappelait à tous que l’intérêt général est une responsabilité individuelle de chacun. Ces panneaux ont sans doute contribués à mon engagement public. Genève, qu’est devenu ton esprit de responsabilité ? Maintenant que tu présides notre agglomération commune, tu t’exonères de toute responsabilité de capitale de cette région. Tu considères parfois comme des « traitres » tes propres enfants qui vont se loger au-delà des frontières alors même que c’est toi qui abandonne ta jeunesse en construisant 5 fois moins de logements que tu ne créés d’emplois.

Mes camarades de classes s’appelaient Takéo, Urbi et Jubilé. Ils venaient des cinq continents. J’ai tant appris du monde grâce à eux, grâce à toi. Enfant, j’ai côtoyé tant de camarades de toutes les couleurs que j’ai longtemps cru qu’à Genève la nationalité Suisse était un titre de gloire qui ne pouvait s’acquérir que par le mérite en incarnant tes valeurs et pas simplement par la naissance. Genève, qu’est devenue ta tolérance ? Aujourd’hui tu juges les individus à l’aune de leur adresse postale plutôt qu’à leurs parcours, leurs réalisations, leurs qualifications ou leurs valeurs ! Tes affiches électorales, tes manchettes de journaux et tes réseaux sociaux insultent ceux qui te soignent, te transportent, te servent et contribuent à un tiers de ton économie et un septième de tes recettes publiques. Tu t’en prends à des boucs émissaires plutôt que de résoudre tes problèmes de coûts de la vie, de formation, d’imposition des entreprises, de mobilité, d’urbanisme et de compétitivité humaine. Pourtant, si tu veux sincèrement supprimer le trafic pendulaire de 80 000 frontaliers et ne pas te contenter de slogans appelant à la haine, il te suffit de construire 80 000 logements ou d’amputer ton économie de 80 000 emplois.

Ta démocratie directe est pour moi source d’inspiration dans mon engagement. Fort de ce que j’ai appris en grandissant parmi les tiens, je tâche de m’en inspirer dans ma manière de servir en multipliant les consultations et en écoutant les avis de chacun avant de prendre des décisions, en veillant à informer et responsabiliser les habitants plutôt que de les infantiliser. Genève, qu’est devenue ta souveraineté populaire ? Tes élus et tes médias, déstabilisés, ont abandonné la lutte contre les préjugés et renoncent à dire le vrai. Ces renoncements conduisent ta démocratie directe à se transformer en dictature des piliers de bars. Tes votations donnaient l’assurance que l’intérêt général guidait toujours tes décisions publiques, elles sont aujourd’hui instrumentalisées au service des intérêts partisans qui cherchent à se profiler.

Enfant, je venais souvent visiter ta vieille ville et tes vieux remparts, symbole d’un passé révolu. Tes remparts que James Fazy avait décidé d’abattre pour t’ouvrir au monde et en être l’une de ses lumières. Genève, pourquoi ériges tu aujourd’hui de nouveaux remparts ? Ta préférence cantonale, ton refus de construire des logements pour tes propres enfants ou de financer les parkings pour qu’ils viennent travailler, sont autant de nouveaux remparts que tu ériges. Dans ton propre intérêt, cesses donc de regarder le nombril de ton territoire légal et assume la responsabilité de capitale régionale.

Genève, je t’aime et je suis fier de toi, mais je ne te reconnais plus. Sache que le Genevois français restera toujours à tes côtés quoi qu’il arrive et jusqu’à la fin du monde. Lorsque tu auras réglé tes propres défis, nous serons là pour résoudre ensemble nos problèmes communs d’aménagement et de mobilité. Nous pourrons réfléchir à un aménagement ordonné de notre agglomération commune afin que les nouveaux emplois s’accompagnent des logements correspondants à proximité. Nous pourrons ensemble mieux coordonner la croissance des emplois et celle des logements dans le Grand Genève. Nous serons toujours là, à tes côtés pour résoudre nos problèmes communs.

D’ici là, prends soin de toi.

06/01/2014

Bonne année 2014 au service de tous

En discutant avec une habitante binationale, celle-ci me dit qu'elle vote d'une manière très différente lorsqu'elle vote en Suisse et lorsqu'elle vote en France. Lorsqu'elle vote en Suisse elle pense d'abord à l'intérêt du pays. Lorsqu'elle vote en France, elle pense d'abord à ses intérêts.

C'est ainsi qu'une même personne peut voter pour les 35 heures ou leur maintien en France et contre les 6 semaines de congés payés en Suisse.

J'ai d'abord trouvé cela curieux. Mais en y réfléchissant, je me suis dit que l'exemple donné par les élus français, les partis, les associations, les corps intermédiaires et les groupes constitués incitaient les Français à agir de la sorte. Si tout le monde tire la ficelle collective à soit, alors autant ne pas être les dindons de la farce et en faire autant. En France, les individus responsables pourraient passer pour des naïfs.

Tout cela est bien sûr absurde car à partir du moment où le bateau coule, peu importe qui tient la corde ! L'histoire nous enseigne à quel point notre destin individuel est strictement dépendant du destin du pays dans lequel on vit. Les vrais dindons de la farce sont ceux qui à force d'avoir tiré la corde à eux ont fait chavirer le navire France.

De ce point de vue là, les partis et les élus devront à l'avenir montrer un meilleur exemple : remettre les intérêts partisans derrière l'intérêt général. Mettre fin aux clientélismes en tout genre pour privilégier les projets cohérents de territoire. Montrer l'exemple dans la simplification administrative plutôt que de préserver leurs pré-carrés. Réduire de moitié le nombre ahurissant de parlementaires et mettre fin au cumul des mandats temps plein. Les syndicats devront à l'avenir privilégier les notions de justice et d'équité plutôt que de défendre des privilèges du passé. Les associations devront veiller à ne pas défendre des intérêts particuliers mais bien inscrire leurs revendications dans le sens de l'intérêt général.

Bien sûr, cela prendra du temps. Pour changer le monde, il faut commencer par changer soit même et montrer l'exemple.

Lorsque j'écris ces lignes, je pense aussi à St Julien-en-Genevois et à l'intérêt supérieur des habitants et de leurs préoccupations qui doit être le seul guide de l'engagement des uns et des autres au service de la commune.

Pour toutes ces raisons, je vous souhaite une excellente année 2014 au service de tous. Je vous souhaite aussi bien sûr la santé, du temps avec vos proches et tout le succès que vous méritez dans vos projets.

09/08/2012

Réduisez de 80% vos émissions de gaz à effet de serre de chauffage en 30mn et gratuitement

La société Voltalis propose l'installation gratuite d'une sorte de délesteur sur les installations de chauffage qui permet de réduire les pics de consommation.

Le système est astucieux et s'inspire des systèmes de délestage que beaucoup d'habitants ont installé chez eux. La différence c'est que ce délestage là est national. Il retarde la mise en marche des chauffages électriques de quelques minutes à tour de rôle dans de multiples habitations partout en France. Le retard de quelques minutes a si peu d'impact sur la température qu'il n'est pas ressenti par les habitants du foyer.

En France, 80% de la production électrique est d'origine nucléaire. L'énergie nucléaire a la particularité d'être produite de manière continue de jour comme de nuit. En revanche la consommation elle n'est pas continue. Il y a des pics et des creux de consommation. Durant les pics de consommation, à 19H en hiver tout particulièrement, EDF est contraint de mettre en marche des centrales à énergie fossile qui émettent des gaz à effet de serre. En réduisant sa consommation durant ces pics de consommation on réduit de 80% les émissions de gaz à effet de serre dû aux énergies de chauffage (il restera encore des efforts à faire pour les énergies consommées pour les déplacements).

L'installation est gratuite. Elle est financée par ERDF qui gère le réseau électrique et qui par là, évite la saturation des réseaux aux heures de pointe. Elle est aussi, je suppose, financée par producteur d'électricité, qui ainsi limite la consommation d'énergie chère lors des périodes des pointes.

Avec le boitier, Voltalis propose aussi un autre service : la possibilité de consulter sa consommation, radiateur par radiateur heure par heure. Cela permet de mieux comprendre quand, pourquoi et comment on consomme. Et de faire là encore qq économies.

Pour l'utilisateur il y a trois avantages :

  • réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80% environ
  • réduire de 5% à 10% sa facture d'électricité
  • pouvoir suivre de manière précise sa consommation d'électricité

L'installation est gratuite, mais n'a de sens que pour les nombreux habitants du Genevois français qui ont un chauffage électrique.

Si vous souhaitez permettre à Voltalis d'installer un boitier chez vous, vous pouvez vous renseigner et prendre contact avec Voltalis sur le site internet suivant :

http://www.voltalis.com/

 

31/07/2012

Une agglo contre les discriminations frontalières

Une étude récente a montré que loin de favoriser l'emploi de frontaliers les employeurs genevois ont plutôt tendance à discriminer les frontaliers dans leur recrutement. Une étude qui tort le cou aux slogans simplistes du MCG. Des slogans faux mais qui ont fait mouche auprès des Genevois qui voient sans cesse le flux de voiture s'amplifier à mesure que la pénurie de logements perdure à Genève.

Bien sûr une étude pour être fiable et précise doit se contenter de ne mesurer qu'une partie de la réalité : L'étude prouve qu'à compétence égale l'employeur recrute plus facilement un genevois qu'un frontalier. Mais "A compétence égale" ne correspond pas vraiment à la réalité de notre agglomération. L'absurdité du taux de change, déconnecté des parités de pouvoir d'achat en raison des flux de banque privée, donne une forte incitation financière à des frontaliers de postuler à des emplois sous dimensionnés par rapport à leurs compétences. Un ingénieur en Haute-Savoie a vu récemment sa sécrétaire démissionner pour un emploi en Suisse mieux payé que le sien. Bien qu'il y ait des discriminations antifrontaliers "à compétence égale", il peut tout de même y avoir recrutement d'un frontalier surqualifié qui verra sa rémunération augmentée bien qu'il occupe un emploi mons qualifié.

Ce phénomène se terminera avec la fin du franc fort.. et le franc fort se terminera avec le secret bancaire. Car si le franc suisse atteint des parités absurdes qui rendent de plus en plus difficiles les exportations suisses à l'étranger et coûtent des milliards chaque semaine à la BNS, c'est bien parce que le quart de la fortune privée mondiale échappe au paiement de l'impôt sur le revenu en venant en Suisse.

Ce qui me frappe dans les réactions à cette étude c'est qu'aucun responsable politique genevois ne s'érige contre la preuve qui est faite de ces discriminations. Partout ailleurs dans le monde, sauf peut être en Afrique du Sud avant Mandela, une étude qui prouve de telles discriminations sur le marché de l'emploi aurait fait un débat monumental : les uns défendant les principes de l'égalité, d'autres les principes de l'efficacité économique. A Genève, même des Libéraux se félicitent de l'existence de discriminations antifrontaliers, les démocrates chrétiens ne réagissent pas, les socialistes oubliant leurs idéaux pourraient même s'en réjouir. Preuve que le MCG s'il est politiquement très marginal à Genève, a déjà influencé les esprits faibles.

Les discriminations fondées sur la nationalité sont portées à leur paroxysme aux Services Industriels de Genève qui comptent plus de frontaliers de nationalité suisse que de frontaliers de toutes les autres nationalités réunies.

Aucune réaction pour s'érigée à des violations de la loi et des engagements internationaux de la Suisse. De nombreuses études ont montré que la Suisse n'a renoué avec la croissance économique que grâce et depuis la libre circulation. Les traités de libre circulation comporte des droits et des devoirs. Parmi ces devoirs, il y a l'absence de discrimination. L'étude de l'Université de Genève sera porté à la connaissance des diplômates européens en poste à Berne.

Les discriminations anti-frontaliers sont tout aussi néfastes que les discriminations pro-frontaliers.

20/07/2012

Une villa construite par Alphonse Laverrière sera prochainement détruite à St Julien en Genevois

Photo de la maison tapponier.jpgDans quelques semaines sera détruite la villa Taponier au 1 avenue de ternier à St Julien-en-Genevois. Une villa construite en 1939 par l'architecte Alphonse Laverrière. Un architecte de renomée internationale connu pour la conception du tribunal fédéral de Lausanne, de la gare de Lausanne ou encore du mur des réformateurs au parc des bastions à Genève.

Cette villa est remarquable par son architecture sobre et allongée. Elle appartient au patrimoine architectural de la commune. Elle sera réduite à un tas de pierre dans quelques semaines. Allez la voir avant qu'il ne soit trop tard ! Faites des photos ! Une nouvelle promotion immobilière la remplacera : "Venez vivre l'exception" prétend la publicité ! En l'occurence il s'agit surtout de détruire l'exception.

Petit à petit le patrimoine architectural de la commune disparait tout comme les espaces naturels de respiration. La commune aurait pu protéger ce patrimoine en définissant une zone de bâti remarquable ou en fixant des règles d'urbanisme qui correspondent au bâti actuel. Loin de faire cela, le Plan Local d'Urbanisme a fixé des densités d'habitations modernes. En raison des règles d'urbanisme de la commune, les propriétaires et les promoteurs vont toucher le jackpot pour la destruction de cette villa.

Il y a 50 ans, St Julien en Genevois et Carouge avait beaucoup de similarités : deux communes qui ont longtemps été du même côté de la frontière. Mais depuis 50 ans Carouge a préservé son coeur de ville et construit des tours espacées par des espaces verts pour loger ses nouveaux habitants. St Julien a détruit son patrimoine et construit maintenant des immeubles qui se font face, séparés par des rangées de parking et sans espaces verts pour que le regard s'échappe et les enfants jouent. Ces quartiers vieilliront mal, leurs habitants aussi.

Oui ! Il faut construire des logements ! Oui ! Il faut densifier : c'est à dire construire dans les villes. Mais cela n'autorise pas tout. Cela ne doit plus autoriser de détruire le patrimoine architectural qui fait l'identité des villes. Les habitants ont besoin de savoir où ils habitent : ils ne vivent pas sur une partition de musique ni dans des îles grecques comme le nom des promotions pourrait le faire croire. Ils vivent en Haute-Savoie dans le Genevois français. Ils ont le droit de vivre dans des logements qui ont du caractère et une identité et pas dans des rectangles incipides concus par milliers aux quatre coins de la France comme d'autres produisent des pots de yaourts.

Les habitants ont le droit aussi d'avoir des espaces de respiration naturels. Il y a 40 ans lorsque le Favernay a été construit à côté de l'hôpital on avait prévu des espaces verts pour les enfants. Des espaces qui servent maintenant aussi aux voisins du nouveau quartier de Paisy pour lesquels les documents d'urbanisme de la commune n'ont rien prévu. Les enfants ont toujours besoin de jouer sur l'herbe et pas seulement sur des aires de jeu construites au milieu d'un carrefour sur les délaissés existants.

La densification prévue dans le projet d'agglomération doit être une densification de qualité pour être une réussite. Nous en sommes loin. Dans certaines communes le seul paysage que l'on voit ce sont des immeubles séparés par des parkings. Des cités nouvelles si inhumaines que des extraterrestres pourraient penser en arrivant que les habitants de ces communes sont les voitures qui décident de l'urbanisation et qui, la nuit venue, rangent leurs conducteurs dans les logements attenants.

Les promoteurs, avec des marges qui dépassent les 50%, ont largement les moyens d'assumer les coûts de règles d'urbanisme plus strictes qui préservent les espaces naturels et le bâti remarquable.

19/07/2012

Gaz de Schiste dans le Genevois français : toujours pas d'enquête publique demandée

Début juillet, la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) est venu au Conseil Général pour faire un point de situation sur le gaz de schiste en Haute-Savoie. Vous trouverez en pièce jointe la présentation intégrale que j'ai recue.

Une présentation qui met en évidence les risques qui ont été soulignés par le collectif "non au gaz de schiste". Elle rappelle aussi le cadre juridique qui s'applique : plusieurs étapes publiques devraient être franchies par des exploitants même pour lancer des recherches.

A vrai dire la terminologie de la loi manque de clarté puisque les "Permis de recherche" ne permettent en réalité pas les recherches mais garantissent seulement l'exclusivité du droit de recherche. L'exclusivité du droit de recherche qui concerne la canton de St Julien en Genevois tombera à l'échéance des 5 ans le 26 juin 2014.

La recherche de gaz de schiste doit faire l'objet d'une autorisation prise par arrêté préfectoral après étude d'impact, enquête publique et consultation des services, des maires et du président de la commission locale de l'eau. Le tout faisant l'objet d'une présentation au Conseil de l'Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques (CODERST) de Haute-Savoie. Aucune procédure de ce type n'est en cours en Haute-Savoie. Tous les habitants auront donc l'occasion de dire ce qu'ils pensent d'éventuellement permis auprès d'un commissaire enquêteur nommé par le pouvoir judiciaire avant que celui-ci ne remette ses conclusions, si d'aventure une entreprise voulait demander une autorisation.

Une éventuelle concession devrait faire l'objet d'une procédure similaire et une ouverture de travaux d'exploitation d'une nouvelle procédure similaire. Par ailleurs et pour rappel, le recours à la fracturation hydraulique est sanctionné d'un an d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende.

Bref, à ce jour, et même s'il faut toujours rester vigilant, on est pas prêt de voir du gaz de schiste dans le canton. Il faudra en revanche redoubler d'effort pour réduire les consommations d'énergie, le mitage des espaces naturels et agricoles et le recours à la géothermie, une énergie durable et stable. La mobilisation de tous sera nécessaire pour dire OUI au développement durable.

Vous pouvez télécharger la présentation à l'adresse suivante :

Gaz%20de%20schiste.pdf

PS : Les élections présidentielles sont désormais passées, Eva Joly a rassemblé 2,31% des voix au niveau national et 6,39% à Viry. La mobilisation contre le gaz de schiste à Viry a eu un effet électoral incontestable.

11/07/2012

Pour rendre les impôts locaux plus équitables dans la zone frontalière

Le maire de St Julien en Genevois dénonce souvent l'injustice des impôts locaux qui ne sont pas proportionnels au revenu. Ce n'est pas tout à fait correct car à mesure que le revenu augmente les surfaces et la qualité du bâti augmentent ce qui augmente la taxe foncière. Mais il est vrai que les impôts locaux sont peu progressifs. Cela pose un problème dans notre région où les collectivités vont devoir assumer les charges publiques d'une agglomération en forte croissance qui a besoin d'infrastructures importantes.

Les impôts vont augmenter dans les années à venir pour financer les trams, les logements sociaux, les bus, les pistes cyclables dont nous avons besoin. Il faut que ces impôts soient plus justes qu'ils ne le sont actuellement. Surtout dans une zone frontalière où les revenus frontaliers les plus élevés cotoient les revenus en euros les plus faibles.

Voilà quelques possibilités offertes par la loi, que le Maire de St Julien pourrait appliquer dès l'an prochain pour que les impôts locaux à St Julien soient plus adaptés à la situation particulière de la zone frontalière. S'il ne le fait pas nous vous proposeront de le faire lors des prochaines élections municipales de mars 2014.

1) Augmenter de 15% les impôts des résidents secondaires : il faut pour cela mettre en place à la fois un abattement général de 15% qui s'applique à tous les résidents principaux  mais pas aux résidents secondaires et augmenter les taux de 15%. Au total, les résidents principaux paieront le même montant de taxe d'habitation et les résidents secondaires paieront 15% de plus. A St Julien il y a 10,5% de "résidents secondaires". Une telle décision augmenterait les recettes municipales de taxe d'habitation d'environ 2% soit un gain de 54 000 euros par an environ. Cela ne compense certainement pas totalement le manque à gagner des faux secondaires, mais permet au minimum d'augmenter leur contribution communale de 100 euros par ménage environ.

2) Mettre en place les abattements spéciaux pour les personnes qui ont des revenus modestes : la loi permet aux communes de mettre en place des abattements de 1% à 15% pour les personnes qui ont des revenus en dessous de 9876 euros annuels (pour une part) ou 12513 euros annuel (pour une part et demi). Cet abattement qui permettrait de rendre la taxe d'habitation un peu plus progressive et d'exonérer partiellement les personnes qui ont des revenus en euros n'est pas mise en place à St Julien. Pour information dans le canton de St Julien, 10% des habitants ont des revenus inférieurs à 8697 euros annuels (source INSEE 2009).

3) Mettre en place les abattements spéciaux pour les personnes handicapées : la loi permet aux communes de mettre en place des abattements de 10% en faveur des personnes handicapées pour compenser les charges d'équipement de leur logement.

Dans le canton, seule la commune de Présilly a pris l'initiative de mettre en place des abattements en faveur des personnes à revenu modeste et des personnes handicapées. Un exemple à suivre pour que les charges locales croissantes de notre agglomération soient plus justement réparties.

4) Supprimer l'exonération de taxe foncière pour les propriétaires de nouvelles constructions : la loi prévoit que les propriétaires de nouvelles constructions sont exonérés de taxe foncière pendant les deux premières années. Une exonération qui a du sens ailleurs en France où une majorité de ménages ont accès à la propriété et les années d'installation sont particulièrement difficiles pour le budget familiale. Dans notre région seuls les habitants qui ont des revenus élevés ET un patrimoine ont les moyens de faire construire une maison ou d'acheter un logement neuf. Il est donc absurde de maintenir cette exonération dans la zone frontalière. C'est d'autant plus absurde que c'est précisément la forte croissance de la population qui rend nécessaire la construction de nouveaux équipements culturels, scolaires et sportifs. La plupart des communes du canton ont d'ailleurs supprimé cet abattement. Pas St Julien. La suppression de cette exonération rapporterai environ 160 000 euros en 2013 et en 2014 à St Julien tout particulièrement avec la livraison de plus de 500 logements à Chabloux. Une contribution modeste mais utile pour le financement de la nouvelle école de Chabloux qui a déjà un an de retard.

15/06/2012

Compte-rendu du Conseil Municipal de St Julien en Genevois du 14 juin

Le Maire ouvre le Conseil par l'une de ses outrances coutumières : il annonce la démission de Stéphanie Thomas pour raisons de santé. Nous sommes quelques uns à esquisser un sourire devant l'énormité du mensonge. Plutôt que de passer au sujet suivant, le Maire nous invective en nous reprochant de nous moquer d'une personne malade (sic). Tous ceux qui dans la salle connaissent les véritables raisons de la démission de Stéphanie Thomas n'en reviennent pas que précisément cet individu là, qui n'appelle ses conseillers municipaux que pour leur demander d'assurer le quorum du conseil municipal sans même leur demander de nouvelles ou leur avis, ose dire une chose pareil !

Premier point à l'ordre du jour le bilan de la concertation sur l'entrée ouest. C'est à dire un accès à St Julien par un nouveau passage de la voie ferrée à proximité de l'Intermarché. L'absence de bilan de concertation est l'une des critiques que nous avons formulée dans le bulletin municipal de juin. Comme pour les plots de chantiers dans la grand rue, il semble que la majorité municipale lise avec autant d'attention que les habitants les thèmes que nous développons dans notre tribune libre.

Jusqu'à présent, la majorité placait les 3 variantes de l'entrée ouest sur un pied d'égalité. Pour la première fois elle admet que le passage à double sens de la rue des sardes est la solution qu'elle privilégie. Nous rappelons clairement notre opposition à cette solution qui aggraverait l'engorgement du traffic au coeur de la ville. Une opposition qui se manifestera sous toutes les formes possibles politiques au Conseil Municipal, médiatiques dans la presse locale, administratives lors de l'enquête publique et juridiques devant le tribunal administratif. Le Conseil Général de Haute-Savoie donnera également son avis en tant que co-financeur de l'opération.

Second sujet à l'ordre du jour l'entrée sud. Nous sommes favorables à ce projet.

Nous abordons ensuite les engagements de la commune dans le cadre du second projet d'agglomération dont la signature est prévue pour le 28 juin. Plus de 40 millions d'euros de travaux pour la circulation à St Julien. La commune devra en assurer au minimum 25% du financement c'est à dire plus de 10 millions d'euros. Une délibération qui engage la moitié du prochain mandat. Nous l'adoptons. La signature du projet d'agglomération le 28 juin dépend encore de la prise en charge par nos voisins genevois d'une petite partie des coûts publics générés par l'exode massifs de leurs contribuables sur le sol du Genevois français. Les discussions se sont échauffées ces derniers jours.

Nous adoptons une délibération pour mettre en place la procédure de consultation pour nous opposer à la majoration de 30% des droits à construire. Une loi décidée unilatéralement par le précédent président de la république pour des raisons d'opportunisme électoral et voté par les députés de la majorité le doigt sur la couture du pantalon pour préserver leur investiture. Une loi catastrophique pour notre commune si elle était mise en oeuvre... et très couteuse pour les finances publiques du pays puisqu'elle générera un demi milliard de dépenses publiques inutiles et un nouvel engorgement des tribunaux administratifs.

Nous sommes favorables au classement de l'allée des cèdres dans la voirie communale. Comme au déclassement des écoles de Lathoy et Cervonnex du domaine public ce qui permettra de faciliter la gestion de ces bâtiments et leur rénovation. A l'école de Lathoy, une vingtaine de chats trainent depuis plusieurs années et détériorent les bâtiments de la commune. Quelques régularisations foncières sur la rue des chênes que nous approuvons également. Une nouvelle convention entre la commune et la MJC qui permet d'assurer un suivi plus régulier de la MJC et de clarifier ces missions.

Enfin, le sujet habituel qui divise les assemblées des collectivités. Le vote d'une indemnité à madame la trésorière. Une indemnité personnelle, alors que le travail est fait par toute une équipe. Une indemnité proportionnelle au budget de la commune plutôt qu'au temps de travail. Un reste des pratiques monarchiques lorsque les trésoriers transportaient eux même les fonds publics à cheval et en était responsables sur leurs biens propres. Aujourd'hui tout est dématérialisé et il y a des assurances pour couvrir l'engagement personnel des trésoriers.. mais trop de collectivités continuent d'approuver la maintien de ces privilèges. Normalement on vote cela une fois pour tout le mandat ou par trésorier. Je ne sais pas pourquoi cette année on revoit cette délibération (nous ne l'avons pas fait l'an dernier). Je m'y étais opposé à la communauté de communes et en début de mandat, mais sans parvenir à convaincre les élus de la majorité. Plutôt que de rejeter en bloc, je propose un amendement visant à réduire cette indémnité de 10% pour permettre sa disparition d'ici 10 ans. Mon amendement est adopté par la majorité puis la délibération mises aux voix. Suite au débat sur l'amendement qui a ébranlé les certitudes sur l'utilité de cette indémnité, les conseillers municipaux de la majorité s'abstiennent presque tous. Ceux de la minorité et quelques uns de la majorité s'opposent à la délibération. Puisque la majorité à fait le pas d'adopter mon amendement, je fais le pas de voter pour la délibération avec une partie de l'exécutif. Mais au final elle est tout de même rejetée. Un parfum de nuit du 4 août et d'abolition des privilèges flotte sur le conseil municipal ! enfin ! Ca doit être la troisième délibération rejetée par le Conseil depuis le début du mandat.

Le travail de préparation des prochaines échéances municipales va bientôt commencer. J'invite les St Juliennois qui souhaitent contribuer au prochain projet de ville ou participer avec nous à la prochaine équipe municipale à venir assister aux séances du conseil et à prendre contact avec les membres de notre équipe.

13/06/2012

Assurance maladie des frontaliers : mensonges et trahisons

Durant cette élection, les candidats aux législatives ont du faire face au lobbying intense du groupement des frontaliers en faveur du maintien du libre choix qui permet aux frontaliers d'être assurés par des assureurs privés. Une option qui permet aux frontaliers de payer leur assurance maladie 3 fois moins cher que les résidents suisses et les salariés en euros. En effet, les assureurs privés assurant principalement des actifs frontaliers plus souvent en bonne santé et jeune, peuvent proposer des primes 3 fois moins chères que la LAMAL ou que la sécu.

Le groupement des frontaliers a fait une grande pression sur chaque candidat sur ce sujet. Claude Birraux, député sortant et suppléant de la candidate UMP, me dit durant la campagne ce qu'il pense de ces pressions. En l'occurrence il souligne que les adhésions au groupement et ses cotisations dépendent principalement du reversement par les assureurs privés partenaires des cotisations de leurs propres assurés. Au final, une part importante du financement du groupement des frontaliers vient des assureurs privés. Sans les assurances privés le groupement des frontaliers perd une bonne partie de ses adhérents et de ses financements. On comprend mieux pourquoi le groupement défend aussi bien les intérêts des assureurs privés... et ne se préoccupe pas de préparer en faveur des frontaliers une échéance qui devient inévitable.

En totale contradiction avec les propos ci-dessus, Virginie Duby-Muller prend l'engagement illusoire de travailler à la prolongation du droit d'option et Claude Birraux sort un communiqué de presse pour faire savoir qu'il a envoyé la lettre totalement inutile de demande de prolongation au ministre de la santé qui en aura fait ce qu'il doit faire avec les demandes clientélistes : la mettre à la poubelle et faire une réponse polie pour donner le change.

Caroline Duret-Nasr, suppléante de Claude Deffaugt, me dit aussi son point de vue : "Tu as parfaitement raison de dénoncer cela, mais tu n'as aucune chance d'être élu en le disant". Claude Deffaugt a lui aussi défendu la prolongation du droit d'option. Une position sans lendemain dont la seule conséquence est qu'en 2014 les frontaliers non seulement devront payer 3 fois plus chers, comme tout le monde, mais seront les seuls à ne pas pouvoir être soignés sur leur lieu de travail.. ou à ne pas pouvoir être soignés dans les hôpitaux français car ils ne seront pas préparés.

Ces positions clientélistes sont dangereuses pour les frontaliers, pour les habitants et pour le pays. Que feront-ils une fois élus face à tous les groupes de pression auxquels les élus doivent faire face s'ils cèdent aussi facilement devant celui-ci ? Mais le plus révoltant c'est la position du candidat socialiste. Un socialiste ne peut pas défendre que les frontaliers soient les seuls à être exonéré de la solidarité avec les malades et paient trois fois moins cher que tous les autres habitants ! Et bien si ! Il l'a fait ! Lui aussi a sombré dans le clientélisme. Lui aussi a renoncé à ses valeurs, à la franchise et à l'honnêteté. Peut-être a-t-il eu le courage d'expliquer sa position aux salariés en euros lorsqu'il faisait du porte-à-porte dans les logements sociaux ?

Le front national, arrivé en troisième position, n'en a pas parlé puisqu'il n'a abordé aucun sujet local.

Tout cela n'est qu'un jeu de dupe au détriment des frontaliers eux-mêmes. Vu de Berne autant que de Paris, alors que les billatérales sont entrées en vigueur définitivement et qu'il n'y a plus de clause de sauvegarde, il n'y a plus aucune raison de maintenir une exception dont l'échéance est annoncée  depuis plus de 10 ans.

Tout cela n'est qu'un jeu de dupe au détriment des salariés en euro : ils s'intéressent peut à ce sujet et 97% d'entre eux ignorent que le candidat pour lequel ils ont voté défend l'idée que les frontaliers continuent de payer 3 fois moins cher qu'eux leur assurance maladie.

En 2014, les frontaliers seront les premières victimes de ces jeux d'intérêts dans lesquels ils se font manipuler. En 2014, faute de préparation pertinente, ils risquent fortement de ne pas avoir accès aux filières de soin sur leur lieu de travail : ils devront revenir à St Julien ou Annemasse pour un rdv de dentiste. En 2014, les hôpitaux et les médecins français ne seront pas prêts à assumer 70 000 habitants supplémentaires. En 2014, les élus n'auront pas préparé de solutions alternatives comme une réouverture temporaire du choix du pays. En 2014, ou six mois plus tard peut être, les frontaliers comprendront qu'ils ont été trahis autant par le groupement des frontaliers que par ces élus irresponsables. Ces positions du groupement des frontaliers défendant ce qui est un privilège contribue à exacerber les tensions entre frontaliers et salariés en euros.

Le plus frappant c'est que cela n'a pas pesé le moins du monde sur le vote. Les électeurs n'ont répondu qu'à une seule question : pour ou contre le gouvernement. Alors pourquoi avoir sacrifié l'intérêt général, l'égalité entre les habitants, la préparation de ces échéances pour les frontaliers, l'honnêteté ?

Pour notre part, nous sommes fiers d'avoir su rester honnêtes, francs, sincères et d'avoir défendu autant l'équité entre les habitants que l'intérêt des frontaliers de préparer cette échéance de 2014. Et nous continuerons de défendre cela, parce que dans les temps mouvementés qui s'annoncent pour le pays après ces élections législatives, il y aura besoin de leaders qui savent tenir un cap et des valeurs.

12/06/2012

4598 électeurs ont choisi un candidat, 35913 ont choisi un parti

Depuis que les élections législatives interviennent juste après les élections présidentielles, il n'y a plus de légitimité propre des députés. Le vote ne devient qu'un vote de confirmation.

Lorsqu'on regarde le détail des votes par commune on s'apercoit à quel point le vote a été principalement partisan. Virginie Duby-Muller (UMP) élue de la circonscription de la vallée de l'Arve et résidente dans la circonscription de Bonneville n'a pratiquement pas d'implantation personnelle dans le Genevois Haut-Savoyard. Anne Bardoux (FN) à peine plus. Cela se traduit dans des scores qui ne varient que faiblement en fonction de la sociologie de la commune ou du canton.

Claude Deffaugt et Guillaume Mathelier réalisent leurs meilleurs scores sur leur zone d'implantation d'Annemasse. Gabriel Doublet et moi-même réalisons nos meilleurs scores sur le canton de St Julien et sur St Cergues.

Quand on met à part les zones d'implantation personnelle on en déduit un score partisan. Il est autour des 24% pour le PS, de 4,3% pour le candidat Divers Droite, de 4% pour le Centre, de 14% pour le FN et de 31% pour l'UMP. Un score partisan en forte baisse pour le centre pour les raisons nationales qu'on connait. Il suffit ensuite de regarder la différence entre ce score partisan et le résultat réel pour mesurer l'implantation personnelle.

Guillaume Mathelier a fait un travail de terrain considérable depuis 2 ans. Une analyse détaillée par secteur permet de montrer que cela a convaincu environ 1876 électeurs qui n'auraient pas voté socialiste mais ont tout de même voté pour Guillaume Mathelier, soit une augmentation de +4,6% du score du PS sur la circonscription. Un travail énorme mais qui reste sans influence sur le résultat de l'élection. Dans les faits, le seul effet concret d'une candidature socialiste en Haute-Savoie est de permettre de conforter au second tour la machine UMP.. tout comme les candidats UMP dans le Nord Pas de Calais permettent de conforter l'appareil PS. Tout comme l'UMP permet l'élection d'un candidat socialiste en maintenant son candidat face à François Bayrou. Tout comme l'UMP a appelé à voté pour le PS aux municipales de St Julien. Tout cela pour préserver un duopole qui arrange les intérêts partisans des uns et des autres. Un duopole qui conduit à transformer l'Assemblée nationale en lieu d'invectives plutôt qu'en lieu de débat à la recherche de solutions pour le pays.

Claude Deffaugt par son implantation a su convaincre environ 811 personnes qui ont changé de vote partisan pour voter pour lui en raison de son parcours et de ses réseaux personnels. Son implantation sur Annemasse a permis d'augmenter de +2% son score sur la circonscription.

Catherine Walther Selosse (Europe Ecologie les Verts) a pu aussi convaincre une centaine de personnes de changer leur vote partisan dans les secteurs de Minzier, Contamine-Sarzin et Savigny.

Selon les résultats par commune, Gabriel Doublet et moi-même avons pu convaincre environ 1910 personnes de changer de vote partisan parce qu'ils nous connaissent et nous font confiance. Environ 1517 sur le canton de St Julien et environ 394 sur St Cergues, Machilly et Juvigny. Sur la commune de St Julien nous progressons de 7% par rapport à 2007 alors que le score partisan a lui baissé de moitié. Nous remercions chacun d'entre vous pour votre confiance et votre soutien.

Nous savons les uns et les autres que vous êtes parfois plus nombreux à nous connaitre et à nous faire confiance, mais pas forcément au point de changer de vote partisan pour une élection nationale.

Bien sûr ce résultat est décevant lorsqu'on le mesure à notre engagement en temps, en moyens et en passion. Mais pour nous cette campagne aura été l'occasion de défendre nos convictions, nos idées et nos valeurs. Ces idées continueront de faire leur chemin. De poursuivre notre travail d'implantation pour convaincre encore pour construire l'avenir.

Les électeurs ont pris le risque de faire une confiance aveugle aux processus de sélection des partis. Absentéistes ou pas, maitrisant leurs dossiers ou pas, imaginatifs ou pas, les candidats des partis ont été confirmés par ce vote partisan. Une attitude qui encourage les partis à sélectionner les candidats les plus soumis aux intérêts partisans et pas forcément les plus à même d'apporter des solutions nouvelles pour les habitants.  Une attitude qui oblige les députés à obéir pour s'assurer de l'investiture magique.

Cela explique pourquoi aucun député UMP n'a osé contester l'impasse de la candidature de Nicolas Sarkozy alors que tous savaient qu'elle conduisait à une victoire du parti socialiste. Cela explique pourquoi aucun député UMP n'a osé critiquer la dérive vers l'extrême droite. En raison de la confiance aveugle que leur vouent trop d'électeurs, ces deux partis deviennent des machines omnipotentes dont plus personne ne peut arrêter les dérives et les excès. Cela explique aussi pourquoi tous les députés PS obéiront aussi aveuglément.

Le risque c'est que cela ne permette pas de régler les problèmes urgents de la France et que cette législature n'aille pas à son terme. Tôt ou tard, nous devrons sortir de cette infantilisation. Les électeurs devront s'intéresser un peu plus aux décisions nationales qui influencent directement leur quotidien. On ne peut pas se contenter d'une réflexion politique qui se limite aux logos et aux couleurs de documents comme dans les pays où l'analphabétisme est généralisé.

Pour l'avenir vous pouvez compter sur nous pour continuer notre travail de terrain à votre service pour préserver notre cadre de vie, changer les pratiques politiques, développer les réseaux de transport, rendre plus abordables les prix des logements. Merci de votre soutien.